Aéroport international de Bole

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Aéroport international de Bole
Image illustrative de l'article Aéroport international de Bole
Localisation
Pays Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
Ville Addis-Abeba
Coordonnées 8° 58′ 40″ N 38° 47′ 58″ E / 8.977778, 38.799444 ()8° 58′ 40″ Nord 38° 47′ 58″ Est / 8.977778, 38.799444 ()  
Altitude 2 334 m (7 656 ft)

Géolocalisation sur la carte : Éthiopie

(Voir situation sur carte : Éthiopie)
Aéroport international de Bole
Pistes
Direction Longueur Surface
07/25 3 800 m (12 467 ft) Asphalte
07/25 3 700 m (12 139 ft) Asphalte
Informations aéronautiques
Code AITA ADD
Code OACI HAAB
Type d'aéroport Civil

L'aéroport international de Bole (amharique : ቦሌ ዓለም አቀፍ የአየር ማረፊያ) est le principal aéroport desservant Addis-Abeba en Éthiopie. Il situé près de la commune de Bole, à moins de 10 km du sud-est du cœur de la capitale. Auparavant dénommé aéroport international Hailé Sélassié Ier il est le plus souvent appelé par son nom alternatif d'Aéroport International d'Addis-Abeba.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Aéroport international Haile Selassie Ier fut construit en 1961 et rénové en 1971. Pour répondre aux ambitions de développement de la compagnie Ethiopian Airlines, il fut décidé en 1999 d'étendre les capacités de l'aéroport de Bole. Un plan de développement de 130 millions de dollars fut engagé. Ce plan de développement incluait la construction d'une nouvelle piste de 3 800 mètres (07R/25L) parallèle à la piste existante (07L/25R, de 3 700 m), et de 5 taxiways dont deux répondent aux spécifications de la circulation à haute vitesse (qui permet aux aéronefs de se déplace plus rapidement au sol et lors des dégagements de piste). Une nouvelle tour de contrôle était également incluse dans le projet, ainsi qu'un nouvel équipement de lutte contre les incendies. Les équipements électriques (éclairage de piste, génération électrique secourue, système de communication) étaient également totalement remplacés pour répondre aux normes aéroportuaires internationales.

En plus de ces infrastructures techniques, un nouveau terminal (le 2), un parking pour voitures et un complexe commercial ainsi que des restaurants étaient prévus, le tout associé à de nouveaux équipements de gestion des bagages. L'extension de l'aéroport fut achevée et ouverte au public en mai 2003. Le nouveau terminal prit alors en charge la majorité des vols, et l'ancien terminal fut mis en sommeil le temps de bénéficier à son tour d'un programme de rénovation. Il fut rouvert en 2004 et mis en service pour les vols intérieurs éthiopiens[1].

Construction de la piste 2[modifier | modifier le code]

La nouvelle piste est conçue pour recevoir des avions de toute taille, y compris des 747 de Boeing et les Airbus A340. La construction de la nouvelle piste a coûté 30 millions de dollars. Le maître d'œuvre du projet était la société d'ingénierie libanaise Dar-al Handasah et le contractant pour la réalisation était le consortium Kajma Keanganam, groupement formé par deux entreprises coréennes et japonaises[1].

Extension[modifier | modifier le code]

Un nouveau projet de développement a été lancé à la fin de l'année 2010[2]. la China Road and Bridge Corporation (CRBC) et Addis Engineering ont été retenus en décembre 2010 par la compagnie gestionnaire de l'aéroport, Ethiopian Airports Enterprise (EAE). Ce contrat de 66,7 millions de dollars permettra d'étendre la zone de parking pour les aéronefs en la portant à une capacité de 44 appareils (contre 19 avant les travaux). L'extension du parking est prévue pour accepter les Boeing 747 et Boeing 777. La totalité des coûts du projet est prise en charge par EAE[3].

Description[modifier | modifier le code]

Photo de la zone d'embarquement de l'aérogare 2
Aérogare 2

L'aéroport international d'Addis-Abeba est la principale plate-forme de la compagnie Ethiopian Airlines qui dessert les principaux aéroports éthiopiens et, au niveau international, le continent africain, l'Asie, le Moyen-Orient, l'Europe et l'Amérique du Nord. Il est aussi l'un des principaux centres d’entraînement des pilotes et de maintenance des appareils en Afrique. En 2003, un nouveau terminal passager a été ouvert, l'un des plus grands du continent. Dans le même temps, une nouvelle piste de 3 800 m a été mise en service.

