24e régiment d'infanterie

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24e régiment d'Infanterie
 Insigne régimentaire du 24e R.I.(1945)

Insigne régimentaire du 24e R.I.(1945)
 Insigne régimentaire du 24e R.I.

Insigne régimentaire du 24e R.I.

Période 1656
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d'infanterie
Rôle Infanterie
Garnison Île-de-France
Devise "Sans égal"
Inscriptions
sur l’emblème
Valmy 1792
Hondschoote 1793
Gênes 1800
Iéna 1806
Friedland 1807
Les Deux-Morins 1914
Artois 1915
L'aisne 1918
Anniversaire Saint-Maurice
Fourragères aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918
Décorations Croix de guerre 1914-1918 palmes
une étoile de vermeil


L'origine du 24e R. I., régiment de l'armée de terre française, remonte à l'année 1656 date de la création du régiment Royal. Ce régiment, qui s'était illustré dans l'armée de Turenne se couvrit de gloire en 1792 à la Bataille d'Hondschoote, et mérita par sa belle conduite que le nom de cette victoire fût inscrit sur son drapeau. Aujourd'hui, le bataillon de réserve Île-de-France - 24e Régiment d'infanterie est l'héritier, par filiation directe[1], du patrimoine de tradition du 24e Régiment d'Infanterie.

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

  • 1656 : Création du Régiment Royal.
  • 1775 : Création du Régiment de Brie, formé à Strasbourg avec les 2e et 4e bataillons de Royal[2].
  • 1793 : 24e Demi-Brigade de Bataille.
  • 1796 : 24e Demi-Brigade de Ligne.
  • 1803 : Renommée 24e Régiment d'Infanterie de Ligne.
  • 1816 : Légion de Maine et Loire
  • 1820 : Renommée 24e Régiment d'Infanterie de Ligne.
  • 1914 : À la mobilisation, il met sur pied son régiment de réserve, le 224e Régiment d'Infanterie
  • 1997 : Dissolution du régiment, le 13 juin.
  • 2013 : Création du Bataillon de réserve Île-de-France - 24e Régiment d'Infanterie, le 27 juin.

Colonel / Mestre de camp / Chef de brigade[modifier | modifier le code]

Insigne de béret d'infanterie

Régiment Royal

  • 20/01/1656 : Louis, duc d’ARPAJON
  • 06/05/1679 : Charles-Antoine du CHȂTELET, marquis de PIERREFITTE
  • 06/05/1680 : François-Joseph de BLANCHEFORT, marquis de CRÉQUI
  • 28/02/1693 : Benoît, marquis de CALVO
  • 21/11/1703 : Pierre-René de BRISEY, comte d’ÉNONVILLE
  • 03/01/1705 : Louis-François, comte d’AUBIGNÉ de TIGNY
  • 06/03/1719 : Jean-Baptiste-Joachim COLBERT, marquis de CROISSY
  • 21/02/1740 : François-Michel-César LE TELLIER de LOUVOIS, marquis de COURTENVAUX-MONTMIRAIL
  • 29/10/1746 : Louis-Félicien de BOFFIN-ARGENSON, marquis de PUSIGNIEU
  • 10/02/1759 : Charles-Claude-François, marquis du TILLET
  • 29/02/1768 : Louis-Joseph, comte de MAILLY-NESLE

Régiment de Brie


24e Régiment d'Infanterie


24e Demi-brigade de Bataille

  • 1792 : Colonel Fosse


24e Demi-brigade d'Infanterie de Ligne

  • 1795 : Chef de bataillon Ioster
  • 1799 : Chef de bataillon Guinet
  • 1800 : Chef de bataillon Semelle


24e Régiment d'Infanterie de Ligne

  • 1803 : Colonel Jean-Baptiste Pierre de Semellé
  • 1807 : Colonel Jamin
  • 1813 : Colonel Henry
  • 1815 : Antoine-François Genevay


