Abbaye de Parc

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Abbaye de Parc
Image illustrative de l'article Abbaye de Parc
Abbaye prémontrée de Parc
Présentation
Nom local Abdij van 't Park (Parkabdij)
Culte catholique
Rattachement Ordre des Prémontrés
Début de la construction XIIe siècle
Autres campagnes de travaux Début XVIIIe siècle
Style dominant Baroque et Renaissance
Site web www.parkabdij.be/
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région flamande Région flamande
Province Drapeau du Brabant flamand Province du Brabant flamand
Commune Oud-Heverlee (Louvain)
Coordonnées 50° 51′ 52″ N 4° 43′ 08″ E / 50.8644, 4.7188 ()50° 51′ 52″ Nord 4° 43′ 08″ Est / 50.8644, 4.7188 ()  

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(Voir situation sur carte : Belgique)
Abbaye de Parc
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L'abbaye de Parc est une abbaye de chanoines prémontrés située à Heverlee, près de Louvain (Leuven) en Belgique. Fondée en 1129 sur des terres données aux chanoines Prémontrés de Laon par le duc de Brabant, Godefroid le Barbu, elle fut reconstruite plusieurs fois. Échappant aux vicissitudes de la Révolution française elle resta entre les mains des chanoines prémontrés qui y continuent leur ministère dans les paroisses des environs.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'or, à trois plantes de muguets de sinople fleuries d'argent, sur un tertre de sinople
Commentaires : La devise de l'abbaye est « Ne quid nimis » (Modération en toutes choses).

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

En 1129, des chanoines prémontrés venant de Laon, dans le Nord de la France, s'installent sur des terres offertes par Godefroid le Barbu, duc de Brabant. Le nom canonique de cette première communauté est Conventus Sanctae Mariae de Parco[1].

Le XIIe siècle est celui du travail car les terres sont à défricher. Les chanoines sont des pionniers dans le domaine de l'agriculture et viennent en aide à une population très pauvre. Ce premier siècle d'existence est aussi celui de la lutte car les chanoines combattent les restes du Tanchélisme qui s'est répandu dans la région. Les religieux s'adonnent au travail manuel et aux sciences ecclésiastiques, transcrivent et enluminent maints manuscrits, chantent les louanges du Seigneur à l'église et aux champs.

Leur vie austère frappe les gens du monde et attire vers eux les fils de manants comme ceux des seigneurs. Les donateurs, pris dans l'émulation, les comblent de biens. L'abbaye connait rapidement la prospérité. Les religieux se choisissent alors un abbé, établissent une nouvelle colonie à Runckelen, érigent un hôpital avec chapelle à Scoenderbueken sous Sichem. Suivant leur vocation particulière de prémontrés ils prennent la responsabilité pastorale de nombreuses paroisses des environs. En 1137, une fondation est déjà faite à Ninove.

XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Un siècle après sa fondation, l'abbaye a atteint toute sa splendeur et peut rivaliser avec d'autres monastères célèbres. Cela dit, vers la fin de ce XIIIe siècle, la prospérité n'exempte pas les chanoines de difficultés :

  • la famine éclate et désole tout le pays durant cinq ans,
  • et les chanoines ont à défendre leurs droits face aux ennuis provenant de leurs propriétés, des églises, des dîmes, des privilèges.

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Le XIVe siècle est le siècle le moins beau de toute l'histoire de Parc :

  • l'hiver de l'année 1304 est extrêmement rigoureux et la disette se fait sentir à l'abbaye ;
  • une pluie dévastatrice s'abat durant dix mois sur le pays, les champs sont ravagés, la famine en est la conséquence, suivie de la peste ;
  • l'abbaye a à souffrir de l'émeute de Louvain de 1379 où le peuple jette les patriciens par les fenêtres. Des gens armés de glaives viennent à l'abbaye, fracturent les portes et volent à l'église.

XVe siècle[modifier | modifier le code]

La mauvaise période a pris fin au XVe siècle, il faut maintenant viser la restauration des biens, l'observance et la réforme de la discipline, la lutte contre les commendes.

