Aérodrome de Cambrai-Niergnies

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Cambrai-Niergnies
Image illustrative de l'article Aérodrome de Cambrai-Niergnies
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville Cambrai
Coordonnées 50° 08′ 34″ N 3° 15′ 54″ E / 50.142765, 3.264999 ()50° 08′ 34″ Nord 3° 15′ 54″ Est / 50.142765, 3.264999 ()  
Altitude 95 m (312 ft)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cambrai-Niergnies
Pistes
Direction Longueur Surface
08/26 870 m (2 854 ft) revêtue
Informations aéronautiques
Code OACI LFYG
Type d'aéroport civil
Gestionnaire Ministère de la Défense (FAF)
Cartes SIA VAC

L'aérodrome de Cambrai-Niergnies a pour code OACI LFYG. Il est situé en France, sur la commune de Niergnies dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais, à 5 km au sud-sud-est de Cambrai

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Altitude du terrain : 95 mètres
  • Piste :
    • 08-26 Dur
    • 08-26 Herbe

Activité Vélivole (treuils et ULM)

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la Deuxième Guerre mondiale Niergnies était un aérodrome civil qui desservait la ville voisine de Cambrai et comportait une aérogare, un hangar, quelques bâtiments de service et une piste en herbe. L'aérodrome est inauguré en 1935. Jusque-là l'Union aéronautique du Cambrésis (UAC), créée en 1930, ne disposait pas de terrain dans le Cambrésis et utilisait le champ d'aviation de la Brayelle près de Douai[1]. Une escale de la ligne postale Lille - Paris d'Air Bleu y est créée le 27 janvier 1936, remplaçant celle d'Arras, et est supprimée le 1er avril de la même année[2].

En août 1939 l'armée prend possession du terrain.

Utilisation par l'Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les Allemands prennent le contrôle de l'aérodrome en fin mai 1940, au début de la Bataille de France. Il est alors brièvement utilisé comme terrain d'aviation par le Jagdgeschwader[3] 3 (JG 3), dont les Messerschmitt Bf 109 participent à la guerre-éclair contre l'armée française et le Corps expéditionnaire britannique [4].

Après cette bataille l'aérodrome fut délaissé par la Luftwaffe pendant plusieurs années. En 1943, les Allemands construisirent deux pistes en béton de 1 600 mètres utilisables par tous les temps, alignées 15/33 et 09/27. Ils construisirent également un grand nombre de pads de dispersion, d'ateliers d'entretien, de hangars et autres installations de service. Cela était probablement lié aux travaux de fortification dans le Pas-de-Calais, les Allemands pensant que l'aérodrome jouerait un rôle clé dans la défense du territoire français en cas de débarquement anglo-américain en France pour l'ouverture d'un second front. Ces constructions attirèrent l'attention de la 9th USAAF américaine, qui lança une attaque de bombardiers moyens Martin B-26 Marauder sur l'aérodrome les 1er et 2 décembre 1943 (322e et 387e groupes de bombardement), causant de sérieux dommages aux installations. L'aérodrome cessa dès lors d'être utilisé par les Allemands[5].

Utilisation par les Américains[modifier | modifier le code]

Des unités de la 9e armée américaine en route pour Cambrai traversent la zone au début de septembre 1944. Le 10 septembre le IX Engineer Command 862d Engineer Aviation Battalion prend le contrôle de l'aérodrome et entreprend des travaux de remise en état sommaire afin qu'il puisse être utilisé par l'aviation américaine. Le génie comble les cratères de bombes, pose des plaques PSP sur les parties endommagées de la piste 15/33, et raccommode la piste 08/26 à l'aide d'asphalte et de macadam. Des tentes abritent les troupes et la logistique ; l'aérodrome est relié au réseau routier existant par une route d'accès; on construit un dépôt pour le ravitaillement, les munitions et le carburant, ainsi qu'un réseau minimal d'eau potable et d'électricité pour les communications et l'éclairage. L'aérodrome est déclaré opérationnel pour les unités de combat de la 9th USAAF le 12 septembre, quelques jours seulement après avoir été pris aux forces allemandes, et reçoit le nom de Advanced Landing Ground (en) « A-74 Cambrai/Niergnies Airfield »[3],[6]

Les unités suivantes de la 9th USAAF stationnèrent sur l'aérodrome [7],[8]:

Après le départ de ces unités, Niergnies fut remis au Ministère de l'Air français, le 30 juin 1945.

