Abbatiale Sainte-Foy de Conques

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Abbatiale Sainte-Foy de Conques
Image illustrative de l'article Abbatiale Sainte-Foy de Conques
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbatiale
Rattaché à Ordre des Prémontrés
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style(s) dominant(s) Roman
Protection  Classé MH (1840, 2002)
 Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Ville Conques
Coordonnées 44° 35′ 57″ N 2° 23′ 53″ E / 44.599235, 2.39810344° 35′ 57″ Nord
       2° 23′ 53″ Est
/ 44.599235, 2.398103
  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbatiale Sainte-Foy de Conques

L'abbatiale Sainte-Foy de Conques est une église abbatiale située dans la commune française de Conques, dans le département de l'Aveyron.

Elle est considérée comme un chef-d'œuvre de l'art roman du sud de la France, et reste surtout célèbre pour son tympan et son trésor comprenant des pièces d'art uniques de l'époque carolingienne, dont la statue-reliquaire de sainte Foy. Depuis 1994 l'intérieur est décoré avec des vitraux de Pierre Soulages, un enfant du pays. Cette abbaye a été construite à partir de 1040 par l'abbé Oldoric à l'emplacement de l'ancien ermitage de Dadon (819), saint homme qui reçut faveurs et protection de Louis le Pieux, fils de Charlemagne et roi d'Aquitaine du vivant de son père[1].

L'abbatiale Sainte-Foy de Conques fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[2]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Sommaire

[modifier] Histoire

L'abbatiale Sainte-Foy, vue Ouest

L'édifice est commencé, entre 1041 et 1052, par l'abbé Odolric. Le chevet fut certainement achevé avant son décès en 1065. Ensuite, les travaux traînèrent quelque peu et la nef ne fut terminée qu'au début du XIIe siècle. Il est, en outre, possible que le monument fût modifié en cours de chantier. Ainsi, le chevet débute-t-il par une série de quatre chapelles échelonnées pour n'adopter qu'ensuite le système à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

Elle est construite suivant un plan en croix classique, mais à cause de la configuration du terrain (en pente) le transept est plus long que la nef. Les 2 tours de façade datent du XIXe siècle.

Sainte-Foy a été une des principales sources d'inspiration pour les églises romanes d'Auvergne.

Par son architecture, l'église abbatiale se rattache à une série de cinq édifices, Saint-Martin de Tours, Saint-Martial de Limoges, Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Jacques-de-Compostelle, tous situés sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques et présentant des caractéristiques communes : plan à déambulatoire et chapelles rayonnantes, transept pourvu de bas-côtés pour faciliter la circulation des pèlerins. Ces traits communs s'étendent également à l'élévation et au système de contrebutement.

[modifier] Le tympan de la façade principale

Au portail occidental de l'abbatiale Sainte-Foy, une profonde voussure en plein cintre abrite le tympan du Jugement dernier, l'une des œuvres fondamentales de la sculpture romane par ses qualités artistiques, son originalité et par ses dimensions.

Il représente le Jugement dernier, d'après l'Évangile selon Matthieu. Il comporte 124 personnages, l'ensemble est divisé en trois niveaux. Tout en haut dans les anges on peut voir deux anges sonneurs de cor, au centre trône le Christ en majesté, avec les élus à sa droite, au Paradis, et les damnés à sa gauche, en Enfer.

Le tympan

Derrière lui les anges portent la Croix et le fer de lance évoquant la Passion. Au niveau médian le cortège des élus est en marche vers le Christ, on peut reconnaître la Vierge Marie et Saint-Pierre (personnages nimbés), qui sont suivis par les personnages ayant marqué l'histoire de l'abbaye : l'abbé Dadon (son fondateur), Charlemagne (son bienfaiteur). Dessous, Sainte-Foy sous la main de Dieu, à côté des menottes des prisonniers qu'elle a libérés..

[modifier] L'intérieur

La nef

L'intérieur de l'abbatiale est très sobre, la voûte est très haute (22 m), le chœur est entouré d'un déambulatoire permettant aux fidèles de défiler autour des reliques de Foy d'Agen. Il est orné de superbes grilles datant du XIIe siècle. La sacristie est décorée de fresques du XVe siècle qui racontent le martyre de la sainte. Au fond du transept gauche, on peut admirer un haut-relief représentant l'Annonciation, sculpté par le même artiste que celui qui exécuta le tympan. Les vitraux de Pierre Soulages réalisés entre 1987 et 1994 en collaboration avec le verrier Jean-Dominique Fleury ajoutent un aspect contemporain à l'atmosphère sobre et recueillie de l'église.

Les chapiteaux constituent un exemple parfait de l'art roman. Le plus ancien de ceux-ci semble être celui de Saint Pierre crucifié la tête en bas. Des chapiteaux à entrelacs sont également présents. Il y a aussi des thèmes de combats entre cavaliers et hommes d'armes, peut-être liés aux croisades.

[modifier] Le cloître

Chapiteau sculpté du cloître

Au sud de l’abbatiale, subsistent quelques vestiges du cloître, rasé au XVie siècle, dont six baies géminées de la galerie occidentale. Il servit longtemps de réserve de pierres pour construire les maisons du village.
Au centre le bassin claustral de serpentine verte. Remontée et restaurée, cette grande fontaine, de 2 m 72 de diamètre, est dépourvue de sa vasque centrale. Sous la margelle, entre les colonnes décorées de motifs végétaux, animaux ou imaginaires, qui cernent le bassin, des atlantes ont été sculptés, des têtes encadrées par les bras et les mains qui soutiennent.
La construction du cloître par l'abbé Bégon III, à la charnière des XIe et XIIe siècles, entraîna à son tour une véritable floraison de chapiteaux. Dix-neuf d'entre eux restent en place dans la galerie occidentale ouvrant sur l'ancien réfectoire. D'autres se trouvent déposés au musée lapidaire. Un certain nombre ont disparu après la ruine et la destruction du cloître, vers 1830.
Depuis 1975, l'aire du cloître a été rétablie avec un chemin dallé par Bernard Fonquernie, architecte en chef et inspecteur général des Monuments historiques.

