Abd al Malik (artiste)

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Abd al Malik

alt=Description de l'image Abd Al Malik mg 5576.jpg.
Informations générales
Nom de naissance Régis Fayette-Mikano
Naissance 14 mars 1975 (39 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Rappeur, slameur, compositeur
Activités annexes Écrivain, réalisateur
Genre musical Rap, slam
Années actives Depuis 1988
Labels Atmosphériques
Site officiel Site officiel

Abd al Malik, de son vrai nom Régis Fayette-Mikano, est un rappeur, slameur, compositeur, écrivain et réalisateur français né dans le 14e arrondissement de Paris le 14 mars 1975.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abd al Malik est né à Paris d'un père haut fonctionnaire congolais. Entre 1977 et 1981, il vit avec sa famille à Brazzaville. À son retour en France, il grandit dans une cité HLM du quartier du Neuhof à Strasbourg. Après le divorce de ses parents, c'est sa mère seule qui l'élève avec ses six frères et sœurs. Il chantait à l'église comme enfant de chœur et a toujours été croyant[1]. Grâce notamment à une enseignante qui l'oriente vers le collège privé Sainte-Anne à Strasbourg, il poursuit ses études. Il est entrainé très jeune dans la délinquance (vol à la tire et vente de drogue)[2]. La vue d'amis morts de surdose l'ayant beaucoup marqué, il se retire de la délinquance et se plonge dans la lecture pour une autre confrontation avec la mort. Sa victoire sur la dyslexie a changé pour lui le rapport au monde et à l'écriture. Il est admis au lycée Notre-Dame des Mineurs, puis intègre l'Université Marc Bloch dans un double cursus philosophie et lettres classiques.

Il fonde à cette époque, avec son frère aîné Bilal et son cousin Aissa, le groupe de rap N.A.P.. Abd al Malik choisit son nom de scène en référence à son propre nom de naissance. En effet, son prénom « Régis », qui signifie « roi » en latin, se dit « Malik » en arabe.

Il se marie en 1998 avec la chanteuse Wallen, avec laquelle il a un garçon en 2001. Il devient en 1999 disciple du maître spirituel marocain Sidi Hamza al Qâdiri Boutchichi[3].

En 2011, il soutient officiellement le chef indigène brésilien Raoni dans sa lutte contre le barrage de Belo Monte[4].

Œuvre musicale[modifier | modifier le code]

Son œuvre s'inspire de l'islam soufi auquel il s'est converti au cours de son adolescence. Abd al Malik milite depuis pour la paix et pour un « vivre ensemble »[5].

Son style musical mêle rap, jazz et slam[6] au ton volontiers « sérieux ». Il n'hésite pas à faire référence à d'autres chanteurs de langue française, comme Jacques Brel dont il reprend la chanson Ces gens-là, ou Claude Nougaro dans Paris Mai et Le Faqir. Ses chansons cherchent à mettre en valeur un texte fort de sens et d'émotion, chanté ou clamé, accompagné d'une musique qui doit appuyer l'intensité des paroles.

La ligne de conduite esthétique pour la création de son second album Gibraltar était de « déconstruire dans la forme la notion même de rap tout en restant hip hop »[7]. Il se met à penser que, dans le slam comme dans l'islam, il avait une posture de paraitre et non d'être parce que trop inquiet de la réaction du public, préoccupé par les opinions des gens. « Il m'a fallu déconstruire pour reconstruire. Mais rien de bon ne peut sortir hors de l'amour et hors de l'acceptation de l'autre » résume-t-il en évoquant son cheminement, « même si cela n'est pas toujours facile »[8].

En novembre 2007, il présente un nouveau projet, le collectif Béni-Snassen composé de New African Poets (NAP), Wallen, Bil'in, Hamcho, Matteo Falkone et lui-même, engagé contre l'illettrisme[9]. En 2008, le collectif sort un album intitulé Spleen et Idéal.

Le 27 janvier 2008, il est décoré chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres par la ministre de la Culture Christine Albanel[10], lors du Marché international de l'édition musicale (MIDEM)[11].

