Abdallah d'Asbonne

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Gravure de F. Barrias parue pour illustrer sa nécrologie.

Abdalla Dasbune, nom plus tard francisé en Abdalla d'Asbonne[1], né le 26 octobre 1776 à Bethléem (Syrie ottomane) et mort le 22 novembre 1859 à Melun (Seine-et-Marne), fut un mamelouk qui servit à la Garde Impériale de Napoléon Ier. En 1834 il fut nommé Consul de la France à Mascara auprès de l'Emir Abd el-Kader et resta en poste jusqu'en 1837.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Abdalla Dasbune est né à Bethléem le 26 octobre 1776 dans une famille catholique, et fut baptisé en l'église Sainte Catherine le 10 novembre[2]. Il était le fils de Michel Dasbune, « homme de lettres et propriétaire à Bethléem » et d'Eloy Hanouche. Bien que sur tous les premiers documents officiels le concernant son nom soit toujours orthographié Dasbune, on considère généralement qu'il appartenait à la famille Hazboun. Son prénom est toujours orthographié Abdalla, son nom de famille évoluant de Dasbune en Dasbonne puis d'Asbonne.

Campagne d'Égypte[modifier | modifier le code]

Abdalla avait sans doute appris le français, et se trouvait en Égypte à l'arrivée de Napoléon Bonaparte. Il s'engagea dans l'armée française à 21 ans le 15 thermidor an VI (2 août 1798) comme guide-interprète à l’état-major général de l'armée d'Orient. Il participa aux combats de la campagne d'Égypte et de Syrie. À la bataille de Héliopolis, il fut gravement blessé et eut son premier cheval tué sous lui. Incorporé en 1800 dans les Janissaires syriens, il arriva en France en novembre 1801 avec les troupes françaises retirées d'Orient, et entra dans le nouveau corps des Mamelouks de la Garde consulaire, caserné à Melun.

Au corps des Mamelouks[modifier | modifier le code]

Le 25 germinal an X (15 avril 1802) il fut promu sous-lieutenant, et membre de la Légion d'honneur dans les toutes premières promotions, le 25 prairial an XII (14 juin 1804).

Il fut de toutes les batailles. Le 2 décembre 1805, il se distingua à la bataille d'Austerlitz en chargeant sur le plateau de Pratzen parmi les 48 mamelouks de la Garde Impériale : son cheval tué, il en prit un autre pour repartir à l'assaut des Russes. Le 27 frimaire an XIV il fut promu lieutenant en premier. Il eut encore un cheval tué sous lui à la bataille d'Eylau, et un bras cassé. Le 25 décembre 1806, il fut blessé de 7 coups de sabre à Golymin et eut encore un cheval tué sous lui. En 1812, il fut de la campagne de Russie, en 1813 de la campagne de Saxe où le 27 août, à Dresde, il fut blessé à nouveau par un boulet qui tua son cheval. Un mois plus tard, le 28 septembre, à Altenbourg, il fut blessé d'un coup de lance en sauvant la vie de son chef le colonel Kirmann. Encore un mois plus tard, le 22 octobre, il reçut un autre coup de lance à Weimar, puis fut blessé par balle le 30 octobre à la bataille de Hanau, où il eut encore un cheval tué sous lui. Le 25 mars 1814 il eut un cheval tué sous lui à Brienne.

Cent Jours et Restauration[modifier | modifier le code]

En 1814, quand l'escadron des Mamelouks fut dissous et ses éléments arabes mis pour la plupart à la demi-solde à Marseille, Abdalla d'Asbonne fut incorporé avec son grade de chef d'escadron au Corps royal des chevau-légers lanciers de France, un régiment constitué en grande partie de Hollandais. Il fit partie de l'armée royale qui tentait d'interdire à l'Empereur l'accès à Paris : le 17 mars 1815, deux jours avant la fuite de Louis XVIII, il fut fait chevalier de l'Ordre de Saint-Louis.

Pendant la période des Cent-Jours, son régiment servit à la bataille de Waterloo, mais Abdalla, handicapé par ses blessures, n'en fut pas.

Sous la Restauration, il résida à Melun comme chef d'escadron en demi-solde, dans la ville où il était cantonné au temps des Mamelouks de la Garde Impériale. Il tenta sans succès de revenir au service actif dans l'armée de la Restauration, et fit sans doute dès 1816 des offres de service au Royaume de Sardaigne, restées sans suite. Le 24 août 1823 naquit à Melun son troisième fils Charles-Alfred.

En 1830 il reprit un temps du service lors de la conquête de l'Algérie comme interprète attaché à l’état-major de l'Armée expéditionnaire d'Afrique. Deux ans plus tard il fut promu officier de la Légion d'honneur.

Consul de France[modifier | modifier le code]

Il revint vivre un temps à Melun et, en 1833, revint en Algérie comme commandant de la place d'Arzew. En 1834, il fut nommé par Louis-Philippe Consul de France à Mascara auprès de l'Émir Abd el-Kader, qui venait de signer avec la France le traité Desmichels. Il resta en poste jusqu'en 1837, et ne fut remplacé que quand les relations de la France avec Abd el-Kader commencèrent à se détériorer.

Abdalla d'Asbonne vécut ensuite à Paris puis à Melun, où il mourut le 22 novembre 1859 à 83 ans, au 11 boulevard Saint-Ambroise[3]. Il y est aujourd'hui enterré, avec son second fils Alphonse et sa seconde épouse Cécilia[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'état civil français, notamment sur son acte de décès à Melun.
  2. Une copie de son acte de baptême à Bethléem se trouve dans son dossier de Légion d'honneur et est consultable en ligne en cliquant ici.
  3. Registre d'état civil de la ville de Melun, année 1859, consultable en ligne page 123/155, Archives départementales de Seine-et-Marne.
  4. http://www.culture.gouv.fr/documentation/merimee/PDF/sri11/IA77000461.pdf

Sources[modifier | modifier le code]

Sépulture familiale d'Abdallah d'Asbonne, Melun, cimetière nord.

Les archives personnelles d'Abdallah d'Asbonne ont été acquises en novembre 2002 par le Musée de Melun:

  • Abdalla d'Asbonne dans le patrimoine melunais, dans: Cahier No. 20 du «Comité Départemental des Retraités et Personnes Âgées» (CODERPA),Page 19 Melun, en PDF

Informations sur la famille Hazbun:

Abdallah Naaman, Histoire des Orientaux de France du Ier au XXe siècle (Paris: Ellipses, 2004), 429.

Informations concernant son rôle comme consul de France à Mascara:

  • Augustin Bernard, Histoire des Colonies Françaises, T. II: l'Algérie, Paris 1930, disponible en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]