Abou Moussab Al-Zarqaoui

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Ahmad Fadil Nazzal al-Khalayla
Abou Moussab al-Zarqaoui
Abou Moussab Al-Zarqaoui, peu après sa mort le 6 juin 2006.
Abou Moussab Al-Zarqaoui, peu après sa mort le 6 juin 2006.

Naissance 20 ou 30 octobre 1966
Zarqa
Décès 7 juin 2006 (à 39 ans)
Bakouba
Mort au combat
Origine Drapeau de la Jordanie Jordanie
Allégeance Moudjahidines d'Afghanistan
(~ 1985-1989)
Flag of JTJ.svg Tawhid wal jihad
(2000-2004)
Flag of al-Qaeda in Iraq.svg Al-Qaïda en Irak
(2004-2006)
Grade Émir
Conflits Guerre d'Afghanistan
Guerre d'Irak
Commandement Chef de Tawhid wal Djihad, puis d'Al-Qaïda en Irak

Abou Moussab al-Zarqaoui (arabe : أبومصعب الزرقاوي, Abou Moussab ez-Zarqaoui ; 30 octobre 19667 juin 2006), né Ahmad Fadil Nazzal al-Khalayleh (arabe : أحمد فضيل النزال الخلايله), est un chef terroriste islamiste. Il était le responsable d'Al-Qaida en Irak dans l'émirat djihadiste décentralisé du Moyen-Orient.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ahmed Fadil Nazzal al-Khalayla est plus connu sous son pseudonyme Abou Moussab al-Zarqaoui. De confession sunnite, il est probablement né le 20 octobre ou le 30 octobre 1966, à Zarqa en Jordanie, d'où son patronyme de guerre. « Abou Moussab » est une référence à Moussab ben Omar, compagnon du prophète Mahomet et mort en 625 à la bataille d'Ouhoud, al-Zarqaoui voulant dire « originaire d'al-Zarqa ».

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Il a grandi dans une fratrie de sept sœurs et trois frères, élevés par une mère au foyer et un père employé municipal. Sa famille appartient au clan des Khalayleh, de la tribu des Bani Hassan. Ce sont des bédouins disséminés à travers tout le Moyen-Orient, notamment en Syrie et en Irak et qui lui serviront plus tard de réseau fidèle et dévoué.

La municipalité de Zarka constitue une cité industrieuse très pauvre qui compte près de huit cent mille habitants dont de nombreux réfugiés palestiniens, arrivés pour les premiers dès après la Nakba de 1948 et qui transformèrent la cité des années 1970 en un important centre de la résistance palestinienne.

C'est dans ce contexte que Zarkaoui fait son apprentissage de la vie dans la rue. Zarkaoui, de taille moyenne, mais trapu et costaud, montre très tôt un tempérament colérique et bagarreur, voire morbide. Il aurait commencé par vivre de petite délinquance et de nombreux larcins sont à son actif. Devenu un petit caïd de la rue, il buvait de l'alcool et son corps était tellement recouvert de tatouages qu'il était surnommé « l'homme vert ».

Envoyé par ses parents dans une école coranique, afin de tenter de le sortir de la délinquance, il y rencontre surtout Abdullah Azzam, un professeur palestinien qui fut aussi le premier mentor de Ben Laden. De cette rencontre, il va découvrir l'idéologie du Djihad et bientôt comme beaucoup d'autres jeunes musulmans il va partir pour les camps de l'Afghanistan.

Son premier séjour en Afghanistan[modifier | modifier le code]

Vers la fin des années 1980, Ahmed Fadel Nazzal part faire le djihad durant la guerre d'Afghanistan contre l'Union soviétique, où avec d'autres Jordaniens, il participe au siège de Khost.

Cependant, la guerre est pratiquement terminée et après le retrait de l'Armée rouge en 1989, il part vers Peshawar, ville frontière pakistanaise et refuge de tous les moudjahidins qui désiraient continuer le combat. Dans cette ville, il rencontre Abou Mohamed al-Makdissi, un universitaire religieux, qui va le prendre sous sa coupe. Ce dernier lui trouve un emploi dans un journal salafiste dans lequel il rapporte les faits d'armes des combattants islamistes.

