Abbaye de Mazan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Abbaye de Mazan
Image illustrative de l'article Abbaye de Mazan
Vue des ruines de l'abbaye de Mazan

Diocèse Diocèse de Viviers
Numéro d'ordre (selon Janauschek) XV (15)[1]
Fondation 1120
Début construction 1124
Fin construction 1193
Dissolution 1790
Abbaye-mère Abbaye de Bonnevaux
Abbayes-filles Sylvanès
Le Thoronet
Sénanque
Bonneval
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style
Protection Logo monument historique Classé MH (1946) [2]

Coordonnées 44° 43′ 44″ N 4° 05′ 19″ E / 44.728838999779, 4.088694492597944° 43′ 44″ Nord 4° 05′ 19″ Est / 44.728838999779, 4.0886944925979  [3]
Pays Drapeau de la France France
Province Languedoc
Département Ardèche
Commune Mazan-l'Abbaye

Géolocalisation sur la carte : Rhône-Alpes

(Voir situation sur carte : Rhône-Alpes)
Abbaye de Mazan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de Mazan

Géolocalisation sur la carte : Ardèche

(Voir situation sur carte : Ardèche)
Abbaye de Mazan

L'abbaye de Mazan est une abbaye cistercienne ruinée située à Mazan-l'Abbaye, dans le département de l'Ardèche en France.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Mazan est fondée entre 1119 et 1123 ; les documents anciens semblent indiquer que cette fondation s'est faite en deux temps. D'abord, l'évêque de Viviers Léger ou Leodegarius est sollicité par des hommes désireux de vivre une vie monastique et cherchant un lieu propice à cette vie. La terre dite « Mas d'Adam » (qui sera au fur et à mesure contracté en « Mazan ») est achetée par un chevalier, dont le nom n'a pas été retenu, et mise à disposition des futurs moines, qui y commencent la construction d'une abbaye. Un nommé Pierre Itier en est nommé abbé. Dans un second temps, en 1123, l'abbaye est rattachée à l'ordre cistercien alors grandissant, en s'affiliant à l'abbaye de Bonnevaux située en Isère ; il semblerait qu'Amédée de Lausanne (futur abbé d'Hautecombe et futur évêque de Lausanne) vient en personne organiser la vie monastique à Mazan[4],[5],[6].

Ruines de l'abbaye en hiver

Le nom de la famille de Chanaleilles doit être rappelé car il a donné plusieurs abbés à l'abbaye et certains de ses membres y furent inhumés[7].

Prospérité[modifier | modifier le code]

L'abbaye croît rapidement, au point de fonder trois abbayes-filles et d'en affilier une autre du vivant même du premier abbé. C'est tout d'abord l'abbaye de Sylvanès, vers 1132 ; en 1136, l'abbaye de Florièyes s'affilie à Mazan, qui y envoie une douzaine de moines ; quelque temps après, cette dernière fondation décide de se déplacer d'une vingtaine de kilomètres et de fonder l'abbaye du Thoronet ; en 1148, c'est au tour de l'abbaye de Sénanque d'être fondée et rattaché à Mazan ; enfin, entre 1147 et 1161 est fondée l'abbaye Notre-Dame de Bonneval[6]. L'abbaye, à la suite de nombreux dons et legs de seigneurs voisins, agrandit également considérablement ses possessions aux XIIe et XIIIe siècles, en construisant ou acquérant des granges telles que la grange de Cheylard à Aubenas ou la grange de Berg. Ce patrimoine important est source de convoitise lors des périodes de trouble, et les moines sont forcés de construire des fortifications pour s'abriter des pillards de la guerre de Cent Ans[4].

