402e régiment d'artillerie

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402e Régiment d'Artillerie
insigne régimentaire du 402e R.A.
insigne régimentaire du 402e R.A.

Période 10 avril 1923 – 1er juillet 2012
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de Terre
Type Régiment d'Artillerie
Rôle Artillerie Anti-Aérienne
Fait partie de 1re brigade mécanisée (1re BM)
Garnison Châlons-en-Champagne Quartier Corbineau
Devise Nec Pluribus Impar
(Au-dessus de tous)
Inscriptions
sur l’emblème
Grande Guerre 1914-1918
AFN 1952-1962
Guerres Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie

Le 402e régiment d'artillerie, à l'origine 402e régiment d'artillerie de défense contre aéronefs, a été créé le 10 avril 1923 et dissous le 1er juillet 2012[1].

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

C'est l'engagement d'aéronefs sur le champ de bataille de la Première Guerre mondiale qui entraine la création d'une artillerie de défense contre avions. Les batteries de DCA dispersées dans les grandes unités sont présentes dans toutes les grandes batailles (Marne, Champagne, Verdun, Picardie) ce qui lui vaut l'inscription "Grande Guerre 1914-1918".

Le 402e régiment d'artillerie de défense contre aéronefs (RADCA) a été créé le 10 avril 1923 à Mayence, ses personnels provenant de différentes unités : 66e régiment d'artillerie, le 67e régiment d'artillerie, 501e régiment d'infanterie territoriale et le 2e groupe de circulation. La bonne conduite de ces unités au cours de la Première Guerre mondiale vaut à l'étendard du régiment de porter dans ses plis l'inscription :

« Grande Guerre 1914-1918 ».

À partir de 1926 son État major est installé à Metz. Le 402e régiment d'artillerie est alors basé à la Caserne Roques. Pendant la campagne de 1939-1940, le 402eRADCA, composé de 32 groupes et de huit batteries, a un comportement remarquable, abattant plus de 20 appareils ennemis. Il est dissous à l'armistice.

Recréé à partir des groupes antiaériens de la Première Armée française du Général de Lattre de Tassigny, le 402e régiment d’artillerie antiaérienne s'installe à Commercy le 1er septembre 1947. À partir de 1955 il est envoyé en Afrique du Nord où il participe aux opérations de maintien de l’ordre, d'abord au Maroc, puis en Algérie dans le secteur d’Orléansville. Après le 19 Mars 1962, le 402 RAA créé, comme 91 régiments, une unité de la force locale algérienne. La 483°UFO constitué de 10%de militaires de métropole et 90% de militaires musulmans de tous bords était en place le 16 avril 1962 a Orléansville

L’inscription « AFN 1952-1962 » dans les plis de son étendard témoigne de cet engagement, le Régiment est à nouveau dissous en 1962.

En 1963, le 2e bataillon français Hawk rentre de Fort Bliss (Texas, USA) où il a été instruit et forme, avec du personnel provenant du 423e régiment antiaérien, le 402e régiment d’artillerie antiaérienne (RAA) créé à Kehl, à la frontière franco-allemande, le 1er janvier 1964. Un an plus tard le Régiment prend position dans la région de Munich (RFA), intégrant ses batteries Hawk à la barrière de la défense antiaérienne des forces de l'OTAN.

À la fin de l'année 1966, le régiment s'installe au quartier Foch à Laon. Placé en 1969 sous les ordres du Général commandant l'artillerie du 1er Corps d'armée, le 402e RAA rejoint en 1976 Châlons-en-Champagne et change d’appellation le 1er novembre 1970. Devenu 402e régiment d’artillerie (RA), il est affecté en 1984 pour emploi à la 1re Armée mais appartient toujours au 1er Corps d'armée chargé de sa mise en œuvre.

Insigne de béret d'artillerie

Au sein de l'opération Épervier, de 1986 à 1989 le régiment assure la défense antiaérienne de N'Djamena avec une batterie de MIM-23 Hawk, en alternance avec le 403e R.A.

Le 1er juillet 1990, le régiment passe sous commandement de la 1re Armée et, de 1990 à 1994, des personnels du régiment prennent part aux actions extérieures dans le Golfe persique, et dans le cadre des Nations Unies en Yougoslavie et au Cambodge, par l'envoi d'officiers de liaison et d'engagés.

Le 402e R.A. est désormais l’unique régiment de défense sol-air à moyenne portée de l’Armée de terre. Il est en mesure d’assurer sur le sol national la défense aérienne à moyenne et courte portées de sites particulièrement sensibles et d’assurer la mise sur pied de modules projetables dans des opérations extérieures.

