1er régiment de chevau-légers lanciers polonais de la Garde impériale

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1er régiment de chevau-légers lanciers polonais de la Garde impériale
Officier supérieur et lancier en grande tenue (illustration de Richard Knötel).
Officier supérieur et lancier en grande tenue (illustration de Richard Knötel).

Période
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de l'Empire français Empire français
Branche Grande Armée
Type Régiment
Rôle Cavalerie
Effectif 1 000 personnes
Fait partie de Garde impériale
Garnison Chantilly
Surnom « Lanciers polonais »
Marche Marsz trębaczy (Marche des trompettes)[1]
Inscriptions
sur l’emblème
« Garde Impériale - L'Empereur des Français au 1er Régiment des Chevau-légers lanciers »
Guerres Guerres napoléoniennes
Batailles Bataille de Somosierra
Bataille de Wagram
Bataille de Maloyaroslavets
Bataille de Hanau
Bataille de Vauchamps
Bataille de Craonne
Bataille de Reims
Bataille de Waterloo
Commandant Wincenty Krasiński (1807-1814)
Paweł Jerzmanowski (1815)

Le 1er régiment de chevau-légers lanciers polonais[note 1] (polonais : 1 Pułk Szwoleżerów-Lansjerów Gwardii Cesarskiej) est une unité de cavalerie légère de la Garde impériale, créée par Napoléon Ier et en service dans l'armée française de 1807 à 1815. Avec un effectif théorique de 1 000 cavaliers et 32 hommes d'état-major, c'est le quatrième régiment de cavalerie intégré à la Garde et qui combat tout d'abord en Espagne, particulièrement au col de Somosierra où un seul escadron de chevau-légers s'empare successivement de quatre batteries adverses bien retranchées et gardées par plusieurs milliers d'Espagnols. Après cet exploit, les Polonais intègrent la Vieille Garde. En 1809, ils sont les premiers cavaliers de la Garde impériale à être dotés de la lance, et deviennent alors les « lanciers polonais ». Ils sont également l'un des quatre régiments de la cavalerie de la Garde à fournir chaque jour un escadron de service pour la protection de l'Empereur.

Le régiment participe ensuite à la campagne de Russie, où les lanciers sont particulièrement redoutés par les cosaques qu'ils affrontent notamment à Gorodnia en dégageant Napoléon et son état-major d'une attaque. Seuls 437 cavaliers survivent à la retraite pour prendre part aux campagnes d'Allemagne et de France où ils font brigade avec les lanciers rouges de la Garde impériale. Après l'abdication de l'Empereur, la quasi-totalité du corps regagne la Pologne à l'exception d'un escadron sous le commandement de Jerzmanowski qui accompagne Napoléon sur l'île d'Elbe et charge aux côtés des lanciers rouges à Waterloo. Cet escadron est définitivement dissous le 1er octobre 1815.

Derniers soldats étrangers à combattre au sein de la Grande Armée, les lanciers polonais de la Garde sont fidèles à l'Empereur pendant toute la durée de l'épopée napoléonienne et leur charge à Somosierra, considérée comme l'un des meilleurs faits d'armes de la cavalerie, suscite encore de nombreuses controverses.

Organisation[modifier | modifier le code]

Garde d'honneur polonaise[modifier | modifier le code]

Après avoir écrasé la Prusse à Iéna et Auerstaedt, Napoléon Ier s'empare de Berlin puis s'avance contre l'armée russe du général Bennigsen, débutant ainsi la campagne de Pologne. Le , Napoléon entre à Varsovie, acclamé par la population. Il est escorté par une garde d'honneur polonaise à l'allure fringante, créée par le comte Ogiński et commandée par Wincenty Krasiński[C 1]. Cette troupe est composé de nobles issus de grandes familles du pays ; Napoléon est séduit par leur attitude et envisage dès ce moment de créer un régiment de ces cavaliers[C 1] (le commandant Eugène-Louis Bucquoy pense plutôt que le vainqueur de la Prusse aurait souhaité honorer l'armée du Grand-duché de Varsovie en intégrant un corps polonais à la Garde impériale[4]). De fait, l'Empereur, avant de partir affronter les Russes, ordonne au maréchal Berthier de lever une unité polonaise de 480 hommes commandée par Wincenty Krasiński[A 1]. À la bataille d'Eylau, les gardes d'honneur qui ont suivis l'Empereur subissent quelques pertes, Krasiński est blessé[A 1]. De retour des batailles, Napoléon désire accroître l'effectif des Polonais, et matérialise dans ce sens l'organisation d'un régiment[C 2].

Création des chevau-légers polonais de la Garde[modifier | modifier le code]

Portrait d'un officier polonais.
Le colonel Wincenty Krasiński (1782-1856), ancien de l'armée d'Italie, est chaudement recommandé par le général Dombrowski à Napoléon pour le commandement des chevau-légers polonais de la Garde[A 2]. Illustration anonyme du XIXe siècle.

Le , Napoléon publie depuis le château de Finckenstein un décret pour la formation d'un régiment de chevau-légers polonais à effectif théorique de 1 000 hommes, répartis en quatre escadrons de 250 hommes à deux compagnies de 125 cavaliers[C 2], comprenant cinq pelotons chacune[5]. À ce total s'ajoutent les trente-deux hommes d'état-major[C 2]. L'effectif réel ne dépasse pas néanmoins 968 hommes[B 1]. L'unité est incorporé dans la Garde impériale, et le commandement revient au colonel Wincenty Krasiński[B 1],[A 3]. Les quatre escadrons sont commandés respectivement par Andrzej Tomasz Łubieński, Jan Leon Kozietulski, Ferdynand Stokowski et Henryk Ignacy Kamieński.

Ce régiment ne recrute que des hommes entre 18 et 40 ans aisés (issus de familles propriétaires)[B 1]. De fait, à sa création, il ne comprend presque entièrement que des nobles, qui doivent payer l'équipement à leurs frais (l'administration pouvait néanmoins faire une avance et se rembourser à l'ordre de 25 centimes prélevés sur la solde journalière[A 3])[B 1]. L'année 1811 voit également la création d'une école de trompettes pour le régiment[6].

Compte tenu de l'inexpérience militaire des recrues, Napoléon choisit différents officiers de la cavalerie de la Garde qu'il intègre au régiment, notamment les deux colonels-majors : Charles Antoine Delaitre, des mamelouks, et Pierre Dautancourt, issu de la gendarmerie d'élite et dont les talents d'organisateur lui vaudront d'être surnommé « Papa » par ses hommes[B 1]. Les capitaines instructeurs et les chirurgiens-majors sont également français[B 1].

Le corps est organisé à Varsovie dans le quartier Mirowski et le 17 juin, un premier détachement de 125 chevau-légers commandé par le chef d'escadron Łubieński gagne Königsberg et est acclamé par la foule[C 3]. Les autres éléments du régiment nouvellement formés sont dirigés sur Paris au mois d'octobre[C 4]. Les Polonais reçoivent comme dépôt général le château de Chantilly, dont les Grandes Écuries sont réquisitionnées pour leur casernement[A 4]. Une partie des chevau-légers reste en France pour fournir l'escadron de service chargé de l'escorte de Napoléon à la suite des grenadiers à cheval, des chasseurs à cheval et des dragons[A 5].

Campagnes militaires[modifier | modifier le code]

Espagne (1808-1809)[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Guerre d'indépendance espagnole.

