Abbaye Notre-Dame d'Orval

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Abbaye Notre-Dame d'Orval
Image illustrative de l'article Abbaye Notre-Dame d'Orval
Vue d'ensemble de la nouvelle abbaye d'Orval

Nom local Abbaye d'Orval
Diocèse Namur
Patronage Notre-Dame
Fondation XIe siècle (refondée en 1926)
Cistercien depuis 1132
Abbaye-mère Trois-Fontaines en 1132
Notre-Dame de La Trappe en 1926
Congrégation trappiste
Période ou style reconstruite au XXe siècle
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1971, uniquement les ruines, no 85011-CLT-0009-01)
Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine exceptionnel (2013, no 85011-PEX-0001-02)

Coordonnées 49° 38′ 23″ N 5° 20′ 56″ E / 49.639722, 5.348889 ()49° 38′ 23″ Nord 5° 20′ 56″ Est / 49.639722, 5.348889 ()  
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Province Drapeau de la province de Luxembourg Province de Luxembourg
Commune Florenville

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Abbaye Notre-Dame d'Orval

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Abbaye Notre-Dame d'Orval

L'abbaye Notre-Dame d'Orval (ou abbaye d'Orval) est un monastère cistercien-trappiste situé en Belgique à Villers-devant-Orval dans la province de Luxembourg. Fondée par des bénédictins au XIe siècle, elle passe à l'ordre de Citeaux en 1132 avec l'arrivée de moines de l'abbaye de Trois-Fontaines. Les moines sont chassés et les biens de l'abbaye sont confisqués comme « biens nationaux » lors des troubles qui suivent la Révolution française. Les bâtiments sont détruits et abandonnés.

L'abbaye est reconstruite, et la tradition monastique relevée, en 1926 par une communauté de cisterciens-trappistes venue de l'abbaye Notre-Dame de La Trappe.

Géographie[modifier | modifier le code]

Isolée au milieu de terrains boisés, l’abbaye se trouve à deux kilomètres au nord-est du village de Villers-devant-Orval, à un kilomètre au nord de la frontière française, à l’entrée d’une enclave de la Belgique en territoire français. Elle est bordée à l’ouest par la route nationale 88 reliant Florenville et Athus (Aubange).

Accès en transports publics[modifier | modifier le code]

L'abbaye se situe à proximité immédiate de l'arrêt Orval carrefour desservi en semaine uniquement par la ligne de bus 24.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Le site de l'abbaye (Aureavalle) est occupé dès l'époque mérovingienne. Une chapelle y est construite au Xe siècle. En 1070, un groupe de bénédictins, venus de la Calabre (Italie), y bâtit une église et un prieuré, sur des terres données en usufruit par le comte de Chiny, Arnoul Ier.

Vers 1076, la suzeraine, Mathilde de Toscane, passe dans la région et ratifie la donation faite par son vassal aux moines bénédictins. C’est à cette époque qu’a lieu le célèbre incident de l’anneau tombé dans une fontaine et reparu comme miraculeusement. Du passage de la duchesse de Toscane, l’abbaye a reçu son nom « Vallis aurea » (« Val d’or ») et son blason (anneau d’or dans la bouche d’un poisson). Aujourd’hui encore la « Fontaine Mathilde » en perpétue la mémoire.

Au bout d'une quarantaine d'années - et pour des raisons inconnues - les bénédictins quittent les lieux. Le comte Othon leur substitue, en 1110, une communauté de chanoines réguliers. L'abbatiale, dédiée à Notre-Dame, est inaugurée le 30 septembre 1124 par l'évêque de Verdun, Henri de Blois. Elle mesure 53 mètres de long et 25 mètres de large. Les chanoines souhaitent cependant devenir moines.

Passage à l'ordre de Cîteaux[modifier | modifier le code]

Albert de Chiny, secondé par son oncle, le saint évêque de Verdun Alberon de Chiny, se tourne vers Bernard de Clairvaux qui demande à sa première fondation, l'abbaye de Trois-Fontaines en Champagne d'envoyer quelques moines cisterciens encadrer les chanoines d'Orval qui souhaitent passer à l'Ordre de Cîteaux.

Constantin - un 'bienheureux' d’après le ménologe cistercien - dirige le groupe: il est ainsi le premier des 51 abbés qui se succéderont à Orval. En mars 1131 Orval devient abbaye-fille de Trois-Fontaines et, en fait, toute première abbaye cistercienne dans la région. Les bâtiments sont adaptés aux besoins monastiques; la nouvelle église est terminée avant 1200. Un domaine agricole et forestier est progressivement acquis.

Les débuts n'en sont pas moins difficiles et la communauté vit longtemps dans l'indigence. Un incendie, en 1252, n'arrange rien. L'endettement est si grave que le chapitre général de Cîteaux, en sa session de 1316, autorise l'abbé de Trois-Fontaines à fermer Orval, vendre ses biens et disperser les religieux dans d'autres maisons.