Légion de Maine et Loire

  • 1816 : Colonel de Durfort de Civrac


24e Régiment d'Infanterie de Ligne

  • 1820 : Colonel de Durfort de Civrac
  • 1822 : Colonel Verdier
  • 1827 : Colonel Barboujac
  • 1820 : Colonel de Reissenbach
  • 1838 : Colonel Duvivier
  • 1839 : Colonel Gentil
  • 1846 : Colonel Boudhors de Vraincourt
  • 1851 : Colonel de Carondelet
  • 1856 : Colonel Danget
  • 1863 : Colonel Maillard de Landreville
  • 1869 : Colonel Hervé
  • 01/08/1870 : Colonel d'Arguesse
  • 1871 : Colonel Jourdain
  • 1877 : Colonel Grenion
  • 1883 : Colonel Lebrun
  • 1883 : Colonel Faure-Biguet
  • 1885 : Colonel Besson
  • 1890 : Colonel Henriot
  • 1896 : Colonel de Ramel
  • 1902 : Colonel Auguste Clerc
  • 1907 : Colonel Bruzon
  • 1910 : Colonel Hollender
  • 1912 : Colonel Heriot
  • 1914 : Colonel Pinbau
  • 23/05/1915 : Lieutenant-colonel Bühler
  • 1916 : Colonel Giarsilly
  • 1916 : Colonel Henry
  • 1925 : Colonel Barberac de Saint-Maurice
  • 1927 : Colonel Baranger
  • 1929-1930 : Colonel Bourret
  • 1930 : Colonel Le Bleu
  • 1932 : Colonel Schmidlin
  • 1934 : Colonel Lucien
  • 1937 : Colonel Hemelot
  • 1938-1940 (mai-juin 1940) : Colonel Gabriel Sausse
  • 1944-1945 : Lieutenant-colonel Bablon


24e Bataillon d'Infanterie

  • 1946 : Chef de bataillon Pechaudra
  • 1947-1949 : Chef de bataillon des Robert


24e Régiment d'Infanterie Divisionnaire

  • 1970-1972 : Lieutenant-colonel Retout
  • 1972-1973 : Colonel Quinquenel
  • 1973-1978 : Lieutenant-colonel Brutelle
  • 1978-1981 : Colonel Aymonin
  • 1981-1984 : Colonel Morachini
  • 1984-1985 : Lieutenant-colonel Hervé


24e Régiment de Commandement Divisionnaire

  • 1986-1988 : Lieutenant-colonel Nicholas


24e Régiment d'Infanterie

  • 1988 : Colonel Payer
  • 1988 : Colonel Carre
  • 1990 : Colonel Benard
  • 1992 : Colonel Tricoire
  • 1994 : Colonel Mougenot
  • 1996-1997 : Lieutenant-colonel Belbezier


24e Régiment d'Infanterie - Bataillon de Réserve Île de France

  • 27/06/2013 : Lieutenant-colonel Gérald Orlik

Historique des garnisons, combats et batailles du 24e RI[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

L'origine du 24e R. I. remonte à l'année 1656, date de la création du régiment Royal. Ce régiment, qui s'était illustré dans l'armée de Turenne, se couvrit de gloire en 1792 à la bataille de Hondschoote, et mérita par sa belle conduite que le nom de cette victoire fût inscrit sur son drapeau.

Guerres de la Révolution et de l'Empire[modifier | modifier le code]

Le 1er décembre 1792 affecté dans l'Armée de la Moselle, il participe à l'expédition de Trèves

Le Régiment de Brie forma, en 1793, la 24e demi-brigade de bataille, qui fit partie de l'armée de Sambre-et-Meuse puis en 1796, la 24e demi-brigade de ligne.

Après avoir combattu vaillamment sous les ordres de Moreau, elle fut envoyée en Italie, où elle se fit remarquer par sa belle conduite dans tous les combats, et en particulier à Novi et au siège de Gênes. En 1803, la 24e demi-brigade de ligne prit le nom de 24e régiment de ligne. Ce régiment se couvrit de gloire à Iéna, où fut détruite l'armée prussienne, et à Friedland, où il anéantit à la baïonnette une partie de la garde russe. De son comportement exemplaire au combat, il mérita de Napoléon le titre de « Brave 24e ».

1815 à 1848[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 1815, le régiment et son colonel, Antoine-François Genevay, reçoivent une citation pour avoir fait prisonnier le régiment de Savoie.

En 1836, le 24e de ligne fut envoyé en Algérie ; il s'y distingua par sa bravoure, en participant au combat de « La Chiffa », et par son ardeur au travail qui lui valut le nom de « Régiment de la Pioche ».

Second Empire[modifier | modifier le code]

Octobre 1870 le 24e faisant partie de l’armée du Rhin sa conduite fut au-dessus de tout éloge au combat de Spicheren, mais il fut compris dans la capitulation de la ville de Metz et le drapeau fut déchiré. Chaque officier en garda un morceau et en brûlant la hampe.

