20 ans

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20 ans
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Genre Presse féminine
Diffusion 400 000 ex. (avril 2009)
Date de fondation 1961, 2009
Ville d’édition Paris

Propriétaire FT Médias
Directeur de publication Frédéric Truskolaski
ISSN 0980-3211

20 ans est un magazine mensuel féminin pour adolescentes et jeunes femmes, créé en 1961[1] par Daniel Filipacchi. Il fut successivement la propriété de plusieurs groupes de presse, parmi lesquels Excelsior Publications, Emap, enfin Mondadori France, qui suspend sa parution en décembre 2006[1].

Le magazine est ensuite racheté par FT Médias et sa publication reprend le 8 avril 2009[1] jusqu'à la fin de l'année 2010[2].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Ciblant un lectorat féminin âgé de 18 à 24 ans, le magazine adopte un ton complice, caustique et, avant tout, ironique, se démarquant ainsi de ses concurrents de la « presse pour adolescentes » Girls (ex-Bravo Girls) et Jeune et Jolie. Une ligne éditoriale héritée d'Isabelle Chazot (par la suite rédactrice en chef d'Isa, puis de Femmes), qui a dirigé le magazine pendant treize ans, à partir de 1990.

Emmanuelle Alt, rédactrice en chef de Vogue Paris depuis 2011, a été rédactrice en chef mode de 1993 à 1998[3] et Laurent Bon, producteur du Petit Journal de Canal +, rédacteur en chef adjoint de 1995 à 1997. Le magazine a également compté parmi ses collaborateurs l'essayiste Alain Soral, le romancier Simon Liberati, les journalistes Laurent Giraud, Florence Tredez, Frédéric Mitterrand, Emmanuel Carrère, Monique Neubourg (tous trois à la rubrique cinéma), Béatrice Massenet, Valérie Rodrique, Muriel Graindorge, Frédéric Chaleil, Diastème, Julie Rambal, Valérie Robert, Catherine Gresset, Frédéric Royer, ou encore Christelle Parlanti, qui en a été la rédactrice en chef de 2003 à 2006, après le rachat du titre par le groupe Emap.

Liens avec Michel Houellebecq[modifier | modifier le code]

Très proche de la rédaction durant cette période, l'écrivain français Michel Houellebecq[4] s'est inspiré de 20 ans dans son roman La Possibilité d'une île. Il y décrit notamment les relations d'un de ses héros masculins avec une certaine Isabelle, rédactrice en chef de Lolita, « un magazine conçu pour les filles de dix ans mais lu par les femmes de trente qui ont peur de vieillir ».« Ce que nous essayons de créer, explique le personnage d'Isabelle, c'est une humanité factice, frivole, qui ne sera plus jamais accessible au sérieux ni à l'humour, qui vivra jusqu'à sa mort dans une quête de plus en plus désespérée du fun et du sexe ; une génération de kids définitifs. »

Dans une interview accordée aux Inrockuptibles en janvier 2014, Isabelle Chazot reconnaît que l'écrivain a pu s'inspirer de 20 ans dans son roman, mais qu'il a pris "la dénonciation pour de la promotion". Selon elle, loin de s'adresser à des "kids définitifs" et promouvoir "le fun et le sexe", le magazine s'adressait à des jeunes femmes "originales et déterminées" et dénonçait "le marché du désir", décrit par le philosophe Michel Clouscard dans son livre Le Capitalisme de la séduction. L'association Acrimed, estime pour sa part que« le modèle féminin présenté par 20 ans a parfaitement profité des acquis de la libération sexuelle. La lectrice supposée aime à se donner un look un peu provocateur, de garce qui brise les cœurs et les foyers […] Mignonne, cultivée, elle n’est plus soumise au désir du mâle et n’attend plus de lui la révélation de la sexualité. Les relations homme/femme, codifiées par le marketing et la communication (la revue parle d’« étude de love-marketing », de « tour du marché potentiel »), se fondent sur des rapports de force entre des filles charmantes et des mâles fortement hiérarchisés selon leur rôle social. »

Ultime formule (2009-2010)[modifier | modifier le code]

Une nouvelle formule de 20 ans est publiée à partir du 11 avril 2009. Le magazine conserve la même ligne éditoriale, mais change de forme : un format poche et un grand format. Son directeur de publication est alors Frédéric Truskolaski [5]. Son équipe rédactionnelle change complètement.

Le journal 20 minutes[6] décrit la recette de cette nouvelle formule : « rédactrice en chef stagiaire, rédactrices très jeunes, piges sous-payées, au noir et sans cesse repoussées, réunion de rédaction sur MSN » ; la rédactrice en chef ayant été renvoyée quelques jours avant la parution du premier numéro. Selon Arrêt sur images, Frédéric Truskolaski a assuré que des journalistes professionnels allaient être recrutés[7]. L'avocat de l'éditeur du magazine décrit l'article de 20 minutes comme « totalement diffamatoire », et « créant un préjudice financier et professionnel énorme » au nouveau propriétaire du magazine, « dont l'honnêteté est ainsi remise en question »[7].

À la fin de l'année 2010, l'éditeur se sépare du titre[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]