L'abbé n'en fait rien cependant. Durant quatre siècles Orval vit l'existence effacée d'un monastère perdu dans la solitude de la grande forêt ardennaise. Certaines périodes sont prospères et d'autres difficiles. Située en effet à la frontière entre le royaume de France et l'empire, Orval subit les conséquences des guerres et conflits du XVe siècle au XVIIe siècle.

Ruines de l'ancienne abbatiale

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Marqué par les longs abbatiats de deux grandes personnalités, Orval retrouve prospérité et réputation de sainteté durant le XVIIe siècle. Bernard de Montgaillard, imposé comme abbé par l'archiduc Albert en 1605 est d'abord mal reçu par les moines. Mais il parvient à s'imposer et introduit progressivement un retour aux pratiques religieuses régulières. Il acquiert l'estime des moines et rapproche l'abbaye du peuple des alentours. La nouvelle réputation d'Orval attire: durant son abbatiat (de 1605 à 1628) le nombre de moines augmente sensiblement.

Quelques années après la mort de Montgaillard, au plus fort de la Guerre de Trente Ans, en date du 2 août 1637, l'abbaye est pillée et incendiée par les soldats du maréchal de Châtillon.

La période qui suit est plus paisible sur le plan politique et la communauté retrouve équilibre et prospérité sous la direction de l'abbé Charles de Bentzeradt. Le 45e abbé d’Orval (de 1668 à 1707) encouragé par l’abbé de Rancé qu’il rencontra plusieurs fois poursuit l’œuvre de Montgaillard, imposant un retour strict aux observances du Cîteaux originel : abstinence totale de viande, travaux manuels pour tous, longues périodes de jeûnes. Orval adopte le coutumier particulièrement austère de l’abbaye de la Trappe après y avoir envoyé quelques moines pour y être formés. Plus dur est le régime, plus nombreuses sont les vocations! Bien que plusieurs fondations aient été faites le nombre de moines à Orval dépasse la centaine à la mort de Bentzeradt.

Crise janséniste[modifier | modifier le code]

Cependant dans l'imposition stricte d'une austérité très dure Bentzeradt permet à un esprit janséniste de s’introduire dans la communauté. Cela conduit à la plus grande crise que connaitra l’abbaye. Il accepte comme moines dans son abbaye des jansénistes militants. Sous des apparences d’humilité et de dévotions aux plus humbles travaux ceux-ci transforment l’abbaye en foyer janséniste. Sous son abbatiat l’abbaye est un centre important de rayonnement janséniste. Orval est en rapports étroits avec l’abbaye de Port-Royal. Pierre Nicole se réfugie quelque temps à Orval. Son militantisme devient encombrant. Par prudence Bentzeradt lui demande de quitter son abbaye.

La crise éclate au grand jour lorsque, par la bulle Unigenitus (1713) Clément XI condamne le jansénisme. Une large partie de la communauté monastique d’Orval, une des plus grandes de l’ordre citercien, refuse de signer. Ils sont dénoncés à Rome ce qui provoque une visite canonique du monastère, ordonnée par le pape Benoit XIII. Jean-Mathieu Mommerts est abbé. À peine la visite canonique est-elle commencée, en septembre 1735, qu’une quinzaine de moines prennent la fuite, de nuit, et se réfugient auprès de l’évêque janséniste d’Utrecht, où ils forment une communauté ‘orvaliste’. On découvre qu’ils étaient en correspondance avec Pasquier Quesnel et Duguet et gardaient dans leurs cellules des reliques et objets appartenant aux Arnauld.

Leur départ apporte un dénouement à la crise. L’abbé Albert de Meuldre, successeur de Mommerts (1741), quelque peu sympathisant janséniste, doit démissionner en 1757. Celui qui lui succède, Dom Pinart, même si strict et rigide ramène la paix parmi les moines.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, Orval, située sur un cours d'eau au cœur d'une vaste forêt, peut développer une industrie sidérurgique exemplaire.

Au moment de la Révolution française, en 1793, les troupes du général Loison incendient l'abbaye et la communauté est dispersée: le monastère est l'un des lieux visés par les pillards. Avant d'y mettre le feu, en 1793 (les moines étaient réfugiés en lieu sûr), ils ont fouillé partout car, comme d'autres, ils ont entendu dire que les religieux avaient enterré de nombreux objets précieux... Des paysans ont juré avoir vu des hommes vêtus de la robe de bure enfouir, notamment, des calices et des ciboires en or.

Personnalités de l'ancienne abbaye[modifier | modifier le code]

Dépendance de l'ancienne abbaye[modifier | modifier le code]

Nouvelle abbaye[modifier | modifier le code]

Le site reste en ruine jusqu'en 1926, date à laquelle un moine de l'abbaye de la Trappe, Marie-Albert van der Cruyssen, entreprend le rétablissement de l'abbaye et la restauration des ruines. L'abbatiale actuelle est consacrée le 8 septembre 1948.

Nouvelle abbatiale (de 1948)

En ce début de XXIe siècle, le monastère a su devenir à la fois un lieu d'histoire remarquablement restauré, visité par des milliers de touristes chaque année et un lieu de recueillement. Un petit musée a été aménagé dans des caves anciennes, qui complète le parcours du visiteur dans les ruines. Une quinzaine de moines cisterciens-trappistes, toujours présents sur les lieux, accueillent des hôtes pour une retraite de quelques jours dans le silence de la forêt gaumaise.