Au 1er août 1870, le 24e régiment d'infanterie fait partie de l'Armée du Rhin.

Avec le 40e régiment d'infanterie du Cel VITTOT, le 24e forme la 2e Brigade aux ordres du général MICHELER. Cette 2e Brigade avec la 1re Brigade du général DOENS, deux batteries de 4 et une de mitrailleuses, une compagnie du génie constituent la 3e Division d'Infanterie commandée par le général de division MERLE DE LABRUGIERE DE LAVEAUCOUPET. Cette division d'infanterie évolue au sein du 2e Corps d'Armée ayant pour commandant en chef le général de division FROSSARD.

- 3 août 1870 - En place sur les hauteurs de Saint-Arnual.
- 5 août 1870 - En place sur les hauteurs de Sarrebruck.
- 6 août 1870 - En place sur les hauteurs de Spicheren. La brigade MICHELER forme la première ligne, devant le village.

1871 à 1914[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1914[modifier | modifier le code]

Le 2 août 1914, le 24e régiment d'infanterie fait partie de la 11e brigade, 6e division d'infanterie du 3e corps d'armée. Il est commandé par le colonel Hériot. Le 1er et le 3e bataillons sont casernés à Paris et à Aubervilliers, le 2e à Bernay (Eure).
Le 6 août, l'état-major du régiment, le 1er et 3e bataillons embarquent à la gare des Batignolles, le 2e à Bernay. Le 7 août, l'état-major, le 1er et le 3e bataillons débarquaient à Rethel; le 2e bataillon, arrivé un peu plus tard, rejoignait le régiment à la Sab(Sambre). Par étapes successives, le régiment se rapproche de Mézières, puis, changeant brusquement de direction, se porte sur la frontière belge, qu'il traverse. on l'ovationne chaleureusement. Le 21 août, il franchit la Sambre et s'installe à Anderlues[3]. Le 22 au matin, la première bataille s'engage. Les bataillons Denvignes et Nicolas, qui se sont déployés en première ligne à 2 kilomètres d'Anderlues. Pendant toute la journée les bataillons, de plus en plus amoindris, contiennent l'ennemi. Certains éléments chargent à la baïonnette. Vers le soir le lieutenant-colonel Fesch, sentant le danger que courent les bataillons engagés, se met à la tête d'une contre-attaque. À la tombée de la nuit, mettant à profit l'arrêt des attaques ennemies, imposé par les pertes terribles qu'il lui a infligées, le 24e R. I. rompt le contact. Les pertes pour la journée du 22 sont lourdes. En plus du lieutenant-colonel Fesch, blessé mortellement, il y a lieu de citer : capitaine Gévin, sous-lieutenant Germain, lieutenant de La Hoyère, lieutenant de Salle, sous-lieutenant Bargeot, tués. Capitaine Potet, lieutenant Hurt, sous-lieutenant Huidet, lieutenant Bassot, capitaine Mastracci (orthographe à vérifier), sous-lieutenant Truttmann, lieutenant Perrin, lieutenant Gamarse Maire, sous-lieutenant Schatz, blessés, et 939 sous-officiers; caporaux et soldats tués ou blessés.

1915[modifier | modifier le code]

  • Le 24e RI fait partie avec le 28e RI de la 11e brigade mise à disposition par le 3e corps d'armée. Celle-ci sera mise à la disposition de la 43e division (21e corps d'armée) qui participera à l'offensive de mai 1915. Le 15 mai 1915, il relève le 158e RI dans le secteur d'Aix-Noulette. Secteur terrible où la lutte constante à la grenade, le contact avec un ennemi acharné causent des pertes exceptionnellement lourdes. Le 25 mai, après une faible préparation, les vagues d'assaut débouchent sur un terrain battu par les feux des mitrailleuses et de mousqueterie. Le plus grand nombre des assaillants est fauché. Une faible partie des effectifs engagés gagne la tranchée adverse, où un combat corps à corps s'engage. Les survivants de la vague d'assaut organisent le terrain tant bien que mal. Mais l'ennemi contre-attaque avec fureur et quelques isolés seulement peuvent regagner la base de départ. Du 15 au 25, le 24e RI a subi des pertes excessivement lourdes : 30 officiers hors de combat, dont 10 tués ; 1 055 hommes hors de combat, dont 160 tués (sous-lieutenant Battiny, lieutenant Kempf, lieutenant Besse, capitaine Salles, capitaine Valence, sous-lieutenants Hennequin, Pèlerin, Appert, etc., tués). Relevé dès le 26 au matin, le régiment est transporté en automobiles aux environs de Fosseux et reconstitué par des éléments de la classe 1915, qui, pour la première fois, fait son apparition au front. Avec les missions diverses, le régiment effectue des mouvements dans la région d'Arras. Il attend la percée à Montenescourt, puis reste en réserve à Grand-Servin, du 21 juin au 7 juillet 1915.
  • Cote 108
  • Notre-Dame-de-Lorette
  • Vimy

