Abbaye Saint-Vincent du Mans

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Abbaye Saint-Vincent
Image illustrative de l'article Abbaye Saint-Vincent du Mans

Ordre bénédictin
Fondation VIe siècle
Diocèse Le Mans
Fondateur Domnole
Protection  Inscrit MH (1985)
Logo monument historique Classé MH (1989)
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région historique Pays de la Loire
Département Sarthe
Commune Le Mans
Coordonnées 48° 00′ 45″ N 0° 12′ 13″ E / 48.0125, 0.203611 ()48° 00′ 45″ Nord 0° 12′ 13″ Est / 48.0125, 0.203611 ()  

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Abbaye Saint-Vincent

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Abbaye Saint-Vincent

L'abbaye royale Saint-Vincent est une ancienne abbaye bénédictine française située au Mans dans la Sarthe. Ce qu'il en reste aujourd'hui est occupé par le lycée Bellevue. Il s'agit une abbaye médiévale construite en 572, formant ce qui allait être plus tard le faubourg Saint-Vincent. L'édifice est aujourd'hui situé dans le quartier des Maillets. Le logis de l'abbé ainsi qu'une partie des bâtiments mauristes sont classés au titre de monuments historiques tandis que l'aile Lassus et les parties non classées des bâtiments mauristes sont inscrites au titre des monuments historiques[1].

Description[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine[modifier | modifier le code]

L'évêque Domnole rentre en fonction dans la ville en 559. Il est l'ancien abbé de Saint-Laurent de Paris et est le protégé de Clotaire Ier, fils de Clovis. De plus, il vit sous l'influence de Saint-Germain, grand évêque de Paris, possédant ses intérêts au Mans. Domnole est un grand bâtisseur pour la ville, il fonde successivement Saint-Martin, Saint-Julien et Saint-Pavin avant de réaliser la première dédicace de Saint-Vincent en 572, encouragé par l'archevêque de Paris. L'abbaye est installée sur le domaine de Tresson. À l'époque, cette partie n'est qu'un ensemble de champs et de pâturages situé dehors les murs, à 300 mètres de l'est de la cité. Ce domaine est cédé par Saint-Germain, ainsi que les cours d'eaux et les esclaves. Sont également cédés à l'abbaye les domaines de Fresnaye, riche en vignes. Il semble qu'un autre domaine, certainement situé non loin du gué de Maulny, au point de confluence entre Huisne et Sarthe, ait été donné au monastère. L'évêque Bertrand attribuera 20 sous à l'abbaye dans son testament, en la plaçant au second de ses legs après Saint-Victeur. On ne peut définir avec certitude la date d'instauration de la règle bénédictine au sein de l'abbaye. Cependant, on sait qu'un grand élan bénédictin anima Le Mans dès le début du VIIe siècle. Pour preuve, on alla chercher en Italie, les reliques de Saint-Benoît et de Sainte-Scholastique, cette dernière devenant la sainte de la ville. Au VIIIe siècle, les monastères manceaux sont au plus bas. À la mort de l'évêque Gauziolène, plus aucun monastère n'est debout contrairement aux trente-six de son arrivée.

La seconde fondation[modifier | modifier le code]

Puis vient la restauration carolingienne. Aldric est considéré comme le second fondateur de l'abbaye Saint-Vincent. La reconstruction n'est d'abord que provisoire, et c'est tant mieux, vu les ravages effectués par les Bretons et les Normands. Les reliques de Saint-Domnole, présentes dans l'abbaye, sont emmenées à Chaumes-en-Brie. Aucune information ne circule sur l'éventualité d'une activité à l'abbaye au Xe siècle. C'est l'époque du renouveau dans la ville, à commencer par la Couture, symbole de l'ordre dans la ville. Si la rénovation de cette dernière abbaye se fait par le comte du Maine et l'abbé de Saint-Julien de Tours, il n'en est pas de même pour Saint-Vincent. De cette époque datera la grande rivalité entre La Couture et Saint-Vincent, les deux plus grandes et plus influentes abbayes de la ville. À Saint-Vincent, les comtes de Bellême, qui contrôlent déjà le siège épiscopal, rétablissent l'ordre. Siffroy, ennemi juré des comtes du Maine, fait bâtir la basilique qui deviendra le prototype même des églises romanes du Maine. Avec une longueur de 70 mètres et une largeur de 17 mètres 50, elle était composée de trois nefs; c'est alors le plus majestueux édifice de la ville. Gervais, neveu de Siffroy, restaure le temporel et fait nommer Avesgard, son neveu, abbé. C'est le retour de la règle Bénédictine la plus stricte: silence, obéissance et humilité. Les copistes travaillent beaucoup, on retrouvera d'ailleurs un manuscrit de très grande valeur: le diadème de Smaragde. Ce livre fut particulièrement apprécié par les partisans des Bêllemois, que ce soit au Mans ou à Saint-Calais. Le début du XIIe siècle devient une période florissante.

Puissance de l'Abbaye[modifier | modifier le code]

Entre 1130 et 1230, l'abbaye connait une période de grande croissance. La possession de terres se multiplie avec des vignes, des prés, des bois… A son apogée, l'abbaye possède 7000 hectares de domaines, et ce jusqu'aux confins du royaume d'Angleterre. À cela, il faut ajouter cinquante prieurés sous ordre direct et une soixantaine d'églises dans tout l'Ouest de la France. En Angleterre, l'Abbaye possède sept églises. Les bâtiments de l'abbaye abritent désormais une partie du Lycée Bellevue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'autre temps des abbayes (XVIIè-XVIIIè siècles), André Lévy et Dom Thierry Barbeau - Biblioteca Vincentiana, ITF éditeur, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]