A mari usque ad mare

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A mari usque ad mare est la devise nationale du Canada, qui provient du huitième verset du psaume 72 (71) du livre des Psaumes de la Bible. Elle signifie De la mer jusqu’à la mer et est à comprendre D’un océan à l’autre (l’océan Atlantique et l’océan Pacifique) s’agissant du Canada. Elle a été choisie par le pasteur presbytérien George Monro Grant, secrétaire de Sanford Fleming à l’époque de la Confédération canadienne.

Grant avait publié son journal intitulé Ocean to Ocean en 1872, quelque temps après l’intégration de la Colombie-Britannique à l’intérieur de la fédération, au moment où le grand rêve d'un pays transcontinental se réalisait.

Description[modifier | modifier le code]

Le verset cité se lit : « Qu’il domine d'une mer à l’autre mer, Depuis le fleuve jusqu’aux extrémités de la terre. » Il trace le portait idéal du chef d’État et lui attribue une onction royale et messianique.

La traduction complète de ce verset en latin est : Et dominabitur a mari usque ad mare, et a flumine usque ad terminos terrae. Ce verset 8 (VIII) du psaume 71 (LXXI) de la traduction en grec (la Septante) et de la traduction latine (la Vulgate) correspond au verset 8 (VIII) du psaume 72 (LXXII) de l’original en hébreu.

La traduction en anglais de ce verset (« Bible du roi Jacques ») : He shall have dominion also from sea to sea, and from the river unto the ends of the earth, ne pouvait pas rester inaperçue lorsque l’ancienne colonie prit le nom de Dominion du Canada

Le devise est employée officiellement pour la première fois en 1906 à l’Assemblée législative de la Saskatchewan. Elle est approuvée par le sous-secrétaire d’État Joseph Pope, qui la place dans les armoiries du Canada. Elle figure dans la devise officielle des armoiries en 1921, lorsqu’elle est approuvée par le roi George V d'Angleterre.

Une devise alternative aurait été proposée par le militaire W.G. Gwatkin, mais la devise A Mari Usque Ad Mare fut acceptée en définitive par le gouvernement et le peuple canadien. Elle présente l’avantage d’être en latin, le pays étant bilingue.

La formule « De la mer à la mer » (en polonais : Od morza do morza) fut reprise par la Pologne de l’entre-deux-guerres : « ressuscitée » en tant qu’État au lendemain de la Grande Guerre, la Pologne aspira alors à une union politique avec l’Ukraine (Fédération Międzymorze ou « Fédération entre Mers ») : les deux mers sont la mer Baltique et la mer Noire

Façade du CUM portant les inscriptions CENTRE VNIVERSITAIRE MEDITERRANEEN et DOMINABITVR A MARI VSQVE AD MARE.

L’inscription DOMINABITVR A MARI VSQVE AD MARE (avec l’indication : PS. LXXI V. VIII) figure sur la façade du Centre universitaire méditerranéen (CUM) situé au 65, promenade des Anglais à Nice, France, ville qui semble rappeler ainsi son statut de métropole de la Côte d’Azur.

« Mare a mare » est une expression corse signifiant « de mer à mer ». Elle désigne des sentiers de randonnée traversant la Corse d’est en ouest (ou inversement).

Autres versions du verset[modifier | modifier le code]

La version originale en hébreu du verset 8 du psaume 72 peut être transcrite ainsi de façon informelle :

vëyerëdë miyam ad-yam
uminahar ad-afte-arets

transcription dans laquelle le mot yam « mer » se laisse reconnaître dans mi[-]yam ad-yam « de mer à mer » (il existe un déesse antique de ce nom : Yam), la ressemblance de forme et de sens entre l’hébreu ad et le latin ad étant purement fortuite. Arets « terre, pays » est un mot que l’on retrouve dans le titre du journal israélien Haaretz (« Le Pays »).

Transcription informelle de la traduction en grec ancien (Septante, nombre de traductions ultérieures de la Bible ont été en réalité effectuées d’après cette version grecque) du verset 8 du psaume 71 (psaume OA')  :

kai katakyrieusei apo thalassês heôs thalassês
kai apo potamou heôs peratôn oikoumenês.

La traduction de ce verset 8 du « Psalmus 72 (71) » de la Nova Vulgata [1] éditée par la Vatican est la suivante :

Et dominabitur a mari usque ad mare
et a Flumine usque ad terminos orbis terrarum.

La Collection de la Pléiade a publié une traduction de la Bible effectuée sous la direction d’Édouard Dhorme[2] . La traduction et les notes des Psaumes sont dues à Édouard Dhorme lui-même. Traduction du verset 8 du « Psaume LXXII (Vulgate LXXI) » :

Qu’il domine de la Mer à la Mer
et du Fleuve aux confins de la terre !

Une note précise : « De la Mer à la Mer, de la mer Rouge à la Méditerranée, d’après Exode, XXIII, 31. Comparer Zacharie, IX, 10 et Siracide (Ecclésiastique), XLIV, 21. Le Fleuve est l’Euphrate : Genèse, XV, 18 ; XXXI, 21, etc. Voir Psaumes LXXX, 12. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nova Vulgata Bibliorum Sacrorum, MCMLXXIX, MCMLXXXVI (1986), Libreria Editrice Vaticana, 2316 pages (ISBN 978-88-209-1523-0)
  2. La Bible Ancien Testament, tome II, premier dépôt légal 1959, dépôt légal 1985, 1970 pages (ISBN 978-2-07-010008-8).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]