Abbaye de Fontmorigny

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Abbaye Notre-Dame de Fontmorigny
Image illustrative de l'article Abbaye de Fontmorigny
Ancienne église abbatiale de Fontmorigny
Présentation
Culte Catholique romain
Type ancienne Abbaye
Rattachement Ordre cistercien
Début de la construction XIIe siècle
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Cher
Commune Menetou-Couture
Coordonnées 47° 02′ 46″ N 2° 54′ 55″ E / 47.0461111111, 2.9152777777847° 02′ 46″ Nord 2° 54′ 55″ Est / 47.0461111111, 2.91527777778  

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Abbaye Notre-Dame de Fontmorigny

L'ancienne abbaye de Fontmorigny, dans le Cher, est située à une vingtaine de km à l'ouest de Nevers, était une abbaye cistercienne d'hommes. Elle fut fondée en 1149 sur les instances de saint Bernard. Au Moyen Âge, les moines tirèrent parti des ressources naturelles du site qui connaît un important essor économique, grâce à la sidérurgie.

Histoire de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Vers 1120, présence d'une communauté de religieux suivant la règle bénédictine version Cluny, établie près de l’abbaye actuelle, dans le même enclos. L'abbaye est officiellement affiliée à l’ordre de Cîteaux, par une de ses premières filles, l'abbaye de Clairvaux, en 1148 par le seigneur de Montfaucon (Migne, Patrologie latine, t. 202, col. 1312) ; puis par Pierre de La Châtre, archevêque de Bourges, en 1149 (A.D. 18-6 H 2). Ce changement de règle dut imposer des modifications dans la disposition des bâtiments.

Entre 1157 et 1181, constitution rapide du domaine foncier et début de la construction des bâtiments. En 1170 mention de l’abbatia nova, preuve de la restructuration des bâtiments de l’abbaye. En 1225, consécration de l'église Notre-Dame par Simon de Seuly. En 1245, achèvement du dortoir des moines. Ces travaux étaient notamment financés par la dîme.

En 1285, Jean de Boisgibault, damoiseau, donne aux moines de Fontmorigny la moitié de la dime qu'il tenait en fief de son oncle Philippe de Boisgibault, sur le territoire de la paroisse de Tracy, donation garantie par l'évêque d'Auxerre.

Au cours de la guerre de Cent Ans, l'abbaye subit de nombreux dommages. Les réparations durent une vingtaine d'années, de 1480 et 1500 : bâtiment des convers, logis d'entrée. En 1527, Louis, comte de Sancerre, agissant en seigneur féodal, confirme aux moines de Fontmorigny la dîme de Boisgibault.

Au début du XVIe siècle, la construction du nouveau logis abbatial relié au bâtiment des convers par la tour d'escalier ; mais l'ensemble de l'abbaye n'est pas entretenu. En 1722, date portée sur la porte d’entrée, d'importants travaux sont entrepris, avec reconstruction complète du cloître mais suppression des collatéraux et de plusieurs travées de la nef de l'église.

En 1791, l'abbaye est vendue comme bien national. Elle est transformée en exploitation agricole et logements pour les ouvriers des usines métallurgiques de Torteron et Feuillardes. En 1988, commence sa restauration sous la direction de Mme Mangeot.

Les bâtiments[modifier | modifier le code]

Église

Commencée vers 1160, elle fut poursuivie lors de la seconde campagne de 1190 : rehaussement des murs, installation de fenêtres hautes, mise en place de croisées d’ogives dans le chœur. Le chevet plat est percé de 3 lancettes surmontées d’un oculus central. Les deux dernières travées de la nef, les chapelles absidioles furent détruites lors de l’effondrement de 1722.
Cloître et bâtiments conventuels. Rebâtis entre 1725 et 1740. Après l’expulsion des religieux et la vente du mobilier en 1791, cet ensemble architectural fut conservé pour loger les ouvriers des usines métallurgiques de Torteron. En 1925 commence une période d’abandon qui causa sa ruine. À partir de 1990, le travail de nettoyage et de défrichage permit de rendre lisible cette architecture.

