Abandon d'enfants

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L’abandon d'enfants peut prendre plusieurs formes, parfois régulées comme c'est le cas pour les safe-haven laws (en) dans certains États des États-Unis, qui permet à la mère d'accoucher à l'hôpital et en toute légalité, réduisant ainsi les cas de mortalité infantile. En ce cas, l'abandon d'enfants hors de cette procédure est souvent pénalisée.

Certains pays du Maghreb, dont le Maroc[1] et l'Algérie, tolèrent la pratique de l'abandon d'enfants, et ont mis en place des formes d'accouchement sous X, sans que celles-ci ne soient officialisées ; au Maroc[2], ceci va de pair avec une criminalisation de la mère, assimilée à une prostituée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Historiquement, de nombreuses cultures de l'Antiquité ont pratiqué l'abandon des nouveau-nés, la mythologie gréco-romaine et les écritures hébraïques évoquent souvent une forme de cet abandon appelé exposition de l'enfant (en) pour des personnages illustres[3]. La Patria Protestas romaine de droit de vie et de mort du père sur les enfants est abolie en 374, la loi impériale « Lex Pompeia de parricidis » interdisant l'exposition des enfants[4].

En France, l’exposition des enfants aux portes des églises remonte au IVe siècle. Le premier asile pour enfants est fondé par l’évêque d’Angers au VIIe siècle[5].

En Europe, au XVIe siècle, l'abandon tombe en désuétude avec l'institutionnalisation (par l'État, l'Église, telle la Maison de la couche fondée en 1638 par Vincent de Paul) du recueil des enfants. À partir du XVIIIe siècle, la mise en place des tours d'abandon (présentes en Italie dès le XVe siècle) permet aux mères d'abandonner leurs enfants dans des lieux sûrs[6]. Au début du XIXe siècle, la philanthropie catholique envoie des orphelins, jeunes délinquants ou enfants abandonnés dans des colonies agricoles placées non loin des colonies pénitentiaires. Au milieu du XIXe siècle, 25 à 30 000 enfants sont abandonnés par an en Europe, plus de trois millions d’enfants sont « exposés » par les français, trois ou quatre fois plus à l’échelle continentale entre 1750 et 1950[7].

L'Assistance publique créée sous la Troisième République place les enfants essentiellement en campagne dans des familles d'accueil rurales, nombreuses, rétribuées pour ce service. Une évolution notable en France a lieu avec la procédure d'adoption promulguée par le décret-loi du 1939-07-2929 juillet 1939[8] du Code de la famille (légitimation adoptive permettant de rompre avec la famille d'origine) qui a pour effet de confier l'enfant abandonné à un couple sans enfant, citadin et riche[9].

Il existe depuis quelques années dans certains pays européens (Hongrie, Suède…) des "boîtes à bébés" (Babyklappen en Allemagne) installés auprès de certains établissements de santé pour les enfants. Les enfants qui auraient pu être déposés dans la rue, voire tués, peuvent y être déposés en toute discrétion dans une de ces boîtes conçues comme des couveuses. 400 enfants auraient été ainsi récupérés ces dernières années[10].

Causes[modifier | modifier le code]

Ce phénomène d'abandon s'explique par plusieurs causes, tenant soit à l'incapacité économique de la mère de subvenir à ses besoins, soit à des raisons psychologiques, soit à des raisons d'ordre social tenant par exemple au stigmate frappant les enfants naturels, nés hors-mariage.

Les raisons de l'abandon en France : grossesse issu d'un viol, pauvreté, parents biologique sdf, le très jeune âge des parents biologiques, la découverte d'un handicap de l'enfant pendant la grossesse, la religion.

Autres raisons : la maltraitance, l'enfant sera alors retiré à sa famille biologique.

Solutions[modifier | modifier le code]

  • foyer pour enfants ;
  • placement en famille d'accueil ;
  • adoption dans une nouvelle famille avec création de liens de filiation.

La plupart des enfants adoptables en France ne sont pas orphelins. Leur familles biologique ne pouvant prendre soin d'eux, l'adoption est une solution pour trouver une famille à l'enfant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis juin 2011, le gouvernement marocain subventionne l'accouchement à l’hôpital à raison de 50 MAD, et ce afin de limiter les accouchements à domicile et réduire les taux de mortalité infantile. Source : http://santemaroc.byethost9.com
  2. Voir entre autres le Dahir portant loi no 1-93-165 du 22 rebia I 1414 (10 septembre 1993) relatif aux enfants abandonnés ; Bulletin officiel, no 422 - 27 rebia I 1414 (15-9-93), p. 479; loi réformée en 2002 par la Loi 15-1 relative à la prise en charge des enfants abandonnés promulguée par le dahir no 1-02-172 du 13 juin 2002, Bulletin Officiel no 5036 du 15 septembre 2002.
  3. Pierre Brulé, « L’exposition des enfants en Grèce antique : une forme d’infanticide », Enfances & Psy, no 44,‎ mars 2009, p. 19-28
  4. Paul Vasseur, Protection de l'enfance et cohésion sociale du IVe au XXe siècles av. J.-C., L'Harmattan,‎ 1999, p. 17-23
  5. Myriam Provence, Les enfants abandonnés et les enfants naturels : Histoire, sources méthodes de recherche
  6. Paul Vasseur, op. cité, p. 97
  7. Jean-Pierre Bardet, « L'enfant abandonné au cœur des interrogations sociales », Histoire, Économie et Société, vol. 6, no 3,‎ 1987, p. 292
  8. Décret-loi du 1939-07-2929 juillet 1939 relatif à la famille et à la natalité française.
  9. Ivan Jablonka« Assistance et adoption », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 24 octobre 2012
  10. Reportage « enquête sur les boîtes à bébés hongroises » dans l'émission de TF1, "Sept à huit", 26 août 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]