Abu Sayyaf

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Abou Sayyaf
Al-Harakat al-Islamiyya
أبو سياف
Image illustrative de l'article Abu Sayyaf

Idéologie Islamisme et indépendantisme
Objectifs Création d'un État islamique indépendant
Statut Actif
Fondation
Date de formation 1991
Fondé par Abdurajak Abubakar Janjalani
Pays d'origine Drapeau des Philippines Philippines
Actions
Mode opératoire attentat, enlèvement, assassinat
Zone d'opération Drapeau des Philippines Philippines
Organisation
Chefs principaux Yasser Igasan, Radulan Sahiron, Isnilon Totoni Hapilon, Khair Mundos
Membres 2 000[1]
(en 2009)

300[2]
(en 2014)
Financement Enlèvements, banditisme
Groupe relié Front Moro de libération nationale
Front islamique de libération moro
Jemaah Islamiyah
Répression
Considéré comme terroriste par Canada, États-Unis d'Amérique, Australie, Royaume-Uni

Abou Sayyaf (en arabe : أبو سياف), aussi connu sous le nom de Al-Harakat al-Islamiyya ("Mouvement islamiste") est un mouvement séparatiste islamiste armé situé dans les îles du sud des Philippines, principalement Jolo, Basilan et Mindanao.

Le groupe est actuellement combattu par l'armée philippine qui bénéficie de l'aide de l'armée américaine. L'organisation est considérée par l'Organisation des Nations unies comme proche d'Al-Qaida et à ce titre sanctionné de la part du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies[3].

On rapporte qu'Abou Sayyaf a récemment[Quand ?] étendu son influence dans les pays voisins des Philippines comme la Malaisie et l'Indonésie. Le groupe est responsable d'un grand nombre d'attentats à la bombe, d'assassinats, d'enlèvements et d'extorsions de fonds, afin de promouvoir l'indépendance d'un État islamique composé de l'ouest de Mindanao et de l'archipel des Sulu, une première étape dans la création d'un grand état islamique situé dans la péninsule malaise en Asie du Sud-Est.

Le nom Abou Sayyaf est arabe et signifie « le père » (abou) « du sabreur » (sayyaf).

Abou Sayyaf est l'un des plus petits mais aussi des plus radicaux et dangereux groupes islamiques indépendantistes de Mindanao. Certains des membres d'Abou Sayyaf ont étudié ou travaillé en Arabie saoudite et développé des liens avec d'autres moudjahiddins pendant leur entraînement en Afghanistan ou au Pakistan.

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[4], des États-Unis d'Amérique[5], de l'Australie[6] et du Royaume-Uni[7]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les membres d'Abu Sayyaf sont à l'origine issus du Front Moro de Libération nationale (MNLF), dont ils se séparent en 1991 sous l'impulsion de Abdurajak Abubakar Janjalani.

Ramzi Yousef et Khalid Shaikh Mohammed, deux des radicaux impliqués dans l'opération Bojinka arrivent aux Philippines au début des années 1990 et deviennent organisateurs de plongées sous-marine à Puerto Galera. On suppose qu'il s'agissait d'une couverture pour recruter des militants d'Abu Sayyaf et les former.

Ramzi Yousef fait exploser une bombe à bord du vol 434 de Philippine Airlines, tuant un passager japonais. Un homme appelle alors les autorités et déclare « Nous sommes le groupe Abu Sayyaf. Nous faisons exploser un avion en provenance de Cebu ». On pense que cette opération était un test pour l'opération Bojinka découverte par la police de Manille le 6 janvier 1995.

La première opération d'envergure du groupe Abu Sayyaf est l'assaut d'une tête de pont dans la ville de Ipil sur l'île de Mindanao en avril 1995.

Le groupe est responsable du meurtre de plus de 30 étrangers (notamment des touristes) et de clercs chrétiens,

Abdurajik Janjalani est tué lors d'un affrontement avec les forces de police philippines le 18 décembre 1998. Son jeune frère, Khadaffy Abubakar Janjalani, lui succède à la tête de l'organisation. La mort du leader historique du groupe a induit un changement de politique du mouvement qui passe d'actions idéologiques et symboliques à des actions de kidnappings, de meurtres et de vols.