Son retour en Jordanie[modifier | modifier le code]

Fin 1992, il revient dans son pays natal, la Jordanie, accompagné par Abou Mohamed al-Makdissi dans le but de fonder leur propre groupe salafiste. Grâce à leurs contacts avec les réseaux islamistes, ils fondent rapidement le Beyt al-Imam. Mais les services de renseignement jordaniens veillent et ils sont vite repérés. En 1993, avant même d'être en mesure de passer à l'action, ils sont tous deux arrêtés et emprisonnés, après qu'on eut retrouvé chez Ahmed Fadel Nazzal des armes et des explosifs lors d'une enquête sur les réseaux islamistes dans le royaume.

Condamné à quinze ans de prison pour détention d'armes et falsification de passeports, il va avoir le temps d'étudier le Coran, jusqu'à en mémoriser les six mille versets. Désormais, honteux de son passé de petit délinquant, il va tenter d'effacer ses tatouages avec de l'acide dont les brûlures lui laisseront de vilaines cicatrices sur tout son corps. D'autre part, son charisme et sa réputation d'ancien combattant d'Afghanistan, sa nouvelle ferveur religieuse, lui permet de régner sur un petit groupe de délinquants qui l'entourent dont il devient le chef. Il commence à porter son nouveau nom de djihadiste : Abou Moussab al-Zarqaoui.

Il est libéré en 1999, à l'occasion d'une amnistie décrétée à l'occasion du couronnement du nouveau roi Abdallah II de Jordanie. Mais, al-Zarkaoui reprend ses activités et projette, pour le passage à l'an 2000, un attentat à la bombe contre un grand hôtel de la capitale Amman. Cependant, surveillé par la police, son plan est découvert et il doit fuir vers le Pakistan en compagnie de sa mère, pays dans lequel elle mourra en 2004.

Son deuxième séjour en Afghanistan[modifier | modifier le code]

Au Pakistan, il reprend contact avec les réseaux islamistes et c'est à cette époque qu'il rencontre Ben Laden pour la première fois. Mais leur histoire, leurs motivations et leurs ambitions sont différentes presque antinomiques. Ben Laden est un fils de milliardaire, ayant eu une enfance de nanti, vingt ans d'expérience de combats en Afghanistan et son adhésion au Djihad est encore plus ancienne. Leurs ennemis sont aussi différents, pour Ben Laden ce sont les princes saoudiens et les Américains, pour al-Zarkaoui ce sont les Israéliens et le royaume de Jordanie.

Il retourne alors en Afghanistan, durant la période talibane, mais ne désirant pas rester avec Ben Laden à Kandahar, il préfère monter son propre camp d’entraînement dans la région d'Herat, à l'extrême sud-ouest du pays, avec une centaine d'hommes, en majorité des Palestiniens et des Jordaniens. Il baptise son groupe, Tawhid wal Djihad (Unification et Guerre sainte). De cette époque, date son identification par les experts des services anti-terroristes, mais il semble alors être en rivalité avec Al-Qaida.

À l'automne 2001, lorsque les américains et leurs alliés, déclenchent leur intervention contre le régime des talibans, al-Zarkaoui et sa bande passent en Iran où selon divers services de renseignement, les autorités lui ont apporté un soutien logistique et financier. Quelque temps plus tard au début de l'année 2002, conscient des possibilités offertes par la géographie du Kurdistan irakien pour établir un foyer de djihad, il s'installe dans le nord de l'Irak auprès d'un groupe appelé Ansar al-Islam avec lequel il aurait entretenu des liens dès les années. Il met les capacités techniques de son équipe formée à Hérat à la disposition de ce groupe terroriste.Il semblerait qu'Al Zarqawi ait été blessé fin 2001 lors d'un bombardement il se serait enfuit en Iran puis en Irak, il semblerait qu'il ait été hospitalisé à Bagdad, où il aurait été amputé d'une jambe, ce qui a fait dire aux services américains qu'il y aurait un lien entre le régime de Saddam Hussein et la mouvance Zarqawi.

Installation en Syrie, retour en Jordanie avec des faux documents syriens puis retour en Syrie[modifier | modifier le code]

6 mois plus tard Al Zarkaoui s’installe en Syrie selon des documents d'aveux de ses lieutenants arrêtés par la police jordanienne.

