Abbaye de Reigny

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Abbaye de Reigny
Image illustrative de l'article Abbaye de Reigny
Vue générale de l'abbaye dans son état actuel

Nom local Réigny
Rigniacum
Diocèse Archidiocèse de Reims
Patronage Notre-Dame
Numéro d'ordre (selon Janauschek) XXXI (31)[1]
Fondation 7 juillet 1128[2]
Dissolution 1790
Abbaye-mère Abbaye Notre-Dame d'Igny
Lignée de Abbaye de Clairvaux
Abbayes-filles Aucune
Congrégation Cisterciens (1128-1790)
Période ou style Roman cistercien
Protection Logo monument historique Classé MH (1920)[3]

Coordonnées 47° 38′ 45″ N 3° 43′ 39″ E / 47.645761221914, 3.7274820745881 ()47° 38′ 45″ Nord 3° 43′ 39″ Est / 47.645761221914, 3.7274820745881 ()  [2]
Pays Drapeau de la France France
Province Duché de Bourgogne
Région Bourgogne
Département Yonne
Commune Vermenton

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de Reigny

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne

(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Abbaye de Reigny


L'abbaye de Reigny est une ancienne abbaye cistercienne située sur un domaine de 14 hectares en bord de la Cure, entre Vermenton et Lucy-sur-Cure dans l'Yonne, en France. Reigniacum est un ancien site gallo-romain sur lequel fut édifiée l'abbaye.

Histoire[modifier | modifier le code]

Abbaye.

L'histoire commence en 1104, lorsque deux ermites, Girard et Guérin s'isolent en un lieu dit : La terre de Saint Pierre à proximité de Joux que leur donnent les sires Anséric d'Avallon et Guy de Noyers. Peu de temps après ils reçoivent des mêmes seigneurs un bois, situé à peu de distance que l'on nomme Fons Humidus, ou encore Fontesmes ou Fontemoy. Ces donation seront confirmées en 1105 par le duc :Hugues II de Bourgogne(1085-1143).

La communauté par son exemplarité attire de nombreux adeptes et ils construisent un petit monastère. Avec leur chef spirituel Julien, qu'ils ont élu comme abbé, ils rejoignent l'ordre cistercien en 1127.

La tradition veut que Julien ait rendu son âme à Dieu en 1128, et que c'est après cet événement que Bernard de Clairvaux dépêcha un de ses moines: Étienne de Torcy[4] pour maintenir la petite communauté. Les frères le prendront pour abbé. C'est lui qui va décider de l'implantation de la nouvelle abbaye à Rigny, sur les bords de la Cure.

L'abbaye de Reigny fut fondée à Vermenton le 30 novembre 1134 sous l'autorité de Bernard de Clairvaux, par l'abbé Étienne de Torcy, moine de Clairvaux et une groupe de 12 moines de Fontemoy au diocèse d'Autun, qui venaient d'embrasser la règle de l'ordre cistercien. Elle était située sur les terres des comtes d'Auxerre et de Nevers et dépendait du diocèse d'Auxerre. Le premier dimanche de décembre 1134, Étienne de Torcy fit procéder à la translation des corps des deux ermites fondateurs de la communauté de Fontemoy qu'il place dans un même tombeau dans la salle capitulaire de l'abbaye.

Bénéficiant de la protection du pape Eugène III en 1147, elle a connu un développement important au Moyen Âge, comptant jusqu'à 300 moines. Ceux-ci vont gérer un vaste domaine agricole s’étendant des terres et bois de Puisaye jusqu’aux vignes du Tonnerrois. Ils dirigent dix granges, qui concentrent toutes les productions environnantes, et des celliers ou des moulins. Les donations de la noblesse locale sont très nombreuses parmi eux : les seigneurs d'Arcy, d'Avallon, de Châtel-Censoir,de Chastellux, de Montréal, de Noyers et de Toucy, comme le comte d'Auxerre et le duc de Bourgogne.

Le domaine doit fournir la nourriture des moines, grâce aux céréales, poissons et vins. Le reste des productions est soit transformé dans la tuilerie, la tannerie ou la forge de l’abbaye, soit commercialisé sur les marchés locaux pour le surplus de céréales ou sur les foires de Champagne et de Paris, pour le vin et le bois.

En 1295, Eudes Besors de Villarnoult, moins bien disposé que ses ancêtres envers les moines, leur intente un procès que ceux-ci gagnèrent par la sentence du Bailli d'Auxerre: Pierre d'Ostun.

Elle passe sous la protection du Roi de France, Charles V, dès 1370. En 1493, Charles VIII la transforme en Fondation Royale.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le réfectoire et le dortoir des moines.

Église abbatiale[modifier | modifier le code]

Dans l'église abbatiale construite vers 1162, les moines fondent un autel en reconnaissance des bienfaits du seigneur Guy Ier Besors, sire de Villarnoult, où l'on célébrait chaque semaine une messe à son intention et à perpétuité[5]. C'est dans cet édifice qu'au pied du maître autel reposait depuis 1237, Guy II Besors, seigneur de Villarnoult[6].

