Dactyl

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis (243) Ida I Dactyl)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la lune astéroïdale. Pour les créatures mythologiques, voir Dactyles.
Dactyl
(243) Ida I
Image illustrative de l'article Dactyl
Type Satellite de (243) Ida
Caractéristiques orbitales
(Époque J2000.0)
Demi-grand axe 108 km
Période de révolution 1,54 d
Inclinaison 9°
Caractéristiques physiques
Dimensions 1,4 km
Caractéristiques de l'atmosphère
Découverte
Découvert par Ann Harch
Découverte 17 février 1994
Désignation(s) provisoire(s) S/1993 (243) 1

Dactyl, officiellement (243) Ida I Dactyl, est une lune astéroïdale (1,4 km de diamètre) qui orbite autour de l'astéroïde (243) Ida. Sa surface est constituée des mêmes matériaux que celle d'Ida et présente, comme pour cette dernière, des cratères. Son origine est incertaine, cependant des éléments suggèrent qu'elle provient d'un des fragments des corps ayant donné naissance au Coronis.

Elle fut photographiée par la sonde Galileo le 28 août 1993. Elle se trouvait alors à 90 km d'Ida, et se déplaçait sur une orbite prograde. Les images ne furent envoyées sur Terre que début 1994, permettant ainsi pour la première fois de prouver directement l'existence de lunes astéroïdales[1],[2].


Découverte[modifier | modifier le code]

Dactyl a été découverte le 17 février 1994 par Ann Harch, membre de la mission Galileo, alors qu'elle analysait les images prises par la sonde[3]. Galileo prit 47 images de Dactyl pour une période d'observation de 5,5 heures en août 1993[4]. La sonde se trouvait à 10 760 km d'Ida[5] et à 10 870 km de Dactyl lorsque la première image de la lune a été prise, 14 minutes avant que Galileo ne fasse son observation la plus proche[6].

Elle fut provisoirement appelée S/1993 (243) 1[5],[7]. Le satellite a été nommé par l'Union astronomique internationale en 1994[7] d'après les créatures appelées dactyles qui vivaient sur le Mont Ida en Crète d'après la mythologie grecque[8],[Note 1].

Caractéristiques géologiques[modifier | modifier le code]

Dactyl a une forme ressemblant à celle d'un œuf[9]. L'objet « remarquablement sphérique »[8] mesure 1,6 km par 1,4 km par 1,2 km[9]. Son axe le plus long se trouvait orienté vers Ida[9]. Comme Ida, la surface de Dactyl présente une surface couverte de cratères[9]. Il possède plus d'une douzaine de cratères dont les diamètres sont supérieurs à 80 mètres, ce qui indique que la lune a été l'objet d'un grand nombre de collisions[10]. Au moins six cratères ont la forme d'une chaine linéaire suggérant qu'ils sont la cause de débris produit par des éléments locaux, probablement éjecté d'Ida[9]. Les cratères de Dactyl doivent contenir un pic central contrairement à ceux d'Ida[11]. Ces caractéristiques, et la forme sphérique de Dactyl, impliquent que la lune est gravitationnellement contrôlée en dépit de sa petite taille[11]. Comme Ida, sa température moyenne est de 200 K (-73 °C)[3].

Dactyl partage plusieurs caractéristiques avec Ida. Leurs albédos et spectres de réflexion sont très similaires[12]. Les petites différences indiquent que le processus de météorisation est moins actif sur Dactyl[13]. Sa petite taille rendrait impossible la formation importante de régolithes[13],[5]. Ceci contraste avec Ida, qui est couverte d'un épaisse couche de régolithe.

Les cratères de Dactyl sont nommés d'après les Dactyles.

Cratère Nommé d'après
Acmon Acmon
Celmis Celmis

Orbite[modifier | modifier le code]

Diagramme des orbites potentielles de Dactyl autour d'Ida

Dactyl orbite autour d'Ida en 1,54 jour à une distance moyenne de 108 km dans un sens prograde[14] et à une inclinaison de 8 ° par rapport à l'équateur de Ida[4]. On ne connaît pas très précisément l'orbite car Galileo est passée très près en prenant les images[15].

D'après des simulations informatiques, le périapside de Dactyl doit être supérieur à 65 km d'Ida pour lui permettre de rester dans une orbite stable[16]. Le nombre d'orbites générées par les simulations a été réduit par la nécessité de faire passer l'orbite là où Galileo observa Dactyl à 16:52:05 UT le 28 août 1993, soit à environ 90 km d'Ida[17],[18]. Le 26 avril 1994, le télescope spatial Hubble observa Ida pendant huit heures et fut incapable de détecter Dactyl. Il aurait pu l'observer si la lune s'était trouvée à plus de 700 km d'Ida[15].