L'aéroport possède deux terminaux. Les terminaux 1 et 2 possèdent chacun 6 portes d’embarquement. En 2008, l'aéroport a vu transiter 6 295 713 passagers, augmentant ainsi sa fréquentation de 121,8 % par rapport à 2007. L'aéroport est le sixième plus actif des aéroports Africains après ceux de Tambo, du Caire, du Cap, Sharm el-Sheikh International et Hurghada International et le plus importants de l'Afrique de l'est(2008)[4]. Le réseau Star Alliance dont Ethiopian Airlines est membre depuis 2010, a engagé une politique commerciale volontariste pour faire de cet aéroport l'un des trois principaux d'Afrique de l'Est[5] et en particulier son point d'entrée sur la corne de l’Afrique avec notamment des lignes régulières sur le Tchad, le Congo, Djibouti, le Mali et le Niger et vers le Golfe voisin.

L'aéroport d'Addis-Abeba possède également une infrastructure pour le fret, utilisée régulièrement par les compagnies EL AL Cargo et Royal Air Maroc Cargo.

Terminal 2[modifier | modifier le code]

Le terminal international est le 2, récemment construit. Il est composé d'une structure en acier construite par la firme Koweïtienne Al-Kharafi and Sons. Ce terminal est composé de trois niveaux. Sa surface est de 43 000 m2. Cinq des portes d'embarquement sont directes, c'est-à-dire que la zone d'embarquement, prolongée par les passerelles et l'espace hors-taxes, sont contigus. C'est cette organisation simple et efficace de l'espace – qui n'est rendue possible que par la taille relativement modeste de l'aéroport – qui permet un embarquement et un enregistrement très rapides. La capacité de traitement est de 1 870 passagers à l'heure et devrait être portée avec les prochaines phases de développements à 3 000 passagers à l'heure[6].

À l'intérieur de la zone hors-taxes, on trouve un ensemble de services classiques (bars, restaurants, boutiques de produits détaxés, banques, lounges). Les dollars américains sont acceptés, ainsi que les euros. Il est théoriquement possible de payer avec des cartes de crédit internationales, en pratique, il est assez fréquent que les équipements des commerces ne soient pas en mesure de fonctionner et lorsqu'ils le sont, conduisent à une surfacturation de l'ordre de 10 %.

Équipements pour les embarquements et transits de passagers[modifier | modifier le code]

La structure complètement intégrée de l'aérogare 2 et son équipement informatique lui permettent d'offrir aux passagers un des temps d'enregistrement, d'embarquement et de correspondance (Minimum Connection Times ou MCT) les plus performants du monde et premier sur le continent Africain[7]. En mars 2008, l'aéroport de Bole a été le premier aéroport africain à mettre en service les systèmes de cartes d'embarquement à codes barres en deux dimensions pour tous les vols nationaux et internationaux[8].

L'aéroport ne possède pas de facilité hôtelière sur site pour assurer l'hébergement des passagers en transit de nuit (vols en provenance de Londres ou de Francfort et avec correspondances en Afrique, notamment Djibouti) mais assure l'accueil et le transfert par navette routière vers des hôtels de la périphérie. Un accueil spécifique situé au premier niveau, est prévu pour les passagers en hébergement de transit. Il leur permet de quitter la zone sous douane pour se rendre à l'hôtel de transit avec un sauf-conduit, sans avoir à demander un visa d'entrée en Éthiopie[9]. Il est possible de demeurer la nuit dans l'aéroport qui est très sûr et gardé par des forces de l'ordre nombreuses.

Compagnies aérienne et destinations[modifier | modifier le code]

Vue extérieure de nuit de l'aérogare 2
Article connexe : Ethiopian Airlines.

L'Éthiopie appliquant pour certains secteurs d'activités, dont l'aviation, une politique protectionniste assumée visant au développement d'une industrie locale. Pour cette raison les dessertes et les droits d’atterrissages sur l'aéroport International de Bole sont très régulés. La réservation des transports aériens de plus de 20 places, et du fret à 2 700 kg[10] à des entreprises d’intérêt local soumises à autorisation oriente le développement de cet aéroport, dont les lignes intérieures sont de facto réservées à la compagnie nationale Ethiopian Airlines, et les lignes internationales aux partenaires d'Ethiopian Airlines (le plus souvent opérant en code share).

Ce protectionnisme se manifeste également dans le service au sol, ce qui tend à rendre le fonctionnement de compagnies régionales autres qu'Ethiopian Airlines délicat. Le Capitaine Solomon Gizaw, propriétaire de la compagnie aérienne Abyssinia Flight Services, affirme, faute de pouvoir construire des hangars de maintenance sur le site de l'aéroport de Bole, être conduit à assurer l'entretien de ses avions au Kenya[11].

Sur les 27 compagnies aériennes privées éthiopiennes, seules trois d'entre elles sont opérationnelles: Suhura, Abyssinia Flight Services et Trans national Airways (TNA). Ces trois compagnies ne fournissent que des services charters au départ de l'aéroport de Bole, avec des appareils de 19 places ou en neutralisant les sièges excédentaires sur des avions de plus grande capacité[12].

Seule Ethiopian Airlines fournit actuellement des vols domestiques réguliers en Éthiopie, et au départ de Bole[13].

