33e Waffen-Grenadier-Division de la SS Charlemagne (französische Nr. 1)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charlemagne (homonymie).
33. Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne
Blason de la Division Charlemagne
Blason de la Division Charlemagne

Période octobre 1943 – février 1945
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Branche Flag Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Type Division SS
Effectif décembre 44 : 7 340 personnes
Ancienne dénomination Sturmbrigade SS Frankreich
Marche SS Marschiert
Horst Wessel lied
Notre drapeau
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles bataille de Körlin
bataille de Belgard
bataille de Kolberg
bataille de Dantzig
bataille de Berlin
Commandant historique SS-Brigadeführer Gustav Krukenberg

La 33e Waffen-Grenadier-Division de la SS Charlemagne (französische[1] Nr. 1), nommée par simplification le plus souvent dans la littérature française d'après guerre Division Charlemagne, était l'une des divisions d'infanterie de la Waffen-SS qui fut formée durant la Seconde Guerre mondiale. Elle était constituée majoritairement de Français engagés volontaires sous l'uniforme des Waffen-SS.

Historique[modifier | modifier le code]

Heinrich Himmler souhaite intégrer tous les volontaires étrangers dans la Waffen-SS, qui comprend déjà un certain nombre de volontaires français depuis le 23 juillet 1943.

La Waffen-Grenadier-Brigade der SS Charlemagne remplace entre autres la Légion des volontaires français (LVF). Elle est formée à Wildflecken à partir de juillet 1944 comme la Französische SS-Freiwilligen-Sturmbrigade avec des unités disparates et des français:

Soit au total près de 7 340 hommes (décembre 1944). Elle est officiellement commandée par l'Oberführer Edgar Puaud ancien commandant de la LVF depuis septembre 1943 mais supervisée en fait par le général Krukenberg.

En février 1945 la brigade Waffen-Grenadier-Brigade der SS Charlemagne (französische Nr.1) devient une division, la 33. Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne (französische Nr. 1).

Premier et dernier engagement[modifier | modifier le code]

La division française est engagée par l'état-major allemand de manière anticipée[3] pour tenter de juguler l'avance soviétique en Poméranie.

Le 17 février 1945, un premier contingent s'embarque à Fulda en direction de la Poméranie. À cette date, les armées soviétiques tentent d'encercler les troupes allemandes.

Les Waffen-SS français ne disposent que de camions et de Panzerfaust[4]. Pilonnées par l'aviation alliée, les troupes arrivent péniblement à Hammerstein le 22 février. Dès le 24, avant même d'avoir regroupé ses hommes[5], Puaud lance ses troupes autour des bourgs de Elsenau et Bärenwald, au sud-est d'Hammerstein. La « division » SS, forte de quatre bataillons, mais dépourvue d'artillerie et de couverture aérienne, fait face pendant trois jours et trois nuits à huit corps blindés russes (général Panfilov) et à cinquante divisions (général Olikovski). Ils réussissent néanmoins à détruire 32 chars dont un char Staline[réf. nécessaire]. Au cours de ces premiers combats, durant lesquels le Brigadeführer Krukenberg a pris le commandement effectif de la division (laissant à Puaud un rôle tout juste symbolique), les Waffen-SS français ont perdu 2 000 hommes[6].

Après un regroupement à Neustettin, suivie d'une rapide réorganisation, la division doit entreprendre une longue et difficile marche dans le froid et la neige pour rejoindre le secteur de Belgard, situé à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest.

Arrivés sur place le 3 mars, les Français reçoivent aussitôt l'ordre de défendre la ville de Körlin (axe de repli des troupes et civils allemands)[réf. nécessaire]. Engagés de manière dispersée, sans appui, ils établissent un périmètre de défense autour de la ville, mais, comme beaucoup d'autres divisions, ils sont finalement encerclés par les troupes soviétiques dès le 5 mars. Peu des Waffen-SS français réussissent à s'échapper de la nasse, la plupart étant décimés dans la plaine de Belgard, avec Puaud à leur tête. Seul le bataillon du Hauptsturmführer Henri Fenet (accompagné de Krukenberg), qui a été le premier à percer, sortira quasiment au complet de cette campagne de Poméranie.