Bâtiment des convers XIIIe siècle

Construction de 27 × 14 m. Le rez-de-chaussée voûté dut servir de réfectoire ; il a des chapiteaux à feuilles.

Boulangerie XVIIIe siècle

Adossée au mur Sud du réfectoire.

Cellier

Les fondations subsistent en retour d’équerre de l’église.

Cuisine de la maison abbatiale XVe siècle

Tour et escalier en vis. XVe siècle

Logis d’entrée XVe siècle

Caves.

Vivier et jardin.

Description[modifier | modifier le code]

Blason de l’abbaye : d’azur, à une fontaine d’or, sur une motte de sinople, accostée de 6 fleurs de lis d’or posées en orle (d’Hozier, Armorial général, t. V, p. 217). Le thème de l’eau est commun avec l’abbaye de Fontaine-Jean, commune de Saint-Maurice-sur-Aveyron, Loiret.

Le réseau hydraulique complexe qui circule sous les lieux réguliers et le grand vivier de 80 m x 25 m, rappellent la compétence des religieux dans l’utilisation et dans la maîtrise des eaux.

De l'abbaye du XIIe siècle, il subsiste l'église, le réfectoire des convers et la cave voûtée sur croisées d'ogives du logis d'entrée, sans doute la porterie, et le cloître. Construction en moellon enduit pour la tapisserie des murs et en pierre de taille pour les encadrements des ouvertures, pour les arêtes et pour les contreforts. L’église occupe le côté Nord. Le cloître occupe l’angle compris entre le bras Sud du transept et la nef mais sa cour intérieure est entourée sur ses 4 côtés de bâtiments. Les dortoirs situés au 1er étage communiquaient avec l’église par la porte ouverte dans le pignon du transept Sud, à l’aide de l’escalier débouchant à l’intérieur de l’église. A l’ouest du cloître et séparé de celui-ci se trouve le bâtiment dit des convers. À l’un de ses angles est annexé un pavillon XVe siècle Autres bâtiment à l’ouest. XVIe et XVIIe siècles Au sud du cloître, le vivier de 80 m de long sur 25 m de large s’étendait d’est en ouest. Creusé dans le roc sur un terrain déclive. Colombier à l’angle sud-est de l’enclos. Au nord, en dehors de l’enclos, la source nécessaire à la vie humaine, animale et monastique.

Église[modifier | modifier le code]

Plan en forme de croix latine.

  • Extérieur.

Les contreforts rectangulaires peu saillants renforcent les angles.

Nef

Lors des travaux commencés en 1722, la nef fut diminuée de 2 voire de 3 travées à l’ouest et sa façade entièrement recomposée. La porte est entourée de pilastres doriques plats avec fronton orné d’un écu parti au 1 à une fontaine décorative, au 2 à 3 moutons superposés à longues cornes rabattues horizontalement.

Transept

Pignon nord. 3 fenêtres, 2 en bas et 1 au-dessus. 2 fenêtres ouvertes dans le mur est de chaque bras, au-dessus des toits des chapelles carrées. Chapelles. Il subsiste des amorces de voûte dans le bras sud, qui laissent supposer un passage aigu, peu élevé. Dans le bras nord tout a disparu.

Chœur

2 fenêtres ouvertes dans les murs nord et sud.

Côté est Chevet plat.

3 fenêtres au sommet légèrement en ogive, surmontées d’un oculus rond entouré d’un tore d’angle et d’une baguette. 4 chapelles rectangulaires s’ouvraient à l’est du transept. Carrelage. Vers 1225. En 1997, un ensemble de carrelages en céramique glaçurée fut retrouvé à l’emplacement des 4 chapelles latérales rectangulaires ouvrant sur le transept. Les pavements appartiennent à 2 niveaux de circulations séparés par une marche. Les ruptures de décor s’expliquent par les réparations et les modifications : ajout d’un mur vers le transept vers 1600 et restructuration de l’église entre 1722 et 1732. Les lacunes peuvent s’expliquer par l’emplacement de marches, d’autels ou de lavabos. Ces carreaux furent posées sur un enduit frais, et un badigeon de lait de chaux sur les murs les a en partie recouverts. 4 formes de carreaux disposés en petits tapis forment des ensembles géométriques, de couleur noire, marron et jaune. La chapelle sud conserve des éléments d’une roue agrémentés d’un décor de fleur stylisée en utilisant des couleurs jaune et vert franc.

