Abbaye de Munster

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Abbaye de Munster
Image illustrative de l'article Abbaye de Munster
Ruines de l'abbaye de Munster (au fond, l'église protestante)
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction 660
Protection  Inscrit MH (1990)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Commune Munster
Coordonnées 48° 02′ 24″ N 7° 08′ 16″ E / 48.040111, 7.137694 ()48° 02′ 24″ Nord 7° 08′ 16″ Est / 48.040111, 7.137694 ()  

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Abbaye de Munster

L'abbaye Saint-Grégoire de Munster (Haut-Rhin) est une abbaye de l'Ordre bénédictin fondée vers les années 660 sous l'administration du duc franc Bonifacius.

Restée célèbre pour être à l'origine du fromage de Munster, l'abbaye fut surtout l'un des plus influents monastères d'Alsace.

L'abbaye fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 25 mai 1990[1].

Histoire de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Selon la légende, des moines écossais romains, disciples de Saint Grégoire le Grand (+ 604) fondent probablement vers 634[2] le premier établissement monastique au lieu-dit Schweinsbach, près de l'actuelle commune de Stosswihr.

Aux alentours de l'an 660, les religieux transfèrent le monastère au confluent des deux bras de la Fecht. Le monastère portera dès lors le nom de monasterium ad confluente, dont la forme germanisée donnera à la ville le nom de Münster. La vallée prendra quant à elle le nom de Val Saint-Grégoire ou en allemand Gregoriental.

Le duc d'Alsace, Boniface donne à la fondation un statut juridique plus ferme et confirme ses possessions territoriales sur l'ordre du roi Childéric II (vers 662-666). Le monastère obtint au IXe siècle l'immunité, ainsi que le droit de choisir librement l'abbé. Mais il tomba ensuite dans la dépendance d'abord du comte Eberhard (fin IXe siècle), ensuite de l'évêque de Bâle. Le monastère resta une abbaye impériale, puis dépendit de l'évêque de Bâle (1156). L'évêque de Bâle exerça le droit de visite et ratifia le choix de l'abbé. Si la ruine actuelle ne conserve aucun aménagement de l'époque romane, un fragment d'une sculpture provenant du chœur, attribuée au XIIe siècle, fut découvert en 1967, lors des travaux de la Caisse d'Épargne[vdm 1]. En effet, un gros incendie avait complètement dévasté ce monastère le 4 mai 1182[2].

Au XIVe siècle, l'observance monastique céda la place à un style de vie d'un chapitre noble et séculier. En 1339, l'abbaye et la ville signèrent le traité de Marquart qui énumérait dans les détails tous les droits de l'abbé et les servitudes auxquelles étaient assujettis les habitants du Val Saint-Grégoire[vdm 2]. À la suite d'un autre incendie[2], l'église abbatiale bénéficiait depuis 1479 de son nouveau chœur, reconstruit par l'abbé Jean II Rodolphe von Laubgass (Loubgatz), précisé par un monument funéraire en pierre de celui-ci, également découvert en 1967[vdm 3]. Alors que la paroisse passa au XVIe siècle à la réforme protestante, l'abbaye resta catholique. Elle subit de graves dommages durant la guerre de Trente Ans[2]. La communauté s'affilia en 1659 à la Congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe.

Notons que lors de l’entrée en Lorraine des troupes françaises en 1672, les religieux du Saint-Mont (situé sur les communes de Saint-Étienne-lès-Remiremont et Saint-Amé dans les Vosges), estimèrent prudent de mettre la châsse des saintes reliques de Sainte Claire à l’abri et la transportèrent à l’abbaye bénédictine de Munster[3].

Dom Augustin Calmet était d'abord novice entre 1690 et 1696, puis sous-prieur de l'abbaye à partir de 1704 jusqu'en 1706[vdm 4]. Le renouveau monastique et littéraire qui en résulta fut arrêté par la Révolution de 1789.

