Abbaye de Cassan

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Abbaye de Cassan
Image illustrative de l'article Abbaye de Cassan
Façade occidentale
Nom local Prieuré de Cassan
Château de Cassan
Période ou style XVIIIe siècle
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIIIe siècle
Propriétaire initial Chanoines de saint Augustin
Destination initiale Prieuré
Propriétaire actuel Groupe immobilier SERCIB
Destination actuelle Monument ouvert à la visite, domaine viticole
Protection Logo monument historique Classée MH (1953, 1998)
 Inscrit MH (1953)
Site web www.cassan.org/
Coordonnées 43° 30′ 35″ N 3° 17′ 17″ E / 43.509717, 3.288131 ()43° 30′ 35″ Nord 3° 17′ 17″ Est / 43.509717, 3.288131 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Languedoc
Subdivision administrative Région Languedoc-Roussillon
Département Département de l'Hérault
Commune Roujan

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Abbaye de Cassan

Géolocalisation sur la carte : Hérault

(Voir situation sur carte : Hérault)
Abbaye de Cassan

Le prieuré de Cassan, également appelé abbaye de Cassan ou château de Cassan, est un édifice du XVIIIe siècle classé au titre des monuments historiques.

Il est situé sur la commune de Roujan, dans le département de l'Hérault.

Histoire[modifier | modifier le code]

Clocheton de l'église Sainte-Marie de Cassan

En 1080, un prieuré est fondé grâce à une donation de terres faite par la famille Alquier, puissante famille de la région de Béziers, à quelques chanoines qui avaient quitté vers 1066 le chapitre cathédrale Saint-Nazaire de Béziers. Le second prieur, Guiraud (1070-1123) va donner au monastère sa renommée. Sous sa direction, la notoriété du lieu attire les donations de l'aristocratie de toute la région.

La règle suivie est celle de Saint-Augustin et les membres de l'abbaye sont des chanoines. Leur nombre atteindra le chiffre de quatre-vingt.

Une nouvelle église prieurale est consacrée le 6 octobre 1115. De nombreuses reliques accroissent la renommée de l'abbaye (un des quatre Saints Suaires du Christ connus en Occident, des reliques du Saint-Sépulcre, de la Couronne d'Epine, de sainte Marthe…). Ce lieu servira de nécropole pour la noblesse de Béziers et de toute la région. Les donations affluent, son patrimoine s'étend sur soixante-seize communes, le prieuré connaît alors une de ses périodes les plus glorieuses.

Le XIIIe siècle marque un tournant décisif pour le prieuré. Le pape Innocent III, à l'origine de la croisade contre les Cathares, promulgue une bulle d'exemption à l'encontre du prieuré conventuel de Cassan, le soumettant directement au Saint-Siège ; le prieuré échappe ainsi à la juridiction des évêques de Béziers ; dans le domaine spirituel il n'a de comptes à rendre qu'au pape à Rome. Au niveau du temporel, les chanoines se donnent le roi de France Louis IX pour suzerain en 1268.

Au XIVe siècle, la peste noire et la guerre de Cent Ans frappent durement le prieuré ; le monastère est fortifié pour protéger la communauté des méfaits des routiers ; en 1384 il ne reste plus que quarante chanoines.

Les guerres de religion vont aggraver les difficultés. En 1539, puis de nouveau en 1563, les troupes protestantes avec à leur tête Jacques de Crussol et Claude de Caylus (Seigneur de Faugères) incendient et pillent le monastère.

Le déclin amorcé au XIVe siècle se poursuit dans les siècles suivants ; en 1605 le prieuré n'héberge plus que sept ou huit chanoines.

En 1671 le prieuré est rattaché à l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le prieur commendataire Pas de Beaulieu rebâtit le monastère. Les bâtiments médiévaux sont entièrement rasés et reconstruits dans le style de l'époque. Le somptueux palais conventuel serait l'œuvre d'un membre de la famille Giral, qui compta plusieurs architectes à Montpellier. L'église voit son chevet modifié, mais pour le reste elle n'est heureusement que remaniée, ce qui en fait le seul témoin architectural du monastère roman élevé par saint Guiraud au début du XIIe siècle.

Entrée de l'abbaye

À la Révolution française, les chanoines, qui ne sont plus que cinq, sont chassés. Le prieuré est déclaré bien national ; il est vendu en mars1791 à Marc Antoine Thomas Mérigeaux, avocat à Pézenas, qui l'aurait acheté pour le compte du Prince de Conti afin d'y loger sa maîtresse Madame de Brimont.

Le monastère prend alors sa nouvelle appellation laïque de « Château de Cassan ». Au cours des XIXe et XXe siècles, le prieuré-château de Cassan connaît plusieurs propriétaires. L'État l'achète pour y héberger des centres de formations administrés par le ministère de l'Éducation nationale puis par le ministère des DOM-TOM.

En 1995, Cassan retourne dans le domaine privé. Le château est acheté en 2002 par un groupe immobilier qui y développe actuellement (mars 2011) des programmes d’innovation pour entreprises et vise à en faire un centre européen de prévention et de recherches sur le bien-être au travail. Ce projet est mené par Gabor Mester de Parajd, architecte en chef des monuments historiques.

L'édifice et ses abords sont ouverts à la visite et accueillent différents évènements culturels.

Protection[modifier | modifier le code]

L'église de l’abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 janvier 1953. L'aile ouest dite « Le Château » et l'aile sud jusqu'au pigeonnier (inclus) font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 14 janvier 1953[1].

Le prieuré Notre-Dame de Cassan (façades et toitures), les ferronneries, la cour de l’ancien cloître, sa grande galerie au rez-de-chaussée, le grand escalier avec sa rampe en ferronnerie, l'ancien réfectoire devenu le grand salon aux boiseries, les terrasses avec leurs ferronneries, le jardin avec les constructions qu'il abrite, dont le pavillon sud-ouest font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 26 janvier 1998[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]