Aborigènes d'Australie

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Aborigènes d'Australie (Peuple natif des iles d'Australie, 1981)

Les Aborigènes d'Australie sont les premiers humains connus pour en avoir peuplé la partie continentale. Ils constituent, avec les indigènes du détroit de Torrès, la population autochtone de cet État océanien. Le mot commun aborigène désigne plus généralement celui dont les ancêtres sont les premiers habitants connus de sa terre natale (du latin ab origine, "depuis l'origine").

Définition[modifier | modifier le code]

Officiellement, du point de vue du gouvernement australien, le terme Aborigène désigne une personne qui :

  • a des ancêtres aborigènes ;
  • s'identifie elle-même comme étant aborigène ;
  • est reconnue comme telle par sa communauté aborigène.

Les trois critères doivent être remplis. Officiellement, un terme tel que « en partie aborigène » ne veut rien dire ; on est aborigène ou on ne l'est pas. La couleur de peau n'est pas un critère et certains Aborigènes sont blancs en apparence, alors que certains de leurs ancêtres sont Noirs[1]. La même définition s'applique aux indigènes du détroit de Torrès[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines et le « temps du rêve »[modifier | modifier le code]

Exemple de peinture aborigène.

L'Océanie, c'est-à-dire l'Australie et la Nouvelle-Guinée, n'ayant jamais été rattachées à l'Asie[2], il existe plusieurs théories au sujet de leur origine. L’une d’elles avance qu’ils seraient venus de l'archipel indonésien sur des embarcations par le nord via Timor il y a 40 000 ans. Une autre suggère qu’ils seraient venus par un passage entre la Nouvelle-Guinée et l'Australie qui formaient alors une partie de l'ensemble continental émergé du Sahul. Ces deux théories ne sont pas exclusives et il est aussi possible que plusieurs vagues humaines soient arrivées à différents moments ou en même temps en différents points géographiques du continent. L'isolement génétique de la population par rapport aux autres populations d'Eurasie daterait d'il y a 50 000 ans[3].

On pense que l'homme de Mungo découvert au bord du lac Mungo, dans le Sud de la Nouvelle-Galles du Sud, à 3 000 kilomètres de la côte du Nord de l'Australie est un ancien habitant de l'Australie qui aurait vécu il y a environ 40 000 ans, au Pléistocène. Il a été enterré avec un certain cérémonial car on a retrouvé auprès de lui des outils en pierre, des os de wombats d'une espèce éteinte, et de kangourous géants[4].

Les preuves scientifiques et archéologiques démontrent que l’occupation humaine, selon le lieu géographique du continent, date au maximum de 125 000 ans (date contestée), avec une moyenne fixée à 40 000 ans environ[5]. Depuis cette période, les Aborigènes ont développé en autarcie une culture qui leur est propre. Le séquençage du génome d'un aborigène du début du XXe siècle montre que les ancêtres des aborigènes seraient arrivés en Asie il y a environ 70 000 ans et seraient isolés en Australie depuis 50 000 ans[3].

Le temps du rêve (Tjukurpa en langue anangu) aussi appelé le rêve, est le thème central de la culture des Aborigènes d'Australie. Le « temps du rêve » explique les origines de leur monde, de l’Australie et de ses habitants. Selon leur tradition, des créatures géantes, comme le Serpent arc-en-ciel, sont sorties de la terre, de la mer ou du ciel et ont créé la vie et les paysages australiens. Leurs corps géants ont créé des fleuves et des chaînes de montagne mais leur esprit est resté dans la terre, rendant la terre elle-même sacrée aux peuples indigènes. En 1788, l'Australie était peuplée par 250 tribus, occupant tout le continent, chacune avec sa propre langue, ses lois et ses frontières tribales ; c'est la plus ancienne culture survivant sur terre[6].

Période de la colonisation britannique[modifier | modifier le code]

Two of the Natives of New Holland Advancing, To Combat (1770), par Sydney Parkinson.
William Barak (c.1824-1903), peintre et activiste. Maintenant on se souvient de Barak pour son œuvre artistique, des dessins qui révèlent la vie traditionnelle de sa jeunesse et les rencontres avec les Européens.
Hermannsburg Mission. Au cours du XIXe siècle, les Européens prennent le contrôle de la plupart des régions du pays et beaucoup d'Aborigènes ont été poussés dans des missions et des réserves.

En 1770, Le lieutenant James Cook « prend possession » des deux tiers de l’Australie pour la Grande-Bretagne contre les ordres du roi George III stipulant qu’il doit d’abord conclure un traité avec la population indigène. Londres déclarant que l’Australie est inoccupée (voir Terra nullius) permet l’établissement d’une colonie pénitentiaire. Cook a noté ses impressions sur les Aborigènes de Nouvelle-Hollande dans son journal : « en réalité ils sont bien plus heureux que nous les Européens… Ils vivent dans la tranquillité qui n'est pas troublée par l'inégalité de la condition. La terre et la mer leur fournissent toutes les choses nécessaires pour vivre… Ils vivent dans un climat agréable et ont un air très sain… ils n'ont aucune abondance »[7].

En 1788, le First Fleet des colons britanniques arrive à Sydney. Le premier gouverneur, Arthur Phillip, a été chargé d'établir des rapports avec les Aborigènes et de vivre dans l'amitié et la bonté avec eux mais les maladies européennes, l'alcool et l'expansion coloniale ont rapidement exercé un effet destructif sur la population indigène. Bennelong (1764-1813) était un Aborigène d'Eora, dans la région du Port Jackson, qui a été enlevé par les colons et qui a servi de premier intermédiaire entre colons britanniques et les Aborigènes lors de l'arrivée des Européens en Australie. Bennelong et un ami sont allés avec Phillip en Angleterre en 1792, faisant d'eux les premiers Aborigènes australiens à visiter l'Europe.

Il y avait d'autres médiateurs comme Bungaree et Mokare, et il y avait des résistants militant comme Yagan et Pemulwuy. En 1790, Pemulwuy, un Aborigène membre du peuple bidjigal[8], tue le colon John McIntyre, qu'il accusait d'avoir tué des Aborigènes. À partir de 1792, il mène des attaques répétées contre des colons. Il est finalement abattu en 1802. Sa tête est tranchée et envoyée à Londres, accompagnée d'une lettre du gouverneur Philip King soulignant sa bravoure[8]. Il reste une figure emblématique de la résistance aborigène à la colonisation britannique de l'Australie.

La politique du gouverneur Lachlan Macquarie vis-à-vis des Aborigènes montre sa conscience humanitaire : il fait aménager une école pour leurs enfants; un village et une ferme indigène pour la tribu de Sydney et organise une réunion annuelle pour eux à Parramatta. Il accorde des Ordres du mérite à leurs chefs mais quand les indigènes montrent des signes d'hostilité, il organise un commando militaire pour les châtier[9].

Les Anglais traversent les Blue Mountains et entrent sur le territoire des Wiradjuri en 1813 et un conflit s'ensuit. Windradyne, un guerrier wiradjuri mène la résistance contre les colons blancs, avant de chercher à faire la paix avec le gouverneur.

En 1803, des colons britanniques quittent la Nouvelle-Galles du Sud pour s’établir sur la Terre Van Diemen (aujourd’hui la Tasmanie) qui devient une colonie séparée en 1826 et où habitent 6 000 Aborigènes. En 1828, la loi martiale est déclarée dans la colonie par suite de conflits entre des colons britanniques et des Aborigènes. George Augustus Robinson est envoyé sur l'île pour essayer d'y ramener la paix aidé par Truganini, une femme aborigène avec qui il se lie d'amitié. Les Aborigènes sont envoyés sur l'île de Flinders où on leur promet logement, nourriture et sécurité en attendant que le calme revienne. Malheureusement, beaucoup meurent de maladies importées par les Européens et les survivants ne seront jamais autorisés à retourner dans leur pays. En 1873, Truganini, dernière survivante de ce groupe, est emmenée à Hobart. Elle y décède en 1876. Sur son lit de mort, elle dira au médecin qui l'assiste « Ne les laissez pas me couper en morceaux ». Après son enterrement, son corps est exhumé et son squelette exposé suspendu dans une vitrine au Tasmanian Museum où il reste jusqu'en 1947.