1916[modifier | modifier le code]

Le 24e Régiment d’Infanterie participe à la Bataille de Verdun et combat notamment dans les secteurs du fort de Vaux, du bois de la Caillette et du Tunnel de Tavannes, du nom d’un fort situé à 4 km au nord-est de Verdun. Le 24e R.I. arrive sur le champ de bataille dans la nuit du 7 au 8 avril pour relever le 10e Bataillon de Chasseur ainsi que des éléments du 158e R.I. Alors que les attaques se succèdent à un rythme effréné, l’assaut mené par l’ennemi dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1916 arrive après 5 jours d’un bombardement intensif et se solde par un bilan effarant 1 200 combattants sont morts ou évacués, certaines compagnies ne sont plus composées de quelques soldats se terrant dans des trous d’obus. Seul une mitrailleuse est encore en état de tirer au petit matin.

1917[modifier | modifier le code]

Le 24e R.I., tiendra jusqu'en janvier 1917 le sous-secteur au nord de l'étang de Vaux, sur le plateau d'Hardaumont.

  • Chemin des Dames. Le régiment va prendre contact avec le Chemin-des-Dames et écrire une des plus belles pages de son histoire.

1918[modifier | modifier le code]

  • Embarqué le 18 juin 1918, le régiment est avec le 19e R.I, sur les bords du Rhin, prêt à reprendre l'offensive. Le 1er juillet, à Rhein-Durkheim, au cours d'une prise d'armes, le lieutenant-colonel Henry trempe, le drapeau dans le fleuve, pendant que la musique joue la Marseillaise et que le régiment présente les armes. Une seconde citation obtenue à la suite de ces durs combats lui donnera droit à la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 1914-1918 :

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

D'août 1939 à septembre 1940. Le 24e R.I., le 46e R.I et le 5e R.I formaient la 10e division d'infanterie, dite division de Paris.

Dans le cimetière Communal d'Urmatt, figure une stèle inaugurée le 11 novembre 2003 en mémoire des soldats du 24e et 226e RI tombés en défendant Urmatt le 22 juin 1940.


Le 15 mai, le 24e régiment d'infanterie est dirigé sur l’Aisne en camion. Installé les 16 et 17 mai, le front a une étendue de 20 km de Château-Porcien à Vieux-lès-Asfeld pour défendre la rive sud de l’Aisne.

Le PC du colonel Sausse est situé à Saint Loup dans la dernière maison à l’angle de la route départementale qui monte en pente douce vers Blanzy et de la rue basse. Au signal sont installés un poste de commandement et un poste d’observation. Le 2e bataillon occupe la ligne d’arrêt au signal Saint Loup, cote 146 et bois Jean Claude.

Le 15 mai, les habitants de Saint Loup reçoivent l’ordre d’évacuation et vont aller grossir les colonnes de réfugiés.

Du 17 au 20 mai, le 24e régiment d'infanterie s’oppose à plusieurs tentatives de franchissement de la rivière par les Allemands, les rejetant à chaque fois avec des pertes sensibles par de vigoureuses contre-attaques. Le régiment remporte un succès en maintenant ses positions malgré l’étendue de son front.

Entre le 21 et le 23 mai le régiment profita du répit pour ré-articuler son dispositif. Le 9 juin à h 30 un violent bombardement par mines, avions et artillerie se déclenche sur l’ensemble de la position. De violents combats ont lieu les 9 et 10 juin. Les troupes allemandes sont supérieures en nombre et en armes blindées.

Le 9 juin 1940, le chef d’escadron entre en liaison directe avec le commandant Masse, le groupement d’action d’ensemble à Saint Loup, et place un observatoire au signal de Saint Loup (en haut du mont de Blanzy). Mais les batteries subissent des pertes et mal abritées sont parfois dans l’obligation de se taire. Les 2e et 3e batteries du 232 RALCA (artillerie lourde 105L) prennent position dans le bois au sud de Saint Loup à contre pente, elles sont prises sous un bombardement aérien violent à plusieurs reprises puis subissent des tirs d’artillerie ennemis qui préparent l’attaque allemande dans cette région[5].

