22/11/63

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22/11/63
Auteur Stephen King
Genre Roman
Science-fiction
Version originale
Titre original 11/22/63
Éditeur original Scribner
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 8 novembre 2011
ISBN original 978-1451627282
Version française
Traducteur Nadine Gassie
Lieu de parution Paris
Éditeur Albin Michel
Date de parution 28 février 2013
Type de média Livre papier
Nombre de pages 934
ISBN 978-2226246943

22/11/63 (titre original : 11/22/63) est un roman de science-fiction de Stephen King qui est paru le 8 novembre 2011 aux États-Unis et le 28 février 2013[1] en France.

Résumé[modifier | modifier le code]

2011. Jake Epping exerce la profession de professeur d'anglais à Lisbon Falls dans l'État du Maine. Al Templeton, qui tient un snack dont Epping est un client régulier, lui explique qu'il souffre d'un cancer du poumon qu'il a contracté dans le passé. Dans la réserve de son snack, il y a en effet une sorte de portail temporel qui transporte quiconque la franchit en 1958, comme Epping le découvre lui-même lors d'un bref voyage. À son retour, Templeton lui explique que le but de son dernier voyage était d'empêcher l'assassinat de John F. Kennedy mais qu'il a dû renoncer quand il est devenu trop malade. Le souhait de Templeton est qu'Epping accomplisse cette mission à sa place car il est convaincu que l'histoire en serait changée pour le mieux. Il lui énonce aussi trois règles immuables du voyage dans le temps : peu importe le temps qu'on reste dans le passé, il ne s'est déroulé que deux minutes quand on revient dans le présent ; le passé résiste aux changements de façon proportionnelle à l'importance de ceux-ci ; et chaque nouveau voyage annule tout ce qu'on a pu changer lors du précédent.

Muni de la fausse identité de George Amberson, Epping fait alors un voyage-test dans lequel son but est de sauver la famille de Harry Dunning, le concierge du lycée, dont les membres ont tous été tués par Frank Dunning, le père de Harry, le soir de Halloween 1958. Epping s'installe à Derry, où le drame a eu lieu, et surveille Frank Dunning. Le jour d'Halloween, Epping est victime de divers accidents qui le retardent mais parvient à empêcher Dunning d'assassiner toute sa famille. Epping réintègre le présent mais apprend que Harry a été tué lors de la guerre du Viêt Nam, conséquence inattendue de son intervention. Hésitant sur la conduite à tenir, il découvre que Templeton s'est suicidé en absorbant une dose massive d'analgésiques et lui a laissé une lettre le suppliant d'accéder à sa requête, ainsi que ses notes sur Lee Harvey Oswald et une fiche de résultats sportifs de l'époque.

Epping repart une troisième fois dans le passé et utilise ses connaissance acquises lors du voyage précédent pour éliminer Frank Dunning sans coup férir. Il part ensuite pour la Floride où il enseigne dans un lycée jusqu'en 1960. À la suite d'un pari sportif chez un bookmaker lié à la mafia lui ayant rapporté une forte somme, il estime sa vie menacée et part pour Dallas. Il s'installe à Jodie, petite ville à quelques heures de route, et fait des remplacements au lycée local. Il se fait des relations et apprécie de plus en plus le mode de vie de cette époque. L'année suivante, il accepte un poste de professeur à plein temps et noue des liens avec Sadie Dunhill, la nouvelle bibliothécaire récemment séparée de son mari. Ils tombent amoureux l'un de l'autre mais Sadie le quitte quand elle devine qu'il lui cache trop d'éléments de sa vie. Epping part alors pour Dallas et commence sa surveillance d'Oswald afin d'établir avec certitude si celui-ci a agi seul.

Epping et Sadie se réconcilient à l'occasion de la crise des missiles de Cuba et Epping est désormais déchiré entre sa mission et son amour pour Sadie. Il décide d'attendre jusqu'au 10 avril 1963, date de la tentative d'assassinat manquée d'Oswald sur le général Edwin Walker, pour passer à l'action mais, le même jour, l'ex-mari de Sadie la prend en otage. Epping la sauve mais Sadie est néanmoins défigurée d'un côté du visage. Epping prend soin d'elle pendant sa convalescence et lui révèle la vérité sur lui et sa mission. Epping est enfin convaincu qu'Oswald a agi seul et est décidé à l'abattre. Mais, après avoir remporté un gros pari pour couvrir les frais d'hospitalisation de Sadie, il est très sévèrement battu par des gangsters locaux liés au bookmaker de Floride. Souffrant de plusieurs blessures et d'amnésie partielle pendant trois mois, il ne se souvient de détails cruciaux sur sa mission que quelques jours avant le 22 novembre. Sadie le persuade d'accepter son aide car il est trop diminué pour agir seul.

Le jour fatidique, le passé place plusieurs obstacles mortels sur leur route mais ils atteignent néanmoins juste à temps la Texas School Book Depository, où Oswald est embusqué. Epping empêche Oswald de tuer Kennedy mais Sadie est mortellement blessée et meurt dans ses bras. Interrogé puis relâché, Epping est décidé à tout recommencer pour empêcher la mort de Sadie. À son retour en 2011, il découvre que l'histoire a en fait été changée pour le pire, entre les guerres, les accidents nucléaires et les catastrophes naturelles provoquées par les harmoniques qu'il a créées. Il retourne dans le passé et y reste quelques semaines, se demandant s'il pourrait y vivre avec Sadie sans que cela ne change trop la réalité. Il estime finalement la mort dans l'âme que le risque est trop grand et revient, pour la dernière fois, en 2011. Il découvre que Sadie, désormais très âgée, a vécu une vie très accomplie et qu'une fête va être donnée en son honneur à Jodie. Epping s'y rend et danse avec elle sur In the Mood, la chanson sur laquelle ils étaient tombés amoureux.