L'histoire des relations interraciales en Tasmanie demeure sujet de controverse pour les historiens mais on sait qu'au moins 307 personnes sont mortes de violences de 1803 à 1834[10],[11]. Les plus violentes attaques de hors-la-loi, les bushrangers, ont lieu dans le Pays de van Diemen. Des centaines de bagnards sont en liberté dans le bush, des fermes sont abandonnées par les colons et la loi martiale proclamée. Un hors-la-loi aborigène Musquito (originaire de Sydney) défie les autorités coloniales et mène des attaques contre des colons avant d'être arrêté et pendu. Charles Darwin visite Hobart en 1836. Il note une succession récente des « vols, d'incendies et de meurtres par les noirs » s'était achevée par leur envoi en exil mais on pouvait trouver l'origine des violences dans la « conduite infâme » de quelques compatriotes anglais.

L'historien Tim Flannery note que les rapports entre les explorateurs européens et leurs compagnons indigènes ont varié considérablement. Watkin Tench de la First Fleet écrit sur la bonne humeur de ses amis Eoras de Sydney. Bungaree a accompagné Matthew Flinders lors de sa première circumnavigation autour de l'Australie en 1803. L'unique survivant de l'expédition de Burke et Wills a été soigné par les aborigènes locaux. Sir Thomas Mitchell faisait attention à noter des noms de lieu indigènes - et pour cette raison 70 % des noms des localités australiennes sont d'origine indigène. Le célèbre explorateur Jackey Jackey (en) (un Aborigène de Nouvelle-Galles du Sud) était un ami fidèle d'Edmund Kennedy, qui mène une exploration vers le cap York en 1848. Kennedy et le reste de son équipe sont tués par des Aborigènes du cap York, mais Jackey Jackey survit et finit le voyage. Mais beaucoup d'explorateurs du XIXe siècle sont des hommes incultes qui ont traité les Aborigènes avec mépris[12].

Dès les années 1800, on emploie les capacités remarquables de traqueurs des Aborigènes pour poursuivre les bagnards et autres criminels échappés dans la nature et appelés les bushrangers[13].

L'installation d'éleveurs dans l'intérieur du pays est souvent une cause de conflit violent avec des Aborigènes mais les compétences de gardiens de troupeaux indigènes est source d'importantes économies[14]. Les missions religieuses fournissent souvent un asile lors des conflits tout en facilitant la colonisation[15]. Au cours du XIXe siècle, les Européens prennent le contrôle de la plupart des régions du pays. Beaucoup d'Aborigènes ont été poussés dans des missions et des réserves. Mais l'échange culturel n'était pas unilatéral: en 2004, Germaine Greer a écrit que la culture indigène a sensiblement affecté le développement de la culture australienne. Greer a pu voir des origines indigènes dans beaucoup d'aspects caractéristiques de la culture australienne: l'égalitarisme et la réticence intrinsèque des Australiens; l'importance de la capacité à raconter une histoire; l'intonation et le vocabulaire anglais australien[16].

Fermiers indigènes d'un « protectorat » de la période coloniale au Victoria en 1858.

Le rôle de Protecteur des Aborigènes est issu d'une recommandation du rapport de la commission spéciale de la Chambre des communes du Royaume-Uni. Le 31 janvier 1838, Charles Grant, Secrétaire d'État à la guerre et aux colonies, envoie le rapport au gouverneur George Gipps. Le rapport recommandait l'engagement de Chefs protecteurs des Aborigènes. Ces derniers devraient apprendre les langues aborigènes d'Australie et leur travail consisterait à veiller aux droits des Aborigènes, à les protéger contre la spoliation de leur territoire et contre tout acte de cruauté, d'oppression et d'injustice. Le Protectorat de Port Phillip est mis en place avec George Augustus Robinson comme Chef Protecteur et quatre Protecteurs à temps plein[17].

Bien qu'au départ le but était la défense des Aborigènes, en particulier dans les zones reculées, il fut suggéré que le rôle de Protecteur inclue un contrôle social. Ce contrôle ira jusqu'à déterminer quels individus peuvent se marier, où ils doivent résider, ainsi que la mainmise sur la gestion de leurs moyens financiers.[citation nécessaire]

À l'instar de Robinson, A. O. Neville (en) et Edward John Eyre furent de notables Chefs Protecteurs des Aborigènes. Matthew Moorhouse fut le premier Protecteur en Australie-Méridionale. La fonction de Protecteur des Aborigènes fut abolie dans les années 1970.

Les colonies australiennes sont devenues autonomes dans les années 1850. Des hommes ont été autorisés à voter en Australie-Méridionale en 1856 ; à Victoria en 1857 ; en Nouvelle-Galles du Sud en 1858, et en Tasmanie en 1896. Ceci a inclus des indigènes mais ils n'ont pas été encouragés à s'inscrire pour voter. Le Queensland a gagné l'autonomie en 1859 et l'Australie occidentale en 1890, mais ces colonies ont refusé à des indigènes toute voix. Toutes les femmes adultes en Australie-Méridionale, y compris les femmes indigènes, ont gagné le droit de voter en 1895[18].

La ligne télégraphique transaustralienne, qui traverse les terres du peuple Arrernte de l'Australie centrale, est achevée en 1872. Des missionnaires luthériens et des pasteurs ont suivi. Les Luthériens ont établi la mission de Hermannsburg en 1877[19]. Des conflits entre les pastoralists et l'Arrernte ont mené à l'établissement d'une force de police indigène régie par l'agent de police William Wilshire. Sa conduite notoire contre l'Arrernte a eu comme conséquence qu'il fut le premier policier à mettre sur l'épreuve pour le meurtre en Australie-Méridionale. Frank Gillen, un opérateur de télégraphe dans le pay Arrernte, a collaboré avec l'anthropologue Walter Baldwin Spencer pour écrire le livre célèbre The Native Tribes of Central Australia au sujet des Arrentes en 1899. Le livre a fourni la première étude étendue d'une société australienne indigène pour la publication globale[20].

Résistance face à la colonisation[modifier | modifier le code]

Les réactions des Aborigènes à l'arrivée soudaine des colons britanniques furent variées, mais inévitablement hostiles lorsque la présence des colons généra une compétition pour des ressources naturelles vitales et l'occupation par les Britanniques de terres aborigènes. Selon l'historien Geoffrey Blainey, pendant la colonisation de l'Australie : « dans mille endroits d'isolement il y avait les décès occasionnels par le pistolet et la lance. Encore plus mauvais, variole, rougeole, grippe et d'autres nouvelles maladies balayés de l'une communauté indigène à l'autre… Le conquérant principal des aborigènes était la maladie et son allié, démoralisation[21]. »

Les maladies européennes tuèrent des Aborigènes en grand nombre et l'occupation de terres, accompagnée de l'accaparement ou de la destruction de ressources alimentaires, provoqua des famines. À l'inverse de la Nouvelle-Zélande, où le traité de Waitangi fut perçu comme une légitimation de la colonisation britannique, aucun traité ne fut signé avec les Aborigènes, qui n'autorisèrent jamais la colonisation. Depuis les années 1980, l'emploi du terme « invasion » pour décrire la colonisation de l'Australie se généralise, tout en demeurant controversé. L'historien Henry Reynolds a souligné le fait que les officiels gouvernementaux ainsi que les colons employaient fréquemment, aux XVIIIe et XIXe siècles, des mots tels qu'« invasion » et « guerre » pour décrire leur présence et leurs relations avec les Australiens autochtones. Dans son livre The Other Side of the Frontier (L'autre côté de la frontière)[22], Reynolds décrit en détail la résistance armée des peuples aborigènes, au moyen de guérillas, face à l'intrusion blanche sur leurs terres. Cette résistance, débutant au XVIIIe siècle, se poursuivit jusqu'au début du XXe.

Statue de Yagan sur l'île Heirisson.

