Abdon et Sennen

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Saints Abdon et Sennen

Saints Abdon et Sennen, ou encore Abdo, Abdus, et Sennès, Senoux, Sennis, Zennen selon les premiers calendriers et martyrologes, sont deux martyrs chrétiens de l'Église catholique romaine et de l'Église orthodoxe. Ils sont célébrés le 30 juillet[1],[2],[3].

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Historiquement, on ne connait que très peu de choses sur ces saints : leurs noms, qu'ils étaient martyrs, et qu'ils furent enterrés un 30 juillet dans le Cimetière de Pontien sur la Via Portuensis[1].

Leurs Actes, écrits pour la plupart au début du IXe siècle, les décrivent comme des Perses martyrs sous Dèce, aux alentours de l'an 250, et contiennent plusieurs explications fictives à propos de la raison et de l'occasion de leur venue à Rome ainsi que de la nature de leurs tourments. Ils relatent que leurs corps furent ensevelis par un sous-diacre, Quirin, puis plus tard transférés sous le règne de Constantin au Cimetière de Pontien sur la route vers Porto, près des portes de Rome. Une fresque trouvée sur le sarcophage supposé contenir leurs restes, les représente recevant du Christ des couronnes. Selon Martigny, cette fresque date du VIIe siècle. Plusieurs villes, notamment Florence et Soissons, revendiquent la possession de leurs corps, mais les Bollandistes affirment que ceux-ci reposent à Rome. L'Abbaye Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech possède un mystérieux sarcophage, appelé Sainte Tombe, qui aurait reçu les reliques d'Abdon et Sennen ramenées depuis Rome par l'abbé Arnulphe.

La Légende de Saint Abdon et Saint Sennen[modifier | modifier le code]

Selon La Légende Dorée[4] :

« Abdon et Sennen souffrirent le martyre sous l'empereur Dèce, car cet empereur, puissant à Babylone et dans d'autres provinces, y trouva des chrétiens qu'il ramena avec lui à Cordoue, où il les fit périr dans divers supplices. Et deux princes du pays, Abdon et Sennen, recueillirent les corps de ces martyrs et les ensevelirent avec honneur. Décius les envoya à Rome chargés de chaînes, et ils furent amenés devant le sénat et devant l'empereur, et on leur dit que s'ils voulaient sacrifier, on leur rendrait leurs États, sinon, qu'ils seraient livrés aux bêtes. Ils restèrent fermes, et ils crachèrent au visage des idoles ; et on les conduisit au cirque, où l'on lâcha deux lions et quatre ours. Et ces animaux ne leur firent aucun mal ; au contraire, ils se mirent à les protéger. Alors on perça les martyrs à coups d'épée, et, après leur avoir lié les pieds, on les traîna et on les jeta près du temple du Soleil. Et, après qu'ils y eurent demeuré trois jours, le sous-diacre Quirin les recueillit et les ensevelit dans sa maison. Ils souffrirent vers l'an du Seigneur deux cent cinquante-trois. Au temps de Constantin, il fut révélé où étaient leurs corps, et ils furent transportés dans la ville de Pontien, où le Seigneur confère, par leur ministère, de grandes grâces au peuple. »

Abdon et Sennen en Catalogne[modifier | modifier le code]

La Sainte Tombe à Arles-sur-Tech

La légende postérieure a trait à l'épopée des reliques d'Abdon et Sennen. Aux alentours de l'an mil, la région d'Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) était en proie à des calamités sans fin, orages, grêle, et était hantée de créatures féroces, mi-bêtes sauvages, mi-démons, les simiots, qui terrorisaient les populations. Le prieur du monastère Sainte-Marie, l'abbé Arnulphe, décida de se mettre sous la protection de reliques de saints. Il partit pour Rome et, après bien des péripéties, revint avec les restes d'Abdon et de Sennen dans une barrique (le barillon) remplie d'eau. L'eau du barillon vidée dans un ancien sarcophage, il advint que cette eau, renouvelée en permanence, sans qu'on puisse en expliquer la provenance, avait des vertus miraculeuses : c'est la Sainte Tombe. Dès l'arrivée des reliques, les simiots disparurent, et Abdon et Sennen protégèrent le pays[5].

Liste d'églises placées sous le patronage de ces saints[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b "Martyrologium Romanum" (Libreria Editrice Vaticana, 2001 ISBN 978-88-209-7210-3).
  2. nominis.cef.fr Nominis : Saints Abdon et Sennen.
  3. www.forum-orthodoxe.com Forum orthodoxe francophone : Saints pour le 30 juillet du calendrier ecclésiastique.
  4. Jacques de Voragine, La Légende Dorée, traduite du latin et précédée d'une notice historique et bibliographique par M. G. D., Paris, Librairie de Charles Gosselin, 1843
  5. Abbé Adolphe Crastre, Histoire du martyre des saints Abdon et Sennen, Amélie-les-Bains, imp. Xatard, 1932

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]