93e régiment d'artillerie de montagne

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93e régiment d'artillerie de montagne
Insigne régimentaire du 93e RAM
Insigne régimentaire du 93e RAM

Période 1er janvier 1924
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Artillerie de Montagne
Rôle Artillerie
Effectif 900 personnes
Fait partie de 27e brigade d'infanterie de montagne
Garnison Varces, Quartier de Reyniès
Ancienne dénomination 1er régiment d'artillerie de montagne
Devise De roc et de feu
Inscriptions
sur l’emblème
Maroc 1912-1913
Champagne 1915
Dobro Polje 1918
AFN 1952-1962
Guerres Première Guerre mondiale
Guerre d'Algérie

Le 93e régiment d'artillerie de montagne, héritier des batteries alpines et du 1er régiment d'artillerie de montagne, est positionné à Varces, dans la banlieue de Grenoble, au quartier de Reyniès.

Dernier régiment d'artillerie de montagne d'Europe, il a pour spécificité d'être à même de déployer son matériel en haute montagne.

Création et dénominations[modifier | modifier le code]

  • Ce régiment est issu des 1er et 293e régiments d'artillerie de montagne, qui défendirent les vallées au XIXe siècle. Jusqu’en 1939 le régiment transporte ses canons à dos de mulets. Depuis 1976, il est implanté à Varces, au quartier de Reyniès.

Historique des garnisons, campagnes et batailles[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En juillet 1914, l'ordre de mobilisation parvient au régiment. En plus des sept batteries existantes, le régiment met sur pied huit batteries de réserve et six sections de munitions. Les batteries du 1er RAM sont présentes sur presque tous les fronts et dans 3 pays : la France, l'Italie et l'Orient.

En septembre 1915, six batteries sont employées au cours de l'offensive en Champagne comme batteries d'accompagnement. Les pertes sont nombreuses : les artilleurs et leurs mulets offrent une cible trop visible pour les allemands.

Le 1er décembre 1917, le régiment est réorganisé. Plusieurs batteries rentrent à Grenoble et servent de noyau pour la formation de groupes d'artillerie. Le régiment possède dès lors 28 batteries de combat, 8 sections mixtes de munitions et 4 batteries de dépôt. 12 batteries sont affectées sur le front occidental (nord, nord-est et Italie) et 16 à l'armée d'Orient.

Le 15 août 1918, la plupart des batteries du régiment sont renvoyées dans le secteur de Dobroplje-Sokol avec la 122e Division d'Infanterie. Elles participent à la rupture du front le 15 septembre puis partent comme batteries d'avant-garde avec la division yougoslave.

Le 1re guerre mondiale se termine. Les noms de Champagne 1915 et Dobropolje 1918 sont inscrits en lettres d'or sur l’Étendard du régiment. En 1930, Alexandre 1er, Roi de Yougoslavie décerne au 93e RAM la médaille commémorative pour la libération et l'unification 1914-1918 de son pays pour sa participation aux combats de l'armée d'Orient[1].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

La nouvelle codification du 10 avril 1923 attribue à l'artillerie de montagne les numéros 91 à 99. Le 1er janvier 1924, le 93e régiment d'artillerie de montagne reprend les traditions du 1er RAM. Il est l'un des deux régiments d'artillerie de la 27e Division Alpine. Le 93 s'installe au quartier Hoche à Grenoble.

De mai à décembre 1925, un État-major de groupe et la 1re batterie équipée de canons de 65 mm de montagne sont dirigés vers le Maroc pour être engagés dans des opérations de maintien de l'ordre dans le Rif. Les hommes du régiment reçoivent pour cette courte campagne une cinquantaine de citations dont treize à l'ordre de l'armée (quatre à titre posthume) et six à l'ordre du corps d'armée.

