Abdel Moneim Abou el-Fotouh

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Abdel Moneim Al-Fotouh en 2012.

Abdel Moneim Aboul Fotouh Abdel Hady (arabe : عبد المنعم أبو الفتوح), né le 15 octobre 1951, est un médecin, syndicaliste et homme politique égyptien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un fonctionnaire aux revenus modestes[1], Aboul Fotouh était encore étudiant en médecine lorsqu'il fut attiré par le militantisme politique islamiste[1].

Président d'un syndicat, l’Union des médecins égyptiens, Abdel Moneim Aboul Fotouh est surtout connu pour son appartenance au mouvement islamiste des Frères musulmans, dont il fut l'un des dirigeants et porte-parole depuis les années 1980, et dont il incarna l'aile libérale et réformiste[2]. Cet engagement au sein d'une organisation hostile au régime autoritaire d'Hosni Moubarak lui valut d'être incarcéré à trois reprises[1], notamment en 2000[1] et 2009[3].
Considéré par certains observateurs comme un possible successeur du « guide suprême » Mohammed Mehdi Akef (2004-2010)[4], Aboul Fotouh entra bientôt en désaccord avec l'aile rigoriste des Frères musulmans. Par conséquent, il fut écarté en décembre 2009 du conseil de guidance (bureau exécutif) du mouvement[5] et n'assista pas, le mois suivant, à l'intronisation du nouveau « guide suprême », Mohammed Badie, issu de la tendance conservatrice[5].

Candidat à la présidentielle[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution de 2011, dans les jours qui ont précédé le renversement de Moubarak, Aboul Fotouh a représenté les Frères musulmans lors des négociations avec le vice-président Omar Souleiman[6].
Le 19 juin de la même année, il s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle, ce qui lui a valu d'être exclu du mouvement des Frères musulmans, qui avait décidé dès le mois de février de ne présenter aucun de ses membres à ce scrutin[7]. Aboul Fotouh est par conséquent un candidat « indépendant ».
Islamiste modéré, celui que certains appellent « l’Erdogan égyptien »[7] est par exemple opposé à l'imposition du voile islamique aux femmes[7] ou à la mise en place d'une taxe zakât obligatoire et gérée par l'Etat (sur le modèle de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Malaisie). Il se veut le représentant des "jeunes Frères musulmans", c'est-à-dire des Frères musulmans qui ont pris une part active aux côtés des jeunes libéraux à la révolution de 2011.
Sur son créneau électoral, il est en concurrence avec un autre candidat religieux, le juriste Mohamed Selim al-Aoua[8].

Aboul Fotouh est crédité dès l'été de hauts scores (entre 16[9] et 20 %[7]) qui le placeraient dans le trio de tête, aux côtés du prix nobel Mohamed El Baradei mais assez loin derrière le favori Amr Moussa.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d David D. Kirkpatrick, « Egypt Elections Expose Divisions in Muslim Brotherhood », The New York Times, 19 juin 2011.
  2. Claude Guibal, « Les Frères musulmans font peau neuve », Libération, 7 décembre 2005.
  3. Claude Guibal, « La montée du salafisme fait les affaires du Caire », Libération.fr, 30 septembre 2009.
  4. « Égypte : le pari social des Frères musulmans » , Le Figaro.fr, 5 juillet 2006.
  5. a et b Ludovic Gonty, « Les Frères musulmans égyptiens changent de tête », Le Figaro.fr, 18 janvier 2010.
  6. Reuters, « Égypte: ElBaradei dénonce des discussions opaques », 20minutes.fr, 6 février 2011.
  7. a, b, c et d Olivier Bot, « L’Erdogan égyptien divise les Frères musulmans », 24heures.ch, 24 juin 2011.
  8. « Salafis outnumber Muslim Brothers 20-to-1, says presidential hopeful  », Al-Masri Al-Youm, 3 juillet 2011
  9. Selon un sondage Newsweek / The Daily Beast réalisé du 24 juin au 4 juillet auprès de 1.008 Égyptiens issus de 19 gouvernorats.