AZF (groupe armé)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir AZF.

AZF[1] est le nom ayant signé plusieurs menaces d'attentats contre le réseau ferroviaire de la société française SNCF à partir du 11 décembre 2003 (avec une demande de rançon de 4 millions d'euros et de 1 million de dollars US). La police tchèque[2], en mars 2003, fut confrontée au même type de chantage dans la région d'Olomouc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plus de 10 000 cheminots sont alors mobilisés pour examiner les 32 000 km de voies que compte le réseau ferré français. La première bombe retrouvée sur la ligne Paris-Toulouse dans la commune de Folles au nord de Limoges, sur les indications du groupe terroriste qui a donné le code GPS de la bombe, contient un mélange de 2,5 kg de fioul et de nitrate d'ammonium. Elle a été retrouvée juste à côté d'un embranchement d'un petit bout de voie ferrée de 5 km vers le secteur du stockage de l'uranium de la COGEMA à Bessines[3].

La police, au courant depuis plusieurs mois de l'existence de ce mystérieux groupe terroriste, affirme ne pas avoir transmis l'information pour éviter un mouvement de panique et pour ne pas nuire à son enquête. La police et les terroristes se contactent par petites annonces codées publiées dans certains grands journaux comme Libération (sous de ridicules sobriquets : « Suzy » — Sarkozy était à l'époque ministre de l'Intérieur — et « Mon gros loup »)[4]. C'est un journal du Sud-Ouest, la Dépêche du Midi, qui révèle l'information en février 2004, juste au moment des élections régionales.

Une deuxième bombe est retrouvée près de Troyes, à Montiéramey en pleine campagne près du bois du Grand Orient, peu avant que le groupe annonce une trêve unilatérale (24 mars 2004). Le communiqué d'AZF annonce : « conscient de ses faiblesses technologiques, logistiques et autres, AZF suspend son action durant le temps nécessaire pour y remédier… Sans rancune et à bientôt ! ». Les attentats du 11 mars 2004 à Madrid perturbent les plans d'AZF qui décide soudain d'interrompre son chantage[5].

En octobre 2004, un groupe AZF, sans qu'il soit possible de déterminer s'il s'agit du même, menace plusieurs sociétés agroalimentaires, parmi lesquelles Coca-Cola, d'empoisonner leurs produits si une rançon ne lui est pas remise.

Le 18 avril 2006, un troisième engin artisanal qui pourrait avoir quelques points communs avec le deuxième type de bombes décrit par le premier groupe AZF dans une de ses lettres est retrouvé sur la ligne TGV à Saint-Sylvain-d'Anjou.

Certains éléments d'enquête[5] semblent mettre sur la piste d'un groupe ésotérique (l'Ucer, Union de conférenciers pour l'encouragement de la recherche) composé d'anciens barbouzes proches du front national mais cette piste n'aboutira pas. Malgré les moyens d'investigation mis en œuvre par les enquêteurs, les pistes même les plus fantaisistes ne les ont conduits à aucune arrestation. Toujours est-il qu'après deux rendez-vous fixés pour la remise de rançon, cinq coups de fil passés depuis des cabines téléphoniques, neuf courriers et une mobilisation policière sans précédent (450 hommes issus de cinq services différents), cette affaire n'est toujours pas élucidée[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Du nom d'une usine chimique détruite par une explosion accidentelle dans la ville de Toulouse, le 21 septembre 2001
  2. (fr) « Groupe AZF : les dessous d’une longue traque », sur hebdo.nouvelobs.com (consulté le 1er septembre 2010)
  3. a et b « AZF : La piste de la manip », sur Le Point,‎ 13 janvier 2005
  4. (fr) « Suzy» écrit à son «gros loup », sur www.apprendre-en-ligne.net (consulté le 1er septembre 2010)
  5. a et b Eric Pelletier, Jean-Marie Pontaut, Romain Rosso, « La longue traque », sur L'Express,‎ 6 décembre 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elise Galand et Romain Icard, Suzy contre mon gros loup, éditions Privé, 2004 (ISBN 978-2-35076-005-6)
  • Arnaud Ardoin, AZF : une affaire au sommet de l'Etat, éditions du Rocher, 2013 (ISBN 978-2-268-07550-1)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]