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, l'abbaye lutte contre les troubles intérieurs du pays, en ardant patriote et en défendant les droits de l'Ordre. Dans la réorganisation des évêchés, elle échappe à l'incorporation en n'ayant pas d'évêque à sa tête comme à Tongerlo ou à Affligem.

Parc échappe au vandalisme des iconoclastes[2], mais les chanoines sont continuellement troublés par les bandes qui ravagent le pays. Ils doivent quitter l'abbaye et se réfugier à Louvain pendant huit ans. L'abbé lui-même, fidèle au pays et n'épousant nullement les idées du prince d'Orange, s'exile à Liège. Les religieux réintègrent l'abbaye après la délivrance de Bruxelles par le prince de Parme, mais les déprédations continuent, l'abbaye ayant failli être complètement incendiée. Après ces temps malheureux, la pauvreté régne à Parc.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les guerres de religions terminées, l'abbaye retrouve une certaine prospérité au XVIIe siècle. Les archiducs remettent à l'honneur la dignité d'archichapelain et de confesseur perpétuel de l'abbé de Parc, lui permettant de pouvoir célébrer aux grandes festivités. En outre, l'abbaye est citée en exemple dans le domaine des études et de la discipline religieuse.

C'est véritablement un siècle d'évolution et de progrès, hormis, selon l'abbaye[3], le point noir du Jansénisme, qui s'est répandu en Belgique et parmi les professeurs de l'université de Louvain. Erasme rend visite à l'abbaye.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le XVIIIe siècle est une période plus calme pour l'abbaye, plus intérieure, ce qui lui permet de mener des études plus suivies. Toutefois, les guerres de Louis XIV, le séjour de Guillaume III et les campagnes de Louis XV ne sont guère favorables à une grande activité.

Fermeture, suppression et restauration[modifier | modifier le code]

La fin du XVIIIe siècle est dramatique. Le 4 mars 1789 l’abbaye est fermée manu militari par les troupes de Joseph II, car les chanoines refusent d’envoyer leurs étudiants au séminaire théologique (joséphiste) ouvert par l’empereur à Louvain. Revenus en 1791, ils sont à nouveau chassés en 1793 : cette fois par le pouvoir révolutionnaire français. En 1797 Le général Jourdan fait de l’abbaye son quartier général.

Le désastre n’est pas total cependant. Les prévoyants religieux avaient confié une bonne partie de leurs trésors artistiques et religieux à des amis en Allemagne, Hollande et chez des particuliers à Bruxelles. Au contraire de beaucoup d’autres, l’abbaye de Parc traverse la période révolutionnaire française sans dégâts majeurs. Les bâtiments sont épargnés car immédiatement rachetés (en 1797) par un ami sollicité par les chanoines. Les religieux, encore une soixantaine, sont dispersés dans les paroisses qu’ils desservaient, ou rentrent en famille.

De 1797 à 1834 l’abbaye de Parc n’existe pas, du moins officiellement. En fait, dès 1802 quelques chanoines se risquent à un retour. En 1828, pour survivre, ils sont contraints à vendre des biens immobiliers (brasserie, forge et moulin), du mobilier (ainsi les stalles, des vitraux du cloître) et des livres de la bibliothèque.

Avec l’indépendance de la Belgique (en 1830) et la liberté religieuse garantie par la constitution du jeune pays l’abbaye peut revivre. Les bâtiments sont rendus aux Prémontrés et, le 24 juin 1834, dix religieux, tous curés dans des paroisses des alentours, reprennent la vie conventuelle. En 1872 la dignité abbatiale est rétablie avec la consécration, à Grimbergen, d’Aloïs Franck comme abbé de Parc.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Parc participe au mouvement missionnaire du XIXe siècle. Une mission est ouverte au Brésil en 1894. François Versteylen, abbé de 1887 à 1897, en est l’initiateur. Quentin Nols lui succède et dirige l’abbaye durant près de 40 ans : 1897-1936. Trois revues sont publiées à Parc, et une école est ouverte pour les enfants d’Heverlee.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Située à proximité de l’université de Louvain, l’abbaye est encore un haut-lieu de la culture religieuse. Ses chanoines forment une communauté de huit membres. Sa bibliothèque travaille en liaison avec l’université. Des expositions sont organisées dans le musée de l’abbaye. L’église est paroissiale. Une association des ‘amis de l’abbaye’ met en valeur son patrimoine.

