François Hédelin

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François Hédelin

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François Hédelin, estampe (burin et eau-forte).

Nom de naissance François Hédelin
Activités Dramaturge
Naissance 4 août 1604
Paris
Décès 25 juillet 1676
Nemours
Langue d'écriture français
Genres tragédie

François Hédelin, connu en littérature sous le nom d'abbé d'Aubignac (Paris, 4 août 1604 - Nemours, 25 juillet 1676), est un dramaturge et théoricien français du théâtre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Claude Hédelin, avocat au parlement, et de Catherine Paré, fille du célèbre chirurgien Ambroise Paré, François Hédelin fut d'abord destiné au barreau. Après avoir achevé ses études, il exerça la profession d'avocat à Nemours, où son père avait acheté la charge de lieutenant général. Il abandonna bientôt le barreau pour l'état ecclésiastique et devint précepteur du duc de Fronsac, neveu du cardinal de Richelieu.

Peu de temps après, François Hédelin fut pourvu de l'abbaye Notre-Dame d'Aubignac (dont le nom lui est resté), située à Parnac, dans le diocèse de Bourges, puis de celle de Meymac (dans le diocèse de Limoges). L'élève, devenu majeur, fit à son maître une pension de 4 000 livres, pour laquelle d'Aubignac eut un procès à soutenir après la mort du duc, en 1646. Cette mort fut, pour l'abbé d'Aubignac, un coup de foudre qui lui fit perdre les pensées de la fortune et des plaisirs de la vie. Il continua cependant à s'occuper de littérature. Sur la fin de ses jours, il se retira à Nemours, où il mourut le 25 juillet 1676.

Querelles littéraires[modifier | modifier le code]

Il se livra à la littérature, et fut en relation avec les plus beaux esprits de son temps. Il a écrit quelques romans et tragédies (La Pucelle d'Orléans, Zénobie, Sainte Catherine, Erixène, Palène, Térence justifié). Il est principalement connu pour avoir édifié la règle des trois unités pour le théâtre classique et par ses querelles avec Pierre Corneille, dont il attaqua les tragédies, et avec Ménage. De part et d'autre, on publia des épigrammes et des brochures. Les épigrammes n'ont pas été recueillies ; les brochures subsistent encore. Il soutint un des premiers qu'Homère est un personnage chimérique, et que les poèmes qu'on lui attribue ne sont qu'un recueil de morceaux détachés.

Contre Ménage, il publie : Térence justifié, ou deux Dissertations sur la troisième comédie de Térence, intitulée : Heautontimorumenos, contre les erreurs de M. Gilles Ménage, avocat au parlement, Paris, 1656, in-4°. L'ouvrage contient la brochure publiée seize ans auparavant, sous le titre de Térence justifié, à l'occasion d'une conversation entre Ménage et d'Aubignac. Ce dernier, qui avait donné quelques conseils à Pierre Corneille, le vantait partout, et en fit l'éloge dans sa Pratique du Théâtre. Irrité de voir que, dans l'examen de ses tragédies, Pierre Corneille ne faisait nulle mention de lui, d'Aubignac se déchaîna contre ce grand homme, et, saisissant toutes les occasions de l'attaquer, il fit imprimer deux Dissertations concernant le poème dramatique, en forme de remarques sur les deux tragédies de M. Corneille, intitulées Sophonisbe et Sertorius, Paris, 1665, in-12. Corneille, alarmé, s'en plaignit hautement, et voulut faire arrêter l'impression. N'ayant pu en venir à bout, il engagea un de ses amis à publier les Défenses de la Sophonisbe et du Sertorius. L'abbé d'Aubignac y répliqua par ses Troisième et quatrième Dissertations concernant la tragédie de M. Corneille, intitulée Œdipe, et Réponse à ses calomnies, 1665.

