1917 (Chronologie de Dada et du surréalisme)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

Sommaire

Éphémérides[modifier]

Janvier[modifier]

  • 8 janvier
    André Breton est affecté comme infirmier à Paris, puis comme externe au centre neurologique de la Pitié[1].
  • À Barcelone, paraît le premier numéro de la revue 391[2] créée par Francis Picabia : « C'est mieux que rien, car vraiment ici, il n'y a rien[3]. »

Février[modifier]

Mars[modifier]

  • Lettre d'Apollinaire à Paul Dermée : « Tout bien examiné, je crois en effet qu'il vaut mieux adopter surréalisme que surnaturalisme que j'avais d'abord employé. Surréalisme n'existe pas encore dans les dictionnaires, et il sera plus commode à manier que surnaturalisme déjà employé par MM. les Philosophes. »[7]
  • Éluard victime des gaz, est évacué du front[5].

Avril[modifier]

Fontaine de Marcel Duchamp, photographie d'Alfred Stieglitz
  • 10 avril
    Marcel Duchamp, Fontaine[8], ready-made. Proposée dans le cadre d'une exposition « sans jury et sans médaille » organisée à New York par la Société des artistes indépendants, l'œuvre est refusée pour cause d'« obscénité et de non-art ». Photograhiée par Alfred Stieglitz, elle est aussitôt publiée dans la revue The Blind man.

Mai[modifier]

  • À Zurich, exposition Dada Musique et danse nègre[10].

Juin[modifier]

  • 24 juin
    Première représentation, houleuse et interrompue, des Mamelles de Tirésias d'Apollinaire, mis en scène par Pierre Albert-Birot, à Paris. Jacques Vaché, déguisé en officier anglais, revolver au poing, somme de faire cesser le spectacle sous menace d'user de son arme contre le public. Breton parvient à le calmer[11]. Apollinaire apparaît sur la scène et crie au public « Cochons ! ». Soupault faisait office de souffleur.
  • 28 juin
    Soupault achète à la librairie Ars et vita, située en face de l'hôpital du boulevard Raspail, un ouvrage broché dont le titre et l'auteur lui sont inconnus : Les Chants de Maldoror, Comte de Lautréamont. Soupault : « Depuis ce jour-là, véritable jour de ma naissance, personne ne m'a reconnu. Je ne sais plus moi-même si j'ai du cœur[12]

Juillet[modifier]

  • 31 juillet
    Paul Éluard, Le Devoir et l'inquiétude, publié par les soins de son ami Jules Gono, éditeur et relieur d'art[5].

Août[modifier]

  • 18 août
    Lettre de Vaché à Breton : « D'ailleurs, L'ART n'existe pas, sans doute - Il est donc inutile d'en chanter - pourtant ! on fait de l'art - parce que c'est comme cela et non autrement - Well - que voulez-vous y faire ? »[13]

Septembre[modifier]

  • 1er septembre
    Breton, interne à l'hôpital du Val-de-Grâce y fait la connaissance de Louis Aragon[14].
    Breton : « Vraiment un poète avec des yeux levés très haut, sans rien dans le geste de convenu et si mal adapté[15] ! »
Beatrice Wood, Marcel Duchamp et Francis Picabia le 21 juin 1917
  • Adrienne Monnier solde le numéro de la revue "Vers et prose" contenant le premier des Chants de Maldoror de Lautréamont. Aragon et Breton achètent le lot, en distribuent les exemplaires à leurs amis et passent leurs nuits de garde au service des aliénés à se les lire à haute voix[16]. Aragon : « Parfois, derrière les portes cadenassées, les fous hurlaient, nous insultant, frappant les murs de leurs poings. Cela donnait au texte un commentaire obscène et surprenant. Les brusques trous de silence étaient plus impressionnants encore que le vacarme démentiel. »[17].

Novembre[modifier]

  • 26 novembre
    Conférence de Guillaume Apollinaire L'Esprit nouveau et les poètes : « Un mouchoir qui tombe peut être pour le poète le levier avec lequel il soulèvera tout un univers. »
    Déception de Breton quand il entend Apollinaire parler de « bon sens français » et de son « horreur du chaos ou du désordre ».

