Abderrahmane ben Fayçal al-Saoud

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Abderrahman ben Fayçal ben Turki Al Saoud
عبد الرحمن بن فيصل
Image illustrative de l'article Abderrahmane ben Fayçal al-Saoud
Titre
Chef de la dynastie saoudienne
1890 – 1902
Successeur Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal Al Saoud
Biographie
Dynastie Dynastie saoudienne
Date de naissance 1850
Lieu de naissance Flag of the Second Saudi State.svg Riyad
Date de décès 1928
Père Fayçal ben Turki

Abderrahmane ben Fayçal al-Saoud
Dynastie saoudienne

Abderrahman ben Fayçal (18501928) (arabe: عبد الرحمن بن فيصل / ALA-LC: ‘Abd ar-Raḥman bin Fayṣal) était le dernier souverain du deuxième État saoudien. Plus jeune fils de Fayçal ben Tourki, il est le père d'Ibn Saoud, le fondateur de l'Arabie saoudite moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abderrahman vit dans un Riyad dévasté par les troupes ottomanes, avec ses deux frères Abdallah et Mohammed. Ceux-ci se disputent le pouvoir, la ville coupée en deux voient les deux camps s'affronter dans les rues, allant jusqu'à s'entre égorger sur les marches de la grande mosquée.

Abderrahman est très peu intéressé par la politique, il préfère se consacrer à ses devoirs religieux dans une aile du palais. Ce qui ne l'empêche pas d'être vu comme un ennemi par ses deux frères, qui espionnent ses moindres faits et gestes, et qui vont jusqu'à lui envoyer des hommes pour le tuer.

Au printemps 1890, Riyad est prise d’assaut par les hommes de Mohammed ben Abdallah Al Rachid, un ennemi de la famille Saoud. Avec ses hommes, il fait massacrer les troupes wahabbites, les frères d’Abderrahman, Mohammed et Abdallah meurent dans la bataille. Ibn Rachid laisse la vie sauve à Abderrahman, son fils Abdelaziz et à d’autres membres de la famille Saoud, qu’il voit comme inoffensif.

La mort de ses deux frères fait de lui le nouveau chef de la dynastie des Séoudites. N'acceptant pas que sa ville soit occupée par des troupes ennemies, il fomente une rébellion contre le nouveau pouvoir rachidite avec l'aide des habitants de la ville. La révolte est matée dans le sang, et une quarantaine de rebelles sont pendus aux minarets de la ville.

En représailles, Ibn Rachid envoie l'un de ses hommes, Salim, tuer le dirigeant de la famille Saoud. Le mois de ramadan venant à peine de commencer, Salim décide d'attendre l'Aïd, et de rendre visite à Abderrahman. Il est de coutume pendant l'Aïd chez les musulmans de faire des visites de courtoisie, Salim en profiterait alors pour demander à rencontrer tous les hommes de la famille Saoud, qu'il tuerait avec l'aide de ses gardes.

Cependant, Abderrahman a vent des intentions de Salim, il prend le thé avec lui, et lorsque Salim demande à voir les membres de la famille Saoud, il sort brusquement son couteau, ses partisans font irruptions dans la salle, massacrent les gardes de Salim et ligote celui-ci. Salim est jeté dans un puits, ce qui provoque une mutinerie dans la ville contre le pouvoir rachidite.

En réaction, Ibn Rachid se met en marche vers Riyad, les hommes d'Abderrahman, pille les garnisons abandonnées et se préparent au combat. Le conflit dure plusieurs semaines, la puissance militaire d'Ibn Rachid oblige les troupes de Saoud à se replier vers Riyad et à préparer la défense de la ville. Rachid prépare le siège de la ville, il fait couper les palmiers, détruit les canaux d'irrigations, empoisonne les puits et brûle les jardins entourant la ville. Les habitants assiégés demandent à Abderrahman de quitter Riyad, ce qu'il fait dans la nuit.

Abderrahman se dirige vers le sud, en direction de l'oasis d'El-Harik. Il y rencontre un émissaire turc, qui lui propose un pacte, le soutien de l'Empire à ses hommes contre Rachid. En échange les Saoud doivent accepter l'installation d'une garnison ottomane à Riyad et la souveraineté ottomane dans la région. Abderrahman réagit très mal à cette proposition, il gifle l’émissaire turc avec sa cravache et menace de le tuer[1]. En conséquence, le Sultan le déclare « hors-la-loi » et il est condamné à mort.

Après cet épisode, il continue sa route vers le sud de l'Arabie, en direction du désert Ruba-al-Khalil, une terre désolé, que les Arabes appellent « le quartier vide de l’Arabie ». La bas, la tribu des Mourras lui offrent protection, et forme le jeune Abdelaziz alors âgé de 13 ans à survivre dans le désert. Quelques semaines plus tard, l’émir du Koweït, Mohammed, envoie un émissaire proposer l’asile aux Saoud. Abderrahman accepte la proposition avec enthousiasme, trop heureux de quitter cette région inhospitalière. Il était loin de se douter que l’acte de l’émir était le fruit d'une initiative ottomane visant à affaiblir Rachid qui commençait à prendre trop d'assurance.

C'est donc en 1895 qu'il s'installe avec sa famille au Koweït. D'abord sous la protection de l'émir Mohammed al-Sabah, sa sécurité est ensuite prise en charge par Moubarak al-Sabah qui avait une grande estime pour le jeune Abdelaziz. Moubarak décide de lancer une campagne contre Ibn Rachid, il confie à Abderrahman le gros de ses troupes, tandis qu'Abdelaziz dirigeait un petit contingent censé faire diversion. La bataille qui l'opposera à Ibn Rachid tourne à nouveau à la débâcle, et il est obliger encore une fois de fuir, il rebrousse chemin vers le Koweït.

Quelques années plus tard, son fils Abdelaziz part vers le Nejd, bien décidé à défaire Rachid. Après de long mois d'absence, Abderrahman reçoit un message de son fils « Père, j’ai conquis notre capitale à la tête de vingt hommes. Viens vite me rejoindre ; la population t’attend ». Après onze ans d’exil, Abderrahman fait son retour dans la capitale. Il annonce son intention aux Oulémas et aux notables de la ville d’abandonner toutes ses fonctions politiques et militaires en faveur de son fils.

La cérémonie d’investiture a lieu dans la grande place en présence des habitants de la ville. Abderrahman remet à son fils le sabre « Al-Rahaiyan » d'Abd al-Wahhab qu’il tenait de ses ancêtres, les Banu Tamim. Après avoir prêté serment, AbdelAziz est fait émir de Riyad, tandis que lui conserve son titre spirituel d'imam.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Après une guerre terrible contre les Ottomans, Abdallah al-Saoud est fait prisonnier. Amené à Constantinople, il est couvert de chaines et promené dans les rues de la ville, pendant trois jours. Il est ensuite décapité devant la mosquée Sainte-Sophie, son corps abandonné dans les ruelles de la ville est laissé à la merci des chiens errants.

Source[modifier | modifier le code]