Genèse[modifier | modifier le code]

L'idée d'écrire un roman sur le sujet est venue à Stephen King dès 1973, avant même la publication de Carrie, mais il estimait alors que l’événement était encore trop récent et qu'il n'avait pas assez d'expérience littéraire pour le traiter correctement. Ce n'est donc qu'environ 35 ans plus tard qu'il s'est mis au travail pour concrétiser son idée. King a effectué une somme de recherches inhabituelles pour lui. Il s'est documenté sur la vie quotidienne à la fin des années 1950 et au début des années 1960, et a lu les théories conspirationnistes les plus diverses sur l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, arrivant à la conclusion que Lee Harvey Oswald avait agi seul. Il s'est rendu à Dallas, où il a notamment visité le Texas School Book Depository et l'ancienne résidence d'Oswald, pendant une semaine, et a également rencontré l'historienne Doris Kearns Goodwin pour s'inspirer de certains de ses scénarios sur ce qui aurait pu se passer au niveau international si Kennedy n'avait pas été assassiné[2].

Accueil et distinctions[modifier | modifier le code]

Le roman est resté vingt-et-une semaines (dont quatre à la première place) sur la New York Times Best Seller list, y apparaissant directement à la première place le 27 novembre 2011[3]. Le Publishers Weekly le classe à la 2e place des meilleures ventes de fiction aux États-Unis en 2011[4].

Il a été accueilli favorablement par la critique, recueillant 30 critiques favorables sur 36 recensées sur le site spécialisé Metacritic[5]. Pour Michel Schneider, dans Le Point, « si un énorme travail documentaire pour coller au plus près des événements et des lieux a été accompli, ce beau roman mélancolique sur le temps qui a toujours le dernier mot ne vise pas à récrire l'Histoire américaine, non plus qu'à fouiller les paradoxes spatio-temporels ». « King tente de redéfinir l'héroïsme » et « nous surprend par ce livre chaste et simple où les personnages, croyant se tourner vers le passé, plongent sans retour au-dedans d'eux-mêmes »[6]. Baptiste Liger, de L'Express, estime que le roman « reprend brillamment les règles du voyage dans le temps et de l'uchronie, plaquées ici sur un événement emblématique de la paranoïa américaine » et que « Stephen King déploie une fois encore un savoir-faire hors pair dans la narration. Mais il sait aussi oublier l'efficacité de l'action et les mécanismes du fantastique, pour mieux laisser place à une belle romance »[7]. Et Cécile Mury, de Télérama, évoque « le voyage intime d'un écrivain dans son propre univers, la somme de ses passions et de ses hantises ». King « prend le temps de bâtir tout un monde, de créer une immersion totale » et « dessine une grande fresque américaine aux couleurs contrastées, où le seul rêve, le seul temps qui vaille est celui des liens humains ». Puis, « lorsque le roman devient texan, que tout s'emballe, l'exercice de style, brillant, haletant, ludique, reprend le dessus » et « King joue allègrement avec les poncifs du genre, le ballet des paradoxes, les mille et une manières de résoudre le casse-tête des futurs multiples »[8].

En 2011, le roman remporte le Los Angeles Times Book Prize dans la catégorie roman policier/thriller[9]. En 2012, 22/11/63 a été nommé au prix Locus du meilleur roman de science-fiction, terminant à la 2e place[10], et au prix British Fantasy du meilleur roman[11].

Liens avec d'autres romans de Stephen King[modifier | modifier le code]

  • En 1958, Jake Epping se rend dans un bar de Derry, ville fictionnelle de l'État du Maine, dans lequel le barman lui parle d'une série de meurtres d'enfants, citant Patrick Hockstetter et George Denbrough, et évoque la possibilité que le meurtrier soit déguisé en clown. Ces évènements sont relatés dans Ça, roman dans lequel interviennent les adolescents Richard « Richie » Tozier et Beverly « Bev » Marsh rencontrés par Jake Epping.
  • Les lions, équipe de football du lycée de Jodie, rencontrent les Ours d'Arnette, Arnette étant une ville fictive du Texas (comme Jodie d'ailleurs) apparaissant dans Le Fléau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « 22/11/63 sortira en février chez Albin Michel! », sur Club Stephen King (CSK) (consulté le 9 décembre 2012)
  2. (en) Alexandra Alter, « Stephen King's New Monster », The Wall Street Journal,‎ 28 octobre 2011 (consulté le 2 janvier 2013)
  3. (en) « Adult New York Times Best Seller Lists for 2011 », The New York Times (consulté le 9 mai 2012)
  4. (en) « PW 2011 Bestsellers », Publishers Weekly (consulté le 5 juin 2013)
  5. (en) « Book Review: 11/22/63 by Stephen King », Metacritic (consulté le 2 janvier 2013)
  6. Michel Schneider, « Dallas, Stephen King arrive à temps », Le Point (consulté le 19 août 2013)
  7. Baptiste Liger, « Et si Stephen King sauvait JFK? », L'Express (consulté le 19 août 2013)
  8. Cécile Mury, « 22/11/63 », Télérama (consulté le 19 août 2013)
  9. (en) « 2011 Los Angeles Times Book Prize Winners & Finalists », Los Angeles Times (consulté le 22 mai 2013)
  10. (en) « 2012 Locus Awards », Locus Magazine (consulté le 22 mai 2013)
  11. (en) « British Fantasy Awards shortlist announced », British Fantasy Society (consulté le 9 mai 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]