7e compagnie indépendante

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La 7e compagnie indépendante (7 Indep Coy) est une compagnie de volontaires français, présente en Rhodésie pendant la Guerre du Bush de Rhodésie du Sud. Elle était composée au maximum d'environ 120 hommes. Dans l'histoire de l'armée rhodésienne, cette compagnie a été la seule composée uniquement d'étrangers. Elle a existé d'octobre 1977 à mai 1978, au sein du 1er bataillon de l'armée rhodésienne et à participé à deux contre-insurrection de l'Opération Hurricane dans le nord-est de la Rhodésie, aujourd’hui le Zimbabwe.

Durant la guerre du Bush, l'armée rhodésienne à court d'effectif choisit d'engager des volontaires d'autres pays, avec le même salaire et les mêmes conditions de service que l'armée locale. La plupart des recrues étrangères étaient jusque là engagée dans la Rhodesian Light Infantry (RLI), qui avait lancé en 1974 un vaste programme de recrutement à l'étranger, et qui exigeait de ses recrues un bon niveau d'anglais. Fin 1977 l'armée tente de reproduire le succès du RLI et forme pour cela la 7e compagnie indépendante, composée de francophones. Le régiment comptait déjà six compagnie indépendante et l'unité francophone devient la septième.

La compagnie est formée d'ancien parachutistes et légionnaires français, et de jeunes aventuriers. Elle éprouve au début des difficultés d'intégrations à l'armée rhodésienne et est perturbée par la position qu'on lui donne. Pour lui remonter le moral et créer un fort esprit de corps, l'armée leur fabrique des insignes de bérets avec le drapeau tricolore et les autorise chaque matin à hisser le drapeau français au côté du drapeau rhodésien. Plusieurs soldats français ont démissionné après leur première opération, pensant qu'en tant que mercenaires, ils seraient mieux payés que les soldats rhodésien.

Sur le terrain leur rendement a été inférieur a ce qui était prévu, mais ils ont néanmoins été impliqués dans plusieurs opérations à succès entre février et mars 1978. Cependant, leur mauvais traitement de la population locale les a rendu impopulaire dans le secteur opérationnel. À la suite d'une série de catastrophes (plusieurs incidents décès et incendies) la compagnie13m est officiellement dissoute le 13 mai 1978. Une partie des hommes de l'unité, dirigés par Bob Denard, sont impliqué le jour même dans un coup d'État aux Comores, soutenu par les gouvernements français, rhodésien et sud-africain.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Bush de Rhodésie du Sud.
Carte des opérations en Rhodésie.
Les Rhodesian Security Forces avaient définit sept aires d'intervention dans le pays dans les années 70. La première fut l'opération Hurricane en décembre 1972[1][2]

Suite à un désaccord avec le gouvernement britannique sur les condition d'une indépendance totale, le gouvernement de la Rhodésie (ou Rhodésie du Sud), majoritairement blanc et dirigé par Ian Smith, déclare son indépendance le 11 novembre 1965. Les Britanniques et l'Organisation des Nations unies refusent cet état de fait et imposent des sanctions économique au pays[3]. Pendant ce temps les deux groupes nationalistes noir les plus importants du pays, soutenus par les communistes, l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU) et l'Union du peuple africain du Zimbabwe (ZAPU), mobilisent leurs branches armées (Zimbabwe African National Liberation Army (ZANLA) et Zimbabwe People's Revolutionary Army (ZIPRA)), pour ce qu'ils appellent "le second Chimurenga", avec pour objectif de renverser le gouvernement et d'obtenir un gouvernement majoritairement noir[4][5].

Formation : octobre 1977[modifier | modifier le code]

À court d'effectifs, le commandement rhodésien fait l'essai d'engager des troupes non-anglophones, en unité constituée. Il recrute en France d'anciens paras ou légionnaires. Les plus anciens sont très expérimentés (Algérie, Yémen, Angola). De plus jeunes ont fait Beyrouth ou le coup du Bénin.[Quoi ?] D'autres en sont à leur première aventure. Les radio-interprètes sont des Français engagés à titre individuel (Grey's Scouts, Rhodesian Light Infantry).

Attachée au 1.R.R (1st Battaillon, the Rhodesia Regiment) qui appartient à la 2e Brigade, commandée par le général Maclean, la compagnie est formée au camp de Cranborne, fief du Rhodesian Light Infantry, dans la banlieue de Salisbury (Harare).

Engagement[modifier | modifier le code]

La compagnie est engagée dans le nord-est du pays, où l'insurrection a débuté. L'opération est appelée Operation Hurricane. La région du Mashonaland est tenue par les partisans du Zanla, branche armée du Zanu (Zimbabwe African National Union), parti de Robert Mugabe.

Tactiques[modifier | modifier le code]

De petites équipes de 4 hommes (ou sticks) armées de fusils et d'une mitrailleuse, mais surtout d'un poste radio, furètent dans un secteur bien délimité, à la rechercher des partisans du Zanla, pendant une période de durée variable, jusqu'à deux semaines.

Les sticks emploient plusieurs procédés.

    • De jour : poste d'observation, embuscade, patrouille,
    • De nuit : poste d'écoute, embuscade, patrouille (rare).

Quand une bande est repérée, le chef de stick rend compte. Le chef du secteur prévient le commandement régional qui active alors ou non une Fireforce. Si la Fireforce est indisponible, il faut y aller.

Premier tour d'opérations[modifier | modifier le code]

Le premier Battle camp a lieu en novembre 1977 et le premier Bush trip dure de novembre 1977 à janvier 1978.

