Abaye

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Abaye (judéo-araméen : אַבַּיֵּי « petit père ») est l’un des docteurs du Talmud babylonien les plus éminents de la quatrième génération. Directeur de l’académie talmudique de Poumbedita, disciple de Rav Yossef et Rabba, rival académique de Rava, il marque profondément de son empreinte le Talmud, développant de longues discussions sur de grands et moins grands détails.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Nahmani ben Kaylil, naît en 278 EC. Par son père, il descend du prêtre Eli dont les fils, maudits pour avoir profané le Nom divin, meurent ainsi que leur engeance avant leur temps. Son père meurt avant sa naissance et sa mère ne survit pas à l’accouchement. L’orphelin est recueilli, élevé et éduqué par son oncle Rabba bar Nahmani, directeur académique de Poumbedita, qui, ne pouvant se résoudre à appeler l’enfant comme son propre père, l’affuble du surnom Abaye qui signifie selon l’explication la plus courante « petit père » ou serait l’acronyme d’Asher bekha yerou'ham yatom (אֲשֶׁר-בְּךָ יְרֻחַם יָתוֹם « Car c’est par toi que l’orphelin est pris en pitié » - Osée 14:4). Abaye est également pris en charge par une mère adoptive, peut-être une domestique de la maison de Rabba, qui lui transmet de nombreuses recettes et conseils diététiques.

S’affairant tant à la Torah qu’aux bonnes œuvres, Abaye parvient à l’âge relativement avancé pour sa famille de 60 ans. Sa vie est laborieuse et à l’image de Rabbi Yehoshoua, il charme par sa sagesse les gens que sa laideur repousse, étudiant la Torah au terme de journées harassantes de labeur de terres ingrates.

Il fit ses études auprès de son oncle et de Rav Yosseph bar Hama à la Yeshiva de Pumbedita, et devint rapidement maître tant dans l'étude que dans l'enseignement de la Torah. Il y fit aussi la connaissance de Rava, qui, selon une vieille habitude des Sages d'Israël devint son plus farouche contradicteur en même temps que son plus cher ami.

Les "disputes" entre Abaye et Rava (Havayot de Abaye veRava) sont devenus le prototype des joutes dialectiques tant sur des grands que sur des détails, voire ce qu'Anouar el-Sadate appellerait (quelques dizaines de siècles plus tard) des "anicroches talmudiques", et sont tellement importantes pour la connaissance talmudique qu'un autre anachronisme relaté sans Soukka 28a nous apprend que Rabban Yohanan ben Zakkaï, disciple d'Hillel et fondateur de l'école de Yavne, connaissait toute la Halakha "jusqu'au débats d'Abaye et Rava".
Bien qu'Abaye détienne une indéniable maîtrise dans l'analyse dialectique des sentences halakhiques, Rava le surpassa et les opinions de Rava l'emportèrent sur celles d'Abaye sauf en six exceptions.

Abaye devint directeur de la Yeshiva de Pumbedita à la mort de ses maîtres.
Il n'était jamais aussi heureux que lorsqu'un de ses disciples complétait l'étude d'un traité mishnaïque. En ces occasions, il organisait un grand festin, bien que ses moyens fussent réduits et que le vin n'apparaisse jamais sur la table (Traité Shabbat 118b).

Il défendit le livre de l'Ecclésiaste contre son maître Yosseph bar Hama (l'Ecclésiaste n'ayant donc pas encore été inclus dans le canon biblique à cette époque). En citant un nombre de passages extraits du livre, il montra qu'il ne s'agissait pas d'un livre hérétique, et fit même admettre à son maître que ces citations pourraient avantageusement servir à des visées homilétiques (Traité Sanhédrin 100b). Par la suite, l'Ecclésiaste est devenu la lecture privilégiée à Soukkot.

Il serait décédé en 338.

Références[modifier | modifier le code]