Comme beaucoup d'autres, l'abbaye ferma ses portes en 1790. Ses bâtiments furent utilisés pour installer une des premières usines textiles d'Alsace. L'église abbatiale sera quant à elle démolie en 1802. En outre furent transférés à Colmar 8 000 volumes de livres dans la bibliothèque[2].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • 634-673 : Colduin
  • 673-712 : Valedius
  • 712-725 : Wolfchis
  • 725-734 : Heddon [4], futur évêque de Strasbourg[2]
  • 734-747 : Adalric
  • 747-76? : Agoald
  • 76?-768 : Remigius (futur évêque Remi de Strasbourg)[5],[2]
  • 769-771 : Restwin[6], futur évêque de Strasbourg[2]
  • 771-803 : Urolf
  • 803-815 : Rachion
  • 815-831 : Gothofred
  • 831-843 : Winidolf
  • 843-864 : Berthold Ier
  • 864-8?? : Rathold
  • 8??-896 : Crinon
  • 896-898 : Engilfrid
  • 898-9?? : Henri Ier
  • 9??-9?? : Diether
  • 9??-9?? : Adalbéron
  • 9??-983 : Hermann
  • 983-10?? : Guichard
  • 10??-10?? : Adélard
  • 10??-10?? : Emmon
  • 10??-1068 : Chénon
  • 1068-10?? : Abbon
  • 10??-1084 : Reginher
  • 1084-1090 : Samuel
  • 1090-1099 : Rudpert
  • 1099-11?? : Adalbert Ier
  • 11??-1110 : Eggohard
  • 1110-1122 : Conrad Ier
  • 1122-1125 : Aldalbert II
  • 1125-1135 : Conrad II
  • 1135-1154 : Egilolf Ier
  • 1154-1158 : Ortlieb
  • 1158-1169 : Egilolf II
  • 1169-1178 : Thuringus
  • 1178-1196 : Henri II
  • 1196-1237 : Bernard
  • 1237-1261 : Frédéric
  • 1261-1278 : Gérard
  • 1278-1297 : Henri III
  • 1297-13?? : Steinung
  • 13??-1306 : Berthold II
  • 1306-1312 : Jean Ier
  • 1312-1329 : Hugues
  • 1329-1340 : Marquard
  • 1340-1348 : Richard
  • 1348-1356 : Charles Ier
  • 1356-1380 : Othon
  • 1380-1403 : Guillaume Steinung
  • 1403-1434 : Wernher de Rokurt
  • 1434-1446 : André Eypolt
  • 1446-1450 : Thomas de Ramstein
  • 1450-1485 : Jean II Rodolphe de Loubgatz[vdm 5]
  • 1485-1515 : Christophe de Montjustin
  • 1515-1536 : Burchard d’Altenschönestein-Nagel
  • 1536-1539 : Conrad III de Rulst
  • 1539-1550 : Petermann d’Aponex
  • 1550-1568 : Joachim Breming
  • 1568-1575 : Henri IV de Jesteten
  • 1575-1578 : Adam de Holsaffel
  • 1578-1596 : Georges Müsinger de Frondest
  • 1596-1600 : Cosme Gab
  • 1600-1631 : Jean III Henri Bremsy de Herblingen
  • 1631-1649 : Grégoire Blarer de Wartensee
  • 1649-1656 : Henri V de Stoubon
  • 1656-1658 : Alphonse Kleinhaus
  • 1658-1681 : Charles II Marchand
  • 1681-1714 : Louis de La Grange
  • 1714-1745 : Gabriel de Rutant
  • 1745-1771 : Benoît Ier Sinsart
  • 1771-1790 : Benoît II Joseph Aubertin

Source : Gallia Christiana

Les privilèges impériaux[modifier | modifier le code]

Au cours des siècles, l'abbaye fut non seulement richement dotée foncièrement mais surtout bénéficia de la protection des Empereurs.

  • En 823 et 826, l'empereur Louis le Pieux[2] accorde au couvent l'immunité, c'est-à-dire le droit d'élire librement l'abbé, sans immixtion du pouvoir temporel.
  • Trente années plus tard, en 855 ou 856, l'empereur Lothaire II[2] confère à l'abbé le pouvoir de justice sur les territoires et villages appartenant à l'abbaye.

Le privilège le plus insolite fut conféré à l'abbé de Munster au VIIe siècle par le Roi Dagobert II, qui légua à l'abbaye ses insignes royaux. Lors des processions solennelles, l'abbé portait ainsi la couronne d'argent de Dagobert en lieu et place de la mitre, tandis que deux acolytes portaient le sceptre et l'épée du souverain. L'abbé Grandidier, archiviste de l'évêché de Strasbourg, indique qu'à son époque (quelques années avant la Révolution française), l'usage existait toujours. Les insignes royaux ont malheureusement disparu aujourd'hui.

Sources[modifier | modifier le code]

  • August Stoiber, Münster im Gregorienthal, Trübner Verlag, Strassburg, 1874

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Calmet, Augustin: Histoire de l'abbaye de Saint-Grégoire de Munster en Gregorienthal, écrit en 1704 (ms original conservé aux Archives départementales du Haut-Rhin, ms If 23, 215
  • Ingold, A.M.P - Les bénédictins de Munster en Alsace, Paris, 1896
  • Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, Strasbourg, La Nuée Bleue,‎ 1995, 663 p. (ISBN 2-7165-0250-1)
    Vestiges de l'abbaye bénédictine Saint-Grégoire à Munster, pp. 254 à 256

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Mairie de Munster, brochure Le patrimoine de l'hôtel de ville, Munster - Alsace, septembre 2012 (journées du patrimoine) 8 p.
  1. p.  3 ; conservé auprès de la mairie
  2. p.  8 (consultée le 5 mars 2014) ; le manuscrit original du traité se conserve auprès des archives municipales
  3. P. 3 ; de même, cette grande pierre se trouve dans le hall d'entrée de la mairie.
  4. p.  5
  5. p. 3

Notes et références[modifier | modifier le code]