Domaine de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Le domaine vert de l'abbaye

L'abbaye de Parc est un patrimoine unique, doté en particulier d'un domaine vert de 42 hectares, un restant historique dans la périphérie de Louvain. Le mot restant est utilisé à dessein, car sous l'Ancien Régime, le domaine de l'abbaye avait une superficie de 3.500 hectares, la grande partie des biens composant ce domaine ayant été acquise au début du XIIIe siècle, du temps de l'abbé Jean de Bierbeek et de ses prédécesseurs. Le domaine comprend alors les donations du duc fondateur Godefroid le Barbu et de son feudataire Tiétdelin, auxquelles s'ajoutent[4] :

  • toutes les possessions de Rénier de Vossem situées à Vossem et à Humelghem ;
  • d'immenses biens cédés par sa famille à Vossem, Ophem, Woluwe, Wesenbeke et Barle en Campine ;
  • un moulin donné par Gérard d'Everberg ;
  • un moulin donné par Gosuin d'Heverlee ;
  • quatre bonniers de terres dans le faubourg de Louvain ;
  • l'église de Runckelen avec toutes ses dépendances ;
  • quatre bonniers de terres situés à Scoerderbueken sous Sichem ;
  • la terre de Vinkenbosch ;
  • une partie de la forêt de Soignes ;
  • les dîmes de toutes les terres défrichées ;
  • deux fermes à Eegenhoven et à Léau.

Notons aussi :

  • qu'en 1380, l'abbé Henri van Overbeke achète la ferme de Blanden appelée Rooi-Kapel, d'une contenance de 37 bonniers, avec chapelle ;
  • qu'au XVIIe siècle, l'abbé Jean Druys achète les deux belles fermes :
    • de Wilder, appelée aussi Wilre-Hof, ferme à Ruisbroeck sous Bierbeek ;
    • et de la Franche Comté, à Tourinnes, grande de 60 bonniers.

L'abbé Libert de Pape fait faire, en 1665, le relevé de toutes les propriétés. Des géomêtres, des arpenteurs et dessinateurs se mettent à l'œuvre et composent des cartes coloriées sur parchemin, dressant sur échelle le contenu des parties les plus importantes.

Le receveur chanoine Melchior Nysmans soumet, en 1787, à l'empereur Joseph II, l'état du domaine, exposé très complet des possessions au moment de la suppression de l'abbaye. On y trouve un grand nombre de terres arables, des terres incultes et des terres nouvelles défrichées par les religieux. On distingue alors juridiquement :

Hôtes illustres[modifier | modifier le code]

Il se rattache à Parc de grands souvenirs historiques[5]. En 1566, le duc d'Albe y avait son camp. En 1572, le prince d'Orange s'y trouvait avec son état-major. Au XVIIe siècle, Érasme y rendit visite. En 1695, Guillaume III, roi d'Angleterre, y logea. En 1713, Louis XV, roi de France, y dîna avec le maréchal de Saxe.

Cimetière[modifier | modifier le code]

Le petit cimetière proche de l'église abrite des sépultures de personnages publics.

Communauté de Parc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Historique des abbés de Parc.

Ministère paroissial[modifier | modifier le code]

Les religieux de Parc, en tant que chanoines prémontrés, exercent leur ministère en desservant les paroisses des environs. Les histoires de ces paroisses sont reportées dans les articles listés ci-dessous.

Paroisse de Parc[modifier | modifier le code]

Localement, l'abbaye a établit sa propre paroisse. En effet, le 12 août 1803, l'archevêque de Malines, Armand de Roquelaure, érigea l'église abbatiale en oratoire pour les habitants du hameau de Parc (dénommé aussi Vickenbosch). Le temple fut ouvert au public le 15 août suivant. Depuis lors, l'église Notre-Dame et Saint-Jean l'Évangéliste continua à servir de succursale. Elle était desservie par un religieux qui habite au monastère dans une annexe qui lui est réservée, ce dernier portant le titre de curé de Parc.

