Abbaye d'Echternach

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Abbaye d'Echternach
Image illustrative de l'article Abbaye d'Echternach
Basilique (ancienne abbatiale) d'Echternach
Présentation
Culte catholicisme
Type basilique
Début de la construction VIIe siècle
Fin des travaux XXe siècle (reconstruction)
Style dominant roman
Géographie
Pays Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Commune Echternach
Coordonnées 49° 48′ 50″ N 6° 25′ 21″ E / 49.813889, 6.422549° 48′ 50″ Nord 6° 25′ 21″ Est / 49.813889, 6.4225  

Géolocalisation sur la carte : Luxembourg

(Voir situation sur carte : Luxembourg)
Abbaye d'Echternach

L’ancienne abbaye d'Echternach, sise au bord de la Sûre, à Echternach au Luxembourg, était un monastère bénédictin. Fondé au VIIe siècle par saint Willibrord, il fut supprimé lors de l’occupation française à la fin du XVIIIe siècle. L’église, centre de pèlerinages au tombeau de saint Willibrord, est basilique mineure depuis 1939.

Origine et fondation[modifier | modifier le code]

Au VIe siècle, une communauté monastique s’installe au bord de la Sûre dans un domaine qui était une ancienne villa romaine. Les terres appartiennent au diocèse de Trèves qui donne la permission d’y construire un prieuré.

Période carolingienne[modifier | modifier le code]

Dans le but d’évangéliser la région, sainte Irmina d'Oeren autorise en 698 saint Willibrord, récemment consacré évêque d'Utrecht, à y construire un monastère plus grand. Il en est l’abbé jusqu'à sa mort, à Echternach même, en 739.

Willibrord édifie la première abbatiale en 700 avec le soutien financier de Pépin de Herstal. En 714, Pépin le Bref, fils de Charles Martel, est baptisé à Echternach. Très en faveur auprès de la famille carolingienne et déjà connu comme l’apôtre des Frisons, Willibrord obtient de plus l’aide de Wilfred, évêque d’York, qui lui envoie des moines irlandais de l’abbaye de Ripon pour évangéliser la région. Après sa mort en 739, Willibrord est enterré dans son abbatiale : sa sépulture attire bientôt les pèlerins, surtout après sa canonisation.

Sarcophage de saint Willibrord (dans la crypte)

En 751, Pépin élève le monastère au rang d'« abbaye royale » et lui donne son autonomie. Autour des murs de l’abbaye se développe un bourg qui deviendra une des villes les plus prospères du comté de Luxembourg. En 785, le troisième abbé d’Echternach, Bernard, est nommé archevêque de Sens. À sa mort en 797, Charlemagne prend le contrôle de l’abbaye.

L'abbaye devient un centre réputé de production de manuscrits enluminés du IXe au XIe siècle[1],[2]. Le scriptorium est connu dans tout le royaume franc. D’importants manuscrits enluminés produits à Echternach nous sont parvenus. La réputation de l’abbaye est telle que Charlemagne y envoie son écolâtre Alcuin s’y former avant d’ouvrir l’école palatine d’Aix-la-Chapelle. La minuscule caroline doit beaucoup à Echternach.

Très liée à la royauté franque l’abbaye décline rapidement lorsqu’elle perd ce patronage. Une restauration a lieu vers 971 lorsque l’empereur Otton y envoie une quarantaine de moines bénédictins de Trèves. C’est durant ce nouvel âge d’or que sont composés le Codex Aureus d'Echternach, un codex biblique entièrement écrit à l’encre d’or (XIe siècle), ainsi que le Codex Aureus de l'Escurial.

Suppression de l’abbaye[modifier | modifier le code]

Les abbés d'Echternach sont princes du Saint-Empire et se succèdent jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Le dernier d’entre eux meurt en 1793. Il n'a pas de successeur : aucune élection n’a lieu. Le 13 août 1794, le général Colaud entre à la tête des troupes françaises dans la ville d’Echternach.

Les moines qui restent sont chassés de l’abbaye qui est pillée. Le tombeau de saint Willibrord est profané. Monastère et église sont vendus comme biens nationaux en 1797. Jean-Henri Dondelinger, qui remporte les enchères, aménage les bâtiments en usine de porcelaine.

Restauration[modifier | modifier le code]

Vers le milieu du XIXe siècle, le chœur de l'église s'effondre partiellement et menace de s’écrouler complètement. Aussi, en 1862, une association pour la reconstruction de l'église (Kirchbauverein) voit le jour à Echternach. Dès 1868, la reconstruction dans le style néo-roman est terminée. L’église est à nouveau consacrée.

Reconnaissant son importance comme centre national de pèlerinage à saint Willibrord, le pape Pie XII accorde en 1939 à l’église le statut de basilique mineure. Une procession dansante en l'honneur de saint Willibrord se déroule annuellement le mardi de Pentecôte.

Une partie de la basilique est détruite en 1944. Des tirs d'obus anéantissent les derniers murs. Elle est à nouveau reconstruite — sixième église en 14 siècles — en style roman comme à l'origine. La façade s'inspire de la basilique de Paray-le-Monial. L'édifice, reconstruit, est consacré en 1953. La crypte du VIIIe siècle a survécu aux vicissitudes des temps sans dommage majeur.

Le Lycée classique d'Echternach et son internat occupent désormais une grande partie des bâtiments monastiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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