Au fur et à mesure de leur organisation, les détachements polonais se dirigent sur Chantilly puis en Espagne où ils ont reçu l'ordre d'aller combattre[B 1]. Ils sont présents à Madrid lors du soulèvement du Dos de Mayo, le , où ils participent à la répression de l'insurrection[A 6]. Le colonel Krasiński y est blessé[A 2]. Le 14 juillet, deux escadrons sous le commandement de Radzimiński prennent part à la bataille de Medina de Rioseco[7],[A 6]. Fin juillet, les deux derniers escadrons de chevau-légers arrivent dans la péninsule et se regroupent avec leurs camarades les ayant précédés[A 6]. Pour compléter leur instruction, les Polonais sont placés sous les ordres du général Lasalle, vétéran de la cavalerie légère qui commande des chasseurs à cheval[A 7].

En novembre 1808, Napoléon Ier arrive en Espagne à la tête de la Grande Armée. Désormais au complet, le régiment se distingue à Medina (Navarre) : les chevau-légers de Krasiński s'emparent de la ville après avoir dispersé la garnison, puis le colonel fait prêter serment à la population d'être fidèle au roi Joseph[B 1]. L'unité participe ensuite à la bataille de Burgos sous le commandement du maréchal Bessières : un assaut conjugué de l'infanterie de Soult et de la cavalerie réussit à enfoncer l'armée espagnole du général Belveder et au cours de la poursuite, les chevau-légers s'emparent d'une pièce d'artillerie et d'importantes caisses d'argent[A 8].

Exploit de Somosierra[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Bataille de Somosierra (1808).
Les Polonais saluent l'Empereur à Somosierra.
« Vivat Cesarz ! » : les chevau-légers polonais acclament Napoléon Ier avant de partir à l'assaut du col de Somosierra (peinture de Wojciech Kossak, 1914).

Après ses succès de Burgos et d'Espinosa, Napoléon se dirige vers Madrid. Mais la route menant à la capitale passe par l'étroit défilé de Somosierra, gardé par 8 000 à 13 000 Espagnols commandés par le général Benito de San Juan, et soutenus par une artillerie de seize canons[A 9]. L'Empereur, constatant l'impuissance de son infanterie face aux retranchements espagnols, se tourne vers son officier de service, le chef d'escadron Kozietulski, du régiment de chevau-légers polonais, et lui dit : « enlevez-moi ça au galop. »[A 10].

Kozietulski commande en temps normal le 2e escadron mais en l'absence de Stokowski, il le remplace à la tête du 3e[C 5] : ce dernier comprend la 3e compagnie du capitaine Dziewanowski et la 7e compagnie du capitaine Pierre Krasinski, pour un total d'environ 150 hommes[C 6]. Le chef d'escadron range ses cavaliers en colonne par quatre et ordonne la charge, sabre au clair[A 11],[8] ; l'étroitesse du chemin ne permettant pas de présenter un front de cavaliers plus étendu[A 10]. Sous une grêle de balles et de mitraille, cachés dans un léger brouillard, les Polonais attaquent les batteries successives[note 2] : Kozietulski tombe dès les premiers retranchements espagnols, le cheval abattu, passant le commandement à Dziewanowski qui s'effondre à son tour entre la troisième et la quatrième batterie[9],[A 10]. Le lieutenant Andrzej Niegolewski parvient à amener les survivants de l'escadron au sommet du col, s'emparant de la quatrième batterie immédiatement reprise par les canonniers espagnols[10]. Cependant, grâce à l'arrivée des chasseurs à cheval de la Garde et des autres escadrons du régiment (en particulier le 1er de Łubieński), les canons passent définitivement aux mains des chevau-légers[C 6]. En sept minutes, la charge polonaise a décidé du sort de la bataille[11].

Le régiment perd ce jour-là sept officiers, tués (lieutenants Krzyzanowski, Rudowski et Rowicki[12]), mortellement blessé (capitaine Dziewanowski[13]) ou blessés (chef d'escadron Kozietulski, capitaine Krasinski et lieutenant Niegolewski[14]), ainsi que cinquante sous-officiers et soldats tués ou blessés[8],[note 3]. Les futurs lanciers polonais accomplissent à Somosierra l'un des plus beaux faits d'armes de la cavalerie, un exploit salué par les soldats de la Grande Armée[A 12]. Le lendemain, à Buitrago, l'Empereur remet seize croix de la Légion d'honneur aux chevau-légers et les salue en ces termes : « vous êtes dignes de ma Vieille Garde. Honneur aux braves des braves[B 2]! »

Les cavaliers polonais participent aux côtés des chasseurs à cheval de la Garde de Lefebvre-Desnouettes à la poursuite des troupes anglaises du général Moore, sans toutefois prendre part au combat de Benavente qui voit la défaite des chasseurs contre la cavalerie de Lord Paget[A 13]. Un escadron sous le commandement de Łubieński accompagne Napoléon à son retour en France, suivi de près par le reste du régiment[A 14].

Campagne d'Autriche et adoption de la lance[modifier | modifier le code]

Un chevau-léger polonais au galop, sabre dressé.
Chevau-léger polonais en tenue de service (peinture de Victor Huen).

Aguerris par leurs exploits en Espagne, les chevau-légers polonais participent à la campagne d'Autriche de 1809. Ils sont engagés à Essling, le 21 mai, perdant six chevau-légers, dont un officier (le capitaine Kozycki), déplorant aussi 31 blessés[A 15],[C 7]. Puis, c'est Wagram, les 5 et 6 juillet, affrontement qui va également contribuer à leur réputation. Au cours des combats, trois escadrons polonais menés par Krasiński, Delaitre et Duvivier[A 16] (capitaine adjudant-major du régiment) se mesurent à la cavalerie de l'archiduc Charles, parmi laquelle les uhlans de Schwarzenberg, dont les hommes sont pour la plupart des Polonais de Galicie[15]. Ces derniers jettent leurs lances à terre et dégainent leurs sabres en voyant arriver les chevau-légers, mais ils sont finalement dispersés[A 16]. Après avoir mis en déroute les uhlans, les cavaliers de Krasiński repoussent la cavalerie de Schwarzenberg qui arrivait à la rescousse grâce notamment à l'appui des chasseurs à cheval de la Garde[B 3]. Les Polonais font ainsi 150 prisonniers parmi lesquels le prince d'Auersperg et capturent deux canons, tout en déplorant de leur côté 26 tués et 80 blessés environ[B 4].

C'est à la suite de cet affrontement que le colonel Krasiński adresse à l'Empereur la requête d'équiper ses hommes de lances[A 16],[16]. Pour appuyer sa demande, il organise un combat entre le maréchal-des-logis Roman armé d'une lance et trois dragons de la Garde impériale[A 17]. Au cours du duel, le cavalier polonais renverse deux de ses adversaires[A 17]. Convaincu par cette démonstration, Napoléon autorise la remise des nouvelles armes au régiment qui devient ainsi la première formation de lanciers de la Garde impériale[A 16]. Avec l'adoption de la lance, le régiment prend le nom de « chevau-légers lanciers polonais » ou « lanciers polonais ».

Retour en Espagne et années de paix (1810-1811)[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1810, deux escadrons de chevau-légers (totalisant 450 hommes) sous les ordres des capitaines Szeptycki et Trczynski sont renvoyés en Espagne sous le commandement de Delaitre[A 18]. Ceux restés à Paris participent à des escortes et à des cérémonies, notamment lors du mariage de Napoléon et Marie-Louise d'Autriche (1er avril 1810) ainsi que lors de la naissance de l'« Aiglon » (20 mars 1811)[C 8]. Environ 400 lanciers accompagnent l'Empereur et sa femme lors de leur voyage de noces en Belgique, et Napoléon durant sa visite des provinces maritimes[17]. Le colonel Krasiński est fait général de brigade et comte d'Opinagora. Beaucoup d'officiers et d'hommes du rang obtiennent des promotions et des récompenses pour leur bravoure au combat[18].