Lors des premiers temps de la colonisation, David Collins, secrétaire du gouverneur de la colonie de Sydney, écrivit au sujet des Aborigènes[23] :

« Tant qu'ils penseront que nous les avons dépossédés de leurs terres, ils nous considéreront comme leurs ennemis et, partant de ce principe, ils ont attaqué les personnes blanches à chaque fois qu'il leur était possible de le faire. »

En 1847, le barrister E.W. Landor déclara : « Nous nous sommes emparés de ce pays, nous avons abattu ses habitants, jusqu'à ce que les survivants aient jugé sage de se soumettre à notre autorité. Nous nous sommes comportés tel Jules César lorsqu'il prit possession de la Grande Bretagne[24]. » Dans la plupart des cas, affirme Reynolds, les Aborigènes commencèrent par résister à la présence britannique. Un colon écrivit dans une lettre au Launceston Advertiser en 1831[25] :

« Nous sommes en guerre contre eux ; ils nous considèrent comme des ennemis - des envahisseurs ; ils considèrent que nous les opprimons et que nous les persécutons ; ils résistent à notre invasion. Ils n'ont jamais été vaincus, et donc ils ne sont pas des sujets en rébellion, mais une nation injuriée, et ils défendent, à leur manière, les possessions qui sont les leurs de droit et qui leur ont été arrachées par la force. »

Reynolds cite de nombreux écrits de colons qui, lors de la première moitié du XIXe siècle, se décrivirent comme vivant en état de peur et même de terreur, ceci étant dû à des attaques d'Aborigènes déterminés à les tuer ou à les chasser de leurs terres. Il suggère que la résistance aborigène fut, du moins dans certains cas, temporairement une réussite; les massacres d'hommes, de moutons et de vaches par des Aborigènes, qui mettaient également le feu aux maisons et aux récoltes des Blancs, poussèrent certains colons à la faillite. La résistance aborigène continuait à la fin du XIXe siècle, et en 1881 l'éditeur du Queenslander écrivit[26] :

« Ces quatre ou cinq dernières années, les destructions de vies humaines et de propriétés par des Aborigènes se montent à un sérieux total. [...] La colonisation des terres, le développement de l'exploitation de minerais et d'autres ressources, ont été largement rendus impossibles par l'hostilité des noirs, qui continue sans faiblir. »

Reynolds affirme que la résistance aborigène continua pendant bien plus d'un siècle, démentant le mythe d'une colonisation pacifique de l'Australie. Les colons, pour leur part, réagirent souvent à la résistance aborigène avec une grande violence, ce qui mena à de nombreux massacres aveugles d'hommes, de femmes et d'enfants aborigènes par des Blancs[27]. Les massacres les plus tristement célèbres du début du XIXe siècle furent ceux de Pinjarra et de Myall Creek.

Mounted Police and Blacks, a Slaughterhouse Creek, 1852.

Comme ce fut souvent le cas, le massacre de Myall Creek n'a pas entraîné de condamnation de ses auteurs, non en vertu de la loi coloniale qui ne faisait pas de distinction entre Blancs et Aborigènes, mais parce que les jurés étaient des colons qui ne surent condamner des blancs. Après un deuxième procès pour le meurtre d'un enfant dans la même affaire de Myall Creek, sept des meurtriers furent reconnus coupables, condamnés à mort et exécutés par pendaison. Il s'agissait des premières exécutions de Blancs pour des assassinats d'Aborigènes. Presque un siècle plus tard, lors de l'affaire Dhakiyarr v le roi[28], un indigène faisait appel devant la Haute Cour d'Australie. Tuckiar (Dhakiyarr), un homme Yolngu, avait été condamné pour le meurtre d'un policier dans le Territoire du Nord. Dans les années 1930, le territoire Yolngu était un des derniers bastions de l'Australie indigène traditionnelle. L'opinion publique soutenait le condamné car, à l'évidence, il avait protégé son épouse et la Haute Cour annula la condamnation. Dhakiyarr disparut peu après son acquittement et on pense qu'il a été assassiné[29].

Les années 1930 ont vu le commencement du mouvement moderne de droits civiques pour les Aborigènes et l'apparition d'activistes comme sir Douglas Nicholls qui ont fait avancer les droits indigènes par la loi établie par l'Australie blanche[30].

Parmi les Aborigènes célèbres qui résistèrent à la colonisation britannique, on peut citer Pemulwuy et Yagan. En Tasmanie, la « Guerre noire » fut une guerre civile de la première moitié du XIXe siècle.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Un homme Arrernte du Territoire du Nord et une hutte traditionnelle en 1920.
Statue d'activiste aborigène Sir Douglas Nicholls avec Lady Gladys Nicholls, au Parlement de Victoria.

Les colonies australiennes ont voté pour se fédérer sous une constitution nationale en 1901. La section 41 de la constitution a refusé le droit de vote au niveau fédéral aux Aborigènes à moins qu'ils n'aient été inscrits sur les listes électorales des États. Quelques États ont permis aux Aborigènes de voter et les autres non[18].

En 1904, le journaliste et anthropologue Daisy Bates fut nommé par le gouvernement d'Australie-Occidentale pour étudier les tribus de l'état. Figure controversée, elle mena une vie austère parmi les Aborigènes vivant dans les camps des déserts et est devenu célèbre pour le travail d'assistance qu'elle fournit- mais elle a décrit les aborigènes comme une race finie[31].

David Unaipon (1872-1967) a été instruit par la McLeay Point Mission. Il est devenu un inventeur - breveté la technologie pour un nouveau cisaillement tenu dans la main en 1909. Il est devenu un pasteur chrétien ; et un conférencier sur des mythes et des légendes indigènes ; et le premier auteur indigène. Il a voyagé autour de l'Australie et est devenu influent dans des affaires indigène et voulu le gouvernement fédéral pour assurer la juridiction pour des affaires indigènes. Il a voulu l'éducation pour des aborigènes pour qu'ils puissent gagner l'entrée à la société occidentale. Il a souvent fait face à la discrimination de l'époque, mais il a annoncé la classe articulée des chefs indigènes qui deviendraient de plus en plus influents dans la société australienne pendant le XXe siècle. Actuellement, son image apparaît sur le billet 50 du dollar australien[32].

Quand Douglas Nicholls est né au Victoria en 1906, des milliers d'Aborigènes comme lui étaient internés et placés dans des réserves dirigées par des blancs. Les possibilités d'éducation étaient limitées et les offres d'emploi réduites. Nicholls a connu un grand succès comme footballeur australien et son oncle, William Cooper, l'a encouragé à s'impliquer dans la défense des droits des Indigènes. Cooper créa la Aborigines Advancement League (en) (AAL) (Ligue pour la promotion des Aborigènes) et organisa une pétition des peuples indigènes au roi, pour obtenir une amélioration de leur sort. Le gouvernement ne présenta pas la pétition au roi.

En 1938, à l'occasion du 150e anniversaire de la First Fleet, l'AAL organisa une manifestation appelée « jour du Deuil » (Day of Mourning) et lança un appel pour les droits civiques des Aborigènes.

Le sport, le divertissement et l'armée étaient trois moyens pour les Aborigènes de l'époque d'être acceptés par les Australiens européens; pendant la seconde Guerre mondiale, de nombreux Aborigènes rejoignirent les forces armées bien que certains aient remis en cause le choix des Aborigènes luttant pour la défense d'une terre qui leur avait été prise.

Dans les années 1940, les conditions de vie dans les réserves demeuraient extrêmement difficiles. Le gouvernement créa un système de laissez-passer pour que les travailleurs indigènes puissent quitter leurs réserves. Le professeur A.P. Elkin (en), l'association Les amis des Aborigènes et d'autres association manifestèrent pour obtenir de meilleures conditions de vie pour des indigènes et leur donner le droit de voter. En 1949, le droit de vote aux élections fédérales a été accordé aux indigènes qui avaient servi dans les forces armées ou étaient inscrits pour voter dans les élections d'état. Les indigènes au Queensland, en Australie-Occidentale et dans le Territoire du Nord ne pouvaient pas encore voter dans leurs propres élections provinciales.

Dans les années 1950, le gouvernement mena une politique d'assimilation, par laquelle il était prévu que les Aborigènes « obtiennent par la suite le même mode de vie que les autres Australiens ». Le gouvernement envisagea l'octroi des droits de citoyenneté et la suppression de l'identité culturelle.

En 1957, Nicholls voyagea en Australie centrale pour étudier les effets inquiétants de la radioactivité parmi les habitants du désert qui vivaient près de Maralinga, l'emplacement de l'essai nucléaire britannique. Nicholls lança une campagne de sensibilisation. Lançant un appel pour obtenir l'appui de l'Australie blanche, Nicholls déclara : « nous voulons marcher avec vous, nous ne souhaitons pas marcher seuls ».