Depuis la Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La base, sous contrôle français après la guerre, demeura inutilisée pendant plusieurs années. Il restait beaucoup de munitions non explosées à enlever du site, ainsi que des épaves d'avions allemands et américains. Bon nombre des bâtiments de la base avaient été détruits pendant la guerre, et bien que certains aient été réparés par le génie américain, la plupart étaient en ruine. L'armée de l'air française se désintéressait de cet aérodrome et les fonds manquaient pour rétablir l'aérodrome commercial d'avant-guerre. En conséquence le Ministère de l'Air loua le terrain et les pistes à des agriculteurs, et envoya des équipes de déminage nettoyer le terrain.

En 1950, en conséquence de la menace de Guerre froide entre les États-Unis et l'Union soviétique, la base aérienne de Cambrai-Niergnies est cédée par le Ministère de l'Air français à l'armée de l'air des États-Unis, pour répondre à son engagement auprès de l'OTAN d'établir une base aérienne moderne sur ce site. L'OTAN dut faire face à plusieurs problèmes pour résoudre l'équation de la suprématie aérienne. Il fallait envisager la survie à une attaque préventive du Pacte de Varsovie à la fois dans une guerre conventionnelle et nucléaire. Les bases principales étaient construites sur de petites surfaces de terrain avec un espace de dispersion très limité. Il fut décidé d'utiliser Cambrai-Niergnies comme aérodrome de repli d'urgence, consistant en une installation minimale comprenant une piste et des équipements de base destinés à toutes les forces aériennes de l'OTAN pour y disperser leurs appareils en cas de conflit.

À partir de 1953, des entreprises de démolition françaises commencent à démanteler les structures construites par les Allemands et à enlever les épaves laissées par la guerre à Cambrai-Niergnies. Des équipes françaises de déminage interviennent pour nettoyer le terrain des munitions non explosées et le site est préparé en vue de travaux. Une piste tous temps moderne est construite pour les jets de l'OTAN dans l'alignement 17/35, sur une ancienne piste allemande, avec des pads d'alerte pour deux escadrons de chasseurs de part et d'autre de la piste. Les nombreux pads de dispersion et voies de circulation de la Luftwaffe dispersal furent également remis en état et intégrés à la nouvelle base. Au bord de la nouvelle voie de circulation NW/SE on établit un système circulaire en marguerite d'abris en dur, qui pouvaient être ultérieurement recouverts de terre pour offrir une meilleure protection. De plus, les réparations provisoires de la piste 08/26 datant de la guerre furent retirées, et elle fut entièrement refaite, ce qui donnait à l'aérodrome deux pistes opérationnelles. À son achèvement la base pouvait recevoir environ trois ou quatre escadrons, soit 50 appareils au total.

Cependant, à part les atterrissages occasionnels touch-and-go d'appareils américains de l'OTAN, la base aérienne de Cambrai-Niergnies ne fut jamais utilisée. Après le retrait de la France du commandement militaire intégré de l'OTAN en 1967, elle fut abandonnée[9].

Utilisation civile[modifier | modifier le code]

Après la fermeture de la base de l'OTAN, une petite partie fut convertie en aérodrome civil. Une section d'un peu moins de 1 000 mètres de la piste secondaire 08/26 fut conservée comme piste principale de l'aérodrome. Une courte piste en herbe, parallèle à la piste principale, a été construite pour les planeurs. Une voie de circulation asphaltée relie la piste à une petite aire de stationnement utilisée par l'aviation légère.