Les lanciers passent également du temps à s'entraîner, car ils sont assez peu expérimentés[C 8]. Dans ce but, l'Empereur organise fréquemment des parades et des défilés aux Tuileries afin de s'assurer de leurs progrès et de l'entretien des uniformes ainsi que des chevaux[C 9]. En 1810, suite à l'annexion de la Hollande par l'Empire, un deuxième régiment de chevau-légers lanciers est formé avec des soldats de la Garde du roi Louis, et les lanciers polonais constituent dès lors le 1er régiment[C 8]. En avril 1811, date de la création du 2e régiment de lanciers de la Vistule, un certain nombre d'officiers polonais sont affectés à ce nouveau corps, comme Łubieński qui en devient le colonel[C 10]. En mars 1812, les effectifs de l'unité sont augmentés avec, en outre, la création d'un cinquième escadron confié à Paweł Jerzmanowski[19],[20]. C'est ce dernier qui est chargé de ramener en France les deux escadrons qui combattent encore en Espagne (et qui ne comptent plus que 315 hommes)[A 18].

Reprise de la guerre : campagne de Russie[modifier | modifier le code]

Officier et lancier en tenue de campagne dans les neiges de Russie (peinture de Bronisław Gembarzewski).

« Le 1er est toujours le régiment hardi, capricieux, primesautier et bavard ; fougueux par tempérament, les Polonais cabriolent pendant les charges et attaquent à fond, mais au cantonnement, ils mènent la vie de grands seigneurs ; les cuisiniers font rôtir dehors des porcs entiers et des moitiés de bœufs ; les cantinières puisent dans des monceaux de café et de sucre et préparent jour et nuit du café, que dégustent les amateurs de tous grades. Assis dans des fauteuils de brocart d'or ou sur les planches grossières selon la chance, tout en fumant de longues pipes, ils bavardent une partie des nuits et envoient les Moscovites à tous les diables. »

— Propos du commandant Henry Lachouque sur le 1er régiment de lanciers polonais de la Garde pendant la campagne de Russie[B 5].

En 1812, le général Jan Konopka remplace Delaitre en tant que colonel-major[21]. Le 1er régiment est ensuite engagé dans la campagne de Russie sous le commandement de Krasiński, où il se signale dès la traversée du Niémen en repoussant un parti de cosaques[22]. Les Polonais seront les seuls à être véritablement redoutés par ces cavaliers légers du fait de leur adresse dans le maniement de la lance[B 6]. 125 lanciers polonais sont affectés auprès du maréchal Murat[C 11]. Du fait de leur connaissance de la langue russe, ils sont souvent détachés auprès des maréchaux et des généraux comme interprètes, ou également comme courriers[A 19]. Au cours de la campagne, les hommes du 1er régiment participent à de nombreuses batailles : à Smolensk, ils dispersent des cosaques qui gênent la progression des troupes françaises[23], tandis qu'à Vitebsk, ils affrontent quelques détachements de la cavalerie russe, leur infligeant une vingtaine de pertes[A 20]. À la bataille de la Moskova, les lanciers de Krasiński sont tenus en réserve[A 21].

Le 14 septembre 1812, Napoléon entre dans Moscou et s'installe au Kremlin, suivi par l'escadron de service polonais[B 5]. Le jour même, un incendie se déclare et ravage la ville en grande partie. Six chevau-légers protègent l'Empereur lorsqu'il quitte Moscou en le couvrant de leurs manteaux, afin de le protéger des débris incandescents rejetés par l'incendie de la ville[A 19]. Napoléon tente de négocier la paix avec le tsar Alexandre Ier, mais il échoue et donne l'ordre de quitter Moscou le 19 octobre. Le 1er lanciers est placé en arrière-garde avec pour mission de couvrir le passage de la Desna par les troupes françaises[A 22]. Pendant la retraite, les lanciers polonais, s'ils ne sont pas épargnés par le froid, sont le plus souvent évités par les cosaques de l'armée russe qui préfèrent s'en prendre aux lanciers rouges du 2e régiment, mais cela n'évite pas plusieurs affrontements[C 12]. Ainsi, à Gorodnia (le lendemain de la bataille de Maloyaroslavets), Napoléon effectue une reconnaissance avec son état-major lorsqu'ils sont assaillis par une nuée de cosaques[B 5]. Les Polonais de Kozietulski accourent, engagent les cavaliers russes et, grâce à l'appui fourni par les chasseurs de la Garde puis par les dragons et les grenadiers à cheval, les mettent en déroute au prix de six hommes tués[A 23]. Au cours de la mêlée, le chef d'escadron Kozietulski est blessé d'un coup de lance en chargeant à la tête de son escadron[A 24],[B 5].

Au cours de la bataille de Krasnoïe, les lanciers se heurtent à des cosaques parmi lesquels ils font quelques prisonniers[A 25]. 38 cavaliers meurent néanmoins ce jour-là[B 5]. Le 27 novembre, le régiment traverse la Bérézina et perd 49 hommes lors de l'affrontement qui s'ensuit[A 26],[B 5]. Le 5 décembre, un renfort de 78 chevau-légers arrivé à Smorgoni sous les ordres du colonel Stokowski, ainsi que quelques chasseurs à cheval de la Garde et lanciers du 7e régiment, escortent jusqu'à Rovnopol l'Empereur qui a décidé de rentrer à Paris, laissant en chemin les deux tiers de son effectif[C 12]. Le reste du régiment escorte le trésor impérial et atteint Vilna le 9 décembre 1812[24]. Entré en Russie avec 1 109 cavaliers, le régiment ne compte plus que 437 soldats et 257 chevaux à la fin de la campagne[A 27].

Campagne d'Allemagne[modifier | modifier le code]

Groupe de lanciers en pleine charge, officier en tête.
Combat de Peterswalde, par Juliusz Kossak, 1883 (collection du musée national de Varsovie).

En 1813, le régiment est réorganisé. En plus des débris de l'escadron de Tartares lituaniens commandé par le capitaine Ulan[A 28], les restes du 3e régiment de chevau-légers lanciers de la Garde[25],[A 28], ainsi qu'un détachement de gendarmes sont incorporés aux chevau-légers lanciers polonais, formant un total de 13 compagnies[26]. Le régiment participe aux batailles de la campagne d'Allemagne. Il est présent à Weissenfels, bataille qui voit la mort du maréchal Bessières, commandant en chef de la cavalerie de la Garde[note 4]. Il est également à Lützen, mais à cause des lourdes pertes essuyées en Russie, il n'est pas engagé et se contente de suivre l'armée au côté de l'Empereur, en soutien de l'artillerie de Drouot[A 29].

À Reichenbach, les chevau-légers polonais et les lanciers rouges de Colbert-Chabanais chargent la cavalerie russe de Miloradovitch[A 30]. Les deux régiments culbutent les premiers rangs, mais d'autres escadrons russes arrivent et ramènent un temps les cavaliers franco-polonais[27] ; les cuirassiers de Latour-Maubourg viennent alors au secours des cavaliers de la Garde et les dégagent de la masse de soldats ennemis[28].

En juin 1813, un septième escadron est créé et l'effectif des cavaliers polonais passe à environ 1 750 officiers, sous-officiers et soldats[C 13]. Les lanciers polonais de la Garde sont répartis en trois corps : trois escadrons sont rattachés à la Vieille Garde[A 31] sous le commandement du général Walther ; six autres compagnies et les Tartares lituaniens sont incorporés dans la Moyenne Garde[A 31] dans la 2e division de cavalerie légère du général Lefebvre-Desnouettes[C 13] tandis que le dernier escadron est rattaché à la Jeune Garde[A 31].