En 1958, Nicholls a aidé à établir le Conseil fédéral pour l'avancement des droits indigènes et des peuples d’Iles de Torres (FCAATSI), marquant le commencement d'une « conscience noire » nationale.

En 1962, le Commonwealth Electoral Act, du Premier ministre Robert Menzies, a déclaré que les indigènes aient le droit de s'inscrire et la voix aux élections fédérales[18]. Nicholls, Faith Bandler (en) et FCAATSI menèrent une campagne pour obtenir une réforme constitutionnelle qui inclurait les Aborigènes dans le recensement national. En 1964, des étudiants de l'université de Sydney menés par Charles Perkins (en), organisèrent une tournée (le tour de la liberté) en autobus en Nouvelle-Galles du Sud pour rechercher des exemples de ségrégation dans des secteurs ruraux. Ils protestèrent contre les piscines et les clubs qui avaient exclu des Aborigènes et ils réussirent à obtenir une sensibilisation du public contre le racisme.

En 1967, le premier ministre Harold Holt organisa un référendum pour inclure les Aborigènes dans le recensement national. Il obtint l'appui de plus de 90 % des électeurs.

En 1966, Vincent Lingiari, un ancien Aborigène Gurindji (en), mena d'abord une revendication à la "station" de Wavehill dans le Territoire du Nord, pour exiger un salaire égal aux autres et protesta plus tard pour obtenir des droits sur les terres de leur pays[33]. En 1972, Le premier ministre Gough Whitlam a versé de la terre dans la main de Vincent Lingiari, symbolisant le retour des droits de la terre aux Gurindji. Les Aborigènes ont exigé d'avoir un salaire égal à celui des colons salariés, mais les éleveurs n'ont pas pu employer autant de personnes dans ces conditions et beaucoup d'aborigènes se sont tournés alors vers des aides financières du gouvernement. Les activistes comme Noel Pearson ont estimé par la suite que ces aides ont été des sit-down-money (argent pour s'asseoir) qui ont contribué au développement d'une économie factice et destructrice de l'Australie indigène[34].

En 1971, Neville Bonner devint le premier membre indigène du Parlement fédéral, siégeant en tant que sénateur du parti libéral pour le Queensland. Des aborigènes ont été élus dans les Parlements de territoire du nord et du Queensland en 1974[18]. Ernie Bridge (en) a été le premier membre indigène du parlement d'Australie-Occidentale en 1980 et a été le premier à obtenir un ministère dans un gouvernement[18].

Depuis une restitution partielle de terres à partir de 1976, de nombreux Aborigènes sont retournés vivre sur les lieux de vie de leurs ancêtres – homeland – desquels ils avaient été chassés. Ces homelands sont, selon eux, leur identité intrinsèque, lieu des origines, lieu de vie de leurs ancêtres et de leur groupe familial. Ils sont donc pour la plupart concentrés dans les régions septentrionales du pays. Beaucoup vivent dans des réserves appelées « communautés » : il en existe 70 dans les Territoires du Nord[35]. Ces groupes subissent les fléaux de l'alcool et de l'acculturation. Certains sont mieux assimilés dans la population issue de l'immigration.

Le 26 janvier 1988, l'acteur et activiste Burnum Burnum a planté le drapeau aborigène sur les falaises de Douvres. Ce jour était en Australie le jour de la célébration du bicentenaire de la fondation de la colonie de Sydney. Il s'agissait pour Burnum Burnum d'opérer un renversement de situation, et, grâce au drapeau, de prétendre « prendre possession » de l'Angleterre, tout comme Arthur Phillip avait prétendu prendre possession de l'Australie aborigène en 1788. De grandes manifestations ont eu lieu à Sydney. Beaucoup s'attendaient à la rédaction d'un traité, comme promis par le premier ministre Bob Hawke. Le traité n'est jamais venu.

En 1992, la propriété foncière ancestrale des Aborigènes est reconnue avec le jugement Mabo, et la fiction juridique de terra nullius a été finalement rejetée par la Haute Cour.

Article détaillé : Générations volées.

Le déplacement obligatoire des enfants aborigènes métissés de sang blanc, des communautés indigènes, a été autorisé par loi en Australie entre 1909 et 1969, dans le cadre de la politique du White Australia. Les gouvernements, les églises et les organisations d'assistance sociale ont toutes participé, sous la surveillance du Aboriginal Protection Board. Il était prévu que des enfants indigènes avec l'héritage européen soient assimilés en l'Australie des Blancs. L'éducation était souvent d'une basse norme, et pour le travail manuel. La culture indigène n'a pas été respectée. Le nombre d'enfants enlevés pour les raisons purement raciales n'est pas connu, mais beaucoup de peuples indigènes ont été traumatisés par la politique[36].

Sur ordre du gouvernement, des enfants ont été arrachés à leurs mères et placés dans des orphelinats, des missions ou des familles d’accueil censés en faire « de bons petits Australiens » . Avant la Seconde Guerre mondiale, « L’Australie aux Blancs » - est alors le mot d’ordre, et après ce que certains appellent le génocide dû aux premiers colons, ou le semi-esclavage pratiqué dans les réserves, ne reste, pour venir à bout de ces « moins-qu’humains » et leur faire oublier d’où ils viennent et qui ils sont, que l’assimilation forcée dès le berceau.

En 1981, l'historien Peter Read a créé le nom : Générations volées pour décrire la politique de cette époque[37]. My Place (en), une autobiographie populaire d'un auteur indigène, Sally Morgan, écrite en 1987, a fait prendre conscience de l'affaire[38]. Dans les années 1990, le premier ministre Paul Keating a chargé une commission d'un rapport au sujet de cette pratique : The Bringing Them Home Report[39]. En 1998, une journée nationale du pardon, National Sorry Day, fut instituée le 26 mai pour faire connaître le tort qui a été causé aux familles indigènes par les générations volées et pour que le « processus de cicatrisation » puisse débuter. En 2002, le film Le Chemin de la liberté (Rabbit-Proof Fence) par Phillip Noyce décrit la dramatique enfance d'une femme des « générations volées »[40]. En 2008, le premier ministre Kevin Rudd demande pardon pour les Générations volées.

La terme génération volée n'a pas été employé jusque dans les années 1980 et le principe racial de la politique de séparation est contestée par quelques commentateurs contemporains, comme l'historien Keith Windshuttle (en). Windshuttle croit que la base pour le retrait des enfants indigènes à leur famille n'était pas différent de la base du retrait des enfants blancs : c'est-à-dire la négligence, les abus sexuels ou les violences domestiques[41],[42],[43].

En 2008, l'avocat indigène Noel Pearson a décrit l'histoire du déplacement des enfants indigènes et de la rupture avec leur famille comme une histoire d'une grande complexité et diversité : « Des gens ont été volés, des gens ont été sauvés ; des gens ont été amenés dans des chaînes, des gens ont été apportés par leurs parents ; des enfants aborigènes métissés de sang blanc étaient en danger dans leur tribu, d'autres étaient aimés et traités comme leurs propres enfants ; des gens étaient en danger chez les blancs, des gens ont été protégés par des blancs. Les motivations et les actions des blancs impliqués dans cette histoire « gouvernementaux et missionnaires » ont été diverses, allant de la cruauté à l'affection, du mépris à l'amour, de la bonne intention à la mauvaise[15]. »

Fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Geoffrey Gurrumul Yunupingu, chanteur de langue yolngu

Au-delà des réformes légales principales du XXe siècle, un certain nombre de choses ont changé dans les années 1970. Des Aborigènes Papunya (Australie Centrale), ont utilisé pour la première fois de la toile et de la peinture acrylique pour reproduire leurs peintures traditionnelles. L'art aborigène a acquis, ces dernières années, un statut d’art moderne. Les athlètes indigènes ont obtenu de grand succès: en 1982 Mark Ella est devenu capitaine de l'équipe d'Australie de rugby à XV; en 2000, Cathy Freeman a allumé la flamme olympique à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Sydney. Les musiciens indigènes ont également eu de grands succès: Yothu Yindi, Christine Anu et Geoffrey Gurrumul Yunupingu. En 2006, 10 canoës, 150 lances et 3 épouses, par Rolf de Heer, est devenu le premier film de long métrage en langue indigène d'Australie.

