Aïnou (langue du Japon)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Trois caractères japonais Cette page contient des caractères japonais. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aïnou.
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la langue aïnoue. Pour le peuple aïnou, voir Aïnous (ethnie du Japon). À ne pas confondre avec l’aïnou (langue ouïghoure), langue des Aïnous (ethnie de Chine)
Aïnou
Aynu Itak
Parlée au Japon, Russie
Région île d'Hokkaidō, Sibérie
Nombre de locuteurs 304 (2006)
Classification par famille
  • - hors classification (isolat)
    • - aïnou
Codes de langue
ISO 639-2 ain
ISO 639-3 ain
IETF ain

L’aïnou (アイヌ イタ aynu itak, en japonais アイヌ語 ainu-go) est une langue traditionnellement parlée par les Aïnous, implantée sur l'île japonaise d'Hokkaidō.

Histoire[modifier | modifier le code]

Majoritairement parlée dans les îles Kouriles jusqu'au milieu du XIXe siècle, et plus anciennement dans les îles de Honshū et de Sakhaline, la langue aïnoue est en voie d'extinction.

En 1996, il ne restait plus qu'une dizaine de locuteurs, tous âgés de plus de 80 ans. En 2006, il restait 304 locuteurs[1].

Classification[modifier | modifier le code]

L'aïnou est un isolat, les spécialistes n'ont pas réussi à établir sa parenté linguistique avec d'autres langues. D'un point de vue typologique, il est plutôt proche des langues dites paléo-sibériennes. On constate un certain nombre de mots communs entre l'aïnou et le nivkhe ainsi qu'entre l'aïnou et le japonais, mais il s'agit d'emprunts. Toutefois, certaines racines sont clairement sibériennes, comme *it-, « langue, mot », que l'on retrouve en samoyède par exemple, et peut-être même en basque, comme *itz, « mot » (M. Morvan), d'autres non.

Écriture[modifier | modifier le code]

Les Aïnous ne possédaient pas d'écriture à l'origine, leur savoir se transmettant oralement. Aujourd'hui la langue aïnoue est écrite à l'aide de l'écriture japonaise katakana (avec quelques symboles spéciaux), mais aussi à l'aide de l'alphabet latin. Le principal journal en langue aïnoue, The Ainu Times, publie une version katakana et une version en lettres latines. Les publications scientifiques utilisent en général la transcription latine, et les publications japonaises pour le grand public la transcription en katakana.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

L'aïnou est une langue presque éteinte : il ne reste qu'une dizaine de locuteurs natifs maîtrisant vraiment la langue, et elle n'est plus transmise aux nouvelles générations depuis longtemps. Le Japon compte cent cinquante mille individus se réclamant d'ascendance aïnoue (et probablement bien plus encore si on inclut ceux qui s'ignorent de cette origine, ou préfèrent la taire par peur de discrimination). Ces gens, pour la plupart, ne parlent que le japonais, bien que l'on observe un nombre croissant de personnes désirant apprendre l'aïnou. Il existe aussi une signalisation routière bilingue dans les zones de langue aïnoue. Cette évolution récente est à porter au crédit d'activistes aïnous, dont en particulier Shigeru Kayano.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Anthony Rivière, « Les Japonais oublient leurs langues régionales », Aujourd'hui le Japon, le 10 septembre 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]