Le , les 1er et 2e escadrons du régiment commandés par Sewerin Fredro remportent une victoire à Peterswalde, contre les hussards prussiens, et font une vingtaine de prisonniers (dont Friedrich Blücher, le fils du maréchal, capturé par le brigadier Wojciechowaki)[A 32]. À Leipzig, les lanciers fournissent l'escadron de service auprès de Napoléon[29]. Le , à Hanau, les Polonais multiplient les attaques contre l'artillerie et les chevau-légers bavarois aux côtés de la cavalerie de la Garde[A 33]. Le major Radziwill, colonel en second du régiment, est blessé au cours de l'affrontement et meurt quelques semaines plus tard[A 34].

En décembre 1813, il lui est adjoint le 3e régiment d’éclaireurs de la Garde impériale, ce dernier prenant alors le nom d'éclaireurs-lanciers avec pour colonels Krasiński et Dautancourt[A 35]. Dans un même temps, le régiment revient à huit compagnies composant quatre escadrons[30].

Campagne de France[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Campagne de France (1814).
Deux cavaliers, l'un sabrant le second.
Chevau-léger polonais contre hussard prussien, par Wojciech Kossak, 1914.

En janvier 1814, les Alliés entrent en France, décidés à renverser le régime impérial. Napoléon Ier réunit alors ses troupes pour les en empêcher. Commandés par le général Krasiński, les Polonais s'illustrent dans presque toutes les rencontres de la campagne : à Brienne, ils pénètrent dans la ville avec à leur tête Lefebvre-Desnouettes[31],[A 36] et manquent de faire prisonnier Blücher[31]. À La Rothière, ils mettent en déroute la cavalerie de Lanskoï, sans parvenir à disperser celle de Wassilitchikov[A 37]. Arrivés tardivement sur le champ de bataille de Champaubert, ils chargent conjointement avec les chasseurs à cheval de la Garde l'infanterie prussienne de Yorck à Montmirail[A 37]. À Vauchamps, avec l'aide des cuirassiers de Grouchy, ils dispersent l'infanterie de Ziethen[32],[A 38]. Ils participent également à la charge des cavaliers de Pajol à Montereau où, emmenés par le chef d'escadron Jerzmanowski[A 37], ils sont engagés avec la cavalerie de la Garde et l'état-major de l'Empereur en soutien des cuirassiers et des chasseurs à cheval[33]. Le 3 mars, ils vainquent les Prussiens à Rocourt en les surprenant dans leur bivouac[34].

Entretemps, des renforts venus de Chantilly sont incorporés dans la Garde avec pour commandant le général Louis Michel Pac[A 39],[35]. Le , au combat de Berry-au-Bac, les Polonais commandés par Pac et le chef d'escadron Skarzynski brisent avec 600 hommes les 2 000 cosaques de Wintzingerode établis en avant de la ville, traversent le pont et suivis par les cavaliers d'Exelmans, refoulent une nouvelle fois les fuyards russes qui tentent de se reformer en arrière de la Ville-sous-Bois ; ils font ainsi prisonniers 200 cosaques et capturent deux canons[36],[A 40]. À Craonne, sous le commandement de Dautancourt, ils prennent appui sur le plateau avec le soutien des cavaliers d'Exelmans et des éclaireurs de la Garde avant de mettre en fuite la cavalerie d'arrière-garde[37]. Le chirurgien-major Girardot est grièvement blessé à cette occasion et est fait baron de l'Empire[A 41]. À Reims, les lanciers de Krasiński se portent au secours du 3e régiment de gardes d'honneur du colonel Belmont-Briançon en difficulté au milieu des Russes, repoussent l'ennemi hors de la ville et mettent en déroute une colonne prussienne, lui prenant 1 600 prisonniers et trois canons[38]. Ils combattent à la bataille d'Arcis-sur-Aube, en particulier lorsque l'escadron de service commandé par Skarzynski dégage l'Empereur en chargeant la cavalerie adverse[A 42]. Lors de la bataille de Paris, les lanciers restés au dépôt ainsi que les 80 éclaireurs polonais de Kozietulski font partie de la petite brigade de cavalerie de la Garde de Dautancourt[A 43]. D'abord envoyés à la Villette, les cavaliers de la Garde se replient sur Montmartre après avoir livré un intense combat aux coalisés dans les vignes de Clichy[A 43].

Escadron Napoléon[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Principauté de l'île d'Elbe.
Un soldat salue Napoléon avec à ses côtés un général.
Napoléon et le chevau-léger Piontowski à l'île d'Elbe. Composition de Louis Bombled.

Sous la Restauration, les lanciers polonais de la Garde sont licenciés et présentés au grand-duc Constantin[A 44]. Le régiment regagne ensuite la Pologne, sous les ordres de Krasiński[A 44]. Il en est de même pour le 3e régiment d'éclaireurs-lanciers[39]. Le traité de Fontainebleau autorise cependant l’Empereur à se faire accompagner en exil, en plus des grenadiers de la Garde, par 80 cavaliers polonais[40], tandis que 40 autres lanciers doivent aller servir l'Impératrice Marie-Louise à Parme. Mais lorsque ces derniers arrivent sur les lieux, ils n'y trouvent aucune trace de l'épouse de l'Empereur[40]. Ordre leur est alors donné de rejoindre Napoléon sur l'île d'Elbe[40]. C’est donc finalement un détachement de 109 lanciers polonais, tous volontaires, qui est présent sur l'île[A 44]. Il est composé de six officiers, deux trompettes, onze sous-officiers et quatre-vingt-dix hommes du rang[C 14]. Il comprend également dans ses rangs sept mamelouks et quelques chasseurs à cheval de la Garde[41].

Le commandement revient au major baron Paweł Jerzmanowski[A 44]. Napoléon ayant décidé que toutes les troupes présentes sur l'île d'Elbe portent son nom, cet escadron est surnommé « Escadron Napoléon »[42]. Les Polonais sont divisés en deux compagnies : la compagnie à cheval composée de 22 cavaliers commandée par le capitaine Schultz (réputé pour ses 2,10 m) et la compagnie à pied de 96 hommes commandée par le capitaine Balinski[C 15]. 35 cavaliers remplissent chaque jour les fonctions de sentinelles tandis que deux lanciers assurent le service du Palais[A 44]. Les officiers polonais sont casernés dans les maisons en contrebas du palais des Mulini où habite Napoléon[43]. Le séjour est agrémenté par l'arrivée de Marie Walewska, la maîtresse polonaise de l'Empereur, et de son fils Alexandre ; Napoléon organise alors une fête à sa résidence de l'Ermitage où sont invités quelques officiers des chevau-légers[A 44].

L'Empereur décide néanmoins de retourner en France afin de reprendre le pouvoir et le soir du 25 février, Jerzmanowski reçoit l'ordre de monter avec ses lanciers à bord du bateau « Le Saint-Esprit »[A 44].

Dernière charge de Waterloo[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Bataille de Waterloo.
Groupe de lanciers à la charge vus de face.
L'escadron polonais charge sur le Mont-Saint-Jean aux côtés des lanciers rouges de Colbert-Chabanais (illustration de Job).

Ayant suivis l'Empereur lors de sa reconquête du trône, les lanciers de Jerzmanowski s'installent à la caserne des Célestins où ils vivent dans des conditions difficiles : « les cavaliers couchent sur la paille et il n'y a guère de place à l'écurie pour les chevaux qui restent dehors. » (Jean Tranié)[A 45]. Durant la campagne de Belgique, les Polonais sont intégrés au 2e régiment de chevau-légers lanciers de la Garde impériale et forment le 1er escadron[A 45]. À Ligny, l'escadron de Jerzmanowski charge les Prussiens de Blücher[44] et à Frasnes, il essuie des pertes lors d'une attaque contre l'infanterie de Nassau[C 15].