Les aménagements réalisés par l'OTAN se détériorent après des années d'abandon. L'aérodrome est un témoin de l'époque de la Guerre froide, base aérienne entièrement équipée et jamais utilisée.

Projets[modifier | modifier le code]

En 2010 la communauté d'agglomération de Cambrai rachète 320 ha de terrain à l'armée et mandate un bureau d'études pour une réflexion sur l'avenir du site. Parmi les pistes proposées figurent le maintien d'une zone dédiée aux loisirs aériens, et des zones destinées au reboisement, à un projet de golf, à l'implantation d'entreprises et d'une centrale photovoltaïque[10].

Le 11 octobre 2010 la communauté d'agglomération de Cambrai a validé le projet d'implantation d'un golf sur une superficie de 50 ha ainsi que d'une ferme photovoltaïque sur 80 ha de l'ancien aérodrome militaire de Niergnies. La mise en service du parc solaire, à l'étude depuis fin 2008, pourrait intervenir en 2014. À terme il devrait constituer la plus grande réalisation de ce genre en France. La société allemande Enertrag a été retenue pour l'aménagement du parc, qui pourrait s'étendre sur 100 hectares et produire l'énergie nécessaire à chauffer et éclairer 17 000 habitants. Le projet représenterait un million d'euros de revenus par an pour la communauté d'agglomération[11]. Cette reconversion d'une ancienne base de l'OTAN en « ferme solaire » n'est pas un cas unique, des projets similaires existant à Dreux-Senonches, Toul-Rosières, Lure-Malbouhans, Marigny le Grand, Marville-Montmédy[12].

Aéro-clubs sur le terrain[modifier | modifier le code]

Photographie montrant l'aéroclub Louis-Blériot
L'aéroclub Louis-Blériot

Centre de Vol à Voile de Cambrai (C.V.V.C)[modifier | modifier le code]

Les installations comportent deux axes de pistes, mais actuellement, seules les pistes approximativement orientées Est-Ouest (08-26) sont en service. Il s'agit d'une piste "en dur" et d'une piste en herbe d'une cinquantaine de mètres de largeur. Le CVVC[14]. dispose d'une salle polyvalente permettant de dispenser des cours théoriques, de faire les briefings chaque matin avant les décollages, mais également de se restaurer. Une cuisine et des chambres sont disponibles pour les pilotes de passage dans la région, et pour les élèves pilotes ainsi que les instructeurs. Ces locaux sont accessibles aux groupes et individuels.[passage promotionnel]

Le CVVC héberge depuis le 1er juin 2002 une École Fédérale de Pilotage (E.F.P). Le CVVC a organisé les championnats de France de planeur en 2008, 2011 et 2012, et récemment le championnat inter régional en 2014. Les championnats de France sont l'occasion pour rencontrer d'autres pilotes de la région, mais aussi des autres départements. C'est un moment festif où chaque membre du CVVC vit véritablement le monde associatif.[passage promotionnel]

L'organisation des championnats reste un moment important dans la vie du CVVC, le club dispose d'une grande infrastructure pouvant accueillir une soixantaine de planeur.[passage promotionnel] De plus, la piste en herbe a été rallongée (accord obtenue avec la Direction Générale de l'Aviation Civile) permettant au treuil d'amener les pilotes à 500 mètres d'altitude, par rapport au 300 mètres auparavant. Le treuil est équipé de deux câbles en kevlar d'une longueur de 800 mètres, auparavant ces câbles étaient en acier.

