Abbaye de Floreffe

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Ancienne abbaye de Floreffe
Image illustrative de l'article Abbaye de Floreffe
Abbaye de Floreffe, Namur
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Rattachement Congrégation des Prémontrés
Début de la construction 1121
Style dominant Néoclassicisme
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1977, no 92045-CLT-0002-01)
Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine exceptionnel (2013, no 92045-PEX-0002-02)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Namur Province de Namur
Commune Floreffe
Coordonnées 50° 26′ 00″ N 4° 45′ 28″ E / 50.4334, 4.75783 ()50° 26′ 00″ Nord 4° 45′ 28″ Est / 50.4334, 4.75783 ()  

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Ancienne abbaye de Floreffe

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Ancienne abbaye de Floreffe

L'abbaye de Floreffe était une abbaye norbertine (chanoines réguliers de la congrégation de Prémontré), fondée en 1121 par saint Norbert de Xanten lui-même et reconstruite aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est située sur un promontoire dominant la Sambre, sur le territoire de Floreffe, à une dizaine de kilomètres de la ville de Namur, en Belgique. Elle abrite aujourd'hui un collège-internat secondaire (dit « petit-séminaire »), et est un centre important d'activités touristiques et culturelles de la région de Namur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation par saint Norbert[modifier | modifier le code]

Après sa conversion en 1115, saint Norbert de Xanten devint un prédicateur itinérant. Passant par Namur, sur le chemin qui le conduisait de Cologne à son prieuré de Prémontré dans l'Aisne(fondé en 1120), il fut reçu par le comte Godefroi Ier de Namur et sa femme Ermesinde de Luxembourg. Impressionné par son zèle pastoral et sa personnalité rayonnante, le comte de Namur lui offrit une terre à Floreffe pour y installer un groupe de disciples. La présence à ses côtés de Hugues de Fosses, premier disciple et fidèle compagnon de voyage, n’est sans doute pas étrangère à l’acceptation de l’offre par Norbert de Xanten. C’est ainsi que l’abbaye de Floreffe, deuxième abbaye des chanoines réguliers de Prémontré fut fondée en 1121. Les premiers religieux arrivèrent en 1122, avec à leur tête un certain Richard, considéré comme le premier abbé. L'abbaye adopta une devise inspirée par le nom du lieu (Floreffe) : Florete flores, "Que fleurissent les fleurs". Étant une des fondations de St Norbert lui-même, l’abbaye gardera une grande importance et influence dans l’ordre des Prémontrés tout au long de son histoire : avec deux autres, l’abbé de Floreffe était par exemple chargé de la visite canonique annuelle de l’abbaye-mère de Prémontré.

Développement[modifier | modifier le code]

Richement dotée par les comtes de Namur qui la protégeront et la soutiendront pendant des siècles, l’abbaye devint rapidement rayonnante. Durant les deux premiers siècles de nombreuses fondations et œuvres : prieurés, abbayes, hôpitaux et hospices, furent établies. Les Prémontrés de Floreffe desservaient plus de quarante paroisses. Les fondations les mieux connues, car ayant survécu jusqu’à ce jour, sont les abbayes de Postel (1138), Mont-Cornillon, Liège (1140 ?), Leffe (1152). Il y eut des fondations en Allemagne : Wenau (1122), Rommersdorf (1135), et même une abbaye en Terre sainte, Saint-Habacuc, fondée vers 1137 à Lod (maintenant Tel Aviv), qui fut supprimée à la fin du XIIIe siècle lorsque la domination des Croisés prit fin.

Décadence et crise de la fin du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Comme toutes les abbayes - norbertines et autres - Floreffe connut une période de décadence au XIVe siècle. Le chroniqueur de l’époque écrit : « Religion alors périssait, iniquité y dominait. Folies, dissolutions étaient au cloître fréquentes. Par folles œuvres désordonnées tout périssait, le temporel état, et le spirituel de l’église tant vénérable ». Rétablissement de la discipline et assainissement furent l’œuvre de l’abbé Thierry de Warnant (abbé de 1342 à 1361) aidé de l’historien Pierre de Herentals (1322-1390). Le passage du comté de Namur dans les possessions bourguignonnes (1429) eut des conséquences graves pour l’abbaye qui devint fréquemment victime des conflits entre les Bourguignons et la Principauté de Liège. Souvent les fermes furent pillées et dévastées. L’abbaye restait cependant suffisamment influente et pastoralement active pour que le pape Nicolas V accorde en 1450 l’usage de la mitre’ aux abbés de Floreffe, leur conférant ainsi des pouvoirs spirituels étendus, sans qu’il soient évêques.