Vers 1914, l'archevêché de Malines établit une nouvelle paroisse, dédiée au Sacré-Cœur, composée de paroissiens de Parc, de Korbeek-Lo et de Kessel-Lo, avec le concours d'un religieux de Parc, J. Rosier, qui y devint curé.

Paroisse de Hauwaert[modifier | modifier le code]

Notons aussi l'existence de la très petite paroisse de Hauwaert, qui ne comptait que 60 communiants à la fin du XVIe siècle. Depuis 1151, l'abbaye possédait la moitié des dîmes dans cette paroisse. Plus tard, elle perçut aussi la grande dîme. Le prince de Rubempré nomma à la cure la plupart du temps des prêtres séculiers. Vers 1756-1757, l'abbé Ferdinand de Loyers y bâtit le presbytère. L'abbé François Generé y fit reconstruire l'église Saint-Denis.

Étude des sciences ecclésiastiques[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps, il a fallu défricher la partie inculte du domaine de l'abbaye. Ensuite, différemment des Cisterciens chez qui l'ouvrage manuel domine, l'esprit canonial des Prémontrés embrassait un but différent. Les prédications, le ministère paroissial, les sciences, demandaient une application à l'étude plus intense. Déjà en 1293, 1296 et 1297, les comptes de l'abbaye citent les frais pour des frères de Parc qui étudiaient à l'Université de Paris, et qui, après leurs études, revenaient au foyer pour y enseigner la théologie, l'Écriture sainte et la philosophie.

Plus tard, en 1425, le duc Jean IV a créé l'université de Louvain. Dès le début les abbés de Parc y adhérèrent et nouèrent avec elle de grandes relations, qui eurent la plus heureuse répercussion sur les études de leurs religieux. Tous les abbés, depuis Charles van der Linden (†1576), et quelques uns avant lui, jusqu'à Simon Wouters (†1792), furent ou bachelier ou licencié en théologie de Louvain.

L'un des premiers prélats à encourager les études fut Philippe. Il établit une bibliothèque et fit transcrire plusieurs traités de sciences sacrées. En vigueur avant l'invention de l'imprimerie, le scriptorium était destiné à la copie des manuscrits et à la confection des actes de la chancellerie du monastère. Le mouvement intellectuel s'accentua avec l'invention de l'imprimerie, au XVe siècle, et quelques années plus tard, l'abbé van Tuldel formait une nouvelle bibliothèque réunissant manuscrits et incunables. Ce fut surtout l'abbé J. Masius qui développa largement l'embryon de bibliothèque et l'aménagea dans une salle en 1636, que Liber de Pape agrandit et embellit magnifiquement en 1672.

L'inventaire de la Bibliothèque, dressé en 1645, comptait plusieurs exemplaires de la Bible, ainsi que des commentaires sur les évangiles et divers autres livres de l'Écriture Sainte, ensuite les œuvres des Saints Pères. Des ouvrages de droit civil et ecclésiastique s'y voyaient aussi en grand nombre. Parmi les autres manuscrits s'étalaient dans les rayons, des traités de philosophie, d'histoire naturelle, de rhétorique, de poésie, de littérature, des ouvrages de l'Ordre, des livres de prières avec miniatures du XVe siècle.

Un autre moyen pour développer les études fut l'appel de professeurs de l'Université de Louvain à l'abbaye, pour être instituteurs de la jeunesse. Cette disposition épargna ainsi les grands frais d'instruction aux universités de Paris, Cologne et Douai, et procura à tous les aspirants à la prêtrise, une doctrine sérieuse et approfondie des matières sacrées.

Pratique des arts[modifier | modifier le code]

Au sein de l'abbaye, les arts sont perçus comme permettant d'élever l'esprit des religieux et d'entourer de prestige le monastère. En matière d'art cependant, Parc n'est pas aussi pointue que certaines abbayes comme Saint-Michel à Anvers ou Tongerlo. Les prélats de Parc aimaient bien les grands bâtiments pour faire impression sur le monde, mais ne possédaient pas le goût raffiné d'une âme d'artiste, à l'exception de deux ou trois. Cela n'exclut pas que quelques chef-d'œuvres sont venus orner l'église, le cloître ou les salons de Parc.