Dans ces mêmes déclarations on apprend que Zarkaoui est rentré plus fois en Jordanie entre 2002 et 2003 muni de faux documents syriens, c'est à cette époque qu'il commandite l'assassinat du diplomate américain Lawrence Foley, voir la section Assassinat de Lawrence Foley ce diplomate sera tué chez lui à Amman par des lieutenants du terroriste jordanien, après cette action terroriste Zarkaoui s'établit quelque temps encore en Syrie[1].

Arrivée en Irak après la chute de Saddam Hussein[modifier | modifier le code]

Al Zarkaoui arrive en Irak après la chute de Saddam Hussein, il cherche alors à s'introduire dans les milieux de la résistance baasiste, avec comme objectif de déclencher un djihad, à la fois contre les américains et leurs alliés, mais aussi contre les chiites irakiens.

De fait, dès le 19 août 2003, il est en mesure de commencer son « djihad » en faisant exploser l'immeuble abritant le personnel de l'ONU au cœur de Bagdad, causant la mort de 22 personnes dont le représentant des Nations Unies, le brésilien Sérgio Vieira de Mello). Le 29 août 2003, l'attaque contre la mosquée d'Ali à Nadjaf, ville sainte chiite, fait quatre-vingt-cinq victimes.

Le 11 mai 2004, il fait diffuser par Internet, une vidéo montrant la décapitation d'un jeune otage américain, Nicholas Berg, voir la section Meurtre de Nick Berg. À partir de cet évènement, il sera surnommé le « lion de Mésopotamie » ou le « prince d'Al-Qaida en Irak ».

Les attentats sans fin perpétrés par son organisation engendrent le chaos et font de très nombreuses victimes. Les chiites et les Américains deviennent des alliés objectifs. En juillet 2004, son organisation subit de lourdes pertes lors du siège de Falloujah et même Al-Zarkaoui faillit être pris. Il put s'échapper en sautant de son pick-up en marche pour éviter de justesse un barrage tenu par les marines américains.

Chef d'Al-Qaida en Irak[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Al-Qaida en Irak.

Le 19 octobre 2004, son groupement, le Tawhid wal Djihad est reconnu par Ben Laden comme le « relais d'Al-Qaida en Mésopotamie », voir La fusion entre al-Tawhid et al-Qaida. Devenus leur « ennemi n°1 » les Américains commencent alors une chasse impitoyable — voir la traque — et son réseau est peu à peu infiltré par des informateurs.

Le 26 avril 2005, il fait diffuser sur le site internet d'Al-Qaida une vidéo le montrant avec ses soldats, s'entraînant au tir dans le désert. Il pavane une ceinture d'explosifs à la taille, un fusil-mitrailleur à la main et un foulard noir sur la tête.

En juillet 2005, il commet une lourde erreur dans l'affaire du diplomate égyptien kidnappé et exécuté. Il s'agit là d'un musulman présenté comme un « ennemi de Dieu » parce que travaillant avec la nouvelle administration. Son maître, Al-Makdissi se désolidarise de lui, estimant que « sa violence aveugle nuit à la cause des moudjahidin ». Il va peu à peu perdre nombre de ses soutiens.

Il meurt le 7 juin 2006, 18h15, heure locale, lors d'un bombardement américain par deux F-16 dans la municipalité de Hibhib au nord de Bakouba, avec sept de ses adjoints, dont son conseiller religieux cheikh Abdel Rahman. Il aurait en fait survécu au bombardement et serait mort quelques minutes après l'arrivée des soldats américains sur place. Son corps a pu être identifié grâce à son visage, ses cicatrices et ses empreintes digitales. Voir La fin du « Lion d'Irak ».

Carrière terroriste[modifier | modifier le code]

Activités en Irak[modifier | modifier le code]

Zarqaoui est soupçonné d'être le commanditaire de dizaines d'attaques (souvent revendiquées) et de plusieurs centaines de morts en Irak, où son influence devint importante à partir de l'intervention de la Coalition en 2003. Son but était de semer le chaos en Irak pour mieux chasser les forces de la coalition et imposer un islam fondamentaliste.