Renouveau des XVIe et XVIIe siècles[modifier | modifier le code]

Alors que beaucoup d’abbayes étaient encore en crise, Floreffe se relevait matériellement grâce à la bonne gestion des abbés Martini (1516-1548) et surtout Dupaix (1552-1578), lequel parvint à éviter que les revenus de l’abbaye ne passent entièrement au diocèse de Namur nouvellement créé (en 1559). Malgré les ravages occasionnés périodiquement par les troupes de passage qui assiégeaient la ville fortifiée de Namur, les bâtiments furent restaurés ou réédifiés. Le même Dupaix introduisit les réformes décidées par le concile de Trente : retour à une vie religieuse plus stricte, et amélioration de la formation des prêtres. Ce travail fut continué sous l’abbatiat de Jean Roberti (1607-1639) qui établit même une maison d’études pour les Prémontrés près de l’université de Louvain (1628). Le nom de Charles de Severi (1641-1662) est lié à l’embellissement de l’église abbatiale (telle que nous la connaissons aujourd’hui).

Nouvelles grosses difficultés financières à la fin du XVIIe siècle : contributions de guerres imposées, pillage de l’abbaye par les troupes françaises, entretien d’une large communauté (65 religieux), reconstruction de fermes et réparation d’églises paroissiales ravagées, et surtout les deux sièges de la ville de Namur en 1692 et 1695 qui mirent en ruine toute la région environnante.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La paix rétablie, l’abbaye connut trois abbés qui furent à la fois excellents administrateurs et grands bâtisseurs : Louis van Werdt (1719-1734), Charles Dartevelle (1737-1756) et Baptiste Dufresne (1764-1791). C’est à eux que l’on doit l’ensemble architectural de style classique que l’on peut admirer de nos jours. Le rapport du commissaire qui, dans le cadre de la rationalisation des établissements religieux (voulue par l'empereur germanique Joseph II en 1785), est particulièrement élogieux sur l’abbaye de Floreffe avec ses activités éducatives, paroissiales (25 cures de paroisses) et caritatives. Aussi, au contraire de beaucoup d’autres abbayes, elle fut considérée comme étant d’utilité publique et sa conservation fut recommandée. La situation se détériora rapidement après la victoire des révolutionnaires français à Fleurus (1794) et l’annexion de la région par la France. Les religieux ne purent pas payer la totalité du tribut de guerre exigé de la province de Namur. L’abbaye fut livrée au pillage. Peu de temps après, la loi du 1er septembre 1796 supprimait tous les établissement religieux dans les départements réunis à la France. Tous les religieux (61 « internes » ou résidents en paroisse) ainsi que Louis de Fromantau, 55e et dernier abbé de Floreffe, furent expulsés manu militari de leur abbaye en février 1797.

Petit séminaire épiscopal de Namur (XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

Les biens de l’abbaye furent mis en vente. L’abbé de Fromantau mourut en 1818, avant de parvenir à racheter l’abbaye avec un groupe de Prémontrés qui avaient formé une association dans ce but. En 1842, ils cédèrent leurs droits au diocèse de Namur qui, en fait, était parvenu dès 1805 à obtenir l’usage des bâtiments pour la formation de ses séminaristes (le Petit-Séminaire). À part quelques déboires avec le pouvoir hollandais (avant la Révolution belge et l’indépendance en 1830) le séminaire a occupé les lieux sans interruption depuis lors. En 1964 cependant la construction, due à Roger Bastin, d’une nouvelle aile pour le séminaire (maintenant collège secondaire et internat) permit la libération des bâtiments historiques de l’abbaye qui ont reçu de nouvelles affectations. Dans les années 1990, une nouvelle aile fut encore bâtie, La Vigne, qui est en fait un nouveau bâtiment pour des salles de classes.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • Gerland 1121
  • Amalric
  • Hillin 1215

Trésors de l’abbaye de Floreffe[modifier | modifier le code]

L’architecture[modifier | modifier le code]

L’ensemble architectural des bâtiments du XVIIIe siècle est d’autant plus remarquable que, situé sur un promontoire, il domine la Sambre de 50 mètres. Il est visible de loin, surtout si on l’approche à partir de la Sambre (voir la photo).