Article détaillé : Église de l'abbaye de Parc.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les premiers bâtiments construits au XIIe siècle sont de style roman, cette campagne de construction se terminant vers 1300. Il n'en reste aujourd'hui que quelques vestiges.

Une seconde campagne de constructions, en style baroque, commence au début du XVIe siècle. La position politique importante acquise par les abbés de Parc requiert que les nouveaux bâtiments aient un certain prestige. La bibliothèque est particulièrement prestigieuse. Le cloître, la salle du chapitre et le réfectoire sont de cette époque.

Les guerres de religions terminées et une certaine prospérité retrouvée au XVIIe siècle, on réédifie la ferme et la grange aux dîmes, on rénove la bibliothèque, de nombreuses cures, églises, et fermes des environs sont restaurées ou reconstruites.

Au début du XVIIIe siècle l’optimisme revient. Une nouvelle campagne de constructions est entreprise. L'abbaye devient un luxueux château avec prestigieux escalier d’honneur, porte aux lions et impressionnant portail Saint-Norbert. Une tour baroque est ajoutée à l’église.

En fait, le plan du monastère offre de fortes ressemblances avec celui d'une abbaye cistercienne. Les principales entités sont les suivantes : l'église, le cloître, la sacristie, la cuisine, le réfectoire, le chauffoir, l'infirmerie, la salle capitulaire, le dortoir, la bibliothèque, les salons, les jardins, les anciennes schola, locutorium et tonstrina, et en dehors des bâtiments claustraux, la maison du proviseur, la menuiserie, la brasserie, la ferme, la grange et le moulin.

Peinture[modifier | modifier le code]

Les abbés de la deuxième moitié du XVIIIe siècle furent les grands protecteurs de P.J. Verhaghen, de l'école de Rubens. On lui commanda les tableaux du chapitre, représentant la vie de saint Norbert, on lui fit orner le sanctuaire de l'église par des tableaux de la vie du Seigneur, on lui demanda des portraits ainsi que des scènes bibliques qui ornent les salons du monastère. Le frère du peintre, J.J. Verhaghen peignit pour l'abbaye quelques scènes de genre et des natures mortes. Quant au peintre François Jacquin, de la même école, il doit sa renommée à des portraits très ressemblants.

Au siècle précédent, Libert de Pape fut le mécène du peintre Jean Coxie. Ses toiles représentent des paysages parfois animés de personnages, et sont destinées aux appartements de l'abbé et aux salons des maisons de refuge de Louvain et de Bruxelles. Par ailleurs Jean Masius fit peindre les portraits de tous ses prédécesseurs par l'artiste H. De Smet, copiés de retables ou de verrières.

Les murs du cloître furent décorés autrefois de peintures historiques et légendaires représentant des figures de saints. Le chapitre fut orné en 1752 de quatre grandes toiles de G.J. Smeyers représentant la vie de saint Norbert. Enfin, l'abbaye conserve un nombre impressionnant de spécimens de peinture sur verre, dont les auteurs s'appellent Gérard Boels en 1525, Pierre Boels en 1564, ou Jean de Caumont entre 1635 et 1645.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Au fil des siècles, les sculptures de l'église ont constitué du riche mobilier, mais il ne reste plus que certaines œuvres de Jacques Bergé. Du temps de l'abbé Jean Drusius, le chapitre s'est vu doté de boiseries élégantes en chêne, lesquelles furent remplacées vers 1752 par d'autres plus monumentales.

La nouvelle bibliothèque fut décorée magnifiquement par le prélat Libert de Pape, les riches boiseries sculptées étant l'œuvre du menuisier Jean Lanckman et l'ornement des statues celle du sculpteur Antoine Steynen. Jean Christiaen Hansche, aidé de son neveu Henri Daelmans, de Guillaume Speljens et d'un manœuvre, sculpta, en 1672, les plafonds en stuc qui existent encore, et qui représentent en hauts-reliefs la vie de saint Norbert, d'après des gravures de C. Galle, les Évangélistes et les docteurs de l'Église.