Cette première église est détruite par les Huguenots en 1587, il n'en subsiste que les fondations. Elle était orientée est-ouest et on accédait au cloître qui se trouvait au sud

Une seconde église est bâtie de 1759 à 1765 par Claude Louis Daviler, architecte à Paris, et Pochet, entrepreneur à Auxerre, puis par l'architecte Claude Nicolas Ledoux à la mort de Daviler en 1764. Elle sera détruite à la fin du XVIIIe siècle.

Réfectoire[modifier | modifier le code]

L'exceptionnel réfectoire cistercien du XIVe siècle est l'un des trois de ce type subsistant en France, avec son élégante nef à double travée qui a conservé sa polychromie d’époque.

Cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître, sera détruit, lui aussi à la fin du XVIIIe siècle

Dortoir[modifier | modifier le code]

La salle et le dortoir des moines dont on visite l’enfilade des salons et la salle à manger qui ont été transformés au XVIIIe siècle et magnifiquement meublés.

Colombier[modifier | modifier le code]

Le colombier, imposant par sa taille, date du XVIIe siècle : 3500 boulins en terre cuite et deux échelles pivotantes.

Abbés[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • 1128 - Étienne de Toucy, premier abbé envoyé par Bernard de Clairvaux. Il était de la Maison des barons de Toucy. Il décéde le 26 mai 1162
  • 1364 - Jean III[7].Il revend en 1364, le Bois de Chazan et celui de Vau-Marin pour faire réparer sa maison et payer sa rançon aux Anglais.

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • " De sable à un pale d'argent chargé d'un cœur de sinople ", surmonté de la crosse de l'abbé.

Propriétés[modifier | modifier le code]

  • 1127 - Joubert Chapel ou Chapeau, noble auxerrois, vend aux moines les biens qu'il possède à Reigny pour la somme de 60 livres.
  • 1177 - Reçoit de Guy Ier Besors, seigneur de Villarnoult, des terres lui appartenant à Quarré-les-Tombes, donation ratifiée la même année par les barons de Lormes et de Chastellux, dont elles mouvaient en fief[8]. Trinquelin: Triclinum sur la rivière du même nom et Vau-Marin, Vallis Marini foramaient une terre en toute justice appartenant à l'abbaye. Le Monastère la tenait de la pieuse libéralité des seigneurs du voisinage.
  • 1186 - Régnier de Chastellux, du consentement de sa femme, Agnès donna la moitié du Bois de Chazan, celui de Vau-Marin que l'abbé Jean III revendit en 1364, pour réparer sa maison et payer sa rançon aux Anglais[9]Les moines reconnaissant de ce bienfait offrir à Régnier, deux cents agneaux, un palefroi et dix sous de rente, sa vie durant.
  • 1190 - Donations de la part de la Maison de Quarré; Arlérius, André et Jean de Quarré, de Quarreiâ léguent à l'abbaye à cette date la moitié du Bois de Chazan à Trinquelin, divers droits d'usage et pacage, alors qu'ils décident de se croiser à Vézelay la même année, répondant à l'appel du roi de France: Philippe-Auguste.L'autre partie de ce bois étant déjà leur propriété[10].
  • 1295 - avant cette date, terres à Saint-Léger-de-Fourcheret
  • Fief de Sommant
Granges Celliers Moulins Maisons de ville
Beauvoir ou Grange-Sèche en Puisaye Chablis Arcy Auxerre
Essert (Plateaux de Bourgogne) Clamecy Barjot Clamecy
Fontemoy Vaux L'Étang Champlive
Oudun Vincelles Magny Paris
Reigny Vincelottes Clamecy Provins
Charbonnières en (Terre-Plaine) Tonnerre
Trinquelin (Morvan) Vauvrette
Chaux (Morvan)
Serault (Morvan)

Conservation[modifier | modifier le code]

Des bâtiments démolis, on peut encore deviner les fondations : des fouilles ont permis de découvrir les fondations de l'église abbatiale donnant une idée de l'envergure initiale de l'abbaye.

L'ingénieux réseau hydraulique cistercien a été conservé intact.

L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 18 mars 1920[11].

Visite[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne,‎ 1877, 491 p. (lire en ligne), p. 108.
  2. a et b « Reigny », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté en 1er avril 2014).
  3. « Notice no IA00002644 », base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 20 août 2009
  4. http://gahom.ehess.fr/thema/recueil.php?id=8&lg=fr
  5. Abbé Jacques-François Baudiau: " Le Morvand ", p.135. Dom Georges Viole: Histoire manuscrite de l'Abbaye de Reigny.
  6. Abbé Jacques-François Baudiau:Op. cit. p.135.
  7. Abbé Baudiau, op.cit, t. III, p.214.
  8. Abbé Jacques-François Baudiau: Op. cit. p.135, Dom Georges Viole: Histoire manuscrite de Reigny
  9. Abbé Jacques-François Baudiau, Le Morvand, Nevers, 1865, 3e éd. Guénégaud, 1965, t. III, p.214.
  10. Abbé Baudiau, op.cit. t.III, p. 214-215.
  11. « Notice no PA00113927 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Abou, Nathalie Cêtre, Marlène Helias-Baron, Claude Martin, M. & Mme Mauvais, F. Trubert, E. Vasseur, Reigny, une abbaye entre idéal et réalité, éd.HDD, septembre 2010, Nb.Ill., 48.p. (ISBN 978-2-91784-004-4[à vérifier : isbn invalide])