La période orbitale est d'environ 20 heures[12]. Sa vitesse orbitale est d'environ 10 m/s, ce qui est comparable à une course rapide[Note 2].

Origine[modifier | modifier le code]

243 Ida (à gauche) et Dactyl (à droite). Photo prise par Galileo.

Les origines de Dactyl ne sont pas connues mais il y a toutefois deux hypothèses. La première est que Dactyl et Ida furent formés en même temps, la seconde est que Dactyl fut détaché d'Ida par un impact. Les deux hypothèses possèdent des lacunes qui n'ont pas encore pu être résolues.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pausanias, 5.7.6 :
    « When Zeus was born, Rhea entrusted the guardianship of her son to the Dactyls of Ida, who are the same as those called Curetes. They came from Cretan Ida – Heracles, Paeonaeus, Epimedes, Iasius and Idas. »
  2. Byrnes et D'Amario 1994 :
    « ...about the speed of a fast run or a slowly thrown baseball. »

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Erik Asphaug, Maria T. Ryan et Zuber, « Asteroid Interiors », Asteroids III, Tucson, University of Arizona,‎ 2003, p. 463–484 (Bibcode 2002aste.conf..463A, lire en ligne [PDF]).
  • (en) Jeanne Holm et Jan Jones (dir.), « Discovery of Ida's Moon Indicates Possible "Families" of Asteroids », The Galileo Messenger, NASA, no 34,‎ juin 1994 (lire en ligne).
  • (en) Jean-Marc Petit, Daniel D. Durda, Richard Greenberg, Terry A. Hurford et Paul E. Geissler, « The Long-Term Dynamics of Dactyl’s Orbit », Icarus, vol. 130, no 1,‎ novembre 1997, p. 177–197 (DOI 10.1006/icar.1997.5788, Bibcode 1997Icar..130..177P, lire en ligne [PDF]).
  • (en) Michael J. S. Belton et R. Carlson, « 1993 (243) 1 », IAU Circular, International Astronomical Union, no 5948,‎ 12 mars 1994 (Bibcode 1994IAUC.5948....2B, lire en ligne).
  • (en) John W. Mason, « Ida's new moon », Journal of the British Astronomical Association, vol. 104, no 3,‎ juin 1994, p. 108 (Bibcode 1994JBAA..104..108M, lire en ligne [PDF]).
  • (en) Daniel W. E. Green, « 1993 (243) 1 = (243) Ida I (Dactyl) », IAU Circular, International Astronomical Union, no 6082,‎ 26 septembre 1994 (Bibcode 1994IAUC.6082....2G, lire en ligne).
  • (en) Lutz D. Schmadel, Dictionary of minor planet names, vol. 20, Springer,‎ 2003 (ISBN 9783540002383, lire en ligne), « Catalogue of Minor Planet Names and Discovery Circumstances ».
  • (en) Clark R. Chapman, Michael J. S. Klaasen, Belton et Joseph Veverka, « Asteroid 243 IDA and its satellite », Meteoritics, vol. 29,‎ juillet 1994, p. 455 (Bibcode 1994Metic..29..455C, lire en ligne [PDF]).
  • (en) Dennis V. Byrnes, Louis A. D'Amario et Galileo Navigation Team, « Solving for Dactyl's Orbit and Ida's Density », The Galileo Messenger, NASA, no 35,‎ décembre 1994 (lire en ligne).
  • (en) Pausanias (trad. W. H. S. Jones et H. A. Omerod), Description of Greece, Loeb Classical Library,‎ 1916 (ISBN 0674991044, lire en ligne).
  • (en) Clark R. Chapman, « Galileo Observations of Gaspra, Ida, and Dactyl: Implications for Meteoritics », Meteoritics, vol. 30, no 5,‎ septembre 1995, p. 496 (Bibcode 1995Metic..30R.496C, lire en ligne [PDF]).
  • (en) Clark R. Chapman, « S-Type Asteroids, Ordinary Chondrites, and Space Weathering: The Evidence from Galileo's Fly-bys of Gaspra and Ida », Meteoritics, vol. 31,‎ octobre 1996, p. 699–725 (Bibcode 1996M&PS...31..699C, lire en ligne [PDF]).
  • (en) « Images of Asteroids Ida & Dactyl », National Aeronautics and Space Administration,‎ 23 août 2005 (consulté le 2008-12-04).

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]