Après sa victoire de Ligny, Napoléon se porte à la rencontre de l'armée anglaise et le , débute la bataille de Waterloo. Dans l'après-midi, la cavalerie légère de la Garde impériale est en position sur la route de Bruxelles aux côtés de la cavalerie lourde de la Garde et des cuirassiers de Milhaud[C 14]. Le maréchal Ney, qui désire attaquer l'infanterie de Wellington disposée sur le Mont-Saint-Jean, s'élance d'abord avec les cavaliers de Milhaud, suivis par la brigade légère de la Garde commandée par Lefebvre-Desnouettes[A 46]. La première vague menée par les « Gros Talons » (surnom des cuirassiers) est décimée par le feu nourri des carrés britanniques. La cavalerie anglaise intervient et repousse les cuirassiers français en bas du plateau, mais elle est contre-attaquée par Ney qui est à la tête des chasseurs à cheval et des lanciers hollandais et polonais de la Garde restés en réserve[44]. Les cavaliers de la Garde se jettent à leur tour sur les carrés ennemis, se succèdent en de nombreux assauts : les Polonais, entraînés par Jerzmanowski, mêlés aux lanciers rouges, attaquent les soldats britanniques de leurs longues lances, réitèrent leurs assauts sans que la défense ennemie ne soit enfoncée pour autant[44]. Malgré le soutien tardif des grenadiers à cheval de Guyot et des dragons d'Hoffmayer, les lanciers ne réussissent pas à déloger Wellington du Mont-Saint-Jean et doivent se retirer. Le major Jerzmanowski est blessé au cours des combats[A 47]. Le 23 juin, l'escadron compte encore 72 hommes dans ses rangs. Huit soldats ont été tués au cours de la bataille de Waterloo, et 31 sont portés disparus[C 14].

Après la défaite, les chevau-légers lanciers polonais se retirent en ordre derrière la Loire sous les ordres du maréchal Davout[45]. Le , l'escadron est définitivement dissous et ses éléments sont intégrés dans l'armée russe[C 14]. Le major Jerzmanowski demande à accompagner l'Empereur sur l'île de Sainte-Hélène, mais ce souhait lui est refusé par les commissaires alliés.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Le rôle des lanciers polonais de la Garde impériale au cours des guerres napoléoniennes est surtout marqué par leur charge de Somosierra, en 1808 : ce fait d'armes peu commun a intéressé de nombreux historiens français, anglais ou polonais qui ont beaucoup écrits sur cet épisode ; mais des erreurs et des inexactitudes subsistent encore dans les ouvrages contemporains malgré les rectifications du colonel Niegolewski parus en 1854. D'autres affrontements concernant le régiment, comme Reichenbach en 1813, sont sujets à controverses et à contradictions entre les différents auteurs quant à la présence des Polonais et l'envergure de leur action.

Article connexe : Historiographie.

Somosierra[modifier | modifier le code]

Andrzej Niegolewski (1787-1857) conteste la véracité des écrits de l'historien Adolphe Thiers sur la charge polonaise de Somosierra. Illustration anonyme du XIXe siècle.

Entre 1845 et 1862, l'historien français Adolphe Thiers publie une Histoire du Consulat et l'Empire en vingt tomes et consacre notamment, à la page 365 du neuvième volume, un passage sur la charge des chevau-légers polonais à Somosierra :

« Le premier escadron essuya une décharge qui le mit en désordre en abattant trente ou quarante cavaliers dans ses rangs, mais les escadrons qui suivaient, passant par-dessus les blessés, arrivèrent jusqu'aux pièces, sabrèrent les canonniers et prirent les seize bouches à feu. »

— Adolphe Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, vol. IX, Paris, Paulin,‎ 1849[46].

Ce récit suscite le mécontentement du colonel Andrzej Niegolewski, vétéran du combat, qui expédie dès lors plusieurs lettres à l'auteur dans le but de rectifier la vérité historique, appuyé en cela par le général Krasiński, ancien commandant du régiment[47]. L'ex-lieutenant des chevau-légers souligne les nombreuses inexactitudes du texte de Thiers, notamment que la charge a été menée non pas par le 1er mais par le 3e escadron et que c'est ce dernier qui a réussi à s'emparer des canons, les 1er, 2e et 4e ayant seulement assurés la poursuite[48]. Il nie par ailleurs la présence du général Louis Pierre de Montbrun à la tête des Polonais, contrairement à ce qu'affirme le bulletin de l'armée, information reprise par Thiers[49],[B 7]. Cette erreur est à nouveau commise par Jean Tranié dans son ouvrage Les Polonais de Napoléon (1982) où il écrit, page 40, à propos du général français « commandant de la cavalerie légère du 1er Corps (maréchal Victor) il charge avec les chevau-légers polonais à Somo-Sierra. »[A 48]. Niegolewski accuse notamment Adolphe Thiers de vouloir « ternir l'éclat de nos grandes actions. »[50], ce à quoi ce dernier répond en promettant une réimpression du tome IX conforme aux dires de l'officier[51]. Cette correspondance est éditée en 1854 sous la forme d'un livre où le militaire polonais donne sa propre version des faits : Les Polonais à Somo-Sierra en 1808 en Espagne : Réfutations et rectifications relatives à l'attaque de Somo-Sierra décrite dans le IXe volume de l'« Histoire du Consulat et de l'Empire » par M. A. Thiers ; par le colonel Niegolewski.

Reichenbach[modifier | modifier le code]

Une autre querelle surgit à propos de la bataille de Reichenbach (22 mai 1813) après la publication de relations de l'affrontement par plusieurs officiers des lanciers rouges de la Garde impériale. Ces derniers notent que leur régiment a affronté une importante cavalerie russe et qu'au prix de lourdes pertes, il est parvenu à mettre en fuite ses adversaires, ces mêmes documents mentionnant un soutien du reste de la cavalerie de la Garde sans toutefois indiquer la présence des lanciers du 1er régiment[C 16]. Adolphe Thiers met lui aussi l'accent sur la charge des cavaliers de Colbert-Chabanais. Cet « oubli » engendre la réaction des anciens officiers polonais : le général Dezydery Chlapowski (chef d'escadron des lanciers polonais en 1813) relate à son tour sa propre version des faits où il insiste sur le rôle décisif de son régiment, sans parler d'une quelconque intervention des lanciers rouges[52]. Jósef Grabowski conteste dans ses Mémoires les écrits de Thiers et revendique la victoire pour le 1er lanciers[C 16],[53].

« M. Thiers (tome XVI, page 162) mentionne cette affaire, mais suivant son habitude de cacher les actions d'éclat des Polonais pour les attribuer aux Français, il dit que c'étaient les lanciers rouges de la garde impériale qui ont battu les Russes […]. »

— Jósef Grabowski, Mémoires militaires de Joseph Grabowski, Plon-Nourrit, p. 120[53].

Waterloo[modifier | modifier le code]

En 1999, le journaliste Jean-Claude Damamme publie aux éditions Perrin La bataille de Waterloo où il raconte notamment la déroute du 1er corps français et la destruction de la brigade de cavalerie anglaise de Ponsonby par une charge de flanc des lanciers polonais de la Garde impériale[54]. En réalité, cette attaque a été menée par les lanciers français du général Jacquinot et par les cuirassiers[55].

« Le général Travers et le général Farine […] s'ébranlèrent avec leurs quatre régiments de cuirassiers […]. À l'extrême droite de la ligne française, devant la Papelotte, le général Jacquinot avait assisté lui aussi, incrédule, à la catastrophe et avait tout aussitôt fait manœuvrer ses escadrons en vue d'intervenir. »

— Alessandro Barbero, Waterloo, Flammarion,‎ 2008, chap. 40, (« Les lanciers de Jacquinot »)[55].

