52 hertz

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Le spectrogramme du signal vocal de « 52 hertz ».

52 hertz est le nom donné à une baleine unique dont la fréquence du chant est de 52 hertz. Aussi surnommée « la baleine la plus seule au monde[trad 1],[1],[2] » Détectée pour la première fois dans l'océan Pacifique nord en 1989[3], cette baleine semble être l'unique représentante de son espèce, son chant ne correspondant pas à la fréquence usuelle des chants des baleines (habituellement de 12 à 25 hertz). La baleine a été suivie pendant 12 ans, de 1992 à 2004, par une équipe de scientifiques du Woods Hole Oceanographic Institution, menée par William Watkins, puis Mary Ann Daher[4]. En outre ses déplacements ne suivent pas les voies migratoires du reste de l'espèce des baleines bleues[3],[5].

La baleine 52 hertz a continué d'être suivie par l'équipe jusqu'en 2007[3] et en 2013, une équipe composée de vidéastes documentaires et de scientifiques a été montée pour tenter de repérer et découvrir la baleine dans le Pacifique Nord[2].

Suivi[modifier | modifier le code]

52 hertz a été suivie dès 1992 grâce au SOSUS, un réseau d'hydrophones construit par les États-Unis pour espionner l'Union soviétique et dont les installations ne furent déclassifiées qu'après 1991[6]. Au vu de ses déplacements différant de ceux de ses congénères, il a été possible pour l'équipe de scientifique de suivre la baleine pendant quelques semaines voire parfois toute une année alors qu'il n'est en général possible de suivre une baleine que durant quelques heures. La vitesse de 52 hertz est d'environ 31 à 69 kilomètres par jour, elle a pu être observée sans interruption pendant un minimum de 708 km (une saison entière) et un maximum de 11 062 km (année 2002-2003)[6].

Chant[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Chant de 52 Hertz (info)
Le chant de 52 hertz, enregistré dans le nord-est du Pacifique, le signal a été accéléré 10 fois.

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Le chant de 52 hertz est caractérisé par une fréquence moyenne de 51,75 Hz pour des suites de 2 à 6 chants d'environ 5 secondes[7]. Le chant a par ailleurs baissé en fréquence au fil des ans, indiquant le vieillissement de la baleine[8]. Une baleine bleue chante sur des fréquences allant de 12 à 25 hertz.

Le chant et le thème de la solitude de cette baleine a inspiré autour du monde ; des poèmes, livres et musiques ont été créés en hommage à 52 hertz. Dahey, qui a survécu à Watkins et était à l'époque de la rédaction de l'article son assistante de laboratoire, reçoit depuis la publication des lettres et des e-mails de personnes compatissant pour la baleine. Un documentariste, Joshua Zeman a commencé à produire en 2013 un documentaire, Finding 52, trouver 52 en français, sur l'impact que l'existence de 52 hertz a sur les personnes, sur la réponse émotionnelle que les nouvelles de son existence a eu dans le monde[2].

Hypothèses[modifier | modifier le code]

Les hypothèses sur la cause de l'unicité de cette baleine sont nombreuses, bien que Daher ait réfuté l'idée que cette baleine soit l'unique représentante d'une sous-espèce, considérant plutôt qu'elle doit être victime d'une malformation ou être un hybride[8],[4]. Le cryptozoologiste Oll Lewis a émis l'hypothèse que 52 hertz pourrait être soit le dernier survivant d'une sous-espèce de baleines disparue, soit un hybride entre deux sous-espèces[9]. L'hypothèse la plus répandue en tous cas serait qu'elle appartient aux baleines bleues ou aux rorquals communs ou un hybride des deux espèces, bien que la possibilité de l'hybridation soit écartée par Bruce Mate qui appuie la malformation, supposant qu'il est probable que cette baleine ait l'équivalent d'un sigmatisme[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. World's loneliest whale
  1. (en) Ben Anderson, « 'World's loneliest whale' pays visit to Alaska », sur Alaska dispatch,‎ 5 janvier 2012
  2. a, b, c et d (en) Kieran Mulvaney, « The Loneliest Whale in the World? », sur News Discovery,‎ 15 juillet 2013
  3. a, b et c « La « baleine 52 hertz », une inconnue bien mystérieuse », Baleines d'ici et d'ailleurs, vol. 15, no 12,‎ mars 2011 (lire en ligne)
  4. a et b (en) Andrew C. Revkin, « Song of the Sea, a Cappella and Unanswered », sur New York Times,‎ 21 décembre 2004
  5. (en) Jayne Doucette, « Déplacements de 52 hertz », sur Woods Hole Oceanographic Institution
  6. a et b (en) Lonny Lippsett, « A Lone Voice Crying in the Watery Wilderness », sur Woods Hole Oceanographic Institution,‎ 5 avril 2005
  7. « Cette baleine est seule parce qu'aucune autre ne peut l'entendre », sur Slate,‎ 1 mars 2011
  8. a et b (en) Jon Copley, « Lonely whale's song remains a mystery », sur New Scientist,‎ 10 décembre 2004
  9. (en) « The Loneliest Whale in the World », sur Good.is

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) William A. Watkins, Mary Ann Daher, Joseph E. George et David Rodriguez, « Twelve years of tracking 52-Hz whale calls from a unique source in the North Pacific », Deep Sea Research Part I: Oceanographic Research Papers, Elsevier, vol. 51, no 12,‎ décembre 2004, p. 1889-1901 (lien DOI?, résumé)
  • (en) « The loneliest mix », tumblr Site dédié au chant et au remix du chant de 52 hertz