[modifier] Le trésor

Statue-reliquaire de Sainte-Foy Xe siècle). Trésor de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques

Exposée dans l'ancien réfectoire des moines, la section d'orfèvrerie religieuse est la plus complète collection d'orfèvrerie religieuse française, s'étalant du IXe au XVIe siècle, avec en particulier des reliquaires dus à des artistes locaux et datant du XIe siècle.

La pièce maîtresse du Trésor est la statue reliquaire de Sainte Foy, celle qui est à l'origine de la prospérité de l'abbaye et dont la relique a été volée à Agen. Datant du IXe siècle, elle est faite de plaques d'or et d'argent sur une âme en bois. Au cours des âges elle a reçu de nombreux bijoux.

Dans l'ordre de la visite (et chronologique des pièces), on peut ainsi admirer

  • le reliquaire hexagonal, assemblage de pièces différentes du VIIe siècle au XIIe siècle,
  • le reliquaire pentagonal, assemblage réalisé au XVIe siècle de fragments d'orfèvrerie datant du VIIe au XIIIe siècle,
  • le A de Charlemagne, que l'abbé Bégon III (1087 - 1107) a fait faire,
  • la châsse de Pépin, petit reliquaire qui comprend des éléments du IXe au XIe siècle avec quelques ajouts aux XIIe, XIIIe et XVIe siècles,
  • la plaque de la Crucifixion, découverte en 1954 sur la châsse de Pépin, date de la fin du VIIIe siècle,
  • la lanterne de Bégon, en forme de tombeau antique, date du XIe - XIIe siècle,
  • une Vierge à l'Enfant trônant de la fin du XIIIe siècle,
  • le reliquaire du Pape Pascal, portant une inscription qui indique l'abbé Bégon III comme commanditaire et le pape Pascal II comme donateur des reliques,
  • un triptyque-reliquaire de la seconde moitié du XIIIe siècle,
  • le bras reliquaire de saint Georges, un moine de Conques devenu évêque de Lodève en 877[3].

Le A de Charlemagne est en argent doré sur âme de bois, selon la tradition, l'empereur dotait chaque abbaye d'une lettre de l'alphabet, il aurait attribué la lettre A à Conques, signe de son excellence. Pour qu'ils soient visibles sur toutes leurs faces, la châsse de Pépin, le A de Charlemagne et la lanterne de Bégon sont présentés sur des socles tournants, commandés par le visiteur.

Ces trésors d'architecture et d'orfèvrerie auraient pu ne jamais arriver jusqu'à nous sans leur classement par Prosper Mérimée.

Le sauvetage du trésor pendant la Révolution. Par leur fragilité et surtout par les convoitises qu'ils n'ont cessés d'inspirer, rares furent les reliquaires et les objets sacrés d'or ou d'argent à avoir traversé les siècles sans encombre. C'est le privilège unique de Conques que d'avoir su garder, aux côtés de l'abbatiale romane, son trésor millénaire.

Pourtant, avec la Révolution française, le danger s'était fait des plus pressants. Le 15 février 1792, un arrêté du représentant en mission de la Convention dans le département de l'Aveyron annonçait : « Toutes les matières d'or, d'argent, de cuivre ou de bronze, de nature à être converties en monnaie, existant dans les églises, seront envoyées incessamment à la Monnaie de Toulouse. »

À Conques, sans doute en 1794, un véritable complot se prépare alors sous la conduite d'André Bénazech, prêtre réfractaire et ancien chanoine, avec l'aide d'hommes sûrs. À la faveur d'un orage, ils se dirigent de nuit vers l'église, munis de corbeilles, prennent les reliquaires et se les répartissent, avant d'aller les dissimuler chez eux. À l'arrivée des commissaires et des gendarmes venus d'Aubin, le chef-lieu du district, on mit le larcin sur le compte de chaudronniers ambulants. Malgré l'enquête, les choses en restèrent là.

Ce rapt fit un peu rire, car on y soupçonna vite quelque malice de Sainte Foy.

À la fin de la Révolution, le trésor sortit de ses rustiques abris (cheminées, séchoirs, jardins) pour retrouver sa place dans le chœur de la collégiale.

Que tout soit ainsi revenu ne constitue pas un moindre exploit, et l'honnêteté est certes tout à fait exemplaire ; mais plus encore, sans doute, la dévotion pour les reliques, exceptionnellement forte et vivace à Conques. Trouvant ce respect « malheureusement bien rare en France », Prosper Mérimée prenait pour cela « un vif plaisir à le rapporter. »

[modifier] Galerie photos

[modifier] Notes et références

  1. CONQUES de Claire Delmas et Jean-Claude FAU, Editions du Beffroi
  2. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00093999 » sur www.culture.gouv.fr.
  3. Descriptions et datations données par Claire Delmas, Conservateur des antiquités et objets d'art de l'Aveyron, in dépliant "Trésor de Conques", distribué aux visiteurs.

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • Jacques Dubourg, Les abbayes de Midi-Pyrénées, pp. 49-58, Éditions Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2009 (ISBN 978-2-8138-0020-6)

[modifier] Liens externes

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