Une nouvelle génération d'activistes comme le magistrat Pat O'Shane (en), l'avocat Noel Pearson et les universitaires Mick Dodson (en) et Marcia Langton ont continué à mener une discussion nationale sur les questions indigènes.

En 1992, il y eut un discours célèbre prononcé par le premier ministre Paul Keating sur la réconciliation: le discours de Redfern. Il appela ses concitoyens à reconnaître les nombreux torts faits aux Aborigènes dans le passé. Cette reconnaissance devait, selon lui, être un prélude à l'amélioration des conditions de vie des Aborigènes : « Nous ne pouvons pas imaginer que les descendants d'un peuple, dont le génie et la résistance ont maintenu une culture ici depuis plus de 50 000 ans, qui survécut à 200 ans de dépossessions et d'abus, se voient niés leur place dans la Nation ». Le gouverneur général d'Australie, Sir William Deane participa activement à cette cause.

Le 26 mai 1998, des Australiens aborigènes et non indigènes se rassemblent devant le Parlement pour y signer un registre dans lequel est inscrite une demande de pardon au peuple aborigène. Plus de 24 000 signatures sont collectées, c’est pour cette raison qu’est créé le Sorry Day, jour du pardon. Tous les ans, un grand nombre d'Australiens participent à une marche pour célébrer cette journée. En 1999, le premier ministre John Howard fait voter une loi sur la réconciliation, appelant le traitement fait aux indigènes le « chapitre le plus sombre dans l'histoire de l'Australie », mais il a dit que le gouvernement d'aujourd'hui ne pourrait pas faire des excuses pour des gouvernements d'hier[44]. Howard n'était pas un défenseur fort des gestes symboliques pour la réconciliation. Il a dit qu'il préférait les « mesures pratiques » pour résoudre des problèmes contemporains dans des communautés indigènes.

En 2000, 250 000 personnes ont traversé l'Harbour Bridge pour symboliser la réconciliation et il y eut des débats, souvent acrimonieux, quant aux réponses à donner au problème de l'alcool, à la dépendance des indigènes à l'aide financière de l'État et au besoin d'un grand geste symbolique de réconciliation mené par le Parlement[15]. En 2007, Howard et son ministre des Affaires indigènes, Mal Brough (en), ont déclaré que l'état de santé et de bien-être des enfants indigènes constituait une priorité nationale. Ils interdirent l'alcool et envoyèrent des médecins et des policiers dans le Territoire du Nord[45].

L’ultime reconnaissance symbolique a eu lieu en février 2008 lorsque le nouveau Premier ministre Kevin Rudd et le chef de l'Opposition Brendan Nelson se sont excusés devant le Parlement au nom du peuple australien pour les crimes commis par le passé envers les Aborigènes. Rudd a dit : « We apologise for the laws and policies of successive parliaments and governments that have inflicted profound grief, suffering and loss on these our fellow Australians. We apologise especially for the removal of Aboriginal and Torres Strait Islander children from their families, their communities and their country ». Ce discours fut retransmis en direct sur les chaînes nationales[46]. Rudd montre la volonté du gouvernement de « mettre fin » au problème racial en Australie[47].

En 2010, Ken Wyatt, un libéral, est devenu le premier Aborigène élu à la Chambre des Représentants du Parlement fédéral australien[48].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Quelques dates importantes[49] :

L'expertise du bushcraft.
Portrait de Bungaree(, explorateur, artiste et diplomate.
Garçon Arrernte, c. 1920-24.
Drapeau aborigène, créé par Harold Thomas en 1971 (nous hommes noirs sur la terre rouge, sous le soleil).
Cathy Freeman, au départ de la finale du 400 m des Jeux de Sydney en 2000.
  • Vers 6500050000 av. J.-C. – arrivée supposée des aborigènes en Australie septentrionale[50].
  • Vers 38000 av. J.-C. – époque supposée de l'existence de l'homme de Mungo.
  • Avant 28000 av. J.-C. – formes initiales d'expression artistique[51].
  • Vers 20000 av. J.-C. – début supposé des premières peintures rupestres à Kakadu[52]
  • Avant 8000 av. J.-C. – invention du boomerang[50]
  • c. 1AD. Des peintures rupestres dans le Territoire du Nord montrent des images de didgeridoo[53].
  • 1606. Willem Jansz débarque à cap York. Première rencontre entre les Aborigènes et les Européens[54].
  • 1788. Arrivée des premiers colons européens avec la First Fleet. Début de l'expansion territoriale de la colonie britannique. La variole, introduite involontairement, fait des ravages dans la population aborigène.
  • 1792. Mouvement de résistance de Pemulwuy (tué en 1802).
  • 1792. Bennelong et Yemmerrawanie voyagent en Europe et sont présentés au roi George III.
  • 1803. La Terre de Van Diemen devient colonie britannique. Début de la Guerre noire.
  • 1834. Bataille de Pinjarra.
  • 1838. Massacre de Myall Creek - Pour la première fois des Blancs sont condamnés à mort et exécutés pour avoir assassinés des aborigènes. Rapport recommandait l'engagement des Protecteur des Aborigènes.
  • 1868. La première équipe de cricket australienne à voyager à l'étranger est un groupe d'Aborigènes qui se rend en Angleterre.
  • 1899. Publication du The Native Tribes of Central Australia par Spencer et Gillen.
  • 1901. Formation du Commonwealth de l'Australie et politique de l'Australie blanche. Les Aborigènes sont explicitement exclus de recensement (à moins que déjà inscrits à la voix).
  • 1910-1970. Politique des Générations volées.
  • c.1924. David Unaipon est le premier auteur indigène à être publié[55].
  • 1928. Massacre de Coniston.
  • 1932-1933. La Donald Thomson#La .C2.AB crise de Caledon Bay .C2.BB mène au procès Dhakiyarr v le roi (1934)[28]: un indigène fait appel à la Haute Cour d'Australie pour la première fois.
  • 1935. L'anthropologue Donald Thomson arrive en terre d'Arnhem.
  • 1937. Les autorités fédérales adoptent une politique officielle d'assimilation des métis aborigènes.
  • 1938. L’Aborigines Advancement League proteste par un jour du deuil à Sydney, pour marquer le 150e anniversaire du First Fleet.
  • 1941. Donald Thomson crée l’Unité spéciale de reconnaissance du Territoire du Nord. Des hommes Yolngu patrouillent pour prévenir de toute invasion japonaise.
  • 1954. L'artiste Albert Namatjira est présenté à la Reine.
  • 1955-1963. Essai nucléaire à Maralinga (un dédommagement est payé aux habitants de Tjarutja (en) en 1994).
  • 1957. Formation du Federal Council for the Advancement of Aborigines and Torres Strait Islanders (FCAATSI) font campagne pour la réforme constitutionnelle.
  • 1962. Le Commonwealth Electoral Act déclare que tous les indigènes ont le droit de s'inscrire et de voter aux élections fédérales.
  • 1964-1965. Les Freedom Rides. Des étudiants menés par Charles Perkins (en), parcourent des villes de la Nouvelle-Galles du Sud à la recherche de cas de racisme.
  • 1966. La grève des Gurindji (en) menée par Vincent Lingiari, pour l'égalité de salaires pour les ouvriers indigènes[56].
  • 1967. Succès retentissant d'un référendum par le premier ministre Harold Holt reconnaissant certains droits aux Aborigènes. Ils sont tous désormais inclus dans la population lors des recensements.
  • 1968. L'anthropologue William Stanner parle du « Grand Silence australien », de l'exclusion délibérée des Aborigènes de la mémoire historique collective.
  • Les années 1970. Des Aborigènes de Papunya (en) (centre Australie), utilisent de la toile et de la peinture acrylique pour reproduire leurs peintures traditionnelles. L'art aborigène a acquis un statut d’art moderne
  • 1971. Le sénateur Neville Bonner devient le premier indigène membre du parlement fédéral.
  • 1976. Aboriginal Land Rights Act (Territoire du Nord): la propriété aborigène de certaines terres est reconnue et elles leur sont restituées[57].
  • 1976. Sir Douglas Nicholls, devient le premier indigène gouverneur d'un état australien (Australie-Méridionale).
  • 1981. L'historien Henry Reynolds publie The Other Side of the Frontier.
  • 1982. Mark Ella capitaine de l'Équipe d'Australie de rugby à XV.
  • 1984. Un groupe de Pintupi qui menaient une vie traditionnelle est découvert dans le désert de Gibson en Australie-Occidentale. On pense que c'est la dernière tribu à entrer en contact avec les Européens.
  • 1984. Le gouverneur général remet officiellement aux Pitjantjatjara les titres de propriété de la région d'Uluru[58].
  • 1986. Discours du pape Jean-Paul II aux Aborigènes d'Australie centrale à Alice Springs, les félicitant pour leur legs culturel et appelant au droit de la terre et à la réconciliation[59].
  • 1988. Burnum Burnum plante le drapeau aborigène sur les falaises de Douvres, lors du bicentenaire de la fondation de la colonie de Sydney, pour « prendre possession » de l'Angleterre.
  • 1992. Jugement Mabo. Fin de la fiction juridique de terra nullius.
  • 1992. Discours de Redfern par le premier ministre Paul Keating.
  • 1994. Uluru est classé sur la liste de l'UNESCO en tant que patrimoine culturel.
  • 1997. Rapport Bringing Them Home au sujet des Générations volées.
  • 1999. Le premier ministre John Howard fait voter une motion de réconciliation rappelant que le traitement subi par les indigènes est le chapitre le plus sombre dans l'histoire nationale de l'Australie.
  • 2000. Cathy Freeman allume la flamme des Jeux olympiques de Sydney.
  • 2001. Un espace sépare l'espérance de vie entre les Australiens indigènes et non-indigènes[60].
  • 2006. 10 canoës, 150 lances et 3 épouses est le premier long métrage en langue indigène d'Australie.
  • 2007. John Howard déclare la question de la protection des enfants indigènes dans le Territoire du Nord priorité d'aide nationale[61].
  • 2008. Le premier ministre Kevin Rudd demande pardon aux Générations volées.
  • 2010. Ken Wyatt un libéral, est devenu le premier Aborigène élu à la Chambre des Représentants du Parlement.