  • Bmi (Oman, Londres-Heathrow)
  • Daallo Airlines (Hargeisa)
  • Djibouti Airlines (Djibouti)
  • EgyptAir (Le Caire)
  • Emirates (Dubai, Entebbe)
  • Ethiopian Airlines (Abidjan, Accra, Arba Minch, Asosa, Aksoum, Bahir Dar, Bahreïn, Bamako, Bangkok-Suvarnabhumi, Beica, Beyrouth, Brazzaville, Bruxelles, Bujumbura, Le Caire, Dakar, Dar es Salaam, Delhi, Dembidolo, Dessie, Djibouti, Dire Dawa, Douala, Dubaï, Entebbe, Francfort, Gambela, Gode, Gore, Guangzhou, Harare, Hargeisa, Hong Kong, Inda Selassie, Jeddah, Djidjiga, Jimma, Jinka, Johannesbourg, Kabri Dar, Khartoum, Kigali, Kilimandjaro, Kinshasa, Lagos, Lalibela, Libreville, Lilongwe, Lomé, Londres-Heathrow, Luanda, Lusaka, Mekane Selam, Mek'ele, Mizan Teferi, Mumbai, Nairobi, Ndjamena, Paris-Charles-de-Gaulle, Pékin, Rome-Fiumicino, Shilavo, Stockholm-Arlanda, Tel Aviv, Tippi, Washington-Dulles)
  • Kenya Airways (Djibouti, Dubai, Nairobi)
  • Lufthansa (Francfort, Khartoum)
  • Saudi Arabian Airlines (Jeddah)
  • Sudan Airways (Khartoum)
  • TAAG (Luanda)
  • Turkish Airlines (Istanbul-Atatürk, Khartoum)
  • Yemenia (Sanaa)

Les compagnies de la Star Alliance sont en partage de code avec les compagnies Bmi et Ethiopian Airlines. Les compagnies de SkyTeam sont en partage de code avec Klm.

Attractivité pour les vols d’essais[modifier | modifier le code]

Vol d'essai de l'Airbus A380 pendant sa campagne d'essai à Bole.

L'altitude élevée de l'aéroport de Bole (supérieure à 2 000 m) conjuguée à son climat et à la bonne qualité de ses équipements en font une base idéale pour les vols d'essai des nouveaux aéronefs. La proximité d'aéroports dont la température moyenne est élevée aux Émirats arabes unis permet de faire directement suivre ces tests d'altitudes par des décollages et atterrissages à températures supérieures à 38 °C. Il occupe donc une position privilégiée pour cette activité en simplifiant l'organisation logistique des campagnes. Ainsi en 2006, l'A380 no 009 a exécuté depuis le site de l'aéroport de Bole une série de test par temps chaud et en altitude[14] suivis d'une autre série de tests de décollages et atterrissages en 2009[15]. Les politiques protectionnistes et les lourdeurs administratives de l'administration aérienne éthiopienne (Ethiopian Civil Aviation Authority (CAA)) freinent pour le moment le développement de cette activité[16]. Ainsi, une demande formulée en 2011 par Boeing pour conduire une série de tests similaires à ceux de l'Airbus A380 avec le prototype du 747-8 s'est vue refusée en argumentant que la série d'essais projetée risquait de perturber le fonctionnement de l'aéroport [actuellement] en travaux[17].

Accidents et incidents[modifier | modifier le code]

  • Le 18 mars 1980, un appareil Douglas C-47B ET-AGM de Ethiopian Airlines s'est écrasé après une approche mono-moteur lors d'un vol d'entrainement[18].
  • Le 31 mars 2003, le vol LAJ 6711 de la compagnie British Mediterranean se déroute sur Djibouti après deux tentatives d'approches de nuit lors desquelles l'équipage ne parvient pas à localiser la piste en suivant les instruments et notamment le VOR. L'équipage s’aperçoit le lendemain, en plein jour, que le VOR en service fournit des coordonnées erronées. Rentrés en Grande-Bretagne les pilotent informent les autorités aéronautiques locales, qui à leur tour contactent officiellement par télex le 11 avril 2003 leurs homologues éthiopiens. L'enquête montra que le VOR ADS émettait un signal incorrect représentant un grave danger pour la navigation aérienne. Aucun NOTAM n’a jamais été émis et il est impossible de savoir combien de temps cette situation a duré[19],[20].
  • Le 5 janvier 2011, le dernier Boeing 777-200 LR reçu par la compagnie Ethiopian Airlines garé sur la section d'arrêt 17 de l'aéroport de Bole a été touché par un Airbus A340 d'Emirates. L'incident est survenu au moment ou l'appareil d'Emirates se préparait à prendre position pour décoller afin de se rendre à l'aéroport d'Entebbe[21].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Description de l'aéroport sur le site d'Ethiopian Airlines (www.ethiopianairlines.fr/le-hub-d-addis-abeba.html)

Références[modifier | modifier le code]