La bataille de Berlin[modifier | modifier le code]

Le dernier bataillon de cette division, connu sous le nom de Bataillon Charlemagne, sous le commandement du SS-Hauptsturmführer Henri Fenet, participe à la bataille de Berlin au sein de la division Nordland. Il ne reste alors que 320 à 330 hommes à peine[6]. Dans les combats de rue, qui se déroulent d'abord à Neukölln puis dans le secteur central, les Français à eux seuls auraient détruit une soixantaine de chars russes[7].

Le 27, ce qui reste des troupes se retranche dans le métro. Le 28, ils défendent la place Belle-Alliance qui protège l'accès du bunker d'Adolf Hitler. Parmi les derniers défenseurs du bunker figurent paradoxalement des volontaires français aux côtés de collaborationnistes de plusieurs pays d'Europe. Jusqu'au 2 mai, alors qu'Adolf Hitler s'est déjà suicidé, ils résistent à l'avancée des troupes russes. Les derniers hommes, dont Henri Fenet, sont faits prisonniers à cette date. [réf. nécessaire]Les SS français auraient été les « derniers défenseurs » du bunker, le Bataillon Charlemagne ayant été la seule unité encore présente jusqu'au 2 mai, afin d'empêcher les Soviétiques de le prendre pour la fête du 1er mai[7].

Sur le front ouest[modifier | modifier le code]

D'autres éléments de la Waffen-SS français combattent le 29 avril contre les Américains en Bavière. Une douzaine de recrues, issues pour la plupart de la Charlemagne, se rendent aux troupes américaines qui les livrent le 6 mai à la 2e division blindée du général Leclerc, qui vient de prendre ses quartiers à Bad Reichenhall. Les prisonniers sont brièvement interrogés par Leclerc lui-même. Le lendemain, ou le surlendemain, ils sont fusillés sans jugement et sans que les autorités du GPRF, informées de leur capture, aient été tenues au courant de cette décision. La responsabilité de Leclerc dans cette exécution sommaire a été évoquée, sans qu'il soit possible de déterminer avec certitude si la décision a été prise par le chef de la 2e DB en personne, ou bien par l'un de ses officiers. Les corps sont abandonnés sur place par les Français, et enterrés plus tard à la hâte par les Américains. Seuls cinq des prisonniers exécutés ont été identifiés avec certitude[8].

En 1949, à la suite de la demande de la famille de l'un des fusillés, les corps seront exhumés et placés dans une tombe commune au cimetière de Bad Reichenhall[9]. Cette histoire a inspiré une scène du film Un héros très discret, réalisé par Jacques Audiard en 1996.

Désignations successives[modifier | modifier le code]

  • Octobre 1943 : Französische SS-Freiwilligen-Grenadier-Regiment
  • Novembre 1943 : Französisches SS-Freiwilligen-Regiment 57
  • Juillet 1944 : Französische SS-Freiwilligen-Sturmbrigade
  • Septembre 1944 : Waffen-Grenadier Brigade de la SS Charlemagne (französische Nr. 1)
  • Février 1945 : 33. Waffen-Grenadier-Division de la SS Charlemagne (französische Nr. 1)

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 57 (französisches Nr. 1)
  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 58 (französisches Nr. 2)
  • SS-Panzerjäger-Abteilung 33
  • SS-Pionier-Kompanie 33
  • SS-Nachrichten-Kompanie 33
  • SS-Feldersatz-Kompanie 33
  • SS-Nachschub-Bataillon 33

Liste des commandants successifs[modifier | modifier le code]

Début Fin Grade Nom
février 1944 février 1944 Waffen-Oberführer Edgar Puaud
février 1944 avril 1945 SS-Brigadeführer Gustav Krukenberg
avril 1945 mai 1945 SS-Standartenführer Walter Zimmermann

Henri Fenet n'a jamais été nommé commandant de la division Charlemagne, il n'a été que le dernier officier combattant et n'a dirigé qu'un petit Kampfgruppe (groupe de combat) qui tentait de quitter Berlin[10].