En 1938, une batterie antichar est créée au 93. Le 93e RAM dispose désormais de trois groupes équipés de 75M (en) (pesants près de 650 kg et pouvant se décomposer en sept fardeaux) et de 155 C, ainsi que d'une batterie antichar équipée de canons de 47[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, à la suite du décret de mobilisation générale, le 93e RAM se dédouble pour former deux régiments : le 93e RAM et le 293e RALD (régiment d'artillerie lourde divisionnaire). Le 93 devient le régiment d'artillerie divisionnaire de la 64e division, restée pour défendre la frontière des Alpes.

L'armée des Alpes arrête les troupes italiennes et conserve ses positions, en n'ayant que de très faibles pertes en hommes et en matériel. Elle fait également face à la menace allemande, tenant une ligne de défense improvisée qui arrête les allemands avant Grenoble. Ce fut "l'armée invaincue"[réf. nécessaire]. Le général Olry, commandant l'Armée des Alpes, dans l'ordre du jour du 26 juin 1940, s'est exclamé : "Ceux qui ont fait cela ont le droit d'en être fiers"[1].

Article détaillé : Bataille des Alpes.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Le 93e RAM est dissout le 31 juillet 1940. Ses éléments sont rattachés au 2e régiment régional d'artillerie de la 14e Région basé à Grenoble. De 1940 à 1954, il change plusieurs fois d'appellation et redevient, le 16 mars, le I/93e RAM. En 1949, le régiment possède différents canons : des 105HM2, des 75 et des 65 de montagne.

Le 13 novembre 1950, un avion canadien qui transportait 52 pèlerins de retour de Rome et ses 6 membres d'équipage, s'écrase sur la partie sommitale de l'Obiou. Il n'y a pas de survivant. Dès le lendemain matin, la section d'observateurs de haute montagne (SOHM) du 93e RAM est réquisitionnée pour assister la caravane de secours.

Jusqu'en 1954, de nombreux cadres du régiment partent servir en Indochine où le 105HM2 est utilisé pour appuyer les troupes françaises, dans les opérations au Tonkin en particulier[1].

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Le 1er août 1955, le II/93e RAM est créé pour partir en Algérie, où il devient le Groupe d'Artillerie Organique de la 27e Division d'Infanterie Alpine (DIA). Un autre élément, le CI-I/93e RAM reste à Grenoble. Un troisième élément avec des canons de 155 est dirigé vers la Tunisie et devient le III/28. C'est un centre d'instruction crée le 1er février 1955 et qui incorpore les recrues pour le IIe groupe en Algérie[1].

Depuis 1962[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 1962, la 27e DIA est dissoute. Le 93e RAM est le régiment d'artillerie de la 27e Division Alpine, qui se compose des 6, 7, 13 et 27e Bataillons de Chasseurs Alpins, ainsi que du 4e régiment de chasseurs.

En 1976, le 93e RAM et le 6e BCA s'installent dans des nouveaux locaux à Varces, qui offrent toutes les infrastructures sportives, militaires et de loisirs nécessaires à l'entrainement et à la cohésion d'une armée moderne. Le 20 mai 1979, le quartier est baptisé "Quartier de Reyniès" en souvenir du quartier grenoblois détruit[1].

Traditions[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

Devise du régiment : De roc et de feu

  • Batterie de commandement et de logistique (Batterie Maurienne) : « Servir et combattre »
  • 1re batterie de tir sol/sol (Batterie Vercors) : Citius Altius Fortius
  • 2e batterie de renseignement de brigade (BRB27) depuis septembre 2007 (Batterie Oisans) : D'hommes et de volonté
  • 3e batterie de tir sol/air (Batterie Belledonne) : Il n'y a de richesses que d'hommes
  • 4e batterie de tir sol/sol (Batterie des Cerces) : Unguibus et rostro
  • 5e batterie (Batterie Chambaran) : Non Nova Sed Nove
  • 6e batterie (Batterie Taillefer) : Ultra Montes Servire

Insignes[modifier | modifier le code]

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93e RAM.jpg Béret (Insigne d'artillerie).JPG

Étendard du régiment[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[2],[3] :


93e régiment d'artillerie de montagne-drapeau.svg

Décorations[modifier | modifier le code]

Sa cravate est décorée

de la croix de la valeur militaire depuis juin 2012 pour la participation en Afghanistan.

