Abattage d'un arbre

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L'abattage d'un arbre consiste à le couper à la base pour provoquer sa chute et ensuite permettre le retrait du site et son exploitation. Il s'agit d'une étape importante de l'exploitation forestière.

Dès que l'arbre est d'un certain volume ou hauteur, l'opération requiert une personne expérimentée - un bûcheron - en particulier apte à déterminer la chute au meilleur endroit et en sécurité.

Historique[modifier | modifier le code]

Les haches et scies ont constitué le seul moyen d'abattage jusqu'à l'invention de la tronçonneuse en 1926. Les abatteuses sont apparues à la fin du XXe siècle.


Période d'abattage[modifier | modifier le code]

En zone tempérée, l'abattage des résineux se fait indifféremment toute l’année. En revanche, pour les feuillus, sont préférées les périodes hors sève, c'est-à-dire en automne ou en hiver. En effet, ces conditions présentent plusieurs avantages :

  • l'absence de feuilles diminue la prise au vent et rend l’ébranchage plus facile ;
  • le bois est moins sensible aux attaques des parasites, ces derniers étant moins virulents par temps froid ;
  • la teneur en eau étant plus faible, les coûts en termes de transport sont moins élevés et le temps de séchage plus court.

Cependant, les grumes feuillues sont de plus en plus souvent abattues toute l'année[réf. souhaitée].

En zone tropicale humide, où la forêt est sempervirente, la période d'abattage est déterminée par l'accessibilité. En particulier dans les endroits marqués par une alternance de saison sèche et de saison des pluies, l'abattage est privilégié en saison sèche.

Abattage manuel[modifier | modifier le code]

L'abattage manuel se fait au moyen de divers outils : tronçonneuses, machettes, scies ou haches.

Avant l'abattage proprement dit, la base de l'arbre doit être débarrassée de la végétation et autres matières risquant de gêner la coupe ou de la rendre dangereuse. Éventuellement, le bucheron pratique l’égobelage, c'est-à-dire enlève les contreforts parfois observables à la base des troncs (surtout présents chez les essences tropicales). Cette première réduction de la section du tronc permet ensuite un meilleur contrôle de la direction de chute. Celle-ci une fois choisie, une entaille dite de direction doit être pratiquée avec précision de ce côté de l'arbre : un premier trait de scie - appelé plancher - est opéré horizontalement ; le second trait (appelé plafond) doit former avec le plancher un angle compris entre 30 et 45° et aboutir à une entaille comprise entre 1/3 et 1/5 du diamètre de l’arbre. Dans le cas d'arbres de petite circonférence, l’entaille de direction est remplacée par un simple trait de scie.

La chute s'obtient par le trait de chute ou trait d’abattage à l’opposé de l’entaille de direction et un peu plus haut que le plancher de l’entaille, une charnière se formant ainsi dans les derniers instants et participant au contrôle de la chute en direction et du déplacement horizontal du tronc.

Dans le cas de spécimens de très gros diamètre, on peut conserver une patte de retenue à l'arrière du trait d'abattage. Celle-ci n'est coupée qu'une fois la charnière faite, afin de maîtriser parfaitement le moment de la chute de l'arbre.

Abattage mécanisé[modifier | modifier le code]

Harvester récoltant du bois de résineux.

Dans les zones accessibles aux machines et dans le cas d'arbres aux troncs rectilignes et ne comportant que des branches faciles à élaguer, l'abattage peut être réalisé à l'aide d'engins spécialisés.

Ce type d'abattage est particulièrement adapté aux grands espaces de plaine avec des peuplements de résineux, de bouleaux, en particulier dans les zones boréales (Canada, Europe du Nord). Il est également utilisé pour les peupliers et a tendance à s'adapter pour être utilisable pour les taillis de feuillus de zone tempérée.

Les arbres de très gros diamètre, même rectilignes et non branchus, ne peuvent pas être abattus avec ce type de machine. On a ainsi recours à l'abattage manuel pour les futaies matures ou les forêts tropicales.

Les machines sont des tracteurs ou des grues équipés d’un bras portant une tête d’abattage. Avec les abatteuses-ébrancheuses-billonneuses (harverster en anglais), il s'agit de têtes élaborées qui permettent l'abattage, l’ébranchage et l'action de billonner dans une seule manœuvre et manipulation : la tête assure d'abord la préhension de l’arbre ; la scie coupe la base de l’arbre qui est aussitôt disposé parallèlement au sol avant que la tête n'effectue un aller-retour sur toute la longueur, une fois pour ébrancher, une fois dans l'autre sens en billonnant le tronc. L’opérateur peut utiliser l'ordinateur de bord pour obtenir des billons correspondant en longueur et circonférence aux attentes des clients.

Dessouchage[modifier | modifier le code]

Dessouchage mécanique montrant les racines qui ancrent la souche dans le sol.

Le dessouchage peut se faire de deux façons :

  • mécaniquement à l'aide d'une pelleteuse ou de traction animale.
  • chimiquement : on parle alors de dévitalisation qui vise à dévitaliser une souche d'arbre pour l'empêcher de produire des rejets. Une méthode courante consiste à percer des trous d'une dizaine de centimètres de profondeur à l'aide d'un gros foret, puis d'y déverser du chlorate de soude ou un produit à base de sulfate d'ammonium jusqu'à ras bord. La dévitalisation complète dure plusieurs mois, car il est nécessaire que le produit se diffuse jusqu'aux racines.

De nombreux produits chimiques sont vendus ou ont été vendus pour cet usage, mais nombre d'entre eux (dont parmi les produits homologués) sont toxiques pour une ou plusieurs espèces. Dans la plupart des pays, une réglementation encadre l'usage des biocides ou le dessouchage chimique (au moins en forêt).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]