Les Français de la Waffen SS ou de la division Charlemagne[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études historiques[modifier | modifier le code]

  • Éric Lefevre, La Division Charlemagne: Des Français dans la SS, revue « Axe & Alliés », H.S.no.1, 2007
  • Philippe Burrin, La France à l’heure allemande 1940-1944, Paris, Editions du Seuil, 559 p., 1995
  • Pierre Giolitto, Volontaires français sous l'uniforme allemand, Paris, Librairie académique Perrin, 1999
  • Henry Rousso, Un château en Allemagne. La France de Pétain en exil. Sigmarigen, 1944-1945, Paris, Éditions du Seuil, 1980
  • Robert Forbes, For Europe - The French Volunteers of The Waffen-SS, (Solihull, Angleterre), Hellion, 2006
  • Henri Mounine, Kolberg, Paris, Editions de L'Homme Libre, 2009
  • Peter Schöttler, « Trois formes de collaboration : l’Europe et la réconciliation franco-allemande – à travers la carrière de Gustav Krukenberg, chef de la ‘Division Charlemagne’ », Allemagne d’aujourd’hui, no. 207, 2014, p. 225–246.

Récits historiques romancés[modifier | modifier le code]

Témoignages, mémoires et souvenirs romancés[modifier | modifier le code]

  • Luc Deloncle, Trois jeunesses provençales dans la guerre, Condé-sur-Noireau, Dualpha, 2004
  • Gilbert Gilles, Un ancien Waffen SS raconte … 2 tomes, GM International, 1989
  • Emil Marotel, La longue marche, (Paris), Arctic, (2007)
  • Christian de La Mazière, Le rêveur casqué, Paris, J'ai lu, 1972 - Robert Laffont, 1972
  • Pierre Rostaing, Le Prix d'un serment, Ligugé (Vienne), La Table ronde, 1975, ISBN|9782710315919
  • Pierre Rusco, Stoï, 40 mois de combat sur le front russe, Artigues-près-Bordeaux, Jacques Grancher éditeur, 1988.
  • Jean Malardier, Combats pour l'honneur, Paris, Editions de L'Homme Libre, 2007
  • André Bayle, Des Jeux Olympiques à la Waffen-SS, Editions du Lore, 2008
  • Christian Malbosse , Le soldat traqué , Editions de la Pensée Moderne ,1971 ; Librairie Générale Française - 1977 - " Le Livre de Poche " no 5037 - ISBN 2-253-01812-0 ; Ed.
  • Robert Forbes , Les Volontaires français de la Waffen-SS , Editions Gergovie , 1998 ; L'Aencre 2005.
  • François Barazer de Lannurien , Le Sublime et la mort , Editions L'Homme Libre, février 2010, ISBN 2840482061

Romans[modifier | modifier le code]

  • Saint-Paulien, Les Maudits (2 tomes), Paris, Plon, 1958

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire en allemand [division] française n° 1.
  2. a et b Pierre Giolitto, Histoire de la Milice, Campus, p. 486
  3. Robert Forbes, For Europe. The French Volunteers of the Waffen-SS, p. 254
  4. Pierre Giolitto, Volontaires français sous l'uniforme allemand, Paris, Librairie académique Perrin, 1999, p. 482.
  5. P. Giolitto, op. cit., p. 484
  6. a et b Jean Dumont, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale et de ses origines.
  7. a et b Jean Mabire, Mourir à Berlin, Fayard, 1975.
  8. Jean-Christophe Notin, Leclerc, Perrin, 2005, pages 330-333
  9. Résumé par Jean Mabire en annexe de Mourir à Berlin (Fayard, 1975), repris par Pierre Giolitto in Volontaires français sous l'Occupation, Tempus, 2007, p. 517
  10. Georges Bernage, Berlin 1945, Heimdal, 2003.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]