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

Portrait d'un colonel-major.
Le major baron Paweł Jerzmanowski (1779-1862). Dessin anonyme du XIXe siècle.

Le 17 avril 1808, Wincenty Krasiński, ancien officier d'état-major de Napoléon, est nommé colonel des chevau-légers polonais et reste à ce poste jusqu'en 1814[A 2]. À la création du corps, le major en premier est Charles Delaitre, vétéran de la campagne d’Égypte et ancien officier des mamelouks de la Garde[B 1]. Le major en second, Pierre Dautancourt, provient de la gendarmerie d'élite et a participé au procès du duc d'Enghien ; il devient major en premier en novembre 1813[A 49],[B 1]. En 1812, Delaitre quitte le régiment des Polonais et est remplacé par Jan Konopka, mais celui-ci est nommé colonel du 3e lanciers de la Garde le 5 juillet[C 17]. C'est donc le prince Dominique Radziwill qui assure les fonctions de major en second pendant la campagne de Russie, et il conserve ce grade lors de la campagne d'Allemagne jusqu'à ce qu'il décède le 11 novembre 1813 d'une blessure reçue à Hanau[A 34]. Depuis le 30 mai, Jan Kozietulski est également colonel en second[C 18].

L'escadron de l'île d'Elbe est placé sous les ordres du colonel-major Paweł Jerzmanowski, qui commande l'extrême arrière-garde de l'armée en Russie[C 15]. Après le retour de Napoléon en France, le général Dautancourt se présente afin de reprendre le commandement des lanciers polonais, mais l'Empereur refuse et laisse Jerzmanowski à la tête de ses cavaliers[B 8]. Le capitaine Balinski est quant à lui fait chef d'escadron pendant les Cent-Jours.

Étendards et fanions[modifier | modifier le code]

Groupe de lanciers avec au centre le porte-étendard et au fond, Napoléon.
L'escadron de l'île d'Elbe : au centre, le porte-aigle présente l'étendard en soie blanche confectionné à Naples (peinture de Jan Chełmiński)[A 50].

Le premier aigle du régiment aurait été remis en 1811 par Napoléon lors d'une parade aux Tuileries[A 50]. Cet emblème du modèle 1804 disparaît lors de la chute de l'Empire[A 50]. Conçu par les ateliers de Pierre-Philippe Thomire, il porte à l'avers la mention « Garde Impériale - L'Empereur des Français au 1er Régiment des Chevau-légers lanciers », et au revers l'inscription « Valeur et discipline - 1er escadron »[A 50].

Sous l'ère napoléonienne, quatre porte-aigles se succèdent : les lieutenants Jordain, Verhagen, Zawidzki et Rostworowski[A 51]. En 1813, les chevau-légers polonais se voient remettre une nouvelle aigle de modèle 1812 qui disparaît également à la Première Restauration[A 52]. Pendant les Cents-Jours, l'emblème est celui des lanciers rouges auxquels ont été incorporés les lanciers polonais, et qui ne survit pas non plus au retour des Bourbons[A 53]. L'escadron des chevau-légers de l'île d'Elbe reçoit également un étendard particulier en soie blanche et orné d'une barre écarlate comportant trois abeilles d'or[A 51]. Il y est écrit à l'avers « Chevau-légers polonais - Escadron Napoléon », et au revers de l'étendard est brodé un « N » couronné[A 51].

Le régiment dispose par ailleurs d'un fanion de soie blanche constamment porté près du colonel afin de servir comme point de ralliement[16]. La première face a comme inscription « Devise du Polonais » et au centre une cocarde bleue avec une étoile amarante à six branches décorée d'un aigle couronné[A 35]. Chaque angle de l'étoile porte l'un des mots suivants : « Vertu », « Loi », « Ordre », « Patrie », « Honneur » et « Propriété »[A 35]. Entre chaque branche sont écrites trois valeurs du régiment[A 35]. La seconde face comporte la devise « Enseigne victorieuse » avec une cocarde bleue (où est notée l'inscription « Régiment des chevau-légers polonais près Napoléon ») et amarante, cette dernière partie incluant une étoile à cinq branches avec la lettre « N » et le mot « Libérateur »[A 35]. Une couronne de chêne en fil d'argent est brodée sous l'étoile[A 35].

Uniformes[modifier | modifier le code]

« On peut dire tout haut que parmi tous les régiments de la garde c'est le nôtre que l'on trouve généralement le plus beau. On loue la beauté des gens, l'élégance de l'uniforme, et l'énergie des mouvements de telle façon qu'à chaque apparition on est assailli ; cela nous ennuie un peu et provoque la grande jalousie des autres. »

— Propos du chef d'escadron Kozietulski sur l'uniforme du 1er lanciers dans une lettre à sa sœur[B 9].

Les tenues du régiment polonais de la Garde reprennent les couleurs de l'ex-cavalerie noble polonaise[B 9]. À la création du corps, l'équipement complet du chevau-léger coûte 835 francs car il est fabriqué à partir de matériaux de grande qualité mais en 1813, l'Empire est exsangue et le prix chute à 391 francs[B 9].

Troupe[modifier | modifier le code]

Un lancier polonais fumant une pipe.
Un chevau-léger polonais de la Garde impériale. Peinture d'Édouard Detaille.

Le régiment porte la coiffure nationale polonaise, le « chapska » à visière. La base comprend une plaque de cuivre marqué au centre d'un « N » couronné, ainsi qu'une large bande de tissu horizontale de couleur noire et blanche[56]. Le sommet de la coiffe est en drap cannelé cramoisi et surmonté du haut plumet blanc auquel sont accrochés des cordons de même couleur[57],[58]. Deux raquettes et glands blancs sont suspendus à ces cordons et sous le plumet se trouve la croix de Malte en fil d'argent[C 19]. La jugulaire est en tissu rouge recouvert d'une chaîne en métal[59],[56].

À la création du corps, l'uniforme de parade se compose d'une « kurtka » (veste) blanche avec pantalon cramoisi, mais cette tenue est rapidement abandonnée à cause de son coût élevé et de son inutilité (les chevau-légers sont très souvent en campagne)[60]. Pour la seconde kurtka des lanciers polonais, elle se compose d'un drap bleu turquin à boutons blancs et revers cramoisis galonnés d'argent[B 9]. Les parements en pointe sont rouges avec un galon d'argent, ainsi que le collet[56]. Au dos, les retroussis sont cramoisis et argent, et les poches en long sont bleues avec passepoil rouge[56]. Deux de ces derniers partent du bas de la kurtka pour aller jusqu'aux parements de la manche[56].

De 1807 à 1809, l'aiguillette de la Garde impériale est porté à droite et l'épaulette à franges en argent à gauche[56]. Lorsque les Polonais adoptent la lance, tout est inversé afin de permettre le maniement de l'arme, excepté pour les officiers[61]. Blanche pour la troupe, l'aiguillette est en fil rouge et cramoisi pour les sous-officiers, de même que pour l'épaulette[C 19],[56]. Le grade du cavalier est indiqué au-dessus des parements sous la forme d'une pointe en argent[56]. Le manteau (blanc pour la troupe[62]) est adapté spécialement pour ne pas gêner le maniement de la lance, et est surnommé « manteau-capote »[C 9]. Il remplace un précédent vêtement sans manches qui se révèle peu pratique après l'introduction de la nouvelle arme[B 10].

En tenue de route, le chapska est recouverte d'une toile cirée noire qui laisse seulement apparaître la jugulaire[C 19]. Les chevau-légers portent par ailleurs la kurtka bleue turquin à revers fermés avec un pantalon soit bleu soit gris à bande cramoisie[58]. La tenue d'écurie se compose d'un bonnet de police rouge à galon d'argent avec une flamme bleu turquin à gland et passepoil blancs[63]. Bucquoy indique aussi la présence d'un passepoil rouge[64].