Jean Christiaen Hansche encore orna le réfectoire en 1679. Il exécuta en même temps la voûte sculptée du grand salon au quartier abbatial. En 1752, le sculpteur Du Païs fit l'ornementation de trois belles portes en chêne du cloître. L'artiste De Kinder sculpta au XVIIIe siècle les statues placées au-dessus des portes extérieures de l'abbaye.

Musique[modifier | modifier le code]

Plusieurs abbés ont souhaité développer l'art de la musique au sein de Parc, pour les cérémonies du service divin et pour procurer une note agréable à la vie des religieux. Ils s'intéressèrent aux orgues, à l'horloge et à ses cloches, et au carillon. Finalement, les 28 cloches de 1727, complétées en 1729, pesaient 20 900 livres. On ajouta un tambour au carillon qui se fit entendre, enfin au complet, la première fois à la kermesse de Louvain, en août 1735. La grande cloche, coulée après la restauration, pèse 1 198 kilos et elle est d'une belle résonance. Elle sert pour la sonnerie des offices de l'église.

Autres disciplines artistiques[modifier | modifier le code]

L'abbaye était autrefois abondamment pourvue en tapisserie, ornements, argenterie, cuivre, orfèvrerie. Chaque abbé y mettait du sien et enrichissait le trésor de pièces superbes, comme le prélat Ambroise van Engelen, qui fut un brodeur aussi ingénieux qu'habile et exécuta lui-même un grand nombre de compositions à personnages.

Ces abbés aimaient le luxe à l'autel, et rien ne leur semblait trop beau pour le service divin. La grande partie de ces objets disparut à la suite des guerres et des troubles, et surtout à la suppression de l'abbaye par Joseph II, quand les commissaires de la monnaie convertirent plusieurs pièces d'orfèvrerie en lingots.

Après la mort du dernier abbé en 1810 juste avant la fermeture de l'abbaye, les chanoines dispersèrent une grande partie des objets d'art qui avaient échappé aux réquisitions précédentes. Quelques bribes furent sauvés de cette dispersion par certains curés de Parc, qui les recueillirent dans leur presbytère. Ceux qui rentrèrent à l'abbaye après la restauration de 1836 rapportèrent ce qu'ils avaient conservé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle est à présent connue sous le nom de abbaye de Parc, et non pas du Parc, comme on l'entend souvent. En néerlandais: Abdij van Park, mais on entend aussi dire Abdij van 't Park ou Parkabdij. Le nom actuel renvoie à l'ancien parc ducal, les terres accordées étant terrain de chasse du duc de Brabant.
  2. Quand le prince d'Orange vint assiéger la ville de Louvain avec une armée composée de calvinistes et d'iconoclastes, le prince, après avoir mis le feu à l'abbaye de Vlierbeek, a établi son quartier-général à Parc, et il empêcha ses troupes de piller et d'endommager l'église du monastère.
  3. J. E. Jansen, L'Abbaye norbertine du Parc-le-duc - Huit siècles d'existence - 1129-1929, Malines, H. Dessain, 1929, p.47.
  4. J. E. Jansen, L'Abbaye norbertine du Parc-le-duc - Huit siècles d'existence - 1129-1929, Malines, H. Dessain, 1929, pp. 16 et 17.
  5. Van Even, Louvain dans le passé et le présent, Louvain, 1895, in-fol. p. 461.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. D'Haenens : Abbaye de Parc à Heverlee. in Monasticon beIge. Liège, 1969, IV (vol. 3), p. 773–827.
  • Maurits Smeyers : De abdij van Park. 850 jaar premonstratenzerleven, Louvain, 1979.
  • Willy Verrees : Abdij van 't Park, Heverlee: historisch overzicht en bezoek aan de abdij, Heverlee (Louvain), 1970.
  • J. E. Jansen, chanoine de l'abbaye de Parc, archiviste de la ville de Turnhout, membre titulaire de l'Académie royale d'archéologie de Belgique, L'Abbaye norbertine du Parc-le-Duc - Huit siècles d'existence - 1129-1929, Malines, H. Dessain, 1929

Articles connexes[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Parc

Liens externes[modifier | modifier le code]

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