  • Intérieur.
Nef

D’après les fouilles exécutées au pied de l’angle sud-est, le sol serait surélevé d’environ 1 m 30 Les voûtes se pénètrent à arêtes vives. Les arcades du mur sud de la nef et du bras sud du transept suggèrent l’existence d’une série de chapelles de ce côté ; en effet, en 1301, Pierre de Fontenay fit bâtir une chapelle dédiée à saint Antoine, dans l’église. Mais il peut aussi s’agir d’arcs de décharge, inutiles au nord, vide de toute construction.

Transept

Voûtes sur croisée d’ogives. Croisée. L’abaissement des retombées n’existant pas, la voûte conserve une forme de dôme accusée, avec une surélévation centrale de 1 m 20 environ. Au centre de la croisée centrale, formant clé, se trouve le trou à cloche que surmonte le campanile en bois. L’accès se faisait par l’escalier en bois dont on voit l’alvéole à l’angle du chœur et du bras sud du transept, et auquel on accédait par la porte donnant sur le transept et par l’échelle ou escalier de bois à l’intérieur. Bras nord. Porte ouvrant vers la fontaine. Bras sud. Escalier de matines.

Chœur

Voûtes sur croisée d’ogives. Les arcs sont de section carrée et leurs arêtes ont 2 tores. Ceux-ci reposent sur des culs-de-lampe placés dans les angles à 1 m au-dessous des chapiteaux des pilastres ; ainsi leurs points de rencontre se trouvent à 30 cm au-dessus des clefs des arcs doubleaux. Les arcs doubleaux rectangulaires reposent sur des piédroits carrés saillant devant les murs. Le chapiteau se réduit à un bandeau formé d’une gorge et d’une baguette au-dessous.

Côté est. Chevet.

La décoration occupe le fond du chevet et masque la partie basse des 3 fenêtres. 2 colonnes composites, cannelées, avec bague au centre, portent un fronton coupé ; 2 autres colonnes semblables sont en arrière et au-dehors. Au centre, cadre avec bandes de marbre noir. Dans les angles des parties occupées du fronton se trouvent des têtes d’anges, entourées de rinceaux à rocailles. Au-dessus, une corniche avec cintre au milieu abritant une tête d’ange. Sur le tout s’élève une niche à pilastres, encadrant une statue de la Vierge à l’Enfant. À droite et à gauche, deux figurent demi-nues sortant de gaines de feuillage. La niche a pour coupole une coquille ; au-dessus, écusson vide. À droite et à gauche de ce décor, sont 2 niches avec incrustation de marbre ; à droite une statue de sainte, à gauche une statue de moine ; au-dessus de ce dernier, un écusson dans les rocailles : partie 1 à la bande échiquetée de deux rangées ; au 2 de … à 3 flambeaux, et à un croissant en chef.

Autel

Devant, autel en pierre couvert de rinceaux rabattus aux angles et encadrant au milieu un cartouche. La table XIVe siècle, retaillée, a des anges encenseurs aux tympans. Un surplis indique que le personnage représenté était prêtre, à ses pieds un chien.

Réfectoire des convers (ou cellier), vers 1225-1240[modifier | modifier le code]

Longueur : 27 m environ. Situé au nord-ouest du cloître, ce bâtiment abrite le réfectoire des convers au rez-de-chaussée et leur dortoir au 1er étage. Défiguré par les aménagements agricoles vers 1920, il fut restauré à partir de 1995 et sert de salle de réception.

Extérieur

Ce bâtiment a des contreforts puissants pour maintenir les poussées. Des fenêtres évasées au-dedans et au-dehors ont été murées. Les parties supérieure furent abaissées.

