Abbaye Notre-Dame de Molesme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Abbaye de Molesme)
Aller à : navigation, rechercher
Abbaye Notre-Dame de Molesme
Image illustrative de l'article Abbaye Notre-Dame de Molesme
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Rattachement Ordre cistercien
Début de la construction 1075
Fin des travaux Désaffectée fin XVIIIe siècle
Protection  Inscrit MH (1971)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Commune Molesme
Coordonnées 47° 56′ 03″ N 4° 21′ 25″ E / 47.93417, 4.3569447° 56′ 03″ Nord 4° 21′ 25″ Est / 47.93417, 4.35694  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Notre-Dame de Molesme

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne

(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Abbaye Notre-Dame de Molesme

L’abbaye Notre-Dame de Molesme (aujourd'hui désaffectée) est située dans la commune de Molesme en Bourgogne, département de la Côte-d'Or. Elle fut fondée par Robert en 1075 sur une terre du lieu-dit Molesme, offerte par le comte de Tonnerre, et est restée en activité jusqu'à la Révolution. Ses vestiges font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 23 septembre 1971[1].

Historique[modifier | modifier le code]

C'est avec la fondation de l'abbaye de Molesme par saint Robert en 1075 que commence l'aventure cistercienne. Aidé des libéralités de Rainard Hugues et de Hugues de Merlennac, qui céda un terrain pour y construire l'établissement.

Né en Champagne, Robert de Molesme commence son noviciat à l'âge de quinze ans à l'abbaye de Montier-la-Celle, dans le diocèse de Troyes. Il devient prieur. Pétri de l'idéal de restauration du monachisme tel que saint Benoît l'avait institué, il quitte son prieuré en 1075 pour s'établir, avec sept ermites installés dans la forêt de Collan (ou Colan), près de Tonnerre, dans le lieu-dit de Molesme[2]. Vivant dans le plus grand dénuement, dans des abris constitués de branchages, le groupe adopte des règles de vie proches de celles des Camaldules, alliant la vie commune de travail et de l'office bénédictin à l'érémitisme.

En quelques années, la nouvelle abbaye attire de nombreux visiteurs et donateurs, religieux et laïcs, qui peu à peu en modifient la nature. Une quinzaine d'années après sa fondation, Molesme possède une église magnifique et des bâtiments monastiques. Dans ce nouveau contexte, les exigences de Robert sont mal acceptées. Des divisions surviennent au sein de la communauté. Sachant qu'il ne parviendra pas à satisfaire son idéal de solitude et de pauvreté dans le climat de Molesme où s'opposent les partisans de la tradition et ceux du renouveau, Robert, avec l'autorisation du légat du pape Hugues de Die, accepte le lieu solitaire situé dans la forêt marécageuse du bas-pays dijonnais que lui proposent le duc de Bourgogne Eudes Ier et les vicomtes de Beaune, pour se retirer et pratiquer avec la plus grande austérité la règle de saint Benoît. Albéric et Étienne Harding, ainsi que vingt-et-un moines fervents, l'accompagnent dans ce lieu où ils s'installent le 21 mars 1098, pour y fonder ce qui deviendra l'abbaye de Cîteaux.

Au bout d'un an cependant, les moines de Molesme demandent au pape Urbain II d'intervenir auprès de Robert pour qu'il revienne les guider. Il revient à Molesme en 1100 et y meurt le 17 avril 1111. En 1154, Hugues archevêque de Sens confirme tous les dons faits à ce monastère par ses prédecesseurs[3]. Après Cîteaux, l'abbaye de Molesme a fondé plusieurs autres monastères, en France, en Angleterre, en Suisse et en Belgique.

Au fil de son histoire, l'abbaye a été plusieurs fois dévastée et pillée. Le monastère et son église sont une première fois détruits et ses possessions confisquées en 1472, lors de la guerre qui oppose la France à la Bourgogne. Reconstruits, ses bâtiments sont ensuite incendiés par les Huguenots vers la fin du XVIe siècle, lors des guerres de religion. Elle est enfin largement restructurée au cours du XVIIIe siècle avant d'être confisquée lors de la Révolution. Plusieurs familles de fermiers s'y installent alors et l'abbatiale, la salle du chapitre et la bibliothèque sont démolies pour servir de carrière de pierres.

