Abbaye du Rouge-Cloître

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Ancienne abbaye du Rouge-Cloître
Image illustrative de l'article Abbaye du Rouge-Cloître
Vue d'ensemble de l'abbaye du Rouge-Cloître
Présentation
Culte Catholique
Type Prieuré
Rattachement Augustins
Début de la construction 1367
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Commune Auderghem
Coordonnées 50° 48′ 48″ N 4° 26′ 38″ E / 50.8133, 4.443850° 48′ 48″ Nord 4° 26′ 38″ Est / 50.8133, 4.4438  

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Ancienne abbaye du Rouge-Cloître

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Ancienne abbaye du Rouge-Cloître

L’abbaye du Rouge-Cloître (en néerlandais: Rood-Klooster) était en fait un prieuré augustin, dont le nom canonique était abbaye Saint-Paul en Soignes. Fondée vers 1367 dans la forêt de Soignes, au sud-est de la ville de Bruxelles, l’abbaye fut supprimée en 1796. Administrativement elle se trouve à Auderghem, commune de la région bruxelloise (Belgique).

Sa situation à l’orée de la forêt de Soignes et entouré d'étangs traversés par le Roodkloosterbeek (ruisseau du Rouge-Cloître) ont fait du domaine du Rouge-Cloître – du XVIe siècle jusqu’à aujourd’hui – un lieu prisé des amateurs de la nature, que ce soit pour y chasser (aux XVIe et XVIIe siècles), s’y reposer ou se promener.

Étymologie[modifier | modifier le code]

À l’origine le Roodklooster (le cloître rouge) était en fait le Roode Cluse [ou Kluis], c’est-à-dire l’Ermitage rouge. Les murs de l’ermitage étaient recouverts, semble-t-il, d’un enduit à base de tuiles pilées, d’où sa couleur caractéristique. Tout naturellement, lorsqu’il est devenu prieuré (ayant nécessairement un cloître), il commença à être appelé Rouge-Cloitre, sa désignation officielle restant Saint-Paul en Soignes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine et fondation[modifier | modifier le code]

Un ermitage est construit en 1366 par un prêtre, Gilles Olivier, et un laïc nommé Walter van der Molen. Le prêtre Guillaume Daniel, de la paroisse de Boendael, leur célébrait la messe de temps à autres (charte de fondation attestée par la duchesse Jeanne de Brabant, 1er mars 1367). Peu après, entre 1367 et 1369, le petit groupe, s’inspirant du prieuré voisin de Groenendael, adopte la règle de saint Augustin pour leur vie en communauté et forme ainsi une communauté religieuse.

La fondation est approuvée en 1373 par Gérard de Dainville, évêque de Cambrai, et affiliée l’année suivante (1374) à l’ordre des Chanoines réguliers de saint Augustin par le prieuré de Groenendael, dont la communauté est géographiquement proche. Cette communauté se développe rapidement. En 1381, elle entreprend la construction de l’église après avoir reçu de la duchesse Jeanne de Brabant les terres et étangs des environs ainsi que certains privilèges et exemption d’impôts.

Développement et renommée[modifier | modifier le code]

En 1402, avec d’autre prieurés brabançons, le Rouge-Cloître forme une congrégation (ou Chapitre général) dont Groenendael prit la tête. En 1412, avec la congrégation de Groenendael, l’abbaye rejoint la Congrégation de Windesheim. Les premiers siècles du prieuré sont marqués par une grande dévotion et l’aisance matérielle. Le prieuré possède une riche bibliothèque ainsi qu’un atelier d’enluminure réputé.

Le Rouge-Cloître vers 1540, détail de tapisserie: Les Chasses de Maximilien

Le site apporte le grès calcaire nécessaire aux constructions, le bois de la forêt servant pour le mobilier et le chauffage. Les sources sont abondantes et les étangs poissonneux. Un moulin à eau, sur le ruisseau qui traverse la propriété, permet de moudre le grain et de presser l’huile. Un coin de forêt est défriché pour y créer des pâtures pour le bétail. Vers 1400, une enceinte, dont une partie subsiste encore aujourd’hui, est édifiée autour du domaine. L’église en grès blanc est décorée de toiles de l'atelier de Rubens.

Au XVIe siècle, le monastère est un des plus prestigieux des Pays-Bas espagnols, sa proximité de la ville de Bruxelles y contribuant pour beaucoup. Charles Quint[1] et, plus tard, les archiducs Albert de Habsbourg (1559-1621) et Isabelle d'Espagne (1566-1633), y séjournent, comme d'ailleurs beaucoup d’autres personnages importants.

Déclin et suppression[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIe siècle, lors de la Révolte des Gueux, le prieuré est pillé et les chanoines sont contraints à se réfugier à Bruxelles jusqu’à la fin des troubles.

Une seconde catastrophe arrive, en 1693, quand un incendie ravage une partie des bâtiments. La bibliothèque, qui contenait de précieux manuscrits enluminés, des livres anciens et des reliures de valeur, est épargnée.

Le monastère sera supprimé à la suite de l'édit du 17 mars 1783 de l'empereur Joseph II, celui-ci désirant assainir les finances publiques. Cet édit supprimait, en effet, certains couvents déclarés « inutiles » car vivant de la dîme sans contrepartie, selon Joseph II, pour la société ; couvents « où l'on ne mène qu'une vie purement contemplative et parfaitement inutile à la religion, à l'État et au prochain »[2]. C'est ainsi que les livres seront transférés (quasi volés[3]) plus tard par les autorités autrichiennes à la bibliothèque impériale de Vienne, où ils se trouvent toujours.