Publications[modifier | modifier le code]

Quoique l'abbé d'Aubignac réponde directement à Corneille, il ne faut pas croire que celui-ci fut l'auteur de ses Défenses. Outre les ouvrages dont nous venons de parler, on en doit beaucoup d'autres à l'abbé d'Aubignac. Les principaux sont :

  • Traité de la nature des Satyres, Brutes, Monstres et Démons, in-8°, que quelques-uns attribuent à un autre François Hedelin, 1627 ;
  • la Pratique du Théâtre, 1657 ou 1669, in-4°. Les exemplaires sous ces deux dates sont de la même édition ; réimprimés en 1715 à Amsterdam, 2 vol. in-8°. Cette édition contient le Discours de Gilles Ménage sur l'Heautontimorumenos, et le Térence justifié. D'Aubignac travailla jusqu'à la fin de sa vie à retoucher la Pratique du Théâtre et y ajouta un chapitre entier sur les discours de piété dans les tragédies. On le trouve dans la Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire donnée par le P. Desmolets, t. 6, p. 210. L'auteur avait retranché de son livre tous les endroits où il parle de Corneille. « La Pratique du Théâtre, dit La Harpe, est un lourd et ennuyeux commentaire d'Aristote, fait par un pédant sans esprit et sans jugement, qui entend mal ce qu'il a lu, et qui croit connaître le théâtre, parce qu'il sait le grec. »
  • Zénobie, tragédie en prose, 1647, in-4°. Cette pièce est la seule que l'auteur ait donnée au théâtre. Les auteurs qu'il avait repris dans sa Pratique du Théâtre furent ravis de trouver cette occasion de le critiquer. Ils lui reprochèrent que les règles qu'il avait données lui étaient infructueuses, et, comme il se vantait d'être le seul qui eût suivi les règles d'Aristote, le prince de Condé dit un jour « qu'il savait bon gré à l'abbé d'Aubignac d'avoir si bien suivi les règles d'Aristote ; mais qu'il ne pardonnait pas aux règles d'Aristote d'avoir fait faire une si mauvaise tragédie à l'abbé d'Aubignac. »
  • Macarise, ou la Reine des îles Fortunées, 1664, 2 vol. in-8°. C'est sur cet ouvrage que Richelet, qui l'avait d'abord loué et qui ensuite se brouilla avec d'Aubignac, fit ces quatre vers qu'il lui envoya :
Hédelin, c'est à tort que tu te plains de moi,
N'ai-je pas loué ton ouvrage?
Pouvais-je faire plus pour toi
Que de rendre un faux témoignage ?
  • Histoire du temps, ou Relation du royaume de Coquetterie, in-12, 1654, 1655, 1659. Cette dernière édition est augmentée d'une Lettre d'Ariste à Cléon contenant l'apologie de l' Histoire du temps.
  • Essais d'éloquence : il n'y a qu'un volume d'imprimé.
  • Discours au roi, sur le rétablissement d'une seconde académie dans sa ville de Paris, 1664, in-4°. L'abbé d'Aubignac, qui rassemblait chez lui un certain nombre de beaux esprits, demandait le titre d'académie royale pour cette société. Malgré la protection du dauphin, ce Discours ne produisit aucun effet. Aucun des ouvrages de l'abbé d'Aubignac n'est lu aujourd'hui, malgré ce jugement de Chapelain : « C'est un esprit tout de feu, qui se jette à tout, et qui se tire de tout, sinon à la perfection, au moins en sorte a qu'il y a plus lieu de le louer que de le blâmer. Il prêche, il traite de la poétique, il fait des romans profanes et allégoriques. On a vu des comédies de celui-ci et quelques sonnets assez approuvés. Il a pour tout cela une grande érudition, et son style n'est pas des pires. » Dans les Mémoires de littérature de Sallengre, on trouve un article très curieux sur la vie et les ouvrages d'Aubignac.
  • Dissertation sur la condamnation des Théâtres, 1666
  • Conjectures académiques sur l'Iliade, 1715.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Ses tragédies et ballets sur le site CÉSAR

« François Hédelin », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]

Liens internes[modifier | modifier le code]