Zarqaoui est considéré comme un spécialiste des poisons, formé dans les camps d'Al-Qaida en Afghanistan. Néanmoins, son entrée au sein d'Al-Qaida pourrait être relativement récente. Il s'est lié avec différents groupuscules islamistes, dont Ansar Al-Islam et le Jihad islamique égyptien.

Outre des assassinats ciblés, Zarqaoui est le responsable assumé de nombreux attentats terroristes ayant touché la population civile irakienne, en particulier la communauté chiite, au prix de plusieurs centaines de tués.

Ces attentats aveugles vont faire perdre à l'organisation Al-Queda en Iraq bon nombre de ses soutiens parmi la population qui les voyaient tout d'abord comme des résistants à l'occupation américaine. De nombreux chefs tribaux irakiens se rallieront alors au gouvernement pour lutter contre les groupes terroristes et ainsi constituer une faction appelée "Réveil d'al-anbar", du nom de la province ou était principalement actif le groupe de Zarquaoui.

Il a revendiqué l'attaque contre le siège de l'ONU à Bagdad (causant la mort du représentant brésilien des Nations Unies Sérgio Vieira de Mello), ainsi que l'attaque d'un poste de police italien à Nassiriya.

Assassinat de Lawrence Foley[modifier | modifier le code]

Lawrence Foley est un diplomate américain travaillant en Jordanie pour l'Agence américaine pour le Développement international en tant que responsable des programmes humanitaires dans ce pays. Le 28 octobre 2002, il est assassiné à l'extérieur de son logement à Amman sur ordre de al-Zarkaoui.

Fin 2002, la justice jordanienne condamne al-Zarqaoui à mort par contumace pour le meurtre de Lawrence Foley, et un mandat d'arrêt international est délivré contre lui, mandat que la Syrie, n'accepte pas d'honorer, malgré l'insistance personnelle du roi Addallah.

Meurtre de Nick Berg[modifier | modifier le code]

Le 11 mai 2004, une vidéo est diffusée sur Internet représentant la décapitation d'un otage américain Nick Berg. Ce meurtre est le premier d'une série d'enlèvements et de décapitations d'otages. La vidéo complète montrerait que c'est al-Zarkaoui lui-même qui tient le couteau et procède au meurtre.

Après la mort de Zarqaoui, le père de Nick Berg a cependant déclaré ne pas être certain que Zarqaoui ait assassiné son fils. Il a également expliqué que la mort de Zarqaoui était une « double tragédie », pour la famille du terroriste islamiste et aussi parce qu'elle serait à l'origine de nouvelles violences en Irak[2].

Le fait de filmer l'exécution et d'en diffuser les images dans le monde entier par Internet marque une nouvelle escalade dans la terreur islamiste, avec la nette volonté d'accentuer la partie psychologique et médiatique du djihad, la « guerre sainte ». Le communiqué accompagnant le film, précise d'ailleurs : « Il faut que les ennemis de Dieu sachent qu'il n'y a dans notre cœur aucune trêve ni pitié pour eux. »

Autres assassinats[modifier | modifier le code]

Le 14 juillet 2004, il revendique l'assassinat du gouverneur de Mossoul commis trois jours plus tôt.

On pense que Zarquaoui a personnellement décapité un autre civil américain que ceux répertoriés, Olin Eugene Armstrong, en septembre 2004[3].

En juillet 2005, son groupe kidnappe et exécute un diplomate égyptien. La sentence est montrée sur vidéo, mais pas l'exécution.

Le 4 janvier 2005, son groupe assassine le gouverneur de Bagdad.

En juin 2006, Abou Rami, un haut-responsable de son groupe, assassine un diplomate russe. Le meurtre est filmé puis diffusé sur Internet.

La fusion entre al-Tawhid et al-Qaida[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Al-Qaida en Irak.

En décembre 2004, Al-Tawhid, l'organisation du terroriste Abou Moussab al-Zarqaoui est acceptée par Al-Qaida, en tant qu'émirat régional. Ainsi, de par son activisme et son potentiel très important, al-Zarqaoui devient de fait un des membres les plus importants de l'organisation terroriste. Il est désormais reconnu comme émir de tous les clans affiliés à Al-Qaida en Irak et donc de leur réseaux propres en Europe. Pour tous les services secrets antiterroristes, ce ralliement signifie que les réseaux européens de l'organisation Al-Tawhid sont désormais au service direct du « Département des opérations extérieures » d'Al-Qaida, et que les attentats vont reprendre en série.