Le fief d'Abou Sayyaf est situé dans le sud des Philippines, mais ses membres voyagent occasionnellement pour des actions à Manille ou dans d'autres îles. Le groupe étend ses opérations à la Malaisie en 2000, avec l'enlèvement de touristes étrangers. Le groupe s'attaque deux fois à des hôtels de luxe, notamment à Sipadan, enlevant à chaque fois des touristes, en 2000 et 2001. Les otages sont relâchés quelques mois plus tard contre des rançons.

Le commandant Abou Sabaya est tué en 2002 en essayant d'échapper aux forces philippines. Galib Andang, dit le commandant Robot, est capturé à Sulu en décembre 2003[8].

Le groupe est accusé d'avoir perpétré l'attentat le plus meurtrier de l'histoire des Philippines, l'attaque d'un ferry près de Manille qui a fait cent morts en 2004.

En septembre 2006, Khadaffy Abubakar Janjalani est tué par les forces de sécurité philippines[9]. Sa mort est prouvée par des tests ADN.

En janvier 2007, un haut-commandant du groupe, Jainal Antel Sali jr, aussi connu sous le nom d'Abu Sulaiman, est abattu par les forces philippines au cours d'un violent échange de tirs[10].

En juin 2007, Yasser Igasan est désigné comme le nouveau chef du groupe terroriste. La nouvelle est confirmée plus d'un an après, le 3 octobre 2008[11].

Le 20 juillet 2009, un porte-parole des forces armées philippines annonce que le gouvernement planifie une offensive majeure contre Abu Sayyaf en vue d'entraîner sa disparition d'ici fin 2010. De même, il affirme que cette opération doit viser à résoudre la question de la pauvreté au sud des Philippines, principal vivier du terrorisme[12].

Le 21 septembre 2009, l'armée philippine s'empare d'un des principaux repaires d'Abu Sayyaf sur l'île de Jolo. 24 islamistes et 8 soldats philippins sont tués au cours de l'affrontement[13].

Le 29 septembre 2009, une bombe improvisée explose au passage d'un véhicule de l'armée américaine à Indanan, tuant deux GI et un soldat philippin. L'attaque, bien que non revendiquée, est imputée à Abu Sayyaf. L'attentat pousse les responsables de l'armée américaine à retirer leurs troupes de la province de Sulu[14].

Le 9 novembre 2009, le directeur d'un établissement scolaire philippin, enlevé le 18 octobre 2009 près de Patikul sur l'île de Jolo, est retrouvé décapité[15].

2010 : Offensive gouvernementale[modifier | modifier le code]

Le 21 février 2010, une opération lancée par les forces armées philippines contre un camp d'Abu Sayyaf se solde par la mort de six militants islamistes et de deux soldats philippins. Parmi les six militants tués, figure Albader Parad, commandant militaire connu pour avoir orchestré l'enlèvement de trois soigneurs de la Croix-Rouge en janvier 2009[16].

Le 28 mars 2010, l'armée philippine capture un camp d'Abou Sayyaf à Sitio Kanbaddal dans le village de Panglayahan sur l'île de Sulu, dirigé par le chef islamiste Radulan Sahiron qui parvient à s'échapper. Quatre militants islamistes sont tués et un soldat philippin blessé au cours de l'affrontement[17] .

2014[modifier | modifier le code]

En août 2014, Abu Sayyaf fait allégeance à l'État islamique[2].

Liste des principaux chefs[modifier | modifier le code]

Anciens chefs[modifier | modifier le code]

Effectifs et financement[modifier | modifier le code]

En 2009, les forces d'Abu Sayyaf sont estimées à plus de 2 000 membres avec un noyau actif de 200 personnes[1]. En 2014, l'armée philippine estime cependant qu'Abu Sayyaf ne compte plus de 300 combattants[2].

On a longtemps pensé que le groupe ne recevait pas de financement externe et se contentait de ses enlèvements, rançons ou vols. Mais des rapports de services de renseignement des États-Unis, de l'Indonésie et de l'Australie montrent l'existence de liens par intermittence avec le groupe indonésien Jemaah Islamiyah.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]