Abou Ma'shar al-Balkhî

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Extrait d'un manuscrit d'Abu Ma'shar dans un traité d'astrologie daté de 850 AD.

Ja'far ibn Muhammad Abou Ma'shar al-Balkhî, Abû Ma'shar al-Balkhî (10 août 787 dans la province afghane de Balkh, mort le 9 mars 886 à al-Wasit, Irak), traditionnellement appelé Albumasar ou Apomasar en Occident, est un mathématicien, astronome, astrologue et philosophe persan de Bagdad, disciple d'Al-Kindi[1].

Nombre de ses œuvres furent traduites en latin et étaient bien connues des érudits européens durant le Moyen Âge[2].

Il doit sa célébrité à son affirmation selon laquelle le monde avait été créé quand les sept « planètes » furent en conjonction dans le premier degré de la constellation du Signe zodiacal du Bélier (en 183101 av. J.-C., 3101 av. J.-C., 176899 ap. J.-C.) et qu’il serait détruit lorsque les sept « planètes » se retrouveraient en conjonction dans le dernier degré du Signe zodiacal des Poissons. Les sept "Planètes" sont les cinq planètes alors connues (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) et les deux luminaires (le Soleil et la Lune). Albumasar date le Grand Déluge biblique du 17-18 février 3101 av. J.-C. Il s'appuie sur la théorie des grands cycles de l'hindouisme concernant l'arrivée du Kali Yuga : selon David E. Pingree[3], Albumasar connaissait les Sidhhanta et les Vishnupurana (trad. H.H. Wilson, Vasudeva Ainapure, Bombay Saka, 1824 (1902), 4.24,40-41, London 1840; reprinted 1961 Calcutta, p. 391).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (la) Introductorium majus in astrologiam (Grande introduction à l'astrologie), ((ar) : Kitâb al Madkhal al-Khabîr ‘ala‘ilm ahkam al nujum, Le grand livre d'introduction à la science de l'astrologie, 848). Traduction latine probablement par Jean de Séville Hispalensis et Limiensis en 1133 : Introductorium maius in astrologiam, édité par R. Lemay, Naples, Istituto Universitario Orientale, 1997. Autres trad. en latin : Hermann de Carinthe en 1140 (Liber introductorii maioris ad scientiam judiciorum astrorum, édi. par R. Lemay, 1996), Gérard de Crémone[1].
  • (la) De magnis conjunctionibus (Des grandes conjonctions, 861-866), ((ar) : Kitāb al qirānāt, Livre des conjonctions). Traduction latine par Jean de Séville Hispalensis et Limiensis (vers 1130) : De magnis conjunctionibus. Keiji YAMAMOTO, Charles BURNETT, Abû Ma`shar on Historical Astrology. The Book of Religions and Dynasties (On the Great Conjunctions), Volume I : The Arabic Original: Abû Ma`shar, Kitâb al-Milal wa-d-Duwal (The Book of Religions and Dynasties), Arabic text edited by K. Y. with an English Translation by K. Y. and C. B. ; Volume II: The Latin Versions: Albumasar, De Magnis Conjunctionibus (On the Great Conjunctions), Latin Text edited by C. B. and Arabic-Latin Glossaries, par K. Y. and C. B., Leiden - Boston - Köln: Brill, 2000 (Islamic Philosophy, Theology and Science, vols. XXXIII-XXXIV), xxvii-620 p. et xxxiii-578 p. Théorie selon laquelle les empires meurent, et cela en fonction des conjonctions entre Saturne, Jupiter et Mars. Ne pas confondre avec la Lettre sur les éclipses et les conjonctions des planètes de Masha'allah ibn Atharî (mort en 815), traduite en latin par le même Jean de Séville Hispalensis et Limiensis.
  • (la) Flores astrologiae (Les fleurs de l'astrologie), (ar) Kitâb Ahkam tahawil sini l-mawalid, Livre des révolutions des années du monde. Trad. en latin sans doute par Jean de Séville Hispalensis et Limiensis. "Le Flores consistent en un traité court d'environ trente chapitres donnant diverses règles pour l'interprétation de l’horoscope de révolution de l'année, c.-à-d. l’horoscope pour l'entrée du Soleil dans le premier degré du Bélier. Introduction (sig. a2) ; prévisions selon le maître planétaire de l'année, en détail pour Saturne (sig. a2v-b1) et brièvement pour les autres planètes (sig. b1v-b2v) ; nature et attributs des planètes (sig. b3r-c2r) ; examen de certaines des matières standard : moisson (sig. c2v), pluies, guerres, pestes (sig. c3r) et tremblements de terre (sig. c3r-c4r) ; la position et la nature de l’étoile fixe mise en avant (des sig. c4r) ; l'effet de l’étoile fixe sur le maître de l'année (sig. c4v-d2r) ; interprétation de Saturne, de Jupiter, de Mars et de la tête et la queue du dragon dans chacun des douze signes du zodiaque (sig. d2v-e3v)."[4]
  • Mudhâkarât fî'Ilm an-Nujûm (Dialogues sur l'astrologie), édité par G. Federici Vescovini, "La versio latina degli excerpta de secretis Albumasar di Sadan", Archives d'histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, LXV (1998), p. 273-330. Voir DUNLOP (D.M.), « The Mudhâkarât fî'Ilm an-Nujûm (Dialogues on Astrology) Attributed to Abû Ma'shar al Balkhî (Albumasar) », in Iran and Islam. In Memory of the Late Vladimir Minorsky, éd. C.E. Bosworth, Edimbourgh, 1971, p. 229-246. Sur les conjonctions des planètes et l'astrologie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Introduction à l'astronomie, contenant les huit livres divisés d'Abu Ma'shar Abalachus », sur World Digital Library,‎ 1506 (consulté le 2013-07-16)
  2. W.E. Peuckert, L'Astrologie, Ch. X : L'astrologie arabe, Petite Bibliothèque Payot, no 378, Paris, 1980, ISBN 2-228-33780-3.
  3. David E. Pingree, The Thousands Of Abu Ma'shar, Warburg Institute, London, 1968.
  4. « Fleurs d'Abu Ma'shar », sur World Digital Library,‎ 1488 (consulté le 2013-07-16)