Rapidement, les services de renseignement allemand, français et hollandais, font état d'une agitation inhabituelle dans les mosquées et milieux les plus extrémistes, et dans leurs notes de synthèse font remonter leurs plus vives inquiétudes. En janvier 2006 il participe à la création du Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak.

La traque[modifier | modifier le code]

Les autorités américaines l'accusent de nombreux actes terroristes, et le considèrent comme l'un des principaux chefs de la mouvance Al-Qaida présente en Irak. Elles l'accusent de 700 actes et offrent une récompense de 25 millions de dollars US pour sa capture - la même somme que pour Oussama Ben Laden[4]. Un site islamiste mis en ligne le mardi 25 avril 2006 diffusa une vidéo le montrant, prouvant de fait qu'il était toujours vivant et actif. Il y indiquait vouloir « chasser les croisés, les juifs et les apostats » du « Pays-des-deux-fleuves » (l'Irak).

Le 20 novembre 2005, sa tribu Khalayleh-Bani Hassan, l'une des plus grandes tribus de Jordanie, le renie pour son implication dans les attentats de Jordanie de novembre 2005 ayant fait 67 morts à Amman. Le frère de Zarqaoui, Sayel Fadel Nazzal al-Khalayleh, a signé cette déclaration.

Le 28 décembre 2005, Interpol émet contre lui un mandat d'arrêt international communiqué aux forces de police des 184 pays membres en vue de l'extrader.

Début mai 2006, le général américain Rick Lynch affirme que al-Zarqaoui se trouverait à « Bagdad ou dans ses environs proches [...] C'est seulement une question de temps avant que nous ne l'arrêtions ». Sa confiance serait liée à des informations récentes obtenues lors de raids, en particulier, lors d'un raid à Yusufiyah, au sud de Bagdad. L'armée américaine affirme que depuis janvier 2006, 161 membres importants d'al-Qaida, dont 8 membres de l'état-major d'al-Zarqaoui, ont été arrêtés ou tués.

Durant les trois dernières années, les services américains, furent à plusieurs reprises, proches de mettre la main sur Zarqaoui, mais il avait toujours réussi à se sortir des pièges ou des attaques ciblées menées par ses poursuivants, c'est cette « baraka » qui avait participé à lui forger, auprès de certains jeunes musulmans, une légende de style « Zorro ».

Mort[modifier | modifier le code]

La maison où il se cachait

Le 8 juin 2006, le premier ministre irakien Nouri al-Maliki et l'armée américaine annoncent que Abou Moussab Al-Zarqaoui a été tué le 7 juin au cours d'un raid aérien, près de Bakouba, en Irak, à 50 km au nord-est de Bagdad.

La mort d'Al-Zarqaoui résulte d'une longue et laborieuse traque menée par une importante collaboration entre les ressources électroniques et les ressources humaines des services de renseignements. Al-Zarqaoui se méfiait des téléphones portables qui trahissent l'emplacement de leur utilisateur, il utilisait plutôt des téléphones satellitaires de type Thuraya qui rendent la localisation plus difficile.

De fait la « clé du succès » fut le suivi à la trace du Sheikh Abd al-Rahman, un « conseiller spirituel » proche et écouté du chef terroriste, un véritable « gourou ». Le ou les voies par lesquelles les Américains auraient identifié ce conseiller ne sont pas connues avec certitude, de nombreuses pistes ont été évoquées :

  • une implication des services de renseignement jordaniens, qui auraient infiltré un agent ou retourné un proche de Zarqaoui
  • les interrogatoires de membres d'al-Qaida en Irak capturés par une cellule de renseignement attachée à la Task Force 145[5]
  • la surveillance de cafés internet utilisés par des membres du groupe[6]
  • une trahison d'al-Qaida, qui aurait été excédée par le fait qu'il s'en prenait plus aux Chiites qu'aux Américains[7]

À partir de là, le Sheikh al-Rahman est suivi à la trace pendant plusieurs semaines. Le mercredi 7 juin, il se rend dans le hameau de Hibhib, situé à huit kilomètres au nord de Bakouba. Les Américains ont intercepté un de ses coups de téléphones où il disait qu'il devait rencontrer al-Zarqaoui. Il est suivi au sol par des espions et depuis les airs[6]. Une équipe de reconnaissance de la Delta Force a été infiltrée dans la zone pour surveiller la maison[8]. Un drone MQ-1 Predator du 3rd Special Operations Squadron surveille également la scène[9].

