Abbaye Notre-Dame d'Orval

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49°38′23″N 5°20′56″E / 49.63972, 5.34889

Abbaye Notre-Dame d'Orval
Image illustrative de l'article Abbaye Notre-Dame d'Orval
Vue d'ensemble de la nouvelle abbaye d'Orval

Nom local Abbaye d'Orval
Diocèse Namur
Patronage Notre-Dame
Fondation XIe siècle
Cistercien depuis 1132
Abbaye-mère Trois-Fontianes
Congrégation trappiste
Période ou style reconstruite au XXe siècle

Coordonnées 49° 42′ 29″ N 5° 19′ 49″ E / 49.70803, 5.3303649° 42′ 29″ Nord
       5° 19′ 49″ Est
/ 49.70803, 5.33036
  
Pays Drapeau de Belgique Belgique
Région historique Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Luxembourg Province de Luxembourg
Commune Florenville

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Abbaye Notre-Dame d'Orval

L'Abbaye Notre-Dame d'Orval (ou Abbaye d'Orval) est un monastère trappiste situé à Villers-devant-Orval dans la province de Luxembourg (Belgique). Fondée par des bénédictins au XIe siècle, elle passe à l'ordre de Citeaux en 1132 avec l'arrivée de moines de l'abbaye de Trois-Fontaines. Les moines sont chassés et les biens de l'abbaye sont confisqués comme « biens nationaux » lors des troubles qui suivent la Révolution française. Les bâtiments sont détruits et abandonnés.

L'abbaye est reconstruite, et la tradition monastique relevée, en 1926 par une communauté de cisterciens-trappistes.

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Fondation

Le site de l'abbaye (Aureavalle) est occupé dès l'époque mérovingienne. Une chapelle y est construite au Xe siècle. En 1070 un groupe de bénédictins venus de la Calabre (Italie) y bâtit une église et un prieuré, sur des terres données en usufruit par le comte de Chiny, Arnoul Ier.

Vers 1076 la suzeraine, Mathilde de Toscane, passe dans la région et ratifie la donation faite par son vassal aux moines bénédictins. C’est à cette époque qu’a lieu le célèbre incident de l’anneau tombé dans une fontaine et reparu comme miraculeusement. Du passage de la duchesse de Toscane l’abbaye a reçu son nom, ‘Vallis aurea’ (‘Val d’or’), et son blason (anneau d’or dans la bouche d’un poisson). Et aujourd’hui encore la ‘Fontaine Mathilde’ en perpétue la mémoire.

Au bout d'une quarantaine d'années - et pour des raisons inconnues - les bénédictins quittent les lieux. Le comte Othon leur substitue en 1110 une communauté de chanoines réguliers. L'abbatiale, dédiée à Notre-Dame, est inaugurée le 30 septembre 1124 par l'évêque de Verdun, Henri de Blois. Elle mesure 53 mètres de long et 25 mètres de large. Les chanoines souhaitent cependant devenir moines.

[modifier] Passage à l'ordre de Cîteaux

Albert de Chiny, secondé par son oncle, le saint évêque de Verdun Alberon de Chiny, se tourne vers Bernard de Clairvaux qui demande à sa première fondation, l'abbaye de Trois-Fontaines en Champagne d'envoyer quelques moines cisterciens encadrer les chanoines d'Orval qui souhaitent passer à l'Ordre de Cîteaux.

Constantin - un 'bienheureux' d’après le ménologe cistercien - dirige le groupe : il est ainsi le premier des 51 abbés qui se succéderont à Orval. En mars 1131 Orval devient abbaye-fille de Trois-Fontaines et, en fait, toute première abbaye cistercienne dans la région. Les bâtiments sont adaptés aux besoins monastiques; la nouvelle église est terminée avant 1200. Un domaine agricole et forestier est progressivement acquis.

Les débuts n'en sont pas moins difficiles et la communauté vit longtemps dans l'indigence. Un incendie, en 1252, n'arrange rien. L'endettement est si élevé que le chapitre général de Cîteaux, en sa session de 1316, autorise l'abbé de Trois-Fontaines à fermer Orval, vendre ses biens et disperser les religieux dans d'autres maisons.

L'abbé n'en fait rien cependant. Durant quatre siècles Orval vit l'existence effacée d'un monastère perdu dans la solitude de la grande forêt ardennaise. Certaines périodes sont prospères et d'autres plus difficiles. Située en effet à la frontière entre le royaume de France et l'empire, Orval subit les conséquences des guerres et conflits du XVe siècle au XVIIe siècle.

Ruines de l'ancienne abbatiale

[modifier] XVIIe siècle

Marqué par les longs abbatiats de deux grandes personnalités, Orval retrouve prospérité et réputation de sainteté durant le XVIIe siècle. Bernard de Montgaillard, imposé comme abbé par l'archiduc Albert en 1605 est d'abord mal reçu par les moines. Mais il parvient à s'imposer et introduit progressivement un retour aux pratiques religieuses régulières. Il acquiert l'estime des moines et rapproche l'abbaye du peuple des alentours. La nouvelle réputation d'Orval attire: durant son abbatiat (de 1605 à 1628) le nombre de moines augmente sensiblement.