Décembre[modifier]

  • Artaud est réformé définitivement.


Cette année-là[modifier]

  • Séjour d'Artaud à Divonne-les-Bains (Ain). Un médecin croit reconnaître dans les symptômes une syphilis héréditaire et prescrit un traitement par piqûres à base d'arsenic, de mercure et de bismuth.
  • À New York, invité à participer à une conférence sur l'humour, Arthur Cravan se met à rire sans rien dire et commence à se déshabiller jusqu'à l'intervention de la police.
  • Contraints de fermer le Cabaret Voltaire, les dadaïstes ouvrent une galerie dans l'artère principale de Zurich, la Bahnhofstrasse[18].


Œuvres[modifier]

  • Guillaume Apollinaire
    • Les Mamelles de Tirésias, sous-titré « drame surréaliste en deux actes et un prologue »
  • Jean Arp
    • Fleur-marteau, papiers découpés[19]
    • Larmes d'Enak : formes terrestres[20]
    • La Mise au tombeau des oiseaux et papillons (Portrait de Tristan Tzara)[21], reliefs : planches de bois aux contours sinueux, découpées, fixées et peintes ou non
    • Série de collages comportant le titre récurrent […] selon les lois du hasard[22]
Hugo ball karawane.png

Notes et références[modifier]

  1. Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XXXV.
  2. Le Bon, op. cit., p. 65 et suivantes.
  3. Lettre à Alfred Stieglitz, Le Bon, op. cit., p. 64.
  4. Lydie Lachenal, Philippe Soupault. Littérature et le reste, Gallimard, Paris, 2006, p. 323.
  5. a, b et c Scheler, P. Éluard, œuvres complètes : chronologie, op. cit., p. LXI.
  6. Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XXXV et note 3, p. 1075.
  7. Biro, op. cit., p. 28.
  8. Lemoine, op. cit., p. 25.
  9. Jacques Vaché, Lettres de guerre, éd. Mille et une nuits, 2001, p. 19.
  10. a et b Lemoine, op. cit., p. 91.
  11. Dans sa biographie sur Breton (Gallimard, 1995, p. 73), M. Polizzotti doute de la véracité de ce fait. Il note que sur une vingtaine de compte rendus de ce spectacle, aucun ne mentionne la « spectaculaire » réaction de Vaché. Seul Aragon a témoigné de cet incident.
  12. Lydie Lachenal, ibid., p. 322.
  13. Daix, op. cit., p. 38.
  14. Daix, op. cité, p. 26
  15. Lettre à Théodore Fraenkel, citée dans Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XXXV.
  16. Daix, op. cit., p. 26.
  17. Daix, op. cit., p. 28.
  18. Lemoine, op. cit., p. 21.
  19. Reproduction dans Pierre, op. cit., p. 115.
  20. Reproduction dans Durozoi, op. cit., p. 12.
  21. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 21.
  22. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 465.
  23. Lemoine, op. cit., p. 22.
  24. Museo d'arte moderna di Ca'Pesarfo, Venise. Reproduction dans Dossier de l'art n° 160, février 2009, p. 70.
  25. Reproduction dans Crepaldi, op. cit., p. 189.
  26. 95,5 x 70,5 cm. Reproduction dans Beaux Arts magazine n° 335, mai 2012, p. 162.
  27. a et b Reproduction dans Crepaldi, op. cit., p. 186.
  28. Reproduction dans Crepaldi, op. cit., p. 190.
  29. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 82.
  30. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 25.
  31. Reproduction dans Beaux arts magazine n° 132, mars 1996, p. 66.
  32. 68 x 47,6 cm, New York, Museum of Modern Art. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 336 & Lemoine, op. cit., p. 42.
  33. Reproduction dans Crepaldi, op. cit., p. 200.
  34. Breton, LSELP, op. cit., p. 20.
  35. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 27.
  36. Reproduction dans Beaux Arts magazine n° 82, septembre 1990, p. 25.
  37. Reproduction dans Durozoi, op. cit., p. 13.
  38. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 977.

Index