Apprécié par une partie de la presse[12], Abd Al Malik est aussi critiqué. Dans un article intitulé « Rap domestiqué, rap révolté » et publié dans Le Monde diplomatique[13] en septembre 2008, le journaliste Jacques Denis considère que l'œuvre d'Abd Al Malik est trop consensuelle et facilement récupérable politiquement par la droite ou la gauche (par opposition à des rappeurs plus radicaux) : « l'extrême prévisibilité du verbe d'Abd Al Malik ne saurait faire taire l'orage qui menace au-delà du périphérique » et « il ne constitue en fait que la face audible de minorités devenues visibles par une belle opération de communication ».

En 2008, il participe à l'album Last Night de Moby sur le titre La Même Nuit (version française du titre Alice)[14].

En 2009, à la suite de sa collaboration musicale avec Gérard Jouannest, compositeur attitré de Jacques Brel et époux de Juliette Gréco, il écrit plusieurs textes pour la chanteuse[15].

Écriture[modifier | modifier le code]

Il y explique son cheminement et il y défend un islam réfléchi, fait de tolérance et de désir d'intégration.
L'ouvrage obtient en Belgique le prix Laurence Trân 2005[16]. Abd al Malik écrit l'adaptation du livre, qu'il réalise pour le cinéma, en 2013[17],[18].
Prix de littérature politique Edgar-Faure 2010[19].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums solos[modifier | modifier le code]

Albums avec NAP[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La part d'enfance, Abdel Malick, (12/25) par Jean-Michel Djian ; réalisation de Marie-Christine Clauzet ; Anne-Pascale Desvignes ; Isabelle Yhuel ; Luc-Jean Reynaud ; Nathalie Salles ; Lionel Quantin ; entretient Mazarine Pingeot sur France Culture
  2. Le regard critique d'anciens sauvageons devenus artistes
  3. La guerre des banlieues n'aura pas lieu, Paris, Le Cherche midi,‎ 2009, 180 p. (ISBN 978-2-7491-1512-2), p. 171
  4. http://raoni.fr/signataires-petition-1.php
  5. « Soufisme : une porte musulmane vers la modernité ? »
  6. (fr) « Abd Al Malik : rap, slam, chanson et jazz », sur larousse.fr (consulté le 25 octobre 2010)
  7. (fr) « Gibraltar », sur stylehiphop.com (consulté le 25 octobre 2010)
  8. Entretien avec le parolier Pierre Delanoë sur France Inter, juillet 2006.
  9. Interview de Abd al malik, 5styles, nov.2007
  10. (fr) « Chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres », sur gala.fr,‎ 28 janvier 2008 (consulté le 25 octobre 2010)
  11. (fr) « Programme de Christine Albanel à l’occasion de la 42e édition du Midem », sur culture.gouv.fr (consulté le 25 octobre 2010)
  12. (fr) « Abd Al Malik Dante », sur lexpress.fr,‎ 3 novembre 2008
  13. Rap domestiqué, rap révolté
  14. (fr) « Abd Al Malik en duo avec Moby », sur ramdam.com,‎ 18 janvier 2008
  15. (fr) « Juliette Gréco travaille avec Olivia Ruiz & Abd Al Malik », sur greatsong.net,‎ 20 mai 2008
  16. a et b « Palmarès prix littéraire Laurence Tran », sur http://www.fondation-laurencetran.be (consulté le 6/11/2010)
  17. « Je tournerai un film cet été au Neuhof », 20 minutes,‎ 9 février 2012 (consulté le 11 juillet 2013)
  18. « Abd al-Malik fait son cinéma », DNA,‎ 11 juillet 2013 (consulté le 11 juillet 2013)
  19. a et b « Le Prix Edgar Faure de littérature politique attribué à Abd Al Malik », sur http://www.livreshebdo.fr (consulté le 6/11/2010)
  20. Charts d'Abd Al Malik

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Qu'Allah bénisse la France, Abd al Malik (2004, éd. Albin Michel)
  • L'évolution de l'image d'Abd al Malik dans les médias par Éric Macé.
  • Les 100 personnalités de la diaspora africaine : Abd Al Malik, in Jeune Afrique, no 2536-2537, du 16 au 29 août 2009, p. 59
  • A ‘Picture-Perfect’ Banlieue Artist: Abd Al Malik or the Perils of a Conciliatory Rap Discourse. in French Cultural Studies, Olivier Bourderionnet.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]