Abou Hamza al Masri

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Abou Hamza al-Masri

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Photo d'Abou Hamza al Masri, avant de perdre un œil et ses mains

Nom de naissance Mustafa Kamel Mustafa
Alias
Abou Hamza
Naissance 15 avril 1958 (56 ans)
Alexandrie (Égypte Drapeau : Égypte)
Nationalité Drapeau : Égypte Égyptienne (1958-)
Drapeau : Royaume-Uni Britannique (1983-)
Drapeau : Bosnie-Herzégovine Bosnienne (1995-2001)
Pays de résidence Drapeau des États-Unis États-Unis (emprisonné)
Descendants
8 enfants

Mustafa Kamel Mustafa (arabe : مصطفى كامل مصطفى), plus connu sous le nom de Abou Hamza al-Masri ou encore tout simplement Abou Hamza (né le 15 avril 1958 à Alexandrie en Égypte), est un ancien imam Britannique d'origine égyptienne, qui a prêché l'intégrisme islamique et l'islamisme militant, ainsi que le djihadisme

Il fut un temps l'imam de mosquée de Finsbury Park à Londres, et le leader du groupe « Supporters of Sharia », un groupe extremiste prônant la stricte application de la Charia. Les tabloïds britanniques le surnomment « Hook » (« crochet » en français, en référence au personnage du Capitaine Crochet[1],[2],[3]), à cause des crochets qu'il porte à l'occasion à la place des mains.

Il a été emprisonné au Royaume-Uni en 2004 et a été extradé aux États-Unis le 5 octobre 2012, où il fera face à des accusations de soutien à Al-Qaïda. Il est suspecté d'avoir aider l'enlèvement au Yémen d'un scientifique néo-zélandais causant la mort de 6 autre personnes, accusé de complot et prise d'otages pour l'enlèvement de 16 touristes au Yémen en 1998, dont deux Américains, et d'avoir reporté l'ouverture d'un camp d'entraînement pour les militants dans l'Oregon[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de classe moyenne et fils d'un officier de l'armée égyptienne, il entre sur le territoire britannique en 1979 avec un visa étudiant[5]. Ses premières réactions à la vie en Grande-Bretagne furent pour lui: « Un paradis, où vous pouviez faire ce que vous voulez »[6]. Il étudie tout d'abord l'ingénierie civile à l'Université de Brighton[7].

Le 16 mai 1980, Il épouse une citoyenne britannique[8], avec qui il a un fils, Mohammed Mustafa Kamel. Il divorce en 1984 puis épouse une autre femme, avec qui il a sept autres enfants[9].

Au début des années 1990, Hamza part vivre en Bosnie sous un faux nom, alors en pleine guerre de Yougoslavie, et combat les Serbes et les Croates aux côtés des Bosniaques durant la guerre de Bosnie-Herzégovine[10].

En 1999, deux de ses fils, l'aîné Mohammed Mustafa Kamel (âgé de 17 ans à l'époque), ainsi que Mohsin Ghalain, sont arrêtés au Yémen, accusé d'avoir voulu perpétré un attentat à la bombe contre huit citoyens britanniques et deux algériens, puis furent respectivement emprisonné trois et sept ans. Lors de leur procès, il fut relevé que ce fut leur père Abou Hamza qui les auraient envoyé au Yémen pour perpétrer des actions terroristes, tandis que la défense affirma que des aveux furent faits sous la torture[11],[12].

Hamza a plusieurs fois exprimé son soutien aux buts des islamistes (comme la création d'un califat[13]) ou encore à Oussama ben Laden[4]. Il a écrit un papier appelé « El Ansar » (La Victoire) dans lequel il affirma apporter son soutien aux actions du Groupe islamique armé (GIA) en Algérie[14].

En 2003, il fait un prêche en plein centre-ville de Londres, organisé par le groupe islamiste al-Muhajiroun (organisation ayant pour but la création d'un Califat islamique et la destruction des régimes du Moyen-Orient alliés aux occidentaux). Le 4 février 2003 (après avoir été suspendu depuis avril 2002), il est démis de ses fonctions d'imam de la mosquée de Finsbury Park[15],[16]. Après son exclusion de la mosquée, il prêche alors devant les portes jusqu'en mai 2004, avant d'être arrêté puis extradé vers les États-Unis[17].

Lors d'un sermon traitant du Djihad, il affirma:

« Allah aime ceux qui croient en lui et qui tuent ceux qui ne croient pas en lui. Allah aime cela. Donc, si vous, musulmans, n'aimez pas cela parce que vous détestez le sang, vous avez un problème[18]. »

Après avoir plusieurs fois affirmé avoir perdu son œil gauche et ses deux mains en combattant les Soviétiques en Afghanistan[19] (CNN prétendit qu'il fut blessé en travaillant sur la construction d'une mine en Afghanistan[20]), et laissé planer le doute à ce sujet, il affirme lors de son procès aux États-Unis en mai 2014 s'être blessé en manipulant manipulant des explosifs de l'armée à Lahore, au Pakistan[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Abu Hamza al-Masri », Martinfrost.ws (consulté le 23 octobre 2013)
  2. (en) Michael Holden, « Hook-handed Hamza: much more than a James Bond villain », Reuters (consulté le 23 octobre 2013)
  3. (en) « Hamza Hook: a panto villain | Mick Hume | spiked », Spiked-online.com (consulté le 23 octobre 2013)
  4. a, b et c Jugé à New York, Abou Hamza raconte comment il a perdu ses mains — Lemonde.fr, 9 mai 2014
  5. (en) Libby Brooks, « 5 tough questions about asylum-part 2 », The Guardian, London,‎ 1 mai 2003
  6. (en) « BBC Four – Storyville », BBC,‎ 25 novembre 2011 (consulté le 10 avril 2012)
  7. (en) Tracy Lawson, « As a fundamentalist cleric reviled and revered for his preaches of hate », The Scotsman,‎ 21 janvier 2003 (consulté le 18 mars 2009)
  8. (en) « Hamza's ex-wife life threatened », BBC,‎ 8 février 2006 (consulté le 18 mars 2009)
  9. (en) Dominic Casciani, « Profile: Abu Hamza », BBC,‎ 7 février 2006 (consulté le 10 avril 2012)
  10. (en) Philippe Naughton, « Profile: Abu Hamza », Times Online edition, London,‎ 7 février 2006 (consulté le 21 mars 2009)
  11. (en) « Britons convicted of Yemen bomb plot », BBC,‎ 9 août 1999
  12. (en) « Abu Hamza and the Islamic Army », Albab (consulté le 10 avril 2012)
  13. Sean Oneill, « Abu Hamzas video call to arms », The Times, London,‎ 13 janvier 2006
  14. (en) "The Algerian Question", Algeria: Anger of the Dispossessed, Yale University Press, John Phillips and Martin Evans, 2007, p. 222.
  15. (en) « Mosque raid findings revealed », BBC News,‎ 7 février 2006
  16. Dominic Casciani et Sharif Sakr, « The battle for the mosque », BBC News,‎ 7 février 2006
  17. (en) Dominic Casciani, « Profile: Abu Hamza al-Masri », BBC,‎ 27 mai 2004 (consulté le 22 mars 2009)
  18. (en) Salafimedia.com "Join the Victorious Party (Part l)".
  19. (en) Karenn McVeigh, « Abu Hamza to testify in New York terrorism trial as jury selection begins », The Guardian,‎ 14 avril 2014 (consulté le 15 avril 2014)
  20. (en) « Abu Hamza: Controversial Muslim figure », CNN,‎ 27 mai 2004 (consulté le 10 avril 2012)