Aavo Pikkuus

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Aavo Pikkuus
Image illustrative de l'article Aavo Pikkuus
Aavo Pikkuus (à droite), avec Hans-Joachim Hartnick, lors de la Course de la Paix en 1977
Informations
Nom Aavo Pikkuus
Date de naissance 22 décembre 1954 (59 ans)
Pays Drapeau de l'URSS Union soviétique
Principales victoires
médaille d'or, Jeux olympiques Champion olympique du contre-la-montre par équipes
Drapeau arc-en-ciel Champion du monde du contre-la-montre par équipes
Course de la Paix (1977)
Maillot de l'URSS Champion d'URSS sur route (1974, 1975, 1976, 1977)

Aavo Nikolaievitch Pikkuus (né le 22 décembre 1954 à Tartu, Estonie) est un coureur cycliste soviétique. Il a notamment été champion olympique et champion du monde du contre-la-montre par équipes, et vainqueur de la Course de la Paix en 1977.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vainqueur de la Course de la Paix "à la Jacques Anquetil"[modifier | modifier le code]

Cheveux blonds, fine moustache au-dessus des lévres, "yeux de porcelaine", "balte à l'âme slave", "romantique aimant la musique douce et le ronflement des moteurs de formule 1 et gros cubes", tels sont les mots qui introduisent en 1977 dans le magazine Miroir du cyclisme la présentation du vainqueur de la XXXe Course de la Paix[1]. Le journaliste Émile Besson est subjugué. Il titre son papier de 4 pages:Aavo Pikkuus vainqueur à la … Jacques Anquetil ! Le coureur soviétique vient de remporter l'épreuve phare du cyclisme amateur en s'emparant du maillot de leader au soir de la première étape, un contre-la-montre à Varsovie, le 8 mai 1977, et en le conservant jusqu'à Prague, terme le 21 mai de cette compétition. Besson, "poulidoriste" notoire, rappelle qu'au récent Circuit de la Sarthe Pikkuus, vainqueur final a construit son succès en triomphant lors de l'étape contre-la-montre d'un certain Raymond Poulidor, distancé de 41 secondes.
Alors que Serguei Soukhoroutchenkov est encore inconnu, au mitan des années 1970, Aavo Pikkuus symbolise la renaissance du cyclisme soviétique. Après 11 années de déboires et de défaites un coureur soviétique renoue avec la victoire au classement individuel de l'épreuve plcée sous le signe de la colombe de la Paix. Pour le coureur c'est, à l'âge de 22 ans et demi, le sommet d'une carrière précoce.

Soviétique et balte[modifier | modifier le code]

Né à Tartu, une des quatre villes importantes du plus nordique des Pays baltes, Aavo Pikkuus est fils de la petite classe moyenne locale. Son père est charpentier, sa mère tient un magasin d'optique[2]. La crainte des parents est que le jeune Aavo, qui porte cheveux longs, ne devienne « hooligan ». Il est âgé de 14 ans, rêve de motos et d'autos de Grands prix, idolâtre Juan Manuel Fangio et Agostini, est « maigre comme un chat de gouttière », lorsque le hasard lui fait monter… un vélo de course. Les dirigeants du club Dynamo de Tartu[3] le remarquent vite et forts de ses résultats (Aavo est champion d'Estonie dès 1972) l'orientent vers Viktor Kapitonov. Celui-ci l'intègre dans l'équipe de l'URSS qu'il aligne en 1974 dans la Course de la Paix. Le jeune balte est âgé de 19 ans et demi. Le soir du deuxième jour de course, il porte le maillot de leader… et avait été repéré, la veille[4], par un des journalistes suiveurs régulier de la Paix: « il faut accorder une attention particulière au jeune soviétique Aavo Pikkuus. Ce garçon de la République d'Estonie n'a que 19 ans et est l'un des benjamins de la course. Il n'a perdu l'étape[5] que de 8 secondes, avec un pneumatique arrière complètement à plat ». Pikkuus ne garde la tunique de leader que 3 jours, termine la course à la 5e place, mais est devenu le prototype de la jeune génération des coureurs de l'URSS. Son seul problème est une certaine allergie aux routes montagneuses. Ayant fait connaissance des routes montueuses lors d'un Tour de Cuba, il avoue : « en vérité j'ai trouvé que la montagne est belle, vue d'en bas ». Sélectionné dans l'équipe soviétique pour le Tour de l'Avenir 1978, une chute l'élimine prématurément. Il n'est pas sur qu'il ne se soit pas acclimaté aux pentes. En 1977 son succès dans la Course de la Paix s'était accompagné de sa victoire dans le prix de la montagne. Les monts de Bohème traversés cette année-là ne sont pas les Alpes, mais pas non plus la plaine russe.

