Abés

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Abbey[1]

Populations significatives par région
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 580 000
Autres
Régions d’origine

Ghana du groupe Ashanti

Langues

abé

Religions

christianisme

Les Abés ou Abbeys ou Abbays, ou Abès sont un peuple de Côte d'Ivoire représentant environ 2,8 % de la population du pays[2] (soit plus de 580 000 personnes[1]. sur 21 millions d'habitants de Côte d'Ivoire, année 2011.

Les populations Abbeys ou Abés (ou Béssouffouè en langue Baoulé) sont composées de plusieurs fractions (Abé proprement dit, Abè-N'Damé, Abé-évé, Abé-Krobou, Abéanou issu du métissage entre Agba et Abé, Abé-Dida et aux Abidjis et aux Mbattos, ethnies dérivées de l’Abbey, Abbey-M'bochi). Les Abés furent les guerriers de l'aile gauche de l'armée de la Reine Pokou. Les Abés sont inclus dans le groupe akan, qui comprend également les Ashanti, originaires comme elles du Ghana, d’où elles migrèrent entre le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle vers la Côte d’Ivoire.

Ils vivent essentiellement dans la région d’Agboville, à 79 km au nord d’Abidjan.

Historique du peuplement[modifier | modifier le code]

D’après la légende, les Abbeys, originaires du Ghana, seraient les descendants des Agoua que les Agnis Brafe, N’Denié et Moronou auraient trouvés sur le chemin pendant leur exode Côte d’Ivoire.

Une thèse non encore soutenue parle d'un trajet du Bénin vers le Ghana puis la Côte d'Ivoire : « Le roi Behanzin envoya les Abbeys à la recherche de l'ivoire ; ceux-ci furent alors arrivés au Ghana pour la mission. Ils continuèrent enfin leur exode en Ivoire-de-Côte pour s'y installer définitivement. » L'onomastique des Abbeys, leur langue et leur culture sont proches de celles de leurs cousins Ashantis, Béninois et Togolais voisins.

refsou|Le premier ancêtre des Abés serait Kery-Kery. Après le règne Kery-Kery, son fils Attobra lui succéda. Celui-ci fut à son tour remplacé par son fils Kouassan dont les successeurs furent Kery-Kery Abobia et Akossou. Modèle:Sources: archives, publications

C’est pendant le règne d'Akossou que les Abbeys, menacés par leurs voisins, les Konogos et les Ashantis, décident de quitter le Ghana pour des terres paisibles. Leur exode fut conduit, probablement vers le XVIIIe siècle, par Patchibo, fils d’Akossou et de Nana Yah Abobia. Les Abbeys franchissent la Tanoé, puis le Comoé et s’arrêtèrent entre Adzopé et Agboville, où Patchibo créa le village Douda, appelé aujourd’hui Grand-Morié.

Poursuivant son chemin, Patchibo alla installer son peuple à une quinzaine de kilomètres de l’Agnéby, pour créer le village Allahin connu aujourd’hui sous le nom de Loviguié.

À partir de Douda et Allahin, les Abbeys repoussèrent les Attiés, leurs voisins de l’Est. C’est ce qui explique l’existence de villages Abbeys dans la Sous-Préfecture de Bingerville.

Ils évoluèrent également vers l’Ouest, du côté du fleuve Bandama. C’est ce qui justifie la présence de plus de huit villages Abbeys dans la Sous-Préfecture de Tiassalé.

L'histoire raconte également que d’autres Abbeys, partis du village de Douda, se seraient installés au-delà de Tiassalé pour former les Didas au centre-ouest de côte d'ivoire. Ce sous groupe Didas a passé une alliance indéniable, inamovible et immortelle dont la nature s'appelle toukpè qui veut dire alliance de paix. Ce qui expliquerait le souvenir de cette séparation ethnique. Modèle:Sources: archives, publications

Rois des Abbeys[modifier | modifier le code]

D’après certains renseignements, le roi Akossou, père de Patchibo et mari de Nana Yah Abobia fut puissamment aidé par son beau-père Miezan, chef de village de Konou, dans sa lutte contre les Konogos et les Ashantis.

En contrepartie de cette aide, Miezan demandera que la succession du trône Abbey soit désormais dévolue de père en fils et non plus d’oncle à neveu, comme le prescrivait la coutume afin que soit perpétuée la mémoire de sa fille. C’est depuis ce temps qu’en pays Abbey, le fils hérite du père.

Ainsi, le roi Ossohou succéda à son père Patchibo, mais après sa mort, l’ordre de succession fut compromis.

En effet, la reine Akoua, l’épouse du roi Ossohou, perdant ses enfants peu après leur naissance, il fut décidé pour conjurer ce mauvais sort, de vendre le petit N’Takpé pour un sou, conformément à la coutume. Certes, N’Takpé fut il rendu aussitôt à sa mère mais après avoir changé de nom (nom suggéré par un étranger dahoméen qui serait de passage dans le village), pour s’appeler désormais Obodji Soboa, qui veut dire en Abbey ou dans une ethnie proche du Dahomey "actuel Benin" « joli garçon prévoyant ».

