Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh

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‘Abdullāh ibn Sa‘ad ibn Abī as-Sarh (arabe : عبدالله بن سعد بن أبي السرح) est un général arabe, issu de la tribu d'Amer, une famille koraïchite, frère de lait du calife Uthman ibn Affan. Il est gouverneur de l'Égypte musulmane de 645 à 656 et cofondateur de la première flotte musulmane avec Muawiya.

Biographie[modifier | modifier le code]

Secrétaire du Prophète à Médine, chargé notamment de rédiger la Révélation, Abd Allah apostasie. Il commet par la suite plusieurs crimes (meurtres des musulmans, vols, pillages de caravanes musulmanes...). Condamné à mort lors de la prise de La Mecque, il est gracié par le Prophète qui déclare : "Dieu m'a donné une vision dans laquelle Il m'a fait voir les nombreuses villes qui seront conquises par Abd Allah après ma mort. Par Dieu, quiconque fait du mal à cet homme est mon ennemi." (Sira, Tabari)

Abd Allah prend part aux conquêtes des Arabes en Syrie, sous les règnes des califes Abou Bakr et Omar ; mais son nom n'apparait qu'après la conquête de l'Égypte par Amru ben al-As. Devenu gouverneur de l'Égypte, Amru envoie Abd Allah à la tête d'une première expédition en Nubie en 642, sans grands résultats.

Après l'assassinat d'Omar et l'avènement d'Uthman au califat, Amru est évincé et remplacé par Abd Allah ibn Saad comme gouverneur d'Égypte en 645. Abd Allah accroit considérablement les revenus du calife en Égypte.

En 647, à la tête d'une armée de 20 000 hommes, il s'empare de Tripoli, puis de Sbeïtla (à quelque 260 km au sud de Carthage). L’exarque de Carthage Grégoire est tué dans la bataille. Abd Allah fait de nombreux prisonniers qu'il libère contre une importante rançon puis se retire[1]. Il reçoit du calife le cinquième du cinquième du butin[2].

De retour en Égypte, Abd-Allah ibn Saad participe avec sa flotte à une expédition contre Chypre conduite par le gouverneur de Syrie Muawiya (648-649). Les habitants doivent payer un tribut annuel de 7 200 dinars[3].

En 651-652, il mène une seconde expédition en Nubie. Il assiège la ville de Dongola. L’église principale de la cité est détruite. Mais devant l'incertitude des rapports de forces, un traité de réciprocité (le Bakt (en)) est signé entre l'Égypte musulmane et le royaume chrétien de Makuria, établissant la frontière à Assouan[4]. Le roi Kalidouroun s'engage à payer aux musulmans un tribut annuel de 360 esclaves en échange de céréales, d'étoffes, de chevaux et de vin d'Égypte[5].

En 655, il remporte une victoire navale décisive en mer Égée sur l'empereur byzantin Constant II à la bataille des Mâts[6].

Abd Allah se rend ensuite auprès le calife à Médine, pour l'aider dans sa lutte contre les partisans d'Ali. Il laisse en Égypte un de ses lieutenants, qui est chassé par Muhammad ibn Hudhaifa qui prend possession du pays pour Ali. Après l'assassinat d'Uthman, Abd Allah veut rentrer en Égypte mais en est empêché et doit s'arrêter à Ascalon ou à Ramlah, où il meurt en 656 ou 657.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Africa from the seventh to the eleventh century, par Ivan Hrbek, Unesco, Unesco. International Scientific Committee for the Drafting of a General History of Africa Éditeur James Currey Publishers, 1992 (ISBN 978-0-85255-093-9)
  2. La Grande épreuve, par Taha Hussein Éditeur Vrin, 2000 (ISBN 978-2-7116-0693-1)
  3. Soloi, par Jean Des Gagniers, Tam Tinh Tran Presses Université Laval, 1985 (ISBN 978-2-7637-7051-2)
  4. The Cambridge history of Egypt, par M. W. Daly, Carl F. Petry Cambridge University Press, 1998 (ISBN 978-0-521-47137-4)
  5. Les traites négrières en Afrique, par François Renault, Serge Daget
  6. Journal de la Société asiatique, Centre national de la recherche scientifique, 1826