Intérieur Du Musée

La brasserie[modifier | modifier le code]

En 1931, l'installation d'une brasserie au sein même de l'abbaye fut décidée afin d'aider financièrement à la construction du nouveau monastère. Actuellement et dans la tradition cistercienne, la communauté monastique consacre principalement à l'aide sociale les revenus liés à la vente de la bière sous le nom Orval. Il n'existe que onze brasseries trappistes au monde. Seule les bières brassées au sein d'une abbaye, sous le contrôle des moines cisterciens qui y vivent, ont le droit de porter cette appellation. Il y a une seule bière brassée à l'abbaye. Elle est ambrée de fermentation haute (6,2 % d'alcool) et se caractérise par un arôme et une amertume typiques.

L'histoire de la comtesse Mathilde[modifier | modifier le code]

Le nom de l'abbaye (Val d'or) et ses armoiries, représentant un ruisseau d'azur d'où sort une bague ornée de trois diamants, rappellent la légende selon laquelle Mathilde de Toscane, comtesse de Briey et protectrice de l'abbaye, aurait perdu dans une source son anneau nuptial. Attristée par cette perte, souvenir de son défunt époux, elle demande aux quelques soldats qui l'accompagnent de le récupérer, en vain. Cepdentant, alors qu'ils allaient partir, celui-ci lui aurait été miraculeusement rendu par une truite et la comtesse aurait souhaité que la contrée fût nommée « Val d'or ». C'est pour rappeler cette légende que le verre d'Orval est décoré d'un poisson tenant dans sa bouche un anneau doré.

Une autres version de la légende légèrement différente serait: "En 1076, une dame encore jeune, la comtesse Mathilde, duchesse de Toscane et tante de Godefroy de Bouillon, pleure son mari, Godefroy le Bossu, duc de Basse-Lotharingie. Mathilde se rend à Orval, un lieu alors isolé. Six ans plus tôt, des moines venus de Calabre ont débarqués non loin de là parce qu'ils fuyaient la guerre civile italienne. Ils ont frappé à la porte de l'archevêque de Trèves qui les a envoyés chez Arnould II, le comte de Chiny. C'est celui-ci qui a octroyé aux religieux des terres pour constuire une abbaye. Ils se sont mis d'emblée au travail. La comtesse Mathilde marche lentement dans les allées de leur propriété. Elle aperçoit une pièce d'eau, machinalement, y plonge la main droite et, quelques secondes plus tard, la retire. Elle sursaute en éprouvant un pincement au cœur: l'anneau en or a glissé de son doigt! Elle cherche, regarde partout, mais, hélas, aucune trace de l'objet. Une seule explication: l'anneau est tombé dans l'eau. Et Mathilde ne le distingue plus. Cette mésaventure peine particulièrement Mathilde. La bague était un cadeau deson défunt époux et l'ultime souvenir qu'elle possédait de lui. Désespérée, la comtesse prie la Vierge Marie. Elle a fermé les yeux. Lorsqu'elle les ouvre, Mathilde est stupéfaite: une truite a bondi de l'eau et tient dans sa gueule le précieux anneau! La dame récupère son bien, remercie le Ciel et s'exclame: « Vraiment, c'est ici un val d'or! ». C'est cette histoire de la truite er de la bague qui explique le logo des produits encore fabriqués aujourd'hui à l'abbaye. La réputation de la richesse d'Orval - nom prédestiné - a traversé les siècles."[1]

Galerie[modifier | modifier le code]

En littérature[modifier | modifier le code]

  • La bande dessinée Orval (Tome 1 [2009][2] et 2 [2010][3]), de Jean-Claude Servais, se passe dans l'Abbaye d'Orval. Les éditions intégrales en blanc et noir[4] et colorisées[5] sont complétées d'une annexe historique de 18 pages : Orval, histoire de l'abbaye par Marc Heyde.
  • La Prophétie d'Orval de Frédéric Kiesel[6]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph-Marie Canivez: L'ordre de Cîteaux en Belgique, Forges-lez-Chimay, 1926.
  • « Orval », dans Le patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie, vol. 21 : Province du Luxembourg, arrondissement de Virton, Editions Mardaga,‎ 1995 (lire en ligne), p. 142-151.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sources: Journal LE SOIR magazine du 2 juillet 2014, pages 42 et 43, article de Marc Pasteger.
  2. Chez Dupuis, 54 planches sortie le 7 novembre 2009 (978-2-8001-4458-0)
  3. Chez Dupuis, 54 planches sortie le 2 octobre 2010 (978-2-8001-4771-0)
  4. Chez Dupuis, 110 planches sortie le 9 octobre 2010 (978-2-8001-4788-8)
  5. Chez Dupuis, 116 planches sortie le 14 novembre 2012 (978-2-8001-5652-1)
  6. Éditions Racine, 2004 (EAN13 : 9782873863210)

Liens externes[modifier | modifier le code]