Musiciens[modifier | modifier le code]

Un timbalier à cheval et deux trompettes à pied.
Timbalier et trompettes du régiment en grande tenue (peinture de Bronisław Gembarzewski).

Pour les trompettes, deux modèles de coiffure correspondant à deux périodes successives existent : le premier (porté de 1807 à 1810) est identique à celui de la troupe à l'exception de la jugulaire dorée et de l'absence de raquettes[65]. Le second modèle apparaît en 1810 et apporte des changements importants à plusieurs endroits. Le drap cannelé du chapska passe du rouge au blanc ; le plumet arbore les mêmes couleurs, ainsi que les cordons[65]. Les raquettes réapparaissent et adoptent également les distinctives rouge et blanche[65]. La toile noire cirée protège la coiffe en campagne[65].

La première tenue est de couleur cramoisie à revers blancs, ces derniers étant galonnés d'argent[65]. L'aiguillette et l'épaulette sont toutes deux blanches, et il en est de même pour le collet. Le pantalon est cramoisi à bande argentée[65]. Pour la tenue de route, les revers sont rouges à passepoil blanc, et le pantalon en drap noir présente une bande cramoisie garnie d'une rangée de boutons[65]. À partir de 1810, les couleurs sont inversées (kurtka blanc à revers cramoisis)[65]. Des parements de couleur argent sont ajoutés à côté de chaque bouton[63]. Les franges de l'épaulette et l'aiguillette deviennent également bicolores, et un galon d'argent est rajouté sur les parements[63]. En revanche, le pantalon reste cramoisi à bandes argentées[4]. La petite tenue de service est en drap bleu céleste avec revers et collet cramoisis à galon d'argent, tandis que l'aiguillette présente une alternance de fil blanc et de fil rouge[66]. Le pantalon est quant à lui bleu turquin à bandes cramoisies[66]. Les trompettes montent tous des chevaux blancs[B 10].

La flamme de la trompette est en soie cramoisie avec franges et glands tressés de fil rouge et blanc[65]. Les détails de la broderie comprennent, au centre, un « N » couronné en fil d'or entouré d'une couronne de lauriers d'argent[65]. Au-dessus de cet ensemble, une banderole également argentée comporte l'inscription « Garde impériale »[65]. Sur le contour de la flamme sont cousues des feuilles de lauriers en fil blanc ainsi qu'un passepoil de même couleur[65]. Sur l'avers, la broderie comprend un contour de lauriers identique, mais avec au centre un aigle couronné en fil doré sur un fond de soleil d'argent[63]. La banderole portant les mots « Chevau-légers polonais » passe entre les serres de l'aigle[63].

Le timbalier du régiment, Louis Robiquet, apparaît en 1810 lors du mariage de Napoléon et Marie-Louise d'Autriche, et disparaît en Russie sans être remplacé par la suite[C 9],[B 10]. Il est coiffé d'une « confederatka » : un bonnet plat en poils noirs surmonté d'un chapska en drap cannelé cramoisi et doré[63]. La coiffe est décoré de plumes blanches et rouges[67]. La veste est cramoisie avec boutons et passepoils en fil d'or[67]. Cette tenue est recouverte d'une tunique blanche sans manches et galonnée d'or qui descend jusqu'au milieu des jambes[63]. La ceinture consiste en une écharpe cramoisie passepoilée d'or[67]. Le pantalon est bleu céleste à bande dorée et les bottes sont de couleur marron[63].

Les deux grandes timbales, disposées de chaque côté du cheval, sont recouvertes de franges d'or et d'une étoffe rouge brodée d'une couronne de lauriers avec au centre un aigle doré[67]. Des étoiles en fil d'argent sont cousues sur l'ensemble du tissu, ainsi que des broderies d'or sous chaque face de l'instrument[67]. Ce dernier porte l'inscription « Chevau-légers polonais » sur une banderole d'argent[67],[63]. Le cheval blanc lui-même est équipé d'un tapis allant du dos de l'animal jusqu'à sa croupe[63]. Ce tapis est cramoisi avec galon et franges dorées, et présente d'imposantes broderies en fil d'or[67]. La monture est décorée de plumes rouges et blanches ainsi que de glands rouges[67].

Officiers[modifier | modifier le code]

Officier à cheval au premier plan et au fond, un trompette.
Officier supérieur en grande tenue spéciale et trompette en grande tenue (peinture de Bronisław Gembarzewski).

Les chapskas des officiers arborent les mêmes couleurs que celles des soldats, mais ils ont une bande horizontale noire et cramoisie à la place de la bande noire et blanche[68]. La bande rouge est brodée de feuilles en fil d'argent[68]. La croix de Malte est placée sur une cocarde tricolore plus imposante que celle de la troupe[68].

Le colonel Krasiński dispose pour les jours de parade d'une grande tenue dite « spéciale » : elle est en drap blanc avec revers et collet cramoisis[69]. Ces deux éléments de l'uniforme portent un galon brodé en fil d'argent, et les revers sont ornés de feuilles de même nature issues de chacun des boutons blancs[69]. Une des particularités de cet habit est de présenter une épaulette à franges d'argent sur chaque épaule : l'aiguillette blanche est fixée sous celle de droite (à l'inverse de la troupe)[69]. Seuls les kurtkis des colonels-majors présentent également une double épaulette[64]. Bucquoy pense néanmoins que la tenue blanche est destinée non pas seulement au colonel mais également à l'ensemble des officiers[64]. D'après les dires de témoins anglais, il semble qu'à Waterloo des officiers de l'escadron chargent dans cet uniforme en lieu et place de la tenue de campagne[A 45].

La grande tenue des officiers supérieurs se rapproche de celle des hommes du rang (drap bleu avec revers et collet cramoisis) tout en présentant quelques variations : une broderie en fil d'argent est cousue sur le galon des revers et du collet ainsi que sur les retroussis[69]. L'aiguillette est, à la différence de l'uniforme du colonel, attachée à une patte sans épaulette[69]. De plus, le pantalon est cramoisi à bandes argentées, et les officiers portent autour de la taille une écharpe en soie grise avec alternance de rouge[69],[58].

La tenue de campagne comprend une kurtka bleu turquin sans revers avec épaulette et aiguillette blanches[66]. Le chapska est recouverte d'un drap beige, seul le pantalon ne subit aucune modification[66].

Les officiers ont par ailleurs une « tenue de bal » entièrement blanche à l'exception des revers, du collet, des parements et des retroussis cramoisis[60]. Elle comprenait en outre un bicorne en feutre noir et une culotte avec des bas de soie blancs[60]. La « tenue de société » est identique à l'exception de la veste et des revers en drap bleu ainsi que du bicorne à plumet blanc[60]. Quant à la « tenue de quartier », elle comprend une confederatka, une veste bleu turquin sans revers avec épaulette et aiguillette, et le pantalon à bandes cramoisies[68].

Armement et équipement[modifier | modifier le code]

Les soldats de l'île d'Elbe en marche vers Paris : au premier plan, le lancier polonais porte sur son dos sa chabraque, sa selle et son sabre. Illustration de Job.

À la création du régiment, en 1807, les cavaliers polonais reçoivent des sabres, des mousquetons et des pistolets tirés des arsenaux prussiens, mais ces armes se révèlent de piètre qualité[B 10]. En 1809, les chevau-légers sont finalement équipés du sabre des chasseurs à cheval de la Garde[B 10]. Les armes des officiers restent quant à elles plus légères[B 6]. Les pistolets et les mousquetons sont réglementarisés avec des modèles français[B 6]. La lance de 2,75 mètres, adopté en 1809, est en bois noir surmontée d'une flamme rouge et blanche[C 20]. Elle est portée dans une botte à gauche de la chabraque[58]. La selle est posée sur la chabraque de drap bleu. Le mousqueton modèle an IX long de plus d'un mètre peut être porté des deux côtés de la selle[62].