Architecture[modifier | modifier le code]

L’abbaye au 17e siècle, planche gravée du Monasticon Gallicanum.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Carte des abbayes de Bourgogne.
  • 1075-1098 : (I) saint Robert
  • 1098-1099 : (II) Geoffroy, gouverna pendant le séjour de Robert à Cîteaux
  • 1099-1132 : (III) Guidon Ier ou Gui, donna la terre de Nantri. Il gouverna pendant 22 ans et 3 semaines il rendit son âme à Dieu le 7 mai 1132
  • 1132-1140 : (IV) Evrard, gouverna 8 ans 7 mois et 3 semaines
  • 1140-1148 : (V) Giraud Ier, gouverna 8 ans 7 mois et 3 jours
  • 1148-1156 : (VI) Étienne Ier
  • 1156-1163 : (VII) Guillenc, abdique
  • 1164-1166 : (VIII) Nivèle de Bazoche, ou Nivelon se démit en 1166
  • 1170-1171 : (IX) Thibaud de Châtillon-Bazoches, Prieur de Cluny, succéda à Nivelon et mourut en 1171
  • 1171-1175 : (X) Thomas, se démit
  • 1175-1175 : (XI) Étienne II,
  • 1175-1178 : (XII) Engelbert ou Engilbert, qu'on croit avoir été élu évêque de Chalon-sur-Saône en 1178, après avoir gouverné pendant 3 ans cette abbaye, se démit de son évêché et se retira chez les Chartreux[4]
  • 1178-1182-1184 : (XIII) Étienne III, fut déposé en 1182, et fut ensuite rétabli
  • 1184-1187 : (XIV) Renaud Ier ou Regnaud, se démit en 1187 et mourut en 1188
  • 1187-1191 : (XV) Gaucher Ier, déposé en 1191, fut fait prieur de Saint-Quentin et devint abbé de Molesme pour la seconde fois
  • 1192-1193 : (XVI) Bruno
  • 1194-1195 : (XVII) Étienne III, abbé pour la seconde fois, fut déposé au bout d'un an
  • 1195-1197 : (XVIII) Eudes Ier ou Odon, décédé en 1197
  • 1197-1209 : (XIX) Gaucher Ier, abbé pour la seconde fois, il gouverna pendant 12 ans et 3 mois.
  • 1208-1214 : (XX) Giraud II de Flandres ou Girard II, obligea Pierre, comte de Tonnerre, à lui faire satisfaction pour les injures qu'il en avait reçues. Il céda en 1212, à Guillaume évêque de Langres, le patronage des églises de Chaumont, d'Agneville. Il devint abbé de Cluny en 1214, puis évêque de Valence et Patriarche de Jérusalem.
  • 1215-1218 : Vacance
  • 1218-1227 : (XXI) Eudes II ou Odon II, il fut le premier à rendre témoignage des miracles de saint Robert qui fut canonisé en 1222
  • 1227-1238 : (XXII) Isembard ou Isambard, gouverna pendant 11 ans 7 semaines et 3 jours. Il s'éteint le 23 décembre 1238
  • 1238-1251 : (XXIII) Christophe-Pierre d’Essoyes, abbé pendant 13 ans et 3 mois. Il mourut en 1251.
  • 1251-1270 : (XXIV) Guillaume Ier, fit faire la translation du corps de saint Robert le 28 septembre 1253, il gouverna 19 ans 7 mois et mourut en 1270
  • 1270-1290 : (XXV) Drogon, il fut élu avec quelques difficultés et fut confirmé dans son poste par le légat de Grégoire X en 1274.Il mourut en 1290
  • 1290-1303 : (XXVI) Étienne IV, pourvu par le pape
  • 1303-1309 : (XXVII) Renaud II de La Bonne-Fontaine
  • 1309-1314 : (XXVIII) Guidon II de La Grange, mourut en 1314
  • 1314-1319 : (XXIX) Simon, mourut en 1319
  • 1320-1321 : (XXX) Étienne V, trépassa sans être confirmé
  • 1321-1349 : (XXXI) Guillaume II de Champernoy, le pape le transféra de Molesme à Vézelay, mais il revint à son premier monastère en 1320. Il avait déjà exercé des actes de juridiction en 1318. Cet abbé unit un prieuré à la mense abbatiale en 1321 et décéda en 1349.
  • 1349-1362 : (XXXII) Pierre de Saint-Fidole, mourut à Troyes, le 20 mars 1362
  • 1362-1368 : (XXXIII) Guidon III Brécons, gouverna 2 ans et 5 mois, puis l'abbaye vaqua quelque temps.
  • 1368-1369 : (XXXIV) Guidon IV
  • 1369-1378 : (XXXV) Jean Ier de Bellenod ou de Beauneud, il reçut en 1372 la médaille pontificale de Grégoire XI et mourut en 1378.
  • 1378-1380 : (XXXVI) Jean II de Ponteville ou Pontevie, se démit en 1380.
  • 1380-1395 : (XXXVII) Guidon V de Chalier ou Chalario, décdé en 1395
