99 francs (roman)

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99 francs
Auteur Frédéric Beigbeder
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions Grasset & Fasquelle
Date de parution août 2000
Type de média Livre papier
Nombre de pages 282
ISBN 2-246-56761-0
Chronologie
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99 francs est un roman à succès provocateur d'inspiration autobiographique de Frédéric Beigbeder, publié en 2000, qui dénonce les dérapages cyniques du monde de la publicité dans la société occidentale de consommation. Il valut notamment à son auteur d'être renvoyé de son entreprise (Young & Rubicam), pour faute grave.

Style et structure d'écriture[modifier | modifier le code]

Ce roman a été découpé en six chapitres dont chaque partie est nommée par un pronom personnel, en lien avec Octave, le protagoniste. Ainsi, dans le chapitre premier, « Je », l'auteur s'exprime à la première personne. Dans le chapitre « Tu », il s'exprime à la deuxième personne, comme une vue de l'extérieur de sa propre vie, et ainsi de suite jusqu'au pronom personnel « Ils ». Ce livre se termine par une pléiade de slogans publicitaires, ceux-ci se finissant par le cynique « Bienvenue dans un monde meilleur ». Cette conclusion résume la promesse mensongère inhérente à l'ensemble de la publicité – la promesse d'une vie meilleure – dans un monde où la recherche du bonheur a fusionné avec l'image publicitaire.

Résumé[modifier | modifier le code]

Un concepteur rédacteur décrit le cynisme de son métier. Dans ce roman d'autofiction d'inspiration autobiographique, Frédéric Beigbeder sous couvert de son personnage Octave Parrango raconte les désillusions des « créatifs d'élite » de slogans publicitaires face au management aux clients de l'agence de publicité qui l'emploie.

Tentant de rehausser le niveau culturel, moral et éthique des réclames qu'il produit, il se heurte aux refus du directeur de communication d'une grande marque de yaourts et voit son script progressivement édulcoré pour laisser place à un spot creux, caractérisant d'après lui le peu de considérations qu'ont les grandes marques commerciales pour les consommateurs et leurs préjugés vis-à-vis de leur intellect.

Il erre dans un monde d'opulence de consommation, d'argent roi, et perd ses repères humains et ne sait plus comment trouver le bonheur, malgré ou peut-être justement à cause de son niveau de rétribution démesuré. La drogue et les prostituées de luxe qu'il dépeint comme le quotidien des gens de son métier ne le satisfont plus, et il cherche de nouveaux frissons en dépassant les limites de la morale.

Dégoûté par son métier et par son propre génie pour le cynisme, il tente outrancièrement de se faire renvoyer. Ses tentatives se soldent par des échecs retentissants et le propulsent petit à petit au sommet de l'échelle. Au faîte de sa gloire, récompensé à Cannes pour un vrai-faux spot de publicité dans lequel il peut enfin exprimer sa créativité, il est rattrapé par la justice et ses abus passés.

Théâtre[modifier | modifier le code]

En 2002, 99 francs est adapté au théâtre Trévise à Paris, dans une mise scène de Stéphane Aucante[1].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Une adaptation au cinéma, titrée aussi 99 francs, est sortie le 26 septembre 2007, réalisé par Jan Kounen, avec Jean Dujardin, sur un scénario de Nicolas & Bruno. Le film est coproduit par Arte, Canal+ et CinéCinéma.

Différences entre les versions linguistiques[modifier | modifier le code]

En anglais, les personnages habitent à Londres plutôt qu'à Paris.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « - MAIS QU'EST-CE QU'ILS ONT TOUS AVEC LEURS PULLS NOUÉS AUTOUR DU COU ! De deux choses l'une. Ou bien il fait froid et on enfile le pull, ou bien il fait chaud et on le laisse à la maison. Le pull autour du cou trahit la lâcheté, l'incapacité à prendre une décision, la peur des courants d'air, l'imprévoyance de la veulerie, l'exhibitionnisme de Shetland (parce que, évidement, ces messieurs sont trop radins pour s'acheter du cachemire). Il porte cette espèce de pieuvre molle autour du cou parce qu'ils ne sont pas foutus de choisir une tenue adaptée au temps qu'il fait. Toute personne qui a un pull sur les épaules est trouillarde, inélégante, impuissante, lâche. Les filles, jurez-moi de vous en méfier comme de la peste. NON À LA DICTATURE DU PULL SUR LES ÉPAULES! »
  • « Tout est provisoire : l'amour, l'art, la planète Terre, vous, moi. La mort est tellement inéluctable qu'elle prend tout le monde par surprise. Comment savoir si cette journée n'est pas la dernière? On croit qu'on a le temps. Et puis, tout d'un coup, ça y est, on se noie, fin du temps réglementaire. La mort est le seul rendez-vous qui ne soit pas noté dans votre organizer. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 99 francs, Bnf, consulté le 27 novembre 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]