Champion olympique des 100 km contre-la-montre par équipes[modifier | modifier le code]

À partir de l'année 1975, gaillard efficacement taillé pour ce style d'épreuve, avec son 1,78 m et ses 76 kg, il est membre titulaire du quatuor soviétique dans les compétitions mondiales contre-la-montre par équipes. Médaille d'argent en 1975 et 1978, il est médaillé d'or aux Jeux olympiques de Montréal, et Champion du monde en 1977.

La reconversion[modifier | modifier le code]

Aavo Pikkuus est un des plus populaires champions cyclistes de l'Union soviétique. Viktor Kapitonov doit composer avec le caractère du champion, mais ne se risque pas à l'écarter des sélections soviétiques dont Pikkuus est un élément clé jusqu'en 1981. Mais c'est en Estonie qu'il devient un personnage national. En 1974, il se voit attribuer le titre de sportif estonien de l'année, toutes disciplines confondues. Ce titre honorifique lui est renouvelé 4 fois jusqu'en 1978, fait jamais égalé à ce jour. Il n'est que de constater le nombre d'occurrences que son nom ouvre sur les sites internet de la petite République balte pour mesurer la popularité de l'ancien champion. Marié, père de quatre enfants, mis en avant par le Comité olympique estonien, comme la championne de la piste Erika Salumae, les ennuis judiciaires et financiers, les problèmes de santé du héros sportif font la une de la presse.

Pilote de rallye automobile[modifier | modifier le code]

Aavo Pikkuus met fin à sa carrière cycliste à la fin de la saison 1981. Il devient pilote de rallye, terminant 4e d'un Championnat d'URSS[6]. Il arrête le pilotage après une douzaine d'années et devient organisateur et promoteur de rallye en Estonie[7].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Autres classements[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Miroir du cyclisme, N° 233, juin 1977
  2. Présentation par lui-même d'Aavo Pikkuus, dans l'aricle cité ci dessus.
  3. L'entraineur de l'équipe cycliste du Dynamo de Tartu est Rein Kirsipuu, père du coureur Jaan Kirsipuu.
  4. article du 9 mai 1974, en page 7 du quotidien l'Humanité, de l'envoyé spécial Emile Besson sur la 27e Course de la Paix,compte-rendu de la 1re étape.
  5. Un contre-la-montre par équipes remporté par le polonais Tadeusz Mytnik, champion du monde par équipes en 1973
  6. Vélo magazine, N°211, juin 1986, p. 66, article consacré aux coureurs baltes de l'Union soviétique : "Pikkuus, Suun, Kirsipuu".
  7. site Velorider.ru/velosport, cyclistes notables de l'URSS
  8. Les diverses années de ce palmarès sont principalement renseignées par la consultation des annuaires Velo publiés par Het Nieuwblad, sous la direction de René Jacobs, Harry Van den Bremt, Hector Mahaut.
  9. Il est mal aisé de déterminer de quelle spécialité exacte relèvent les titres de Champion d'URSS d'Aavo Pikkuus comme d'autres champions cyclistes soviétiques. Les notices biographiques baltes, consultées sur Internet, attribuent à leur champion "12 médailles d'or aux championnats de l'Union soviétique" (site www.delfi.ee/archive/article.php%3Fid%3D18894861&ei). En 1975 c'est sa victoire au Tour d'URSS, signalée par une édition suivante de Friedensfahrt, organe de présentation de la Course de la Paix, qui ouvre à Pikkuus le titre de champion d'Urss des "courses par étapes". Cf annuaire Velo 75 et palmarès d'Aavo Pikkuus sur le site ruuse velorider.
  10. Annuaire Velo 1977, H. Van den Bremt,R. Jacobs, rubrique "URSS/ Championnats, page 211.
  11. à vérifier
  12. Annuaire Jacobs, Vélo 1982.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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