  • 1395-1427 : (XXXVIII) Barthélémy de Mâcon, docteur et professeur en théologie de la faculté de Paris, assista au Concile de Pise et mourut en 1427.
  • 1427-1454 : (XXXIX) Guillaume III d’Amoncourt, Prieur de Varennes, mourut à Troyes en 1454.
  • 1454-1458 : (XL) Gaucher II de Coussy, Prieur de Saint-Quentin, puis abbé de Molesme mourut en 1458
  • 1458-1474 : (XLI) Jacques Ier de Jussey ou Jussi c'est sous son gouvernement que le monastère ruiné en 1472, pendant les guerres de Louis XI avec Charles duc de Bourgogne. Il mourut le 15 janvier 1474.
  • 1474-1492 : (XLII) Maurice de La Place de Meaux, il fut nommé par le pape, gouverna jusqu'en 1492, date de son trépas.
  • 1492-1508 : (XLIII) Philippe de Bournant ou Bournaut dit Franquelance, de Troyes il mourut le 5 août 1508
  • 1508-1511 : (XLIV) Guillaume IV d’Ailloncourt ou d'Aillaucour de Chaumont, décéda dans son prieuré de Varennes le 27 novembre 1511
  • 1511-1545 : (XLV) Antoine Ier de Vienne, déjà abbé de La Ferté, Ordre de Cîteaux, fut postulé abbé de Molesme à la demande de Louis XII, il posséda également l'évêché de Chalon-sur-Saône, et mourut le 8 février 1551 après s'être démis.
  • 1545-1575 : (XLVI) Antoine II de Vienne, peti-neveu du précédent, aumônier du roi, obtint l'abbaye sur la démission de son oncle en 1545. C'est sous son gouvernement, vers 1571 que le monastère fut brûlé par les Calvinistes.
  • 1575-1577-1586 : (XLVII) cardinal Anne de Pérusse des Cars de Givry
  • 1586-1589-1602 : (XLVIII) Jacques II d’Avrily, abbé de l'Abbaye de Marmoutier il vendit en compagnie de son frère également prénommé Jacques[5], ancien maître de la garde-robe du roi, la seigneurie de Villeloup dans la région de Troyes à Arnault de Blandin en 1585[6]. D'extraction modeste, il est aimé passionnément par le duc d'Anjou: François de France (1555-1584). À la mort de ce dernier il marche en tête du cortège, devant l'effigie[7].Henri III fait demande au Cardinal d'Este de veiller à ce que le pape accepte et confirme les concordats passés entre le cardinal François de Joyeuse, Anne de Givry et Jacques d'Avrilly[8]
  • 1602-1615 : (XLIX) Renaud de Beaune[9], Archevêque de Bourges prit possession dans l'église Saint-Gatien de Tours, ne pouvant pas approcher de Molesme à cause des guerres civiles. Il devint archevêque de Sens et mourut en 1606, à Paris.
  • 1615-1637 : (L) François de Montmorency-Châteaubrun(v.1590-ap.1646)[10],[11],[12]
  • 1637-1648 : (LI) Armand de Bourbon-Condé, prince de Conti, prit possession le 16 décembre 1637. Il se maria après avoir uni ce monastère à la Congrégation de Saint-Maur, en 1648.
  • 1652-1689 : (LII) Charles de La Rochefoucauld de Marcillac, il prit possession le 3 septembre 1652, il fit bâtir l'église et se démit le 18 juillet 1689
  • 1689-1722 : (LIII) Alexandre de La Rochefoucauld de Verteuil, frère de Charles, fut abbé depuis 1689 jusqu'au 16 mai 1722, date de son décès.
  • 1723-1760 : (LIV) Louis-Guy de Guérapin de Vauréal, Maître de l'Oratoire du roi, nommé le 17 octobre 1723, est devenu évêque de Rennes, abbé de plusieurs abbayes et un des quarante de l'Académie française, mourut à Nevers, le 17 juin 1760
  • 1764-1779 : (LV) Joseph Marie Terray, Ministre d'État, Contrôleur général des finances, secrétaire de l'Ordre du Saint-Esprit, était Conseiller clerc au Parlement de Paris, lorsqu'il fut nommé en 1764 à cette abbaye et obtint par la suite l'Abbaye Saint-Martin de Troarn
  • 1779-1791 : Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé, évêque d'Auxerre, abbé de Landévennec, parlementaire[13] Il offrit une rente à perpétuité de cent pistoles sur l'hôtel de ville de Troyes en sa qualité de co-seigneur au profit de la fabrique de Rumilly[14]