Le Rouge-Cloître en 1725.

Six ans plus tard, à la suite de la remise en place des anciennes institutions, grâce à la victoire de la Révolution brabançonne sur les Autrichiens, seize chanoines reviennent s’installer au Rouge-Cloître. En 1792, les hussards français pillent l’abbaye qui, de plus, est occupée par un détachement. La fin vient en 1796 avec la suppression des monastères décrétée par le Directoire français. Quelques constructions seulement sont conservées. L’église est entièrement détruite lors d’un incendie en 1834.

Diverses affectations[modifier | modifier le code]

Par la suite, les bâtiments du site, morcelés en plusieurs lots, connaîssent les affectations les plus diverses : filature de coton, teinturerie, fabrique de munitions, atelier de tailleur de pierre, hôtel, restaurants et cafés. De plus, l’urbanisation et la construction de routes et de chaussées rognent les abords du site. Différents projets d’assèchement des étangs, de lotissement et même d’aménagement d’un parc zoologique n’ont pas abouti. En 1872, Romain Govaert – père de Félix Govaert – réussit à acquérir tout le domaine, y compris champs et étangs.

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Jean Gielemans (1427-1487), sous-prieur au Rouge-Cloître, était un hagiographe de renom.
  • Frappé de grave maladie mentale, le peintre Hugo Van der Goes (1440-1482) se retire, en 1477, comme frère convers au prieuré. Il y passe ses dernières années, tout en continuant à peindre.
  • Léon Houyoux, artiste peintre, a vécu dans la conciergerie du Rouge-Cloître.
  • L'artiste Désiré Haine (artiste peintre) a vécu plusieurs années dans l'enceinte du prieuré vers 1975.

Le Rouge-Cloître aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de métro : Herrmann-Debroux.

ou prendre le tram 44 et descendre à Chaussée de Tervuren.

L'abbaye du Rouge-Cloître en 1897, peinture par Gabriel van Dievoet (1875-1934)

Site classé et propriété de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Le domaine, acquis par la famille Beruck en 1910, est classé en 1959. Il devient propriété de la Région de Bruxelles-Capitale en 1992. Le site de l’abbaye est cependant fort dégradé et les bâtiments qui ont échappé à la destruction ne donnent qu’une faible idée de la splendeur passée. Des programmes de fouilles archéologiques et de restauration des constructions et du mur d’enceinte sont mis en œuvre.

L’ancienne Maison de Savoie, construite en 1535, et qui hébergeait le réfectoire et les logements des hôtes de passage, a été transformée en restaurant et café.

Le site de Rouge-Cloître, comme il l’est depuis longtemps, reste un lieu de prédilection pour les promeneurs et les artistes qui, attirés par le charme de l’ancien prieuré et sa position de porte de la forêt de Soignes, fréquentent le lieu.

L'hôtel-restaurant du Rouge-Cloître vers 1920.

Le Centre d’art du Rouge-Cloître[modifier | modifier le code]

Plusieurs bâtiments, dont le prieuré du XVIIIe siècle, l’ancienne ferme carrée avec ses dépendances et ses écuries, la maison du meunier (appelée Maison de Bastien) et celle du portier, accueillent aujourd’hui le Centre d'art du Rouge-Cloître. Ce dernier organise des expositions artistiques et des ateliers de sensibilisation à l’art, pour les enfants. Il organise, d'autre part, des ateliers d’artistes, comme la Maison du Conte de Bruxelles et ses spectacles, pour les adultes et le jeune public. Il soutient Cheval et forêt, une association qui cherche à mettre en valeur les chevaux de trait belges et qui organise des démonstrations de débardage.

L'étang du Moulin et le prieuré.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une source du domaine est dite ‘de l’empereur’ car Charles Quint, dit-on, avait l’habitude d’y étancher sa soif, lors de ses parties de chasse.
  2. Robert Devleeshouwer, L'Arrondissement du Brabant sous l'occupation française. 1794-1795, Bruxelles, 1964, p. 316; et Henri Pirenne, Histoire de Belgique, tome III, p. 207.
  3. Remarquons toutefois que de nombreux livres provenant des couvents supprimés par l'empereur Joseph II ont suivi des chemins non officiels et certains se sont par exemple retrouvés dans la bibliothèque de Jean-François Van de Velde, ancien bibliothécaire de l'Université de Louvain, et sans doute aussi chez d'autres particuliers... Comme l'écrit Herman Mulder, « Un manuscrit du monastère de Val-Saint-Martin à Louvain », dans, Les Seigneurs du Livre, Bruxelles, p.53 : « La question qui se pose est de savoir comment Van de Velde a pu mettre la main sur un grand nombre de manuscrits en provenance de ces couvents. Certes, quelques manuscrits ont été vendus au lendemain de la suppression des couvents - contrairement aux directives-, comme ce fut le cas à Malines, le 28 novembre 1785 et à Anvers le 2 mai 1785, mais cela ne fournit pas d'explication. Les manuscrits de Van de Velde ne proviennent pas de ces ventes. Il ne faut pas exclure l'éventualité pour Van de Velde de s'être procuré ces codex de manière illégale. »