Toujours le même jour (9 juin 1940), les éléments avancés du 19e GRCA (Groupe de Reconnaissance de Corps d'Armée) prennent position à la ferme de l'Espérance, afin de renforcer le 24e R.I. Les deux escadrons du groupe motorisé du 19e GRCA vont s'opposer à une avance de blindés ennemis perçant vers St-Loup en Champagne.

Le 10 juin à 5 heures du matin, le groupe motorisé du 19e GRCA est attaqué de plein fouet. Placé à la tête de cette unité, le Chef d'escadrons Robert de Vanssay est blessé à proximité du "Signal de St Loup".Il venait de rejoindre avec les 3e et 4e Escadrons du 19e GRCA le 2e Bataillon du 24e RI sérieusement accroché par l'ennemi.Il n'a pas survécu, les Allemands ayant empêché un soldat français de lui porter secours alors qu'il tentait de se faire un garot. Il fut porté disparu; son corps ne sera retrouvé qu'en août suivant, et probablement identifié par son uniforme ainsi que par le porte-cartes lui appartenant retrouvé disloqué près de lui. La terre griffée autour de lui indiquait alors les souffrances d'un homme mort pour avoir perdu tout son sang. Il sera d'abord inhumé sur place, puis en 1962 ses restes seront transférés à la Nécropole Nationale de Floing (Ardennes).

Le 10 juin toujours, enfoncement de la ligne d’arrêt. Malgré la résistance des différents bataillons le régiment est complètement encerclé et son colonel est fait prisonnier. Le drapeau est sauvé, le dernier coup de feu est tiré à 23 heures. Des rescapés participent à la défense de la Suippe. Le 24e RI après ces violents combats n’existe plus, mais il a tenu sa mission « tenir sans esprit de recul »[5].

Le colonel allemand dira au colonel Sausse :

« Je vous félicite de la magnifique résistance de votre régiment, ce fut très dur pour nous [5]. »

Au départ de Paris le 24e comptait 83 officiers, 250 sous officiers, et 2 800 hommes, il ne reste que 8 officiers 47 sous officiers et 350 hommes [5]. Sur le terroir de Saint Loup 86 soldats sont décédés dont le Chef d'escadrons Robert de Vanssay du 19e GRCA (Groupe de Reconnaissance de Corps d'Armée). Le 24e RI dépend de la 10e DI avec les 5e RI, 46e RI et 32e RA. Tous ces régiments sont en garnison à Paris.

Chaque année à la mi-juin, les conseillers généraux des cantons d’Asfeld et de Château-Porcien ainsi que les Maires des 10 communes de Aire, d'Asfeld, de Blanzy-la-Salonnaise, de Brienne-sur-Aisne, de Château-Porcien, d'Houdilcourt, de Poilcourt-Sydney, de Saint-Loup-en-Champagne, de Sault-Saint-Rémy et de Vieux-Lès-Asfeld,commémorent le sacrifice de la 10e DI au travers de plusieurs cérémonies, centralisée et décentralisées, en l'honneur des soldats de ces 3 régiments d'infanterie qui ont combattu dans les Ardennes (5ème RI, 24ème Ri et 46ème RI).

En souvenir de ces durs combats et des pertes subies, les communes de Blanzy-la-Salonnaise et de Saint-Loup-en-Champagne ont donné le nom de « Place du 24ème Régiment d'Infanterie » à leur place principale et organisent tous les ans les cérémonies commémoratives sur les lieux même où ces soldats sont tombés (Signal Saint-Loup, Cimetière de Blanzy) sur le territoire de leur communes.