Propriétés[modifier | modifier le code]

Terres[modifier | modifier le code]

Abbayes, prieurés, églises[modifier | modifier le code]

  • Abbaye de Franchevaux, au diocèse de Sens fondée en 1159, par Pétronille duchesse de Bar

Revenus[modifier | modifier le code]

L'abbaye est taxée 4 000 florins et elle vaut 15,000 livres[15]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00112545 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Jean Marilier, Histoire de l'Église en Bourgogne, Éditions du Bien Public, 1991, p. 82.
  3. Hugues du Tems, op.cit., p.534.
  4. Hugues Du Tems, op.cit, p.534.
  5. David Bates,Liens personnels, réseaux solidaires en France et dans les Iles Britanniques, Publication de la Sorbonne, Paris, 1957, p.193/352.p.
  6. Catalogue général des manuscrits de la Médiathèque de l'agglomération troyenne, T XLIII, supp.24-2920, n°2890 CGM
  7. David Bates, op.cit, p.193.
  8. Lettre du 29 juillet, p.305 de Lettres de Henri III, par Pierre Champion et Michel François, Société de l'Histoire de France, Jacqueline Boucher, t. VI, Paris, 2006, p.305, lettres n°: 5471-5472 du 29 juillet 1583-1584
  9. Hugues Du Tems, op.cit, p.536.
  10. François de Montmorency-Châteaubrun, fils d'Anne de Montmorency-Fosseux, et de Marie de Beaune; Abbé en 1608, âgé de 24 ans de l'Abbaye Notre-Dame du Tronchet, résigna ses deux abbayes et l'état ecclésiastique pour épouser Catherine Roger le mardi 16 juin 1620 qui lui donna trois enfants
  11. M. Hauréau, Gallia christiana, XIV, 1078
  12. Généanet, Anaïs Prion-Bigeon, Maison de Montmorency
  13. Philippe Joseph Benjamin Buchez, Histoire parlementaire de la Révolution française, ou jornal ..., Paris, 1834, t.XII, p.426.
  14. Jean Daunay, « Dictionnaire pour Rumilly », sur Jean Daunay (consulté le 19 juillet 2014)
  15. Hugues du Tems, Le Clergé de France, ou tableau historique et chronologique ..., Chez Brunet à Paris, 1775, t.IV, p.533.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives nationales, Baux et terriers 1663-1707 - S 3234 à S 3238.
  • Bartholomaeus Hauréau, Gallia christiana : in provincias ecclesiasticas distributa…, t. XIV, Firmin Didot, 1856, [lire en ligne]
  • J. Laurent, et A.M.J.J., Cartulaires de l'abbaye de Molesme, A. Picard & fils, Paris, 1907
  • Hugues Du Tems, Le clergé de France, ou tableau historique et chronologique ..., A Paris chez Brunet, 1775, t.IV, p.533-536.

Articles connexes[modifier | modifier le code]