Abbaye de Rolduc

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Abbaye de Rolduc
Image illustrative de l'article Abbaye de Rolduc
Présentation
Nom local Abdij Rolduc
Type (ancienne) Abbaye
Rattachement Augustins
Début de la construction 1106
Style dominant Architecture romane
Site web www.rolduc.nl/
Géographie
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Région Limbourg néérlandais
Commune Kerkrade
Coordonnées 50° 52′ 04″ N 6° 04′ 54″ E / 50.867778, 6.081667 ()50° 52′ 04″ Nord 6° 04′ 54″ Est / 50.867778, 6.081667 ()  

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(Voir situation sur carte : Pays-Bas)
Abbaye de Rolduc

L'ancienne Abbaye de Rolduc, (latin : Roda Ducis, ou encore Closterroda, Roda, Kloosterrade, et Hertogenrode) était un monastère augustinien du XIIe siècle située à Kerkrade dans le Limbourg néérlandais (près de la frontière allemande). Elle est le plus important complexe monastique préservé des Pays-Bas.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Rolduc vient de l'époque napoléonienne et est une contraction de Rode-le-Duc, traduction française de 'Hertogenrode'.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au VIIIe siècle, Sainte Ode, très discrète princesse d'Écosse née aveugle, fut guérie lors de son pèlerinage auprès de la tombe de Saint Lambert à Liège (assassiné le 17 septembre 696), car celle-ci attirait les pèlerins de toute l'Europe depuis la guérison miraculeuse de deux aveugles. Après avoir témoigné de ce miracle et reçu la bénédiction papale à Rome où elle fit vœu de chasteté, Ode refusa de retourner auprès de son père qui voulait la marier. Elle resta finir ses jours dans la prière dans le diocèse liégeois de son guérisseur, à Rode, non loin de Maastricht. C'est sur le tombeau de Sainte Ode que fut érigé le premier sanctuaire de Rolduc. Elle est trop souvent confondue avec sa contemporaine Chrodoara dont on connait mieux la vie grâce à son sarcophage découvert dans la collégiale d'Amay qui possède aussi la châsse de Sainte Ode depuis le XVIIIe siècle (sous l'abbatiat de Lambert-Walthère van den Steen).

En 1104, le jeune moine Albert d'Antoing quitte avec deux compagnons son monastère de Tournai, dont il jugeait la vie trop relâchée, pour s'en aller fonder à 's-Hertogenrode (aujourd'hui: Kerkrade) l'abbaye de Rolduc.

Les travaux débutent en 1106 avec la construction d'une crypte dédiée à la Vierge Marie et l'archange Gabriel, qui fut achevée deux ans plus tard. La construction de l'église prend un temps considérable: elle ne sera achevée qu'en 1209. À la suite de désaccords sur la suite à donner aux travaux, Ailbertus quitte l'abbaye en 1111 et meurt en 1122 dans les environs de Bonn. Après plus de 750 ans, en 1895, ses ossements sont enfin transférés dans la crypte.

L'abbaye est rattachée à l'ordre des Chanoines Augustins, et obtient en 1136 la protection des ducs du Limbourg, dont certains, comme Walram III, sont enterrés dans la crypte.

Son existence est souvent troublée: attaques et incendies atteignent leur paroxysme durant la Guerre de Quatre-Vingts Ans.

L'abbaye est rénovée en 1680 à l'initiative de l'abbé Winandus Lamberti. et reçoit le 2 janvier 1723 le droit d'exploiter les mines de charbon sur le territoire de Kerkrade. Ce sont les premières houillères des Pays-Bas et la naissance d'une industrie florissante dans la région. En 1775, l'abbaye employait 350 mineurs.

Au XVIIIe siècle, une précieuse bibliothèque en style rococo y est construite.

En 1796 l'abbaye fut supprimée par les Français et les moines durent quitter Rolduc. Les bâtiments restèrent vides durant 35 ans.

Entre 1831 et 1840, lorsque le territoire revint à la Belgique, l'abbaye accueillit le petit séminaire du diocèse de Liège.

En 1843 il devint un internat pour jeunes-gens et beaucoup de personnes influentes du monde catholique en sont sortis (comme Lodewijk van Dessel et Alphons Ariëns) et sont des "rolduciens".

En 1946 Rolduc redevint un petit-séminaire de l'évêché de Roermond.

Depuis 1970, l'abbaye de Rolduc est principalement utilisée comme centre de congrès et comme hôtel. Elle peut accueillir jusqu'à 300 personnes.

Annales Rodensis et Continuatio[modifier | modifier le code]

L'histoire de Rolduc est surtout connue à travers les Annales Rodensis, une chronique sur la période 1104-1157. Celles-ci ont probablement été écrites vers 1155 par un moine. Plus tard, l'abbé Nicolas Heyendal (1658-1733) repris la chronique avec le Continuatio, qui débute l'année de son serment, en 1685.

Liens externes[modifier | modifier le code]