Le déclin[modifier | modifier le code]

À partir de 1469, l'abbaye de Mazan, comme l'immense majorité des abbayes européennes, tombe sous le régime de la commende : l'abbé n'est plus un moine mais une personne extérieure, ne se préoccupant pas de la règle, mais uniquement des revenus de l'abbaye. Ce régime entraîne dans tous les lieux où il est appliqué une décadence plus ou moins rapide ; c'est le cas à Mazan, où la commende entraîne une très nette baisse de la ferveur religieuse, mais aussi une rapide décrépitude des bâtiments. En 1661, une douzaine de moines seulement vivent dans l'abbaye ; ce nombre est tombé à six lorsque la Révolution française ferme définitivement le monastère en 1790, qui, comme beaucoup d'autres maisons religieuses, devient une carrière de pierres[4].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • 1136-1151 : Pierre I d’Ithier
  • 1151-1194 : Durand
  • 1194-1209 : Pierre II
  • 1209-1217 : Benoît
  • 1217-1226 : Philippe
  • 1226-1233 : Géraud I
  • 1233-1240 : Arnaud
  • 1240-1246 : Géraud II
  • 1246-1249 : Guillaume I
  • 1249-1255 : Josselin de Chanaleilles
  • 1255-1276 : Pierre III Morre
  • 1276-1279 : Jean I
  • 1279-1287 : Foulques
  • 1287-1288 : Étienne I de Turlande
  • 1288-1289 : Bernard d’Auriac
  • 1289-1295 : Gilles
  • 1295-1300 : Guillaume II de Salgues
  • 1300-1313 : Raymond Raynaud
  • 1313-1314 : Pierre IV de Chanaleilles
  • 1314-1315 : Jean II de Chanaleilles
  • 1315-1328 : Hugues I d’Avalon
  • 1328-1364 : Étienne II du Lac
  • 1364-1388 : Pierre V Molet
  • 1388-1407 : Hugues II
  • 1407-1430 : Pierre VI Aiglin
  • 1430-1455 : Bertrand de Bonneserre
  • 1455-1456 : Étienne III de Ferrières
  • 1456-1473 : Jean III de Serres
  • 1473-1492 : Pierre VIII de Grolée de Meuillon
  • 1492-1497 : Méraud de Grolée de Meuillon
  • 1497-1523 : Gaspard de Tournon
  • 1523-1538 : Charles I de La Baume de La Suze
  • 1538-1561 : Guillaume III Rostaing de La Baume de La Suze
  • 1561-1579 : Barthélémy-Gabriel de Tourret
  • 1579-1608 : Antoine de La Baume de La Suze
  • 1608-1619 : Jean IV de Boissy
  • 1619-1632 : Charles II de La Baume de La Suze
  • 1632-1662 : Jean V Boulin
  • 1662-1690 : Louis I François de La Baume de La Suze
  • 1690-1724 : Charles III Antoine de La Garde de Chambonas
  • 1724-1731 : Louis II de Montesquiou-Fézensac d’Artagnan
  • 1731-1732 : Louis III Chomel
  • 1732-1764 : François-André de Tilly de Blaru
  • 1764-1784 : Louis IV Jérôme de Suffren de Saint-Tropez
  • 1784-1790 : Charles IV Eugène de Bernier de Pierrevert[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne,‎ 1877, 491 p. (lire en ligne), p. 102.
  2. « Notice no PA00116728 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Mazan », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 29 avril 2013).
  4. a, b et c Marie et Paul Bousquet, « Abbaye de Mazan », sur http://www.patrimoine-ardeche.com, Patrimoine d'Ardèche (consulté le 29 avril 2013).
  5. « Un trésor cistercien : abbaye de Mazan », sur http://abbaye-mazan.ardeche-sources-loire.com, Office de tourisme intercommunal du pays des Sources de la Loire (consulté le 29 avril 2013).
  6. a et b Nicole Bouter, Unanimité et diversité cisterciennes : Centre européen de recherches sur les congrégations et ordres religieux. Colloque international, Saint-Étienne, Université de Saint-Étienne, 713 p. (ISBN 9782862721774, lire en ligne), p. 110-112.
  7. Notice généalogique sur la maison de Chanaleilles, par Ch. Poplimont
  8. (la) Jean-Barthélemy Hauréau, Gallia Christiana, t. 16, Paris,‎ 1865, 472 p. (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]