La giberne des chevau-légers est en cuir noir frappé d'un aigle couronné en cuivre[56]. Elle est rattachée par des buffleteries blanches, de même couleur que celles maintenant le sabre[62]. Les gibernes des trompettes sont identiques à celles de la troupe[63]. Le modèle des officiers possède un ornement plus élaboré : la buffleterie est en cuir blanc d'un côté et en tissu rouge de l'autre[69]. Elle est par ailleurs marquée d'un aigle couronné auquel pend une chaînette rattachée à un écusson décoré d'un « N » doré. La giberne est en cuir blanc passepoilé d'or avec au centre un imposant soleil doré orné d'un aigle[69].

Harnachement[modifier | modifier le code]

Concernant la chabraque de la troupe, elle est en drap pareil à celui de la kurtka avec un galon cramoisi bordé de passepoil blanc[58]. La broderie comprend un « N » couronné en fil blanc et un aigle également couronné de même couleur[62]. Concernant les trompettes, la chabraque de la première grande tenue est identique à celle de la troupe[70]. Elle perdure par la suite, mais uniquement pour la tenue de service[71]. La seconde chabraque de parade est en drap cramoisi à galon blanc, avec des ornements similaires à ceux de la troupe[4]. Le portemanteau cramoisi à passepoil blanc est le même pour les deux uniformes[65],[70].

Les chabraques des officiers supérieurs sont en drap bleu turquin galonnée d'une rangée d'argent bordée de passepoil rouge[66]. La broderie est identique à celle de la troupe[69]. Les chabraques des officiers subalternes ont pour unique différence une seule bordure en argent[68]. Les officiers pouvaient avoir en guise de selle une peau de panthère à la place du cuir[72],[73].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La graphie chevau-léger (sans « X » au singulier comme au pluriel) est plus courante à l’époque où ce corps existe encore, et c’est l’orthographe recommandée par l’Académie et le Petit Robert[2] ; cependant, d'autres dictionnaires, comme le Petit Larousse, le Littré ou Bescherelle, considèrent cet usage comme un barbarisme et recommandent chevaux-léger (avec le « X » au singulier comme au pluriel)[3].
  2. Pendant la charge, Kozietulski aurait encouragé ses hommes au cri de « En avant, fils de chiens, l'Empereur vous regarde ! » (en polonais : Naprzod psiekrwie, patrzy Cesarz forward !)[C 5].
  3. Ce chiffre est celui donné par Pierre Dautancourt dans sa relation de la bataille[C 6].
  4. Le maréchal Bessières s'était avancé sur le champ de bataille afin de reconnaître le terrain, suivi de son état-major, qui comprenait notamment le maréchal des logis Jordan des lanciers polonais de la Garde. Une batterie ennemie ouvre alors le feu sur le groupe de cavaliers français ; le premier boulet décapite le sous-officier polonais. Bessières ordonne de l'enterrer immédiatement, lorsqu'un second boulet le fauche à son tour… (Tranié et Carmigniani 1982).

Références[modifier | modifier le code]

  • Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani, Les Polonais de Napoléon : l'épopée du 1er régiment de lanciers de la garde impériale, Copernic,‎ 1982, 179 p.
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  7. Brandys 1982, p. 126.
  8. a et b Niegolewski 1854, p. 12.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Historique du régiment

  • Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani, Les Polonais de Napoléon : l'épopée du 1er régiment de lanciers de la garde impériale, Copernic,‎ 1982, 179 p..Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani, Napoléon 1813 - La Campagne d'Allemagne, Pygmalion/Gérard Watelet,‎ 1987, 311 p..Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • A. Perrot et Ch. Amoudru, Histoire de l'Ex-Garde depuis sa formation jusqu'à son licenciement comprenant les faits généraux des campagnes de 1805 à 1815, Delaunay,‎ 1821, 577 p. (lire en ligne).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Andrzej Niegolewski, Les Polonais à Somo-Sierra en 1808 en Espagne : Réfutations et rectifications relatives à l’attaque de Somo-Sierra, décrite dans le IXe volume de l'« Histoire du Consulat et de l'Empire » par M. A.Thiers ; par le colonel Niegolewski,‎ 1854, 95 p..Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • André Pons de l'Hérault, Souvenirs et Anecdotes de l'île d'Elbe, Paris, Plon,‎ 1897.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henry Houssaye, 1815, Paris, Perrin et cie,‎ 1921, 566 p. (OCLC 796388989, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dezydery Chłapowski, Mémoires sur les guerres de Napoléon, Paris,‎ 1908.Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • (pl) Marian Kukiel, Dzieje oręża polskiego w epoce napoleońskiej,‎ 1912.Document utilisé pour la rédaction de l’article

Uniformologie

  • Liliane Funcken et Fred Funcken, L'uniforme et les armes des soldats du Premier Empire : de la garde impériale aux troupes alliées, suédoises, autrichiennes et russes, t. 2, Casterman,‎ 1969, 157 p. (ISBN 2-203-14306-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Eugène-Louis Bucquoy, La Garde impériale : troupes à cheval, vol. 2, Paris, Jacques Grancher, coll. « Les Uniformes du Premier Empire »,‎ 1977, 210 p., « Le 1er Régiment de chevau-légers lanciers polonais de la Garde Impériale ».Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lucien Rousselot, Chevau-légers polonais de la Garde 1807-1814 (I) : Planche 47, Paris, P. Spadem, coll. « L' Armée Française, ses uniformes, son armement, son équipement »,‎ 1979. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lucien Rousselot, Chevau-légers polonais de la Garde, trompettes 1807-1814 (II) : Planche 65, Paris, P. Spadem, coll. « L' Armée Française, ses uniformes, son armement, son équipement »,‎ 1980. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lucien Rousselot, Chevau-légers polonais de la Garde, officiers 1807-1814 : Planche 75, Paris, P. Spadem, coll. « L' Armée Française, ses uniformes, son armement, son équipement »,‎ 1980. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Historique du régiment et uniformologie

  • Charles-Henry Tranié, « Les chevau-légers polonais de la Garde impériale », Soldats Napoléoniens, no 16,‎ 20 décembre 2007 (ISSN 1770-085-X).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alain Pigeard, « Les unités de la Garde impériale », Tradition Magazine, no 8 (hors-série) « Napoléon et les troupes polonaises 1797-1815 : De l'Armée d'Italie à la Grande Armée »,‎ 1er janvier 1999. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philip Haythornthwaite, « Grandes armées : La Garde impériale », Armées et batailles, no 1,‎ 2004 (ISBN 2-84349-178-9). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Ronald Pawly, Napoleon's Polish Lancers of the Imperial Guard, Osprey Publishing,‎ 2007 (ISBN 978-1-84603-256-1).Document utilisé pour la rédaction de l’article

Sources historiographiques

  • Adolphe Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, vol. IX, Paris, Paulin,‎ 1849.
  • Jósef Grabowski, Mémoires militaires de Joseph Grabowski : officier à l'état-major impérial de Napoléon Ier, 1812-1813-1814, Plon-Nourrit,‎ 1907, 311 p..
  • Jean-Claude Damamme, La bataille de Waterloo, Perrin,‎ 1999, 414 p. (ISBN 2262015287).
  • Alessandro Barbero, Waterloo, Flammarion,‎ 2008, 524 p. (ISBN 978-2-0812-5235-6).
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