La compagnie s'installe au camp de Rusambo, aire de Rushinga, dans le Chimanda Tribal Trust Land (région agricole indigène), où stationne une compagnie de territorials (jeunes réservistes) dont le chef, conseillé par une équipe de spécialistes du renseignement, exerce le commandement du secteur.

Par deux ou trois, les mercenaires sont intégrés dans les sticks rhodésiens. Des problèmes de langue et de discipline commencent à apparaitre. Des sticks français sont envoyés sur le terrain. De nouveaux problèmes surgissent (façons de faire, imprudences, incompréhension mutuelle).

Fin novembre, la compagnie est consignée au petit camp de police de Marymount (est de Rusambo, près de la frontière du Mozambique).

Le 6 janvier 1978, deux camions sont embusqués entre Rusambo et Marymount par des insurgés qui épiaient ces liaisons trop fréquences sur la même route. L'attaque fait deux blessés dont l'un meurt quinze jours plus tard à l'hôpital.

Le 13 janvier 1978, le premier camion de la rame[Quoi ?] qui ramène la compagnie de Marymount à Rusambo est attaqué. L’attaque fait un mort et trois blessés graves. Les insurgés attendaient un convoi des affaires indigènes qui déménageait un kraal vers un village protégé.

Le 17 janvier 1978, la compagnie (120 hommes), rassemblée aux Brady Barracks (Salisbury), vient d'être soldée et hue les officiers rhodésiens du 1.R.R..

La 1re Rest & Recuperation a lieu entre janvier et février 1978.

L'état-major rhodésien hésite à poursuivre l'expérience, mais il décide finalement d'accorder une seconde chance à l'unité, dont le commandant est expérimenté. La plupart des mercenaires sont rapatriés sur leur demande. Seul demeure un noyau d'une quarantaine de volontaires plus motivés.

Deuxième tour d'opérations[modifier | modifier le code]

Le 2e Battle camp a eu lieu en février 1978. La compagnie est stationnée quelques jours au camp de Mount-Darwin (nord-est de Salisbury). Cette fois ci la Rhodesian Army a fourni ses propres interprètes.

Le 2e Bush trip a lieu de février à avril 1978.

La compagnie est seule (pas de compagnie de réservistes rhodésiens) à Rusambo avec des éléments de protection qui gardent le camp et une équipe mixte de policiers rhodésiens et sud-africains (SB, CID).

Le 26 février 1978 un stick français repère 7 insurgés qui tiennent un pungwe (réunion de propagande) dans un kraal. Une Fireforce du Rhodesian Light Infantry en tue quatre, dont un cadre porteur de documents.

Le 27 février 1978 un stick international observe 11 insurgés qui entrent dans un kraal. La Fireforce intervient trop tard.[Quoi ?]

Le 1er mars 1978 un stick rhodésien spotte une bande à 2 km de Rusambo.[Quoi ?] La Fireforce intervient. Les mercenaires y prennent part et 18 insurgés (sur 28) sont tués.

À plusieurs reprises, le secteur est de Rusambo estgelé : les troupes consignées au camp tandis que des équipes de forces spéciales rhodésiennes (Selous Scouts, RLI) maraudent sans aucun résultat.

En avril 1978 a lieu le 2e R & R.[Quoi ?].

Plusieurs mercenaires, ayant croisé les bras, sont mis en prison. Les autres (anciens sous-officiers de l'armée française, anciens légionnaires) gardent le calme des vieilles troupes. Trois insolents (non grévistes) sont expédiés, pour l'exemple, en détention, aux Llewelyn Barracks, Bulawayo (Matabeleland), la compagnie disciplinaire.

Licenciement : mai 1978[modifier | modifier le code]

Le 13 mai 1978 : la compagnie rassemblée dans un hangar des Brady Barracks (Salisbury est officiellement licenciée pour ses difficultés d'intégration.

Expériences comparables[modifier | modifier le code]

  • Passés dans la Rhodesian Army, après la chute du Mozambique, les soldats portugais de troupes d'élite (Flechas, Fusilieros Especialos) avaient eu de telles difficultés d'intégration que la plupart n'étaient pas restés.
  • À l'époque du licenciement de la 7e compagnie indépendante, les vétérans américains recrutés, en unités constituées, par les Rhodésiens, sont cantonnés à la défense de points sensibles (fermes, etc.).
  • Les Rhodésiens (SAS, RLI, Selous) passés dans l'armée sud-africaine, après la chute de la Rhodésie, connaîtront, à leur tour, des difficultés d'intégration telles que la plupart partiront au bout d'un an.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [[#Abbott Botham 1986|Abbott et Botham 1986]], p. 7
  2. [[#Cilliers 1984|Cilliers 1984]], p. 29
  3. [[#Wood 2008|Wood 2008]], p. 1–8
  4. « Chimurenga war communiqué No. 8. Period from 30 Jan to 20 March 1974 », Zimbabwe African National Union, Lusaka,‎ 27 mars 1974
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Caute : Under the Skin, the Death of White Rhodesia.
  • Anna Gaël : La guerre est plutôt malsaine pour les enfants.
  • Patrick Ollivier et Thibaud d'Oiron : Soldat de Fortune.
  • Moorcraft et McLaughlin : Chimurenga : the war in Rhodesia.
  • Wood : The war diaries of André Dennison.
  • Gérard de Villiers : SAS Compte à rebours en Rhodésie.
  • Le Crapouillot : Mercenaires et Volontaires (no 117 - janvier-février 1994)
  • Historia Spécial : Les Mercenaires (no 406 bis - 1980)
  • Raids : La Septième Compagnie indépendante (no 16, 17 et 19)

Liens externes[modifier | modifier le code]