Lorsque les Abbey s’insurgèrent contre l’autorité française, le roi Ossohou, après avoir vraiment tenté de faire entendre raison à ses sujets, se réfugia dans le camp des Européens et leur offrit son fils Obodji Soboa, alors âgé de 35 ans environ, comme guide des soldats. Celui-ci joua son rôle à la satisfaction des Français, si bien qu’après la victoire, ils le nommèrent chef supérieur des Abbey.

À la mort du roi Ossohou, Monso, fils aîné, qui selon l’ordre normal de la succession, devrait prendre la place, se désista en faveur de son jeune frère, sa majesté Obodji Soboa, dont l’influence en tant que chef supérieur était déjà certaine.

Obodji Soboa accepte le trône et eut un brillant début de règne, avant de sombrer.

En effet, fait chevalier de la Légion d’honneur le 16 janvier 1927, puis officier le 31 décembre 1932, il fut plus tard déchu de ses fonctions en 1944, du fait d’une longue maladie.

Toutefois, son souvenir reste encore vivace, à cause de ses premières chaussures, des sandalettes en pneu d’auto, connues sous le nom « d’Abodjé ».

Durant l’indisponibilité d’Obodji Soboa, son intérim était assuré par François M’Bassidjé, le premier notable dans l’ordre de préséance. C’est ce dernier qui succéda à Obodji Soboa.

Ainsi, pour la première fois dans l’histoire des Abbey, la succession au trône fut dévolue à une personne étrangère à la famille princière.

Après avoir joué son rôle de chef supérieur des Abbey à la satisfaction de tous, François M’Bassidjé est mort le 19 mai 1971.

La succession aurait dû revenir à Alexandre Gbagba qui, durant l’absence de M’Bassidje, avait assuré son intérim, si avec notre accession à l’indépendance, il n’avait pas été décidé de mettre désormais fin au remplacement des chefs coutumiers décédés, en dehors des chefs de village.

La révolte de 1910[modifier | modifier le code]

Durant la période coloniale, une révolte laminaire du peuple Abé en janvier 1910 (début 1905, fin 1918), conduit à la déportation de plusieurs ressortissants de ce groupe ethnique vers la Centrafrique et le Congo-Brazzaville. En effet, las des excès commis par les colons dans le cadre du portage, du travail forcé et des injustices dont ils sont constamment victimes (confiscation d’armes juste après le versement des lourdes taxes requises pour leur transport, actes arbitraires, piétinement de la dignité humaine etc.), les Abés se révoltent. Ils sont laminés sans pitié par environ 1 400 tirailleurs venus du Sénégal non sans avoir eu à décapiter un commandant français du nom de Rubino[3].

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent l'abé, une langue kwa.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le peuple abbey se retrouve dans les départements préfectoraux Agboville, Azaguié, Rubino, Grand Morié, Loviguié, Wahin, Guessiguié, Ottopé, Offoumppo, Grand-Yapo, Attobrou, Blida etc, puis autour d'Abidjan dans la sous-préfecture de N'douci, Tiassalé, Sikensi, Bingerville, Lakota, Divo, autour de M'Babakro, d'Ouellé, d'Ananda Koidiokro etc. Le pays Abbey est subdivisé en cantons qui sont : le canton Tchoffo, le canton Morié, le canton Abbey-évé (les évé sont aussi au Ghana, au Bénin et Togo), et le canton kos (khos) et une 6e subdivision indéniable et historiquement admise : les Toupkès ou Didas, les Ega. Ce peuple abbey fait partie du grand groupe Akan et comptant au total avec toutes ses subdivisions un peu plus de 1 millionpersonnes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James Stuart Olson, « Abé », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 3-4 (ISBN 978-0-313-27918-8)
  • (fr) Guy Cangah et Simon-Pierre Ekanza, « Le soulèvement des Abbey » in La Côte d'Ivoire par les textes : de l'aube de la colonisation à nos jours, Nouvelles Éditions Africaines, Abdidjan, 1978, p. 105-106 (ISBN 978-2-7236-0521-2)
  • (fr) Jean-Louis Chaléard, Structures agraires et économie de plantation chez les Abé : département d'Agboville – Côte d'Ivoire, Université de Paris-Nanterre, 1979, 529 p. (thèse de 3e cycle)
  • (fr) Gérard Dumestre et Laurent Duponchel, Proverbes de Côte d'Ivoire : fascicule 1 : Proverbes abé et avikam, Université d'Abidjan, Institut de linguistique appliquée, Abidjan, 1972, 122 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Abbey 1 et Abbey 2 (documents audio ONUCI sur les Abbey diffusés le 14 août 2008, à écouter en ligne)