Le CVVC dispose de plusieurs planeurs (ASK13, ASK8, K7, Twin, Astir, Pégase, Janus...) ainsi que deux treuils permettant de monter les planeurs a une altitude allant de 400 à 500 mètres. Le CVVC s'est récemment équipé d'ULM afin d'amener les pilotes à une altitude de 1 000 mètres. L'ULM étant un moyen plus rapide, plus économique en termes d'activité associative. Le club possède plusieurs véhicules de piste (Golf, Golfettes électriques, tracteurs, Kubota) permettant de se déplacer et surtout de déplacer l'ensemble du matériel.[passage promotionnel]

Le CVVC élabore chaque année différentes actions comme : des vols d'initiations (permettant de découvrir l'activité), des journées portes ouvertes ("Vue du ciel", "ça plane pour elles"), des manifestations (lors de la foire commerciale, le téléthon). Le CVVC est présent aux différents meetings aériens (voltiges, Tiger Meet) afin de faire connaitre l'activité.[passage promotionnel]

Le CVVC organise des cours permettant aux élèves pilotes de passer leur BIA (Brevet d'Initiation Aéronautique) ainsi que leur BPP (Brevet de Pilote Planeur) grâce auquel chaque élève aura une licence délivré par la FFVV (Fédération Française de Vol à Voile). L'élève pilote obtient son BPP lorsqu'il a remplit les conditions suivantes qui sont de faire 10 décollages/atterrissages, de rester 1 heure en vol sans atterrir. Suite à ces conditions, il passe un examen théorique sous forme de QCM et un examen pratique avec un instructeur qualifié.[passage promotionnel]

De nombreux jeunes sont formés au pilotage en planeur (Ruraux, CUCS) chaque année. Un simulateur de vol est mis à disposition des pilotes afin d'apprendre à utiliser les cours théoriques donnés par les instructeurs. La formation ULM (Ultra Léger Motorisé) permet d'approfondir et de perfectionner le pilotage en planeur, notamment en termes de navigation, de lecture de cartes aéronautiques, de sécurité. De plus, une formation au treuil est envisageable, afin de compléter les connaissances du pilote. Les élèves pilotes suivent une formation complète, équilibrée et enrichissante dans le domaine associatif. La saison hiver permet aux élèves pilotes de développer leurs connaissances en mécanique lors de l'entretien du matériel.[passage promotionnel]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Page d'histoire : dans le ciel de Niergnies », sur site du quotidien La Voix du Nord,‎ 6 mai 2009 (consulté le 7 novembre 2010)
  2. « Les lignes Air-Bleu de la première année », sur site personnel consacré à Air-Bleu,‎ 6 juin 2000 (consulté le 7 novembre 2010)
  3. a et b Escadron de chasse
  4. (de) « Die Geschichte des Jagdgeschwaders 3 », sur site Jagdgeschwader 3 (consulté le 3 novembre 2010)
  5. (en) « Recherche « Niergnies » », sur site « Air Force history index » (consulté le 6 novembre 2010)
  6. (en) « ETO Airfields », sur IX Engineer Command (consulté le 7 novembre 2010)
  7. (en) Maurer, Maurer. Air Force Combat Units of World War II. Maxwell AFB, Alabama: Office of Air Force History, 1983. ISBN 0-89201-092-4.
  8. (en) Johnson, David C. (1988), U.S. Army Air Forces Continental Airfields (ETO), D-Day to V-E Day; Research Division, USAF Historical Research Center, Maxwell AFB, Alabama.
  9. McAuliffe, Jerome J (2005): U.S. Air Force in France 1950-1967, Chapter 17, Dispersed Operating Bases
  10. « Journal municipal : Le Cambrésien n°145 », sur site de la ville de Cambrai,‎ 24 avril 2010 (consulté le 17 novembre 2010)
  11. « Niergnies », sur site de la communauté d'agglomération de Cambrai,‎ {{|||}} (consulté le 21 juin 2013)
  12. Fabrice Loubette, « ferme solaire à Niergnies aussi! », sur blog FRANCE AIR OTAN,‎ 16 novembre 2010 (consulté le 12 décembre 2010)
  13. « Aéro-Club Louis-Blériot », sur site d'aéroweb-fr (consulté le 18 novembre 2010)
  14. « page d'accueil du site du Centre de Vol à Voile de Cambrai » (consulté le 7 novembre 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]