L’aspect général de l’église est celui qui lui fut donné au XVIIIe siècle par l’architecte Laurent-Benoit Dewez (en 1770-75), mais on retrouva les fondations d’une chapelle qui fut sans doute antérieure à la fondation de l’abbaye. L'abbatiale est aussi la deuxième plus grande église abbatiale de Belgique, avec une longueur de 90 mètres.

La salle du chapitre et la salle des convers datent de la fin du XIIe siècle.

Le Moulin-Brasserie, sur un dérivé du ruisseau de Floreffe, est un des bâtiments anciens les mieux conservés. Un exemple unique d’architecture civile du XIIIe siècle dans la région namuroise. Il est fort possible que l’on y faisait de la bière dès 1250. La machinerie du moulin a été restaurée.

Les autres constructions dénotent le classicisme élégant des XVIe et XVIIe siècles : quartier abbatial, bibliothèque, quartier des étrangers, cloître. La ferme porte date (1649) et blason de l’abbé Charles de Severi : Benigna Severitate (Avec une bienveillante sévérité).

Le mobilier de l’église[modifier | modifier le code]

Les stallles baroques (1632-1648) de Pierre Enderlin.
  • Dans l’église les stalles des religieux (74 sièges), extrêmement travaillées et même surchargées de décorations diverses, sont l’œuvre d’un artiste connu d'origine allemande, Pierre Enderlin (XVIIe siècle) et comptent parmi les premières du genre en Belgique. Les médaillons forment une galerie de fondateurs et réformateurs d’ordres religieux.
  • La chaire de vérité se trouve maintenant dans l’église de Bouvignes.
  • Des statues d’apôtres et de saints de même que des tableaux d’abbés et de chanoines de Floreffe furent dispersés et se trouvent dans la cathédrale Saint-Aubain de Namur, ou dans divers musées et collections privées.

La Bible de Floreffe[modifier | modifier le code]

De nombreux manuscrits provenant de l’abbaye de Floreffe se trouvent maintenant dans des bibliothèques et archives d’état ou ecclésiastique, tel qu'un catalogue des religieux (de 1435 à 1647), un évangéliaire de 1650, une nécrologie de l’abbaye (de 1501 à 1520), des cartulaires, mais le manuscrit le plus remarquable est sans aucun doute celui que l’on appelle la Bible de Floreffe et qui se trouve au British Museum à Londres. Ce manuscrit précieux date des environs de 1165 et est considéré comme un des chefs d’œuvre de la miniature mosane du XIIe siècle.

Article détaillé : Bible de Floreffe.

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Le collège secondaire, dit parfois encore « petit-séminaire », occupe un bâtiment moderne construit en 1964 par Roger Bastin ainsi que le bâtiment des vignes où se trouvaient les anciennes vignes et ainsi que les bâtiments historiques. Maintenant, les différentes parties de l'abbaye portent des noms, le bâtiments créé par Roger Bastin s'appelle le « bloc Bastin », les bâtiments sur les anciennes vignes s'appellent la « Vigne », les premiers bâtiments historiques que l'on peut voir en montant la longue montée s'appellent le quartier primaire, car c'est le premier bâtiment que nous pouvons apercevoir, les bâtiments avec la salle vitrée, les réfectoires,… s'appellent le « Quartier du Préfet », les bâtiments avec l'église abbatiale s'appellent le « Quartier abbatial » et le majestueux bâtiment dominant Floreffe de son imposante carrure était l'ancienne bibliothèque s'appellent le « bloc Lombet ». Les bâtiments historiques qui sont classés et appartiennent au patrimoine majeur de Wallonie, sont utilisés pour de nombreuses activités culturelles et commerciales : des concerts dans l’église, des festivals (le Temps des cerises, Esperanzah!), des expositions, foires et brocantes. Floreffe est un des lieux touristiques les plus fréquentés de Wallonie.

Des bières et fromages utilisent l'appellation de « Abbaye de Floreffe ». Il ne semble pas qu'ils aient des liens avec l'histoire de l'abbaye et ses religieux prémontrés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • AAVV, Floreffe ; 850 ans d'histoire, Liège, 1973.
  • Victor Barbier Histoire de l'abbaye de Floreffe de l'ordre de Prémontré. Seconde édition. Namur, Douxfils-Delvaux, 1892, 2 vol. 23, 548-380 pp.
  • Jean Lombet, L'abbaye de Floreffe, coll. « Wallonie art histoire » no 33, Gembloux édition Duculot, 1976

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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