Démographie[modifier | modifier le code]

Le recensement de 2011 a donné une population de 670 000 Aborigènes et Indigènes du détroit de Torrès, représentant 3 % de la population australienne[62]. Les territoires aborigènes représentent 10 % du territoire australien. La Nouvelle-Galles du Sud et le Queensland ont les plus grandes populations indigènes. Les Aborigènes représentent près de 30 % de la population du Territoire du Nord, mais dans le reste de l'Australie cette part est beaucoup plus basse.

Distribution des Aborigènes par État en 2011. Entre parenthèses la part des Aborigènes dans la population totale de l'État.

On estime que les Aborigènes étaient entre 315 000[63] et 750 000[64] lorsque les premiers colons britanniques sont arrivés en 1788 ; peut-être même plus (d'autres sources varient sur cette évaluation, suggérant une fourchette de 300 000 à 1 000 000)[65].

Dès la colonisation, les Aborigènes ont été décimés par les massacres, les épidémies et les empoisonnements[35]; beaucoup ont été confinés dans des réserves sur les terres les plus pauvres. Les Aborigènes ont été inclus dans le recensement national australien à partir de 1967 (avant cette date, certains étaient exclus dans quelques juridictions). Leur espérance de vie est de 17 ans plus faible que celle des autres Australiens[66] (cependant, les questions d'identité ne sont pas fréquemment posées dans les hôpitaux, les centres médicaux et les écoles, aussi cette statistique est contestée et difficile à vérifier[65]). Le revenu moyen d'un foyer aborigène s'élève environ à 40 % de celui d'un non-aborigène. Enfin, la population carcérale compte 22 % d'Aborigènes[67]. Beaucoup des communautés aborigènes qui dépendent fortement d'aide financière gouvernementale présentent les pires symptômes de la pauvreté : alcoolisme, drogue, fort taux d'incarcération, chômage, faible degré d'instruction ; mais le recensement de 2006 a montré qu'environ 50 % des Aborigènes vivent dans la société australienne et occupent tout l'éventail des métiers, y compris le commerce, les professions libérales et la gestion. L'état de santé et l'espérance de vie de ces personnes sont comparables à ceux des Australiens non-indigènes. Leurs enfants ont des niveaux d'aide scolaires et universitaires plus élevés que la moyenne de la population. Environ 70 000 indigènes vivent sur les terres traditionnelles selon les chiffres des marchés du travail et des services généraux et leur niveau de vie est inférieur aux autres[65].

En 1992, le Premier ministre Paul Keating prononça le Discours de Redfern au sujet des origines des mauvaises conditions de vie pour les Aborigènes. Il a cité la dépossession et la violence ; aussi bien que l'introduction des maladies et l'alcool par les Européens ; et la politique du déplacement des enfants indigènes par des gouvernements comme causes premières de la douleur contemporaine des indigènes. Les activistes indigènes comme Noel Pearson ont de plus en plus argué du fait que d'autres causes importantes de la situation contemporaine des aborigènes ont provenu des politiques sociales de gouvernement depuis les années 1970 ; par lequel les peuples indigènes soient devenus dépendants de l'aide financière du gouvernement[68], une position soutenue par le successeur de Keating, John Howard[69].

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues aborigènes d'Australie.

On estime qu'à l'arrivée des Britanniques sur le continent, il existait au moins 250 langues en Australie, regroupées en 27 familles linguistiques et réparties en des centaines de dialectes (700 communautés linguistiques[35]). Dans certains cas, une langue ou un dialecte n'était parlé que par une tribu ou un groupe régional, dans d'autres plusieurs groupes régionaux ou tribus parlaient des dialectes d'une même langue. De nombreuses langues ont disparu aujourd'hui, d'autres sont encore parlées par un petit nombre de locuteurs. D'autres encore sont des langues véritablement maternelles et certains groupes ne parlent que très mal l'anglais ou le pidgin et communiquent essentiellement dans leur langue aborigène. Les langues qui sont encore largement parlées aujourd'hui et qui ne sont pas en voie de disparition immédiate sont au nombre de 30 environ. Le nombre de locuteurs d'une langue australienne oscille souvent autour de 100 à 500. Voici quelques langues à titre d'exemples :

Dans le nord de l'Australie, un créole d'anglais est apparu dans la première moitié du XXe siècle et s'est propagé dans les régions adjacentes. Ce créole, appelé "kriol", est aujourd'hui la langue maternelle d'environ 15 000 personnes, essentiellement dans la région du Top End. Il ne s'agit pas d'une langue de contact (ou "pidgin", langue véhiculaire limitée aux contextes d'échanges entre des groupes) mais bien d'une langue à part entière, que ses locuteurs considèrent souvent comme une langue aborigène au même titre que les langues plus anciennes. Une proportion importante de ses éléments lexicaux est empruntée de l'anglais, mais le vocabulaire spécifique (faune et flore, termes de parenté...) renvoie aux langues aborigènes. Le système de conjugaison et la grammaire sont relativement simples, comme c'est le cas dans de nombreux créoles. Dans les régions où le kriol est devenue la langue maternelle des communautés, les autres langues aborigènes sont souvent menacées d'extinction.

Certains mots des langues aborigènes sont passés dans la langue australienne (principalement des noms d'animaux, de plantes ou de lieux) : kangourou, koala, Uluru (appelé par les anglophones Ayers Rock), billabong.

Organisation du territoire[modifier | modifier le code]

Des zones sacrées sont protégées par la loi

Les discussions et controverses sur l'organisation sociale et territoriale des Aborigènes ont été nombreuses, surtout parmi les anthropologues. Sommairement, il est néanmoins possible de dire que les Aborigènes étaient, et pour une partie sont encore aujourd'hui, organisés en tribu. (Une tribu est un ensemble de personnes qui adhèrent à un même ensemble de règles et normes coutumières, qui vivent sur un territoire plus ou moins délimité, qui parlent une langue commune et qui se marient normalement entre eux). La taille des tribus australiennes est variable. Certains groupes ne comptaient qu'une centaine de membres, comme les groupes dialectaux du Désert de l'Ouest, d'autres, comme les Warlpiri ou les Aranda, comptent plusieurs milliers de personnes.