L'état-major américain à Bagdad est à ce moment-là certain d'avoir localisé Al-Zarqaoui « avec 100 % de certitude ». Le commandement de la Task Force 145 envisage de lancer un assaut, mais Al-Zarqaoui a par le passé réussi à forcer un barrage. Deux chasseurs F-16 en patrouille de routine sont déroutés. Avec l'équipe de la Delta Force se trouve également un commando de l'US Air Force, mais il n'est pas précisé s'il a guidé la frappe aérienne. Vers 18h15, les F-16 larguent deux bombes de 250 kilos sur la maison.

Des forces irakiennes sont les premières sur les lieux, rapidement rejointes par des forces US, et trouvent Zarqaoui qui est gravement blessé. Placé sur une civière, il serait mort de ses blessures une dizaine de minutes plus tard. Reconnu en premier grâce à son visage et à ses « cicatrices connues » laissées par les tatouages effacés à l'acide. L'analyse des empreintes digitales confirme définitivement l'identité du mort. Cependant, l'armée américaine mène une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de sa mort.

Photos du cadavre d'Abou Moussab Al-Zarqaoui présentées par le gouvernement des États-unis afin de prouver sa mort.

Selon les Américains, la cachette contenait un « trésor d'informations » qui a permis de mener le lendemain même dix-sept autres raids contre les cachettes d'autres personnalités de son organisation. Cependant selon le centre américain pour le contre-terrorisme, Al-Zarqaoui aurait organisé un total de vingt-quatre groupes terroristes répartis dans plus de quarante pays, du monde musulman, d'Europe et au Canada.

Succession[modifier | modifier le code]

La branche irakienne du réseau Al-Qaida en Irak a annoncé, lundi 12 juin 2006, dans un communiqué, que l'organisation avait désigné cheikh Abou Hamza Al-Mouhajer pour succéder à Abou Moussab Al-Zarqaoui.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. émission d'enquête exclusive diffusée sur M6 le 11 septembre 2005
  2. La mort de Zarqaoui ne réjouit pas le père de Nick Berg, Yahoo News, 8 juin 2006 (pas accessible le 2 décembre 2008).
  3. (en) « Islamic Website Claims American Beheaded – TalkLeft: The Politics Of Crime », TalkLeft,‎ 20 septembre 2004 (consulté le 31 janvier 2009)
  4. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3236,36-766901@51-759753,0.html Article du journal Le Monde, 29/04/06
  5. Mark Bowden, « The Ploy : The inside story of how the interrogators of Task Force 145 cracked Abu Musab al-Zarqawi’s inner circle—without resorting to torture—and hunted down al-Qaeda’s man in Iraq », The Atlantic Monthly,‎ mai 2007 (lire en ligne) (voir aussi (en) Matthew Alexander avec John R. Bruning, How to Break a Terrorist: The U.S. Interrogators Who Used Brains, Not Brutality, to Take Down the Deadliest Man in Iraq, New York, Free Press (Simon & Schuster), 2008 (ISBN 1-4165-7315-1 et 978-1-4165-7315-9))
  6. a et b (en) Rowan Scarborough, Sabotage : America's Enemies within the CIA, Washington, DC, Regnery Publishing,‎ 2007, 229 p. (ISBN 978-1-59698-510-0), p. 158
  7. Alain Rodier, Mort d'Abou Moussab Al-Zarqaoui, Note d'actualité n°42 du CF2R, juin 2006
  8. (en) Sean D. Naylor, « The hunt ends : Spec ops’ ‘unblinking eye’ leads to airstrike that kills terrorist leader », Army Times,‎ 9 juin 2006 (lire en ligne)
  9. (en) Bruce Rolfsen, « AFSOC: Predator was involved in Zarqawi assault », Air Force Times,‎ 18 juin 2006 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]