Abbaye du Rouge-Cloître
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Le Rouge-Cloître (en néerlandais: Rood-Klooster) est un ancien prieuré augustin situé à Auderghem, commune de la ville de Bruxelles (Belgique). Sa situation à l’orée de la Forêt de Soignes et entouré d'étangs traversés par la Woluwé font du Rouge-Cloître un lieu prisé des promeneurs et amis de la nature.
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[modifier] Des origines à la renommée
Il est fondé par un prêtre Aegidius Oliverus et un laïc nommé Walter van der Molen. Le prêtre Wihelmus Danielis de la paroisse de Boondale y célébrait les messes (charte de fondation attestée par la duchesse Jeanne de Brabant, 1er mars 1367). L'étymologie du nom Roodklooster (le cloître rouge) s'explique par le nom de l'habitation de l'ermite qui est à l'origine du prieuré: Roode Cluse (l'hermitage rouge). Plusieurs années plus tard, on commence à appeler le cloître, Rood Klooster ou Saint-Paul en Soignes.
La fondation est confirmé en 1373 par Gérard de Dainville, évêque de Cambrai. En même temps on assume l'institution d'un prieuré de chanoines réguliers de Saint-Augustin (Augustins). La communauté se développa rapidement. En 1381, elle entreprit la construction de l’église après avoir reçu de la duchesse Jeanne de Brabant les terres et étangs des environs ainsi que certains privilèges et exemption d’impôts. Les premiers siècles du prieuré furent marqués par une grande dévotion et l’aisance matérielle. Le cloître possédait une riche bibliothèque ainsi qu’un atelier de reliure réputé.
Le site apportait le grès calcaire nécessaire aux constructions, le bois d’œuvre et de chauffage, les sources abondantes et les étangs poissonneux. Un moulin à eau sur la Woluwé permettait de moudre le grain et de presser l’huile. Des prairies furent défrichées pour le bétail. Vers 1400 une enceinte dont une partie subsiste encore aujourd’hui fut construite autour du domaine.
En 1477, frappé par une maladie mentale, le peintre Hugo Van der Goes se retire comme frère convers au prieuré; il continue à peindre cependant. Il y finit ses jours en 1482.
À la fin du XVIe siècle, lors de la Révolte des Gueux, le prieuré connut le pillage et les chanoines furent contraints de se réfugier à Bruxelles jusqu’à la fin des troubles.
Le monastère comptait parmi les plus prestigieux des Pays-Bas espagnols, Charles Quint et ensuite les archiducs Albert de Habsbourg (1559-1621) et Isabelle d'Espagne (1566-1633) y séjournèrent. L’église en grès blanc était décorée de toiles de Rubens. Les nombreux bâtiments étaient entourés de champs, de vergers, de jardins potagers et d’étangs de pisciculture.
[modifier] Les trois prieurés de la forêt de Soignes
Les trois prieurés existants dans la forêt de Soignes au début du XVesiècle, Groenendael[1], Rouge-Cloître et Sept Fontaines[2] avaient adopté la règle des chanoines de Saint Victor[3] préconisée par Ruysbroeck, ce qui ne pouvait manquer de les rapprocher. C'est ainsi que fut constituée en 1402 une congrégation dont Groenendael prit la tête.
[modifier] Le déclin
En 1693, un incendie ravagea une partie des bâtiments. La bibliothèque qui contenait de précieux manuscrits, enluminures et reliures, réalisés sur place fut épargnée. Certains livres furent transférés plus tard par les autorités autrichiennes à la bibliothèque impériale de Vienne, où ils se trouvent toujours, à la suite de l’interdiction par Joseph II du Saint-Empire des ordres contemplatifs (1784).
Six ans plus tard après la Révolution brabançonne et la défaite des autrichiens, seize moines revinrent s’installer au monastère. En 1792 les hussards français pillèrent l’abbaye qui fut occupé par un détachement. En 1796 le Directoire français décida la suppression des monastères quelques constructions seulement furent conservés. L’église disparut entièrement lors d’un incendie en 1834.
En 1872, Romain Govaert – père de Félix Govaert – avait réussi à acquérir tout le domaine, y compris champs et étangs.
Par la suite, le site a connu différentes destinations, une filature de coton, une teinturerie, une fabrique de munitions, un atelier de tailleur de pierre, un hôtel, des restaurants et des cafés, tandis que l’urbanisation et la construction des routes et chaussées en rognaient les abords. Différents projets d’assèchement des étangs, de lotissement et même d’aménagement d’un parc zoologique n’ont pas abouti.
[modifier] Le Rouge-Cloître aujourd'hui
Le domaine acquis par la famille Beruck en 1910 fut classé en 1959 et devint propriété de la Région de Bruxelles-Capitale en 1992.
Le site fortement dégradé et les bâtiments qui ont échappé à la destruction ne donnent qu’une faible idée de la splendeur passée. Des programmes de fouilles archéologiques et de restauration des constructions et du mur d’enceinte ont été mis en œuvre.
Depuis longtemps, le site de Rouge-Cloître est devenu un lieu de prédilection pour les promeneurs et les artistes qui, attirés par le charme de l’ancien prieuré, et sa position de porte de la forêt de Soignes fréquentent le lieu.
L’ancienne Maison de Savoie construite en 1535 et qui hébergeait le réfectoire et les logements des hôtes de passage a été transformée en restaurant et café. Les autres bâtiments dont le prieuré du XVIIIe siècle, l’ancienne ferme carrée avec ses dépendances et écuries, la maison du meunier (appelée Maison de Bastien) et celle du portier, accueillent aujourd’hui le Centre d’Art du Rouge-Cloître qui organise expositions artistiques et ateliers de sensibilisation à l’art pour les enfants, des ateliers d’artistes, la Maison du Conte de Bruxelles et ses spectacles pour adultes et jeune public ainsi que Cheval et forêt une association qui cherche à mettre en valeur les chevaux de trait belges et organise des démonstration de débardage.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens extérieurs
- Centre d’Art du Rouge-Cloître
- Forêt de Soignes
- Cheval et forêt
- Maison du Conte de Bruxelles
- Une vue panoramique de l'abbaye
[modifier] Notes et références
- ↑ Le prieuré de Groenendael et le pavillon de chasse de Ravenstein qui lui attenait étaient une des haltes privilégiées de la cour.
- ↑ Les étangs de "Sept Fontaines" ont été créés par les Moines Augustins qui y occupaient jadis un monastère. Le prieuré a toutefois disparu suite aux guerres et incendies successifs. Le nom de "Sept Fontaines" vient des 7 sources qui existent à cet endroit.
- ↑ Les Victorins sont une des plus illustres congrégations du XIIe siècle.