Les tribus sont souvent divisées en clans. Un clan est un groupe de descendance dont les membres disent descendre d'un même ancêtre (réel ou mythique). Les hommes d'un clan épousent normalement une femme d'un autre clan. Ce principe ou règle de mariage est appelée l'exogamie. Les clans australiens peuvent être matrilinéaires, c'est-à-dire que l'appartenance au clan est déterminée en ligne maternelle, mais la majeure partie des clans sont patrilinéaires, c'est-à-dire que c'est l'appartenance clanique du père qui détermine celle de ses enfants.

Mais si un clan est souvent le propriétaire d'une partie du territoire tribal, il n'en est pas forcément l'exploitant. Il n'y a en Australie pas forcément coïncidence entre groupe de propriétaires et groupe de résidents, c'est-à-dire ceux qui nomadisent ensemble, qui chassent et collectent ensemble, etc. Ce groupe de résidents a souvent été appelé horde, bande ou, mieux, groupe local. Selon certaines formules anthropologiques génériques, notamment provenant de l'anthropologue Radcliffe-Brown, le groupe local est le clan moins les femmes qui sont parties se marier dans d'autres clans, plus les femmes qui se sont mariées avec des hommes du clan.

Cette vision est considérée aujourd'hui comme trop simpliste, l'organisation territoriale étant souvent une question de négociation et d'adaptation permanente, où les membres des clans migraient et déménageaient souvent entre les différents groupes locaux.

On estime aujourd'hui qu'il y avait environ 1500 tribus différentes en Australie.[réf. nécessaire]

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Temps du rêve.
Kangourou et guerrier de Kakadu.

Art des Aborigènes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Art des Aborigènes d'Australie.

Les Aborigènes sont de remarquables peintres, sur écorces dans les Territoires du Nord, sur tissus et toiles dans la partie du désert central. Les dessins et figures qu'ils peignent ont tous une signification bien particulière apparentée à la mythologie du rêve et pouvant être assimilée à une forme d'écriture. À l'exception des peintures rupestres, la plupart des œuvres aborigènes étaient éphémères : peintures corporelles, dessins sur le sable, peintures végétales au sol... À partir des années 1970, les Aborigènes ont utilisé la peinture acrylique sur toile. Les œuvres aborigènes évoquent souvent le temps du rêve qui relate le mythe de la Création selon leur culture. En 2007, le tableau d'Emily Kngwarreye, Earth's Creation s'est vendu pour l'équivalent de 671 000 euros[35].

Albert Namatjira (28 juin 1902 - 8 août 1959), membre du peuple Arrernte de l'ouest, est l'un des plus célèbres peintres australiens. Il est surtout connu pour ses aquarelles de paysages du désert australien, un style qui a inspiré l'École Hermannsburg d'art aborigène.

Des exemples d'art rupestre peuvent être trouvés dans les parcs publics même dans les villes principales comme au Parc national Ku-ring-gai Chase à Sydney. Les Parcs nationaux d'Uluṟu-Kata Tjuṯa et de Kakadu, dans le Territoire du nord, sont classés sur la liste de l'UNESCO en tant que patrimoine culturel et présentent une histoire des techniques et du comportement illustrée par des peintures[69],[70],[71].

Rapport à la nature[modifier | modifier le code]

Les Aborigènes d’Australie protègent les sites totémiques. C’est dans ces sites que se reproduisent les « petits esprits » à l’origine de la reproduction du totem, c’est-à-dire tant de l’animal que de son correspondant humain. Leur destruction entraînerait l’extinction de l’espèce humaine et non humaine[72]. Tuer un animal pour se nourrir n’est pas dommageable car les petits esprits le régénéreront[73]. Les Aborigènes d’Australie ne font pas la distinction entre ce qui serait naturel et ce qui serait culturel. Dans leur monde tout est à la fois naturel et culturel[74].

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique aborigène.
Un didgeridoo, ou yidaki

Les Aborigènes ont conservé nombre de chants ancestraux et développé des instruments très particuliers. Le yidaki ou didgeridoo est considéré comme l'instrument le plus représentatif des Aborigènes et certains avancent qu'il est le plus ancien des instruments à vent. Cependant, seuls les Aborigènes de l'Arnhem land en jouaient comme les Yolngu. De plus, seuls les hommes pouvaient en jouer.

Le groupe de rock australien Midnight Oil a été un des premiers à intégrer le didgeridoo dans quelques chansons ce qui a fait découvrir cet instrument au grand public. [réf. nécessaire]

Dans la musique pop, on peut citer Jimmy Little (en), Lionel Rose, Christine Anu, Archie Roach et Geoffrey Gurrumul Yunupingu.

Actuellement, les musiciens aborigènes sont connus pour leur pratique du Rock and Roll, du hip hop et du reggae. L'un des groupes les plus connus est Yothu Yindi qui est reconnu comme le fondateur du rock aborigène.

Les thèmes indigènes ont été le sujet de la musique populaire par des non-aborigènes aussi bien - notamment par Paul Kelly (qui a chanté de la vie de Vincent Lingiari) et Slim Dusty (un chanteur de la musique country australienne qui était immensément populaire parmi des aborigènes). Le didgeridoo a été également incorporé à la musique populaire australienne contemporaine - on peut citer Midnight Oil et par Xavier Rudd.

Deborah Cheetham est une soprano célèbre aborigène.

Danse[modifier | modifier le code]

Corroboree: figures à grandes capes à peau de phalanger, par William Barak, 1898.

Les danses et cérémonies indigènes sont exécutées en Australie depuis des temps immémoriaux. Ces rituels avec le chant et la décoration du corps dépendraient souvent des contes du Temps du rêve[75]. Un Corroboree est une réunion commémorative des Aborigènes d'Australie. Lors d'un Corroboree, les Aborigènes interagissent avec le Temps du rêve à travers la danse, la musique et le costume. De nombreuses cérémonies miment les événements de cette époque. La plupart de ces cérémonies sont sacrées et les gens extérieurs à la communauté ne sont pas autorisés à y participer ou à la regarder. "Leurs corps étaient peints de différentes manières et ils portaient des parures diverses qui n'étaient pas utilisées tous les jours"[76].

Pendant les années 1940, John Antill (en) a composé la musique pour un ballet basé sur le Corroboree Aborigene. La production a voyagé en Australie pendant les années 1950 et faisait partie du programme de la première visite royale en Australie par la reine Élisabeth II[77]. La fusion des influences indigènes et occidentales est maintenant souvent vue dans les théâtres australiens. Le théâtre de danse de Bangarra (en) en est un exemple[78].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Ernie Dingo, acteur indigène.

Le cinéma australien est un des plus anciens du monde. Les cérémonies indigènes ont été parmi les premières scènes jamais enregistrées en Australie, notamment dans le film des danseurs d'Australie centrale de l'anthropologue Baldwin Spencer en 1900[79]. Jedda par Charles Chauvel en 1955 a été le premier film où les rôles principaux étaient tenus par des Aborigènes, les acteurs Robert Tudawali et Ngarla Kunoth. C'était également le premier film australien en couleurs. Il a été présenté au festival de Cannes en 1955[80].

D'autres films sur les coutumes ou personnalités indigènes incluent : La Randonnée (Walkabout) de Nicolas Roeg (1971) ; The Chant of Jimmie Blacksmith de Fred Schepisi (1976) ; Stormboy (en) (1976) par Henri Safran ; We of the Never Never de Igor Auzins (1982) ; Crocodile Dundee de Peter Faiman (en) (1986) ; Aux frontières de la ville (en) de Bruce Beresford 1986 ; Dead Heart (1996) par Nick Parsons ; Yolngu Boy (en) (2000) par Stephen Johnson ; The Tracker par Rolf de Heer (2002) ; Le Chemin de la liberté de Phillip Noyce (2002) ; Australia de Baz Luhrmann (2008) et Samson et Delilah par Warwick Thornton (en)[81](2009).

Thomson of Arnhem Land (2000) est un documentaire sur l'anthropologue Donald Thomson et ses expériences avec les Yolngus de la Terre d'Arnhem. Les photographies de Thompson ont inspiré Rolf De Heer pour 10 canoës, 150 lances et 3 épouses. Ce film réalisé en 2006 par Rolf de Heer et Peter Djigirr a été le premier long métrage en langue indigène (Festival de Cannes 2006 : prix spécial du jury Un Certain Regard pour Rolf de Heer).

