Abencérages

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Les Abencérages ou Benserradj ou Banû Serraj/Sarraj[1] (ou Abencerrajes) sont une tribu arabe maure du royaume de Grenade au XVe siècle, établie en Espagne depuis le VIIe siècle.

Elle était opposée à celle des Zégris ou Zésrites ; les querelles de ces deux factions ensanglantèrent Grenade de 1480 à 1492[2] et hâtèrent la chute du royaume.

La légende[modifier | modifier le code]

Plafond de la salle des Abencérages à l'Alhambra de Grenade

Selon Gines Perez De Hita historien de la fin du XVe siècle, dont le témoignage est contesté, trente-six Abencérages auraient été exterminés par Boabdil, dernier roi arabe musulman (Nasride) de Grenade (Historia de las guerras civiles de Granada, 1604). Cette « extermination » dans un bain de sang fait l'objet d'une anecdote liée à la salle située au sud de la cour des lions dans le palais de l'Alhambra qui porte leur nom : « La fontaine d'apparat ne laissait plus couler de l'eau, mais leur sang... ». On raconte aussi qu'une relation amoureuse entre la sultane et un Abencérage aurait éveillé la colère du Sultan.

François-René de Chateaubriand a écrit en 1826 les Aventures du dernier Abencérage. C'est une fiction relatant les aventures d'un survivant de la famille Abencérage après la prise de Grenade en 1492.

Washington Irving dans ses Contes de l'Alhambra (Tales of the Alhambra), dénie toute réalité à ce massacre des Abencérages par Boabdil[3]

Il semble que l'origine de cette légende vienne d'une confusion entre Mohammed XII az-Zughbî (El Chico) (mort en 1528) plus souvent appelé Boabdil et Sa`d al-Musta`în (Ciriza) (mort en 1465) qui a effectivement fait exécuter en 1462 deux des plus éminents membres de la famille. Il y a une autre confusion possible entre Mohammed XI (El Chiquito) (mort en 1455 tué par Sa`d al-Musta`în) et Boabdil (El Chico).

Cet événement n'est pas daté par Gines Perez De Hita et le nombre des tués varie selon les sources : trente-six, selon Gines Perez De Hita, trente-sept[4].

Le Massacre des Abencérages est une peinture de Georges Clairin (Musée des Beaux Arts de Rouen)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : banū sarrāj, بني سراج, descendant / fils du sellier. espagnol : Hijos del sillero, fils du sellier
  2. voir Guerres de Grenade, ultime étape du royaume de Grenade.
  3. (en) Washington Irving, The Abencerrages
  4. selon d'autresL’Alhambra

Sources[modifier | modifier le code]

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  • (en) Washington Irving, The Alhambra version sur Internet en anglais de Tales of the Alhambra, Ed. Padre Suarez, Granada, 1953. Traduction en français : Washington Irving, Contes de l'Alhambra, Ed. Phebus, Collection Domaine Romanesque, 1998, (ISBN 978-2-85940-550-2) ou Collection Libretto, 2004, (ISBN 978-2-7529-0007-4)
  • François-René de Chateaubriand, (1768-1848), Les aventures du dernier Abencerage, BNF, Gallica

Article connexe[modifier | modifier le code]