Fête du régiment[modifier | modifier le code]

La Sainte Barbe : sainte patronne des artilleurs
La Saint Bernard : saint patron des alpins

Liste des chefs de corps[modifier | modifier le code]

  • 1989 - 1991 : colonel Jean-Claude Rougelot (président de l'amicale des anciens du 93° RAM)
  • 1991 - 1993 : colonel Michel de Guillebon de Resnes
  • 1993 - 1995 : colonel Christian Raviart
  • 1995 - 1997 : colonel Jean Coulloume-Labarthe
  • 1997 - 1999 : colonel Bruno Lassalle
  • 1999 - 2001 : colonel Bernard Amrhein
  • 2001 - 2003 : colonel Georges German
  • 2003 - 2005 : colonel Gilles Lillo
  • 2005 - 2007 : colonel Patrick Gournay
  • 2007 - 2009 : colonel Roland Margueritte
  • 2009 - 2011 : colonel Eric Mauger
  • 2011 - 2013 : colonel François-Yves Le Roux
  • 2013 -  : colonel Xavier Renard

Personnalités ayant servi au sein du régiment[modifier | modifier le code]

Les restructurations des Armées[modifier | modifier le code]

En 1999, après la dissolution de la 27e division d'infanterie de montagne et la création de la 27e brigade d'infanterie de montagne, le 93e RAM reste le seul régiment stationné en Isère.

Le 20 octobre 2004, le régiment baptise ses unités élémentaires du nom d'un massif alpin voisin (les batteries prennent le nom de Vercors, Oisans, Belledonne, Cerces, Maurienne, Chartreuse, Chambarans et Taillefer).

En 2007, sur décision du CEMAT (chef d'Etat-major de l'armée de Terre), une seconde unité de réserve est créée au régiment.

En août 2009, le 93 perd une batterie de tir sol-sol au profit d'une batterie sol-air : cette nouvelle batterie arrive du 57e RA de Bitche.

En 2010, la batterie des opérations devient la batterie de renseignement brigade : la BRB.

Au 1er janvier 2011, avec la création de la base de défense de Grenoble - Annecy - Chambéry basée au quartier de Reyniès à Varces, le 93 perd sa batterie d'administration et de soutien (BAS). Le 3 avril 2011, le 93 perd sa deuxième unité de réserve.

Le régiment aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Avec les restructurations de 2011, et la perte de sa batterie d'administration et de soutien (BAS), ainsi que sa deuxième unité de réserve (B5), le régiment compte aujourd'hui dans ses rangs près de 800 Hommes.

Missions[modifier | modifier le code]

Membre de la 27e brigade d'infanterie de montagne, il participe avec celle-ci aux différentes missions de maintien de la paix dans le monde.

Les projections se font à la fois dans le métier d'artilleur, et en unité PROTERRE (Projection, pour accomplir des missions principalement de Protection, de Professionnels de l'armée de Terre). Théâtres d'opération : République de Côte d'Ivoire, Kosovo, Tchad, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Guyane, Djibouti, Liban, Centrafrique, Afghanistan.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le 93e RAM est constitué des unités suivantes :

  • 1 batterie de commandement et de logistique (BCL)
  • 1 batterie de renseignement de brigade (BRB)
  • 2 batteries de tir sol-sol,(B1-B4)
  • 1 batterie sol-air (B3)
  • 1 batterie de réserve (B6)

Matériels[modifier | modifier le code]

Par le passé doté de canons de 105 mm tracté(105 HM2) puis de 155 mm modèle tracté aussi(155 TRF1) et de mortiers de 120 mm, il est progressivement équipé de canons CAESAR. En 2009, avec la création de sa batterie sol-air, le 93 s'équipe de missiles à très courte portée : le MISTRAL. Sa batterie de renseignement brigade est équipée de DRAC, les drônes de renseignement au contact.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Historique du 93e régiment d'artillerie de montagne "De roc et de feu" de 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Historique du 93e régiment d'artillerie de montagne "De roc et de feu" de 2009
  2. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007
  3. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]