Intérieur

Il se divise en 4 travées voûtées d'arêtes sur 2 largeurs, soit 8 carrés voûtés de pénétration et séparés par des arcs doubleaux rectangulaires retombant sur 3 piliers isolés, octogonaux, dont les chapiteaux sont chargés de 8 feuilles nervées naissant au milieu de la corbeille et un peu retournées au haut ; le tailloir porte des moulures, tore, doucine et bandeau. Les retombées des arcs doubleaux au droit des murs sont portés par des corbeaux moulurés.

  • Annexe. XVe siècle

Au XVe siècle, ce dortoir se vit adjoindre une annexe dans son angle nord-ouest. L’escalier situé dans l’angle du réfectoire des convers a une base allongée pour soutenir son noyau. Il communiquait avec l’étage supérieur. Cet escalier desservait aussi le bâtiment annexe. A l’angle du réfectoire et de cette annexe subsiste la trace d’une échauguette ou d’un encorbellement. Ce bâtiment consiste en une pièce de 5 m de large et de 7 m 70 de long, voûtée de 2 travées sur nervures croisées, portées sur des culs-de-lampe arrondis. Dans le pignon se trouve la cheminée et près d’elle la fenêtre biaise destinée à n éclairer les abords. Dans cette fenêtre s’ouvre une meurtrière oblique dont la destination reste obscure. Au sud, une autre fenêtre éclairait la pièce.

Logis abbatial (1725-1790)[modifier | modifier le code]

Très endommagé, il conserve, au rez-de-chaussée, deux travées voûtées d'ogives reposant sur des culots.

Cloître[modifier | modifier le code]

Rebâti à partir de 1722, en ruine. Le cloître rectangulaire proprement dit se composait quatre galeries éclairées par des arcades en plein cintre. Les bâtiments qui l’entourent se composent d’un rez-de-chaussée et d’un 1er étage. Rez-de-chaussée. Les piliers sont carrés ; des saillis sur chaque côté forment des pilastres plats. Voûtes surbaissées ; sous les arcades court un stylobate à tablette. Ces galeries desservaient les pièces disposées et éclairées au-dehors. L’accès au 1er étage se faisait par les escaliers droits en pierre, avec rampe et ferronnerie. 1er étage. Les galeries sont solivées ou recouvertes de fausses voûtes en plâtre. Les portes des cellules et des dortoirs sont encadrées de chambranles en bois moulurés. Au-dehors, les fenêtres sont entourées de bandeaux. Les lucarnes sur cour sont en fait des oculus.

Colombier[modifier | modifier le code]

Tour ronde à cordon circulaire et à toit conique. Intérieur. Boulins.

Protection[modifier | modifier le code]

L’abbaye de Fontmorigny : l’église abbatiale, le cellier, la boulangerie, le logis du XVe siècle attenant au cellier, le logis XVe siècle situé à l’ouest, à l’entrée de l’abbaye, avec la cave voûtée, sont classés parmi les Monuments Historiques : décret du 28 décembre 1984. Le reste de l’édifice reste inscrit sur l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques : arrêté du 21 novembre 1925.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L’abbaye se situe dans un val isolé, un choix typique des moines cisterciens : fontaine, ruisseau, bois abondants en bordure. Information et visite. Propriétaire : Mme Mangeot.

Ouverture. Pâques au 30 juin et 1er septembre au 1er novembre : jours fériés et week-ends. 1er juillet au 31 août : du mardi au dimanche. Hors saison, sur rendez-vous.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Gilles Girault, Nathalie de Buhren, Annie Chazelle, Jean-François Chevrot, Abbayes cisterciennes en Berry (Cher, Indre) - A.R.E.P. Centre Éditions (Itinéraires du Patrimoine no 164), Orléans, 1998, (ISBN 978-2-905813-18-3)
  • Le Cher remarquable : 80 sites vues du ciel ; N° spécial du Berry Républicain, décembre 2011, p. 38-39, (ISSN 0988-8357)