1945 à nos jours[modifier | modifier le code]

Insigne de la 2e compagnie du 24e régiment d'infanterie.
  • 24e régiment d’infanterie Bernay (2e bataillon) et Aubervilliers (1er et 3e bataillon).
  • 1984 il appartenait au IIIe Corps d’Armée PC Saint-Germain-en-Laye
  • De 1984 à 1997, il devient également le régiment de parade du président de la République et participe à toutes les cérémonies parisiennes (sous la forme de sections d'honneur). À cet effet, il est doté en 1990 d'une tenue de défilé spécifique réalisée sur la base de la tenue de sortie Terre de France : pantalon de la tenue de sortie (gris-beige) porté avec les brodequins de marche (rangers), court blouson gris-beige (porté uniquement à la Légion étrangère à cette époque), plastron jaune et béret bleu foncé, ceinturon FAMAS, écusson de manche de la Circonscription militaire d'Ile de France. Cette tenue a été généralisée ensuite pour les engagés, alors que le 24e RI était constitué d'appelés.
  • 1990 - 1992 le 24e c'est le régiment de CS no 1 de Vincennes. Sa mission principale est la défense de Paris et les troupes sont entrainées dans ce sens là, notamment à Sissone dans l'Aine. Elles participent aussi à des simulations de combats urbains.
  • 1994 la 2e Compagnie part en mission de 6 mois sous les couleurs de l'ONU, à Bihać (Biatche) en Bosnie-Herzégovine, et tiendra sa mission, malgré l'intensité des combats, jusqu'à la chute de la place.
  • 1995 il appartenait aux Forces de Défense du Territoire "CMD Île-de-France", le 24e RI de Vincennes et le 5e RG de Versailles.
  • Cérémonie de dissolution le 13 juin 1997. Sa mission de section d'honneur, non supprimable au regard des demandes croissantes d'élus et d'associations patriotiques, est confiée aux autres unités de l'armée de Terre, qui l'assurent dès lors à tour de rôle.
  • Re-création du régiment le 27 juin 2013. Bataillon de réserve Île-de-France [4]. Au terme de sa montée en puissance il comprendra environ 400 réservistes renforcés par un noyau permanent de quatre cadres d'active.

Drapeau[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[5]:

Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre 1914-1918

24e régiment d'infanterie de ligne - drapeau.svg

Décorations[modifier | modifier le code]

Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 avec deux citations à l'ordre de l'armée puis une citation à l'ordre du corps d'armée.

Le 17 février 1919 il reçoit la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918.

Devise[modifier | modifier le code]

"Sans égal"

Refrain[modifier | modifier le code]

A la Chiffa, à la Chiffa, l'vingt quatrième a reçu du tabac

Personnages célèbres ayant servi au 24e RI[modifier | modifier le code]

Confusion possible[modifier | modifier le code]

  • Le nom d'origine du 24e RI (Régiment Royal) a engendré une confusion avec un autre régiment, le régiment royal Deux-Ponts. En effet, le royal Deux-Ponts qui à la Révolution française sera numéroté 99e régiment d'infanterie faisait partie du corps expéditionnaire envoyé aux Amérique et pris une part active à la bataille de Yorktown notamment par la prise du bastion n°9. En 1855, le 99e Régiment d'Infanterie reprendra les traditions du 24e régiment d'infanterie Légère ce qui évidemment ajouta à la confusion possible d'avec le 24e régiment d'infanterie[6]. Le régiment de Brie pris également une part active à la guerre d'indépendance américaine mais au travers de détachements d'environ 400 hommes, troupes embarquées au sein de chacune des escadres des amiraux d'Estaing et de Grasse. Ainsi, c'est au sein de l'escadre de de Grasse que Brie (24e régiment d'infanterie) assista à la victoire des « Patriots » (Insurgents pour les Britanniques) à bord des navires Français qui contribuèrent au blocus et au bombardement de Yorktown.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage en préparation : Jean-Louis Vigla (écrivain, auteur d' Histoire d'un camp nazi, l'île d'Aurigny (1940-1945) chez Alan Sutton) à partir d'un témoignage de son grand-père maternel fait prisonnier à Fontaine-L'Evêque après la bataille d'Anderlues-Collarmont (Terril no 4).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décision Ministérielle N°000366/DEF/CAB/SDBC/CPAG
  2. Histoire de l'ancienne infanterie française de Louis Susane http://www.ancestramil.fr/uploads/01_doc/terre/infanterie/1620-1789/susane-historiques/royal_et_brie_infanterie_historiques_susane.pdf
  3. Recueilli par Henri CHARLES-LAVAUZELLE Éditeur militaire. Copie du document provenant de la bibliothèque du musée de la Guerre.
  4. http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/regiment-va-renaitre-grace-aux-reservistes-actualise-1449
  5. Décision n° 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n° 27, 9 novembre 2007
  6. 99e régiment d'infanterie de ligne http://fr.wikipedia.org/wiki/99e_r%C3%A9giment_d'infanterie_de_ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]