S’entraînant sans relâche dans sa fonction antiaérienne en participant à des exercices interarmées ou interalliés, le régiment remplit des missions de projection intérieure : aide en cas de catastrophe naturelle, protection Vigipirate, et assure également des missions de souveraineté en Martinique, Guyane (site de Kourou), de présence en Afrique (zone de défense aéroportuaire de Djibouti), et des missions ONU et OTAN (ex-Yougoslavie et en Macédoine).

Les unités de tir du régiment possèdent désormais en double dotation des matériels Mistral. Ce système d’arme sol-air à très courte portée (SATCP) est destiné à la défense antiaérienne à très basse altitude. En 2005 une batterie dotée de ce type de matériel a été projetée en Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’Opération Licorne.

Le régiment met des moyens Hawk à la disposition de l’école d’Artillerie de Draguignan, pour parfaire l’instruction des stagiaires officiers et non officiers.

À la suite de la décision gouvernementale d’affecter à l’Armée de l’air le système d’arme à moyenne portée (SAMP/T) destiné à succéder au Hawk, le 402e RA qui effectue son dernier tir de missile Hawk le jeudi 29 mars 2012 a été dissous le 1er juillet 2012[2].

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

  • 1923-1926 - Lieutenant-colonel Bonnet
  • 1926-1926 - Lieutenant-colonel Legros
  • 1926-1927 - Lieutenant-colonel Quiriaux
  • 1927-1930 - Lieutenant-colonel Fontanez
  • 1930-1931 - Lieutenant-colonel Mars
  • 1931-1933 - Lieutenant-colonel Lafitte-Rouzet
  • 1933-1935 - Colonel Mars
  • 1935-1937 - Colonel Cornet
  • 1937-1939 - Colonel Deroussaux
  • 1947-1951 - Lieutenant-colonel Mayer
  • 1951-1952 - Colonel Mayer
  • 1952-1955 - Colonel Azambre
  • 1955-1956 - Colonel Sousselier
  • 1958-1960 - Lieutenant-colonel Raguenet
  • 1960-1962 - Chef d'escadron Salles
  • 1962-1964 - Lieutenant-colonel Lenhing
  • 1964-1966 - Colonel Niclot
  • 1966-1967 - Colonel Scotto Di Vettimo
  • 1967-1969 - Lieutenant-colonel Clemang
  • 1969-1971 - Lieutenant-colonel Le Merre
  • 1971-1973 - Lieutenant-colonel Hinterlang
  • 1973-1975 - Lieutenant-colonel Spyns
  • 1975-1977 - Lieutenant-colonel Barbet
  • 1977-1979 - Lieutenant-colonel Le Dean
  • 1979-1981 - Colonel Poirel
  • 1981-1983 - Lieutenant-colonel Carmona
  • 1983-1985 - Colonel Balliot
  • 1985-1987 - Colonel Cordoliani
  • 1987-1989 - Colonel Lefebvre
  • 1989-1992 - Colonel Bourreau
  • 1992-1994 - Colonel Var
  • 1994-1996 - Colonel Lanternier
  • 1996-1998 - Colonel Nivet, actuellement général de division (fut capitaine de la 4° batterie du 53° RA et lieutenant à la 2° batterie du même régiment à Breisach FFA).
  • 1998-2000 - Colonel Brusseaux (fut capitaine à la 2° batterie du 53° RA / Breisach FFA)
  • 2000-2002 - Colonel Marec
  • 2002-2004 - Colonel Poëdras
  • 2004-2006 - Colonel Brejot
  • 2006-2008 - Colonel Boisgontier
  • 2008-2010 - Colonel Blondeau
  • 2010-2012 - Colonel Ogier

Étendard[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[3],[4]:


402e régiment d'artillerie-drapeau.svg


L'étendard du 402e Régiment d'Artillerie de Défense Contre Aéronefs a été remis au régiment en février 1926 par le général Chabord commandant l'aéronautique de l'Armée Française au Rhin.

Devise[modifier | modifier le code]

Nec Pluribus Impar (A nul autre pareil) ou en traduisant cette expression mot-à-mot, on obtient « Non inégal à plusieurs[5] ».


Insigne[modifier | modifier le code]

Écu français ancien d’azur au missile blanc à ailerons noirs posés en barre accompagné en chef dextre d’un cartouche d’or au numéro rouge, l’écu timbré d’un pont à trois arches d’or, le reste du même.

Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment[modifier | modifier le code]

Date célèbre pour les artilleurs sol-air, le 7 septembre 1987 correspond au seul fait d'armes reconnu de l'artillerie sol-air française depuis la dernière guerre mondiale.