Quelques années après la mort de Montgaillard, au plus fort de la Guerre de Trente Ans, en date du 2 août 1637, l'abbaye est pillée et incendiée par les soldats du maréchal de Châtillon.

La période qui suit est plus paisible sur le plan politique et la communauté retrouve équilibre et prospérité sous la direction de l'abbé Charles de Bentzeradt. Le 45e abbé d’Orval (de 1668 à 1707) encouragé par l’abbé de Rancé qu’il rencontra plusieurs fois poursuit l’œuvre de Montgaillard, imposant un retour strict aux observances du Cîteaux originel : abstinence totale de viande, travaux manuels pour tous, longues périodes de jeûnes. Orval adopte le coutumier particulièrement austère de l’abbaye de la Trappe après y avoir envoyé quelques moines pour y être formés. Plus dur est le régime, plus nombreuses sont les vocations! Bien que plusieurs fondations aient été faites le nombre de moines à Orval dépasse la centaine à la mort de Bentzeradt.

[modifier] Crise janséniste

Par goût de la rigueur, Bentzeradt se rapproche de certaines personnes de sensibilité janséniste, qui intègrent l'abbaye. Sous son abbatiat l’abbaye est un centre important de rayonnement janséniste. Orval est en rapports étroits avec l’abbaye de Port-Royal. Pierre Nicole se réfugie quelque temps à Orval. Mais, par prudence, Bentzeradt lui demande de quitter son abbaye.

La crise éclate lors de la bulle Unigenitus (1713) par laquelle Clément XI condamne le jansénisme. Une large partie de la communauté monastique d’Orval, une des plus grandes de l’ordre citercien, refuse de signer. Ils sont dénoncés à Rome ce qui provoque une visite canonique du monastère, ordonnée par le pape Benoit XIII. Jean-Mathieu Mommerts est abbé. À peine la visite canonique est-elle commencée, en septembre 1735, qu’une quinzaine de moines prennent la fuite, de nuit, et se réfugient auprès de l’évêque janséniste d’Utrecht, où ils forment une communauté ‘orvaliste’. On découvre qu’ils étaient en correspondance avec Pasquier Quesnel et Duguet et gardaient dans leurs cellules des reliques et objets appartenant aux Arnauld.

Leur départ apporte un dénouement à la crise. L’abbé Albert de Meuldre, successeur de Mommerts (1741), quelque peu sympathisant janséniste, doit démissionner en 1757 et est remplacé par Dom Pinart.

[modifier] XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, Orval, située sur un cours d'eau au cœur d'une vaste forêt, peut développer une industrie sidérurgique exemplaire.

Pendant la Révolution française, en 1793, les troupes du général Loison incendient l'abbaye et la communauté est dispersée.

[modifier] Personnalités de l'ancienne abbaye

  • Antoine Perrin (+1788), frère convers et célèbre pharmacien.
  • Abraham Gilson (1741-1809), frère convers et artiste-peintre.

[modifier] Nouvelle abbaye

Le site reste en ruine jusqu'en 1926, date à laquelle un moine de l'abbaye de la Trappe, Marie-Albert van der Cruyssen, entreprend le rétablissement de l'abbaye et la restauration des ruines. L'abbatiale actuelle est consacrée le 8 septembre 1948.

Nouvelle abbatiale (de 1948)

En ce début de XXIe siècle, le monastère a su devenir à la fois un lieu d'histoire remarquablement restauré, visité par des milliers de touristes chaque année et un lieu de recueillement. Un petit musée a été aménagé dans des caves anciennes, qui complète le parcours du visiteur dans les ruines. Une quinzaine de moines cisterciens-trappistes, toujours présents sur les lieux, accueillent des hôtes pour une retraite de quelques jours dans le silence de la forêt gaumaise.

[modifier] La brasserie

En 1931, l'installation d'une brasserie au sein même de l'abbaye fut décidée afin d'aider financièrement à la construction du nouveau monastère. Actuellement et dans la tradition cistercienne, la communauté monastique consacre principalement à l'aide sociale les revenus liés à la vente de la bière sous le nom Orval. Il n'existe que sept brasseries trappistes au monde. Seule les bières brassées au sein d'une abbaye, sous le contrôle des moines cisterciens qui y vivent, ont le droit de porter cette appellation. Il y a une seule bière brassée à l'abbaye elle est ambrée de fermentation haute (6,2% d'alcool) se caractérise par un arôme et une amertume typiques.

[modifier] La légende de la comtesse Mathilde

Le nom de l'abbaye (Val d'or) et ses armoiries, représentant un ruisseau d'azur d'où sort une bague ornée de trois diamants, rappellent la légende selon laquelle Mathilde de Toscane, comtesse de Briey et protectrice de l'abbaye, aurait perdu dans une source son anneau nuptial. Celui-ci lui aurait été miraculeusement rendu par une truite et la comtesse aurait souhaité que la contrée fût nommée « Val d'or ».

[modifier] Galerie

[modifier] Accès en transports publics

L'abbaye se situe à proximité immédiate de l'arrêt Orval carrefour desservi en semaine uniquement par la ligne de bus 24.

[modifier] Bibliographie

  • Joseph-Marie Canivez: L'ordre de Cîteaux en Belgique, Forges-lez-Chimay, 1926.

[modifier] Annexes

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[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes


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