Mabo - Life Of An Island Man (1997) par Trevor Graham est un documentaire sur le Jugement Mabo.

Parmi les acteurs indigènes on peut citer : Ernie Dingo ; Burnum Burnum ; David Gulpilil ; Deborah Mailman et Aaron Pedersen (en).

Littérature[modifier | modifier le code]

David Unaipon, écrivain, inventeur.

Pour un compte historique de la mythologie des Aborigènes d'Australie par un aborigène, on peut citer David Unaipon (1872 - 1967): Legendary Tales of the Aborigines. Oodgeroo Noonuccal (en) (1920-1995) était un célèbre poète indigène et auteur du premier livre du vers poétique par un indigène: We Are Going (1964)[82]. Pour connaître la vie indigène moderne, on peut lire My Place par Sally Morgan.

Des lettres par les chefs indigènes comme Bennelong et Sir Douglas Nicholls sont également préservées comme trésors de l'écriture australienne; de même que la pétition d'écorce de Yirrkala de 1963 : un document écrit sur l'écorce de l'arbre qui est devenue le premier document indigène traditionnel a reconnu par le Parlement de l'australie[83].

Beaucoup de livres et de poésies ont été écrits sur des thèmes indigènes par des non-indigènes. The Chant of Jimmie Blacksmith par Thomas Keneally était un roman séminal au sujet d'un épisode violent des relations raciale en australie ; et l'auteur David Malouf a écrit une histoire courte acclamée au sujet du dernier-parleur d'une langue indigène: The Only Speaker of his Tongue[84].

Watkin Tench (Narrative of the Expedition to Botany Bay et Complete Account of the Settlement at Port Jackson); Roderick J. Flanagan (The Aborigines of Australia, 1888); Walter Baldwin Spencer et Frank Gillen (The Native Tribes of Central Australia, 1899); l'écriture d'anthropologue Donald Thomson au sujet des Yolngu du terre d'Arnhem (c.1935-1943); Alan Moorehead (en) (The fatal Impact, 1966); Geoffrey Blainey (Triumph of the Nomads, 1975); Henry Reynolds (The Other Side of the Frontier, 1981); et Marcia Langton (First Australians, 2008) sont les auteurs d'importants ouvrages historiques sur les Aborigènes d'Australie. Actuellement, les interprétations différentes des relations Noirs-Blancs sont le sujet des discussions littéraires entre des intellectuels comme Robert Manne (en) et Keith Windshuttle (en)[42],[43].

Le sport[modifier | modifier le code]

Boomerang classique en bois

Le passe temps le plus célèbre des Aborigènes d'Australie est la pratique sportive du boomerang: un objet bipale, rigide et plat, coudé ou angulaire, doté de profils déterminés qui, lancé à la main d'une certaine façon, vole en tournoyant sur lui-même, décrit une trajectoire plus ou moins courbe et peut revenir à son lanceur, telle est la définition d'un boomerang.

Les Aborigènes les plus célèbres en Australie et même à travers le monde sont tout de même les sportifs. Deux Aborigènes ont en effet été champions du monde de boxe : Lionel Rose (Australien de l'année 1968) en 1969 et Anthony Mundine (en) en 2003. Mundine avait précédemment été joueur de rugby à XIII et c'est dans ce sport qu'un indigène a joué en équipe nationale pour la première fois: Lionel Morgan (en) qui a joué pour l'Australie en 1960 et un autre joueur de ce sport, Arthur Beetson, est devenu le premier Aborigène à avoir pris le capitanat d'une sélection sportive nationale en 1973[85].

Des Indigènes comme Wendell Sailor, Andrew Walker, Jim Williams et Glen Ella ont porté les couleurs du XV australien et Mark Ella a été le capitaine de l'Équipe nationale de rugby a XV pendant les années 1980.

Le premier Aborigène à avoir obtenu une médaille d'or aux Jeux olympiques a été Nova Peris-Kneebone en 1996 en Hockey sur gazon[86]. Cathy Freeman a allumé la flamme des Jeux olympiques de Sydney en 2000. Freeman fêta sa victoire sur le 400 m avec le drapeau aborigène dans une main et le drapeau australien dans l’autre. Par ce geste, elle exprima la volonté d’unir ces deux peuples.

La première équipe de cricket australien à voyager à l'étranger (en Angleterre en 1868) était un groupe d'Aborigènes[87]. Jason Gillespie est devenu le premier joueur aborigène de Test cricket en 1996.

Le football australien est également très populaire parmi les Aborigènes et des indigènes notables ont pratiqué ce sport, y compris l'ancien gouverneur d'Australie-Méridionale, Sir Douglas Nicholls. Une grande championne de tennis, Evonne Goolagong, a remporté sept titres du grand chelem durant les années 1970.

Bush Tucker: Cuisine des Aborigènes[modifier | modifier le code]

Fruits du Bush récoltés dans le parc du désert d'Alice Springs : malgré leur rareté, les baies (genre Solanum pour la plupart) constituent la base de l'alimentation aborigène.

Le Bush Tucker est un terme australien qui désigne l'ensemble des espèces animales et végétales natives d'Australie permettant à l'homme de se nourrir dans la nature. La connaissance de ces ressources fait partie intégrante de la culture aborigène. Le Bush Tucker désigne aussi le statut privilégié dont jouit l'homme de la tribu qui est chargé de la cueillette et de la chasse.

Comme connaisseur du Bush Tucker, on peut citer Les Hiddins (en), qui a fait la série télévisée australienne Bush Tucker Man (en).

Liste d'Aborigènes célèbres[modifier | modifier le code]

  • Bennelong (1764-1813), intermédiaire entre colons britanniques et Aborigènes
  • Pemulwuy (1769-1802), résistant à la colonisation britannique
  • Bungaree (d.1830), explorateur, artiste et diplomate
  • Mokare (1800-1831), médiateur, pacifiste
  • Yagan (1795-1833), résistant à la colonisation britannique
  • Truganini (1812-1876), « dernière des Aborigènes de Tasmanie »
  • David Unaipon (1872-1967), inventeur, écrivain, philosophe, son effigie figure sur le billet de 50 dollar australien
  • Pearl Gibbs (1901-1983), militante des droits des Aborigènes
  • Albert Namatjira (1902-1959), peintre
Truganini en 1866.
Albert Namatjira, à la maison du gouverneur à Sydney, 1955.

Parmi les Indigènes du détroit de Torrès célèbres, citons:

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. Le pont océanique qui reliait au quaternaire les îles de l'Indonésie était coupé au moins entre les îles de Sumbawa et Florès, ainsi qu'entre Alor et Timor. De même, les Moluques et la Nouvelle-Guinée étaient isolées du reste de l'archipel
  3. a et b http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/09/22/premier-sequencage-du-genome-d-un-aborigene-d-australie_1576529_3244.html
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  7. Le Journal de James Cook, 23 août, 1770
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  22. Reynolds, Henry, The Other Side of the Frontier: Aboriginal resistance to the European invasion of Australia, 1981, ISBN 978-0-86840-892-7
  23. cité dans Henry Reynolds, Why Weren't We Told?, 1999 (ISBN 978-0-14-027842-2), p. 165.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Norman B. Tindale, Aboriginal Tribes of Australia: Their Terrain, Environmental Controls, Distribution, Limits and Proper Names, juin 1974.
  • Serge d'Ignazio, Boomerang collection, éditions du Pécari, 2004 - éditions Atlantica (ISBN 978-2-912848-35-2) (version française) - (ISBN 978-2-912848-41-3) (version anglaise)
  • Barbara Glowczewski, Rêves en colère avec les Aborigènes australiens, Paris, Plon, 2004.
  • Tim Flannery. The Explorers. 1998 Melbourne, Australia: Text Publishing. (ISBN 978-0-8021-3719-7)
  • Geoffrey Blainey. Triumph of the Nomads: A History of Aboriginal Australia, (1976, 1996, (ISBN 978-0-87951-084-8))
  • Jennifer Isaacs. Australian Dreaming: 40,000 Years of Aboriginal History (2005, (ISBN 1741102588)).
  • Philippe Descola, Diversité des natures, diversité des cultures, Bayard, 2010, (ISBN 978-2-227-48207-4)

Lien externe[modifier | modifier le code]