De 1986 à 1989, en alternance avec les personnels des 401e et 403e régiments d'artillerie, le 402e RA assure avec une batterie Hawk la défense anti-aérienne de N'Djamena, la capitale du Tchad. Le 7 septembre 1987, un missile de la batterie Hawk alors servie par des personnels du 403e détruisait un bombardier Tupolev 22 de l'armée de l’air libyenne qui amorçait son attaque sur la capitale tchadienne et sur le dispositif Épervier. Ce fait d'armes, unique depuis la Seconde Guerre mondiale, démontrait déjà toute l'efficacité de l'artillerie sol-air, en projection loin de ses bases.

Le 7 septembre 1987 à 6h55, sur ordre du chef contrôleur de la défense aérienne locale, l'équipe de tir de la 1re batterie, commandée par le Lieutenant Aznar, effectue un tir contre un Tupolev 22 libyen. L'appareil est abattu à huit kilomètres de la batterie avant d'avoir réussi son attaque contre la capitale tchadienne et les installations militaires françaises. Dans le même temps, les forces françaises stationnées à Abeche subissent un bombardement effectué par un appareil libyen.

Dans la même semaine, une équipe de reconnaissance, issue du même détachement, effectue au nord du 16e parallèle une reconnaissance tactique sous la conduite du chef de corps du 403e régiment d'artillerie, le Colonel Petit ; elle y est soumise à un bombardement le 10 septembre après-midi, là aussi par un Tupolev 22 libyen.

Personnalités ayant servi au sein du régiment[modifier | modifier le code]

GCA MARGUERON (actuel MGAT) - 1992-1994[6]

Le régiment aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Subordinations[modifier | modifier le code]

Le régiment est subordonné depuis le 1er juillet 2010 à la 1re brigade mécanisée stationnée à Chalons en Champagne où il se différencie des autres régiments d’artillerie sol-air par sa spécificité. Elle-même composante de la force d'action terrestre.

Composition[modifier | modifier le code]

Entièrement professionnalisé, le 402e RA dispose depuis 2010 de:

  • 2 batteries de tir Hawk équipées du Hawk PIP3/FDOC ( B1,B2 ),
  • 1 batterie de maintenance ( BM ),
  • 1 batterie des opérations qui arme deux postes de commandement ( BO ),
  • 1 unité de réserve de régiment professionnel ( B5 ).

Une batterie mettant en œuvre le Hawk est composée d’une section de commandement, de deux sections de tir et d’une section de montage des missiles. Chaque section de tir dispose d’un centre de coordination des feux (alias FDOC pour Fire Direction and Operation Center) auquel peuvent être raccordés simultanément jusqu’à sept lanceurs. Chaque lanceur emportant trois missiles, on peut donc avoir jusqu’à 21 missiles immédiatement prêts à l’emploi par sectio[7].

Dissolution programmée à l'été 2012[8]. Sera remplacé dans son casernement de Chalons en Champagne (51) par le 1er Régiment d'Artillerie de Marine (1er RAMa) venant de Laon-Couvron (02)

Matériels[modifier | modifier le code]

  • Système d'arme Hawk PIP 3 (capacité de 48 missiles sur rampe, huit radars de tir et huit radars de détection), environ 200 missiles Hawk en stock en avril 2012
  • Système d'arme Mistral en double dotation ( 24 postes de tir et 4 radars de détection)
  • 2 Centres de Contrôle Régimentaire associés à un système de transmission automatique de données dérivé du RITA
  • Nombreuses stations de Faisceaux Hertziens Modulaires (FHM)

Stationnement[modifier | modifier le code]

Le 402e régiment d’artillerie était jusqu'en 2012 situé au Quartier Corbineau à Châlons-En-Champagne Cedex, avant sa dissolution le 20 juin 2012.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Historique de l'artillerie française, H. Kauffert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.opex360.com/2012/06/21/le-402eme-regiment-dartillerie-a-ete-dissous/
  2. Jean-Marc Tanguy, « Last shot », sur Le Mamouth,‎ 1er avril 2012 (consulté le 4 avril 2012)
  3. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007
  4. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie
  5. Liste de devises militaires françaises
  6. http://www.defense.gouv.fr/terre/presentation/etat-major-de-l-armee-de-terre/biographie-du-general-de-corps-d-armee-margueron/(language)/fre-FR
  7. Frédéric Lert, « FOB Interview : Colonel Philippe Ogier », sur FOB,‎ 4 avril 2012 (consulté le 7 avril 2012)
  8. http://www.lunion.presse.